CN.MAG.IMP
On a prétenJu, mais ceci est une erreur, que le mot ROM A se trouve sur cette monnaie de cuivre. — As frappé sur le pied d'une once. [Voy. p. I&7 et 1S8, note). —Type ordinaire. Riccio en a publié une empreinte dans son Catalogue^ pL VI, n» I. — Cohen, pi. LXIII, Pompeia, n* 0.
Les trouvailles prouvent que les trois deniers en question manquent dans les plus anciens dépôts et, en particulier, dans celui de Cadriano, enfoui 49 tr. j.-c. en 705; ils ne sont pas très-communs, il est vrai, mais ils ne sont pas non plus assez rares pour admettre qu'aucun ne puisse s'être trouvé dans œ dépôt qui était considérable. 11 est donc probable qu'ils n*ont été tnppés qu'en 705, ou même après.
IH>ur ee qui regarde en particulier les deux premiers, qui évidemment ne
doivent pas être séparés, il semblerait probable quils ont été frappés peu-
«7 ar. j.-c. dant la guerre des Pirates, en G87, puisque M. Terentius Yarro a pris psrt à
cette guerre sous les ordres de Pompée. Ëckhel (Doct, tmm. tet,^ U V,
p. 28 1\ Borghesi, et enfin Cavcdoni {Saggio, p. U3; Hipasi,^ p. 210] sont
FIN DE LA RÉPUBLIQUE. — OB El ABGENT. 6S5
705 et suiv. L.LÉNTX.MARC.COS. (ou autre légende analogue). — Denier.
touê de cette opin'on. (Varro, deRe rusL, II, praef. 7. - l*lln., Hist, nat , III,
n, 101; Vn, 80, 115; XVI, 4, 7. — Appian., Afil^irfflf., XCV.— Drumann,
GeschicMe Roms, t. lY, p. 408). Seulement il est bon d'obser? er ^e le méoie
Varron avait aaisi an commandement dans Tarmée de Fompée en Espagne
en 706, et tout porte à croire que c'est alors qu'il fit frapper ces pièces. Sa *^ *^- ^••^•
position ofaciclle n'est pas autrement indiquée,, si ce n*tst qu'il est désigné
par César {BeCl, civ., I, 38; II, 17) comme lieutenant [leyaius) de Pompée.
11 est tout simple qu'il ait eu un rang inférieur au consulaire L. Afranias et
an préteur M. Petrelus^ et il peut avoir été Legntuê pro quoestofte. Dans »on
Cursus honorum, le trlbunat du peuple est la plus haute fonction quKluI soit
asslgnée.(A. Oeil., XIII, 12). Ce personnage mil h contribution les tPésors de»
temples, et se fit payer des sommes considérables par les Romains établis en
Espagne. Ses exactions, d'après César (5e//. cfv.. Il, 18 et 21), montèrent A
cent quatre-vingt mille sesterces et à vingt mille livres pesant d'argent.
SI Varron a été proquesteur sous les ordres de Petreius dans l'Espagne ultérieure, Cn. Piso doit avoir occupé la même charge dans l'Espagne citérleure, car les deux pièces ont évidemment été frappées en même temps, et offrent de grandes ressemblances quant au style et à la fabrique. Dans In guerre des Pirates et dans celle de Mithridate, nous ne trouvons aucun personnage qui ait porlé le nom de Pison, quoique les principaux lieutenants de la guerre des Pirates surtout nous soient presque tous paifaltement connus; le IloOicXtoc IIcCocdv cité par Appien [Milhridat., XCV. —Cf. Dion. Cass., XXXVII. 4i.-Pluiarch., Cat. Minor, XXX ; Powpeitw^XLlV.— Joseph., Ant, Jud.yWY, 4, 2) est, d'après l'opinion de Dorghesl,. cité- par CavedonI {Saggio, p. US), M. Pupius Piso, consul en C03.
Dans la guerre civile* au contraire, nous trouvons un personnage de ce Bom qui répond parfaitement aux exigences de la situation : c'est Cn. Piso Cn. F. (Drumann, deschichU Roms, t. Il, p. 00), qui combattit en Afrique dans Tarmée des républicains {Beli, Afr,, III. 18. — Tacil., Ann., Il, 43), et plus tard sons les ordres de Brutus et de Cassius (Tacit., /. eit). Rien n'empêche d'admettre qu'il avait déjà occupé un emploi en Espagne, et qu'il était passé de là en Afrique avec Afranius, Petreius et quelques autres of Aciers de l'armée d' Espagne. La légende Magnus Proconsul, au lieu àlmperator^ confirme notre hypothèse, car, au moment où ces pièces ont dû être frappées pendant l'été de l'année 705, Pompée, proconsul en Espagne 49 et M ar. J.-C. depuis 609, n'avait encore remporté aucune victoire qui cOt pu lui mériter le titre ù^Imperaior, Il serait singulier que Ic^ partisane de Pomp'c, qui ont
et AT. J.-c.
536 ciiAi'inŒ IX.
Rare. — V.SA.SF.LIR (1).
(Cohen, pi. XV, Camélia, if lu).
bai tu moiiDQie partout pendant cette guerre, s'en fussent abstenus uniquement en Espagne, où de tous temps on avait l'habitude de frapper des pièces romaines en grande quantité. Enfio^ le type qui représente un sceptre (ou plutôt le poteau destiné h supporter un trophée) placé entre un aigle et un dauphin, et la galère du revers^ conviennent parfaitement à la position des partisans de Pompée en Espagne, dont toute la force reposait sur la coopération des légions de l'Occident avec ia flotte de l'Orient. — D'apiès tout ce que nous menons de dire, nous pouvons donc considérer comme parfaitement établi que ces monnaies ont été frappées en 705 par les proquestcurs de i*armce d'Espagne. Borghesi, cité par Cavedonl (Saggio, p. 114), a repoussé avec raison, quoique en ne faisant valoir que des arguments assez faibles, Topinion qui, au besoin, pourrait s'appuyer sur le résultat des trouvailles, à savoir : que ces deniers ont été frappés par Cn. Ai av. j.-c. l^ompée, le ù\», pendant la campagne d'Espagne de 700; comme Pompée, le fils, obtint aussi par la suite le titre ù'Imperator, il aurait pu commencer par prendre celui de proconsul, et de ce qu'il avait un proquesteur nommé M. Hinalius Sabinus, on ne peut pas en conclure qu'il n*a pas eu d'autre proquesteur. Et quoique les types des monnaies de Varrcm et de Pison sem- 49 vt 45 av. J.-C. bleutmleux se rapporter aux parti.«ans de Pompée de 705 qu'à ceux de 709, cette dernière opinion pourrait être soutenue. Mais ce qui doit trancher la question, c'est que Yarron ne prit aucune part à la seconde campagne d'Espagne, et que Cn. Pompée le père ne met Jamais son prénom sur les monnaies» tandis que Cn. Pompée lo Ois le met toujours, ce qui est conforme aux usages dans le langage familier. On disait Pompée quand on parlait du père, et on ajoutait le prénom quand on voulait désfgner le fils. . Le troisième denier ne présente que peu de difficultés. Il porte la légende CN.MAGNVS.IMP. et M.POBLICi.LEG.PRO.PR., et se rappro che singulièrement des deniers sur lesquels on lit : CN.MAGNVS IMP. ou CN.MAGNVS IMP.F. et M.MINAT.SABIN.PR. Q. (Cohen. pi. XXVIIl, Minatia, n*" 1-4) qui, incontestablement, appartiennent à Cn. Pompée, le ûls, et qui ont cté frappes vers la fin de Tannée 708, ou au commencement de Tannée 700, pendai.tla seconde guerre d'Espagne. Il y aaccord parfait, tK)n-8eulement quant aux noms des chefs, mais aussi dans les types évidemment conçus dans le style du pays. E';k.hel {Dod. num, ve/., l. Y,
ri. XXXII, n* 13.
46 rt45.\r. J.-C.
FIN 1)2 LA ntPlHLIQUE. — OR ET ARGENT. 537
705 et suiv. L LENT, C MARC. COS.; NERL Q. VRB. ou seulement Q. — Denier.
p. 282) a fait observer avec raison que le type ne convient nullement au père, mais, par contre, quMi s'applique parfaitement au ûlft^ lequel après la bataillode Tlmpsuii, se promena dans la Méditerranée et vint aborder en Ef>pagne(Druinnnn, Geschichte Roms, t. III, p. C29 et 630). Cavedonl (Saggio, p. 1 13) était de cet avis, jusqu^à (a découverte faite à Roncofreddo du denier attribué à M. Polilicius. Aussi, plus tard, le même savant {Riposi., p. 20d), ainsi que Borghcsi, cité par Cavedoni {Ripost., p. 2G) sont portée à donner cotte pièce à Pompée le père(t ù la rapporter au temps des guerres de Sertorlus en 079. Mais une fois le malentendu éclairci, l'attribution tombe '^ «^^ J-C du même coup.
On ne doit guère s*étonner que le proquesteur M. Minatius Sablnuti, aussi bien que le propréteur M. Poblicius, soient entièrement inconnus, quoique ces noms doivent désigner des personnages notables du parti du jeune Pompéo dans son expédition aventureuse. On peut, du reste, reconnaître M. Minatius, ou du moins un membre do sa famille dans une ancienne inscription (//wcn/)/. regniNeapol,, n"277), où est cité un M.MINATIVS.
M.F.POM.SABINVS.
Quant à l'as portant la légende CN.MAG.IMI^., d*après ce que nous avons dit, il ne peut rester aucun doute pour TaUribuer au Û!s et pour admettre qu'il a été frappé à la même époque que les deniers dont il a été question. Mais si Borghesi (Dec., III, 10; OEuvr, compl,, t. 1, p. 219), cité par Dureau de la Malle (Économie politique, t. 1, p. 83) et par Cavedoni (Appendice C, p. 142), propose de reconnaître ici un général {imperalor) entièrement inconnu du nom de Cn. Magulnlus ou Cti. Magius, cette hypothèse ne peut supporter l'examen; car le poids de l'as^ taillé sur le pied oocial, anormal pour cette époque, ne peut laisser aucun doute iur l'attribution, puisque tous les as à la tête de Janus offrant ies traits de Pompée le père (Cohen, pi. LXIU, Pompeia, n* 8), et en particulier les as qui appartiennent sans aucun doute à Sextus Pompée, ont exactement le même poids (supra, p. 157 et 158, note). La meilleure preuve, comme nous Tavons dit, en est que le père ne prend Jamais sur la monnaie le nom de Gnaeus, le fils, toujours. On doit ajouter encore que les monnaies du p'us jeune (Ils de Pompée portent les icgen les SEX* MAG-PIVS IMP.ouMAGNVS PIVS IMP., ou MAGNVS PIVS IMP. Fen sorte qu'on peut adopter pour légie que le père prend toujours sur la mounaie le Utrc de MAGNVS; le iils aiiié, de CN-MAGNVS; le se-
&38 ciiAPiTnE IX.
Rare. — V.SF.P.
(Cohen, pi. XXIX, iVma).
cond, de SEXMAGNVS PIVS eu gimplement MAONVS PIVS* ( Voy. 8upra, p. 145). CaTedoni {RiposL, p. 522) prétenJ, 11 est vrai, que la légende MAGNVS PIVS IMP*F* appartient au flis aîné; mais on ne comprend pas pourquoi le plus jeune des fils de Pompée n*aurail pas pris la titre de V{iiius), quand d'ailleurs il n'y a aucune preuve que Gnaeas ait pris le surnom de PIVS* Quant à la pièce d'or avee la légende S*POM* (Eckhel, Doct. num vet., t. VI, p. 30. — RIccio, Moneie di fam , p. 184. — Cohen, pi. XXXIV, Pompein, n* 11), elle semble fausse, on du moins d'une authenticité bien douteuse, quand on pense à la désignation Inouie pour ces temps du prénom de Sextus par une simple S*
[M. Mommsen (Ann. de VInst, arch , 1863, p. 73 et sulv.) ajoute tes réflexions suivantes :
« Les monnaies de Sextus Pompée se divisent en deux groupes bien distincts. Dans le premier, évidemment le plus ancien, il prend simplement le PI XXXII n* 14 **''*• ^*IMP»5 dans le second, il a les titres d'IMP*ITER* et aussi de * PRAEF.CLAS.ETORAEMARIT. EXSC (Cohen, pi. xxxili. Pompeia, n*» 5-9, tt pi. XXXIV, »• 10). An premier groupe appartiennent d'abord le denier avec Ijlmage de la Piété, PIETAS 9 et la légende : SEX. MAG. PIVS IMP. ou SEX. MAGN IMP. SAL (Cohen, pi. XXXlll, Pompeia, n<*' 3 et 4) et tous les as, tant ceux qui portent la légende MAGNVS PIVS IMP* (Cohen, pi. LXIll, Pompeia, n«8) que ceux qui ont été frappés avec le nom du lieutenant Epplus et la légende MAGN» PIVS IMP.p. (Cohen, pi. LXIlI, Pompeia, ii* 7, et pi. UV, Eppia), tandis qu'on doit réunir dans le second groupe tous les autres deniers et toutes les pièces d*or. Maintenant il résulte de Texamen du dépôt de Liria
43 av. j.-c. <]u® 'C premier groupe est antérieur à l'automne de 711, et que le denier
avec le type de la Piété manque dans les dépôts italiens enfouis à cette date uniquement parce qu'il était encore peu répandu. Ce denier de fabrique assez grossière, ainsi que les deniers de Cn. Pompée, le frère aliié de Sextus.
44 ar. J..C. est d'origine espagnole; il a été frappé probablement en 710, quand, quelques
mois après la batnille de Munda, Sextus renouvela la guerre en Espagne^ il s'y maintint dans les derniers mois de la vie de César et après la mort du Dictateur jusqu'à Taulomne de 710. époque ù laquelle sa présence fut ré-