HT. J.-C
Peioek 104 • T. J. C.
L<*nrR foncHoim •ont quelquefois
conflue* 'anx quo>trnrS.
100 av. J.-C.
IM. XXIX, n" 7.
sur les monnaies avec ceux de L Licinius Crassus et de Cn. Domitius. Peut-être y eut-il à cette époque une émission importante de monnaies pour laquelle on nomma extraordinairement une commission de sept membres, composée de ces deux personnages ( ceux-là mêmes qui furent encore collègues pour la censure en 662), et de cinq autres personnages plus jeunes et moins importants. La magistrature de L. Licinius et de Cn. Domitius n'est pas indiquée sur les monnaies ; ainsi rien ne nous oblige à placer rémission de leurs pièces pendant leur censure, et diverses considérations, que nous développerons plus loin, ne permettent pas de les classer après celles de Claudius Pulcher; or, nous le savons, ce dernier exerça la charge de monétaire avant celle d'édile, qu'il obtint en 665. Ainsi à l'époque de l'émission de ces monnaies, qui eut lieu en 6i5 ou 660, le collège des monétaires était choisi, comme toutes les commissions extraordinaires, parmi les plus jeunes sénateurs, et leur élection n'était pas encore annuelle (1). Nous avons dit que, suivant toute apparence, on confiait quelquefois l'émission des monnaies à des magistrats déjà chargés d'autres fonctions. Nous n'avons cependant qu'un seul exemple à citer à l'appui de cette hypothèse : celui des questeurs Pison et Cépion qui, vers Tannée 664, firent frapper des deniers. 11 est vraisemblable qu'une pareille délégation était un fait exceptionnel, et n'avait lieu en général que pour assurer le service spécial dont ces magistrats étaient d'ailleurs chargés; ainsi, dans le cas particulier que nous venons de citer, ces mêmes questeurs
(1) Annales de Vlnst. orch., 1863, p. 56. — Pour Tëpoque que noas attrf* buoiis à ces pièces et pour les raisons qui nous les font classer ayant celles de Claudius Pulcher, voyez notre tableau chronologique, n* 170.
Socialf.
avaient pour mission d'acheter une grande quantité de blé , et il fallait nécessaireoaent mettre de Targent monnayé à leur disposition.
Ce ne fut qu'après la Guerre Sociale que le triumvirat LétabH!.«mcnt monétaire devint une magistrature ordinaire, à laquelle on q^Iprî"» il Guerre ne pouvait régulièrement aspirer qu'à l'âge de vingt-sept ans (1). Nous voudrions pouvoir établir qu'elle était exercée pendant une année comme toutes les autres; mais d'après les monnaies, on ne retrouve qu'environ soixante monétaires ordinaires entre la Guerre Sociale et la Guerre Civile, et il devrait y en avoir plus du double si le renouvellement avait été annuel. Il y a donc dans l'organisation de cette magistrature quelque chose que nous ne connaissons
(1) Suivant toute apparence il n'existait pas, à proprement parier, d'âge légal pour exercer les foncUons de monétaire pas plus que pour les autres magistratures non curules; mais cet âge peut être déterminé par les clrcon- .stances accessoires et les règlements généraux. Ainsi, nous savons d'abord qu'il était interdit d'exercer aucune magistrature civile avant d'avoir servi dix ans dans l'armée {voy. Becker, Handbuch, II, 3, p. 21.— Borghesl, cité par Cavedoni, Ripostigli, p. 21), puis il y avait un règlement pour l'ordre dans leqfuel les magistratures pouvaient être conférées; ainsi on ne pouvait obtenir la questure qu'après le vigintivirat depuis que ces fonctions avaient été formellement élevées au rang de magistrature (Tacit., iiwi., 111,29); enfin on pourrait citer la défense d'exercer deux magistratures sans intervalle. — Les Gracques ont parfaitement pu être questeurs à l'Age de vingt-sept ans , parce que de leur temps le vigintivirat n'était pas encore organisé comme II l'a été depuis ; mais par la suite l'âge auquel on pouvait l'obtenir a été retardé de trois ou quatre années. Sous les empereurs on arrivait à la questure à l'âge de vingt-cinq ans ( Dio Casa., LU , 20. — Marquardt, Handbuch, II, 3, p. 218)1 et au vigintivirat à vingt ans, mais pas avant, comme Eckhel (J)oct. num, vet., t. V, p. 63) l'a très-bien établi d'après les Annafes de Tacite (III, 29). L'Inscription funéraire d'un triumvir, mort à l'âge de dix-huit ans (Inscript, Neapol,, n» 45C), ne nous parait pas d'une authenticité inattaquable. — Comp. Plin., Epist, ad Trajan., § 79, et nos Stadtrechie, p. 418.
pas encore exactement; peut-être sa durée était elle de deux années, ou bien n'était-elle conférée que tous les deux ans. Pour ne pas interrompre le récit de ce que nous savons sur rbistoire de cette institution, nous allons dire ici ce que nous connaissons de son organisation à l'époque suivante.
Ce que derint César porta à quatre au lieu de trois le nombre des "'.ourc"!ir'* nionéUires en même temps que celui des capitales (1) , et tt depsu. ces nouveaux quaiuorvirs entrèrent en charge pour la première fois l'année njême de sa mort (2). Cett« innovation dura peu de temps, et Auguste rétablit les triumvirs^ comme nous le verrons plus loin. On trouve quelque temps encore leurs noms sur les monnaies , mais, peu après la naissance de Jésus-Christ, cet usage disparaît, et l'existence de cette charge jusqu'au m* siècle de notre ère ne nous est plus révélée que par les inscriptions (3).
(1) SuetoD. ( Caesar^ XLI) : « Minorum magisiratvvm numetum am- « pliaviL M C'est ce qui explique l'existence d'au lUlvir capitalis , nommé dans une inscription d'Orelli (n* 6450), ainsi que les IlUviri monetales de cette époque. Comme le remarque très-bien Eckliel {loc, cit., t. V, p. 212), Flaminius Chilo a soin d'indiquer sur ses monnaies qu'il appartient à la première commission monétaire ainsi réformée, lllI.VIR.PRI(mti«) FLA(viO.— Le coUegium des minores magisiraius compta donc pendant un certain temps vingt-huit membres au moins. — Cayedoni (Ripostigli, p. 229) pense que cette augmentation du nombre dès magistrats n'eut lieu qu'après la mort de César ; mais son opinion ne peut plus se soutenir en face du texte formel de Suétone.
(2) En 7 10. — Nous montrerons plus loin que ce fut bien cette année-là même que L. Flaminius Chilo exerça la charge de monétaire.
(3) Les dernières inscriptions que nous connaissions dans lesquelles cette magistrature monétaire soit rappelée sont relaUves aux personnages sui* vants : Ser, Caipumius Dexter, qui fut consul l'an 226 de notre ère (OrelU, n*6â03) ; r. Clodius Pupienus Pulcher Maximus, fils de l'empereur assassiné en 238 (Orelli, n» 6512); L. Pulvius Aemilianus (Orelli, n* 3134), si, en
WAGIS'fRATS MONÉTAIRES. 53
Nous rangerons au nombre des monétaires ordinaires la ^"«"" «"* '«•
, P'boeiqae Ton peut
plupart des magistrats dont les noms se trouvent sur les attHbaer monnaies frappées à Rome, sans que leurs fonctions y soient ^ *** «•f»«tr«t.. indiquées. On avait apparemment trouvé cette dernière mention inutile, puisque, régulièrement, les triumvirs seuls émettaient des monnaies marquées à leur nom. La qualification de 111 virs monétaires se voit pour la première fois sur les pièces frappées vers Tan 700 de Rome, tandis que 6* %r. j.-c. les autres charges y sont indiquées beaucoup plus tôt
Les pièces émises par ces magistrats constituaient véritablement la monnaie légale de l'État^ et tant que dura la République il n*est jamais fait mention dans leurs légendes d'un décret du sénat qui les autorise (1) ; les autres magistrats, au contraire, ne battaient monnaie que dans des cas exceptionnels et en vertu d'une autorisation spéciale. Il est de règle que cette autorisation soit mentionnée sur leurs pièces par une des formules S.C, EX S C. ou toute autre du même genre : c'est en vertu d'un décret de cette nature qu'en 072 le préteur Q. Antonkis Balbus reçut du sénat, n «r. j .c. partisan de Marins, la mission de rassembler tous les trésors des temples pour les fondre et en faire de la monnaie.
C'est la seule fois que Ton vit, du temps de la République, un magistrat de ce rang (2; chargé de battre mon-
effet, ce personnage est bien le fils du consul de Tan 258. — Comparex Léon Renier, Mélanges dépigraphie, p. 12 et suif.
(1) Les sigles S. C. qui se trouvent sur le denier frappé en 705 par ^9 ar. j.-c G. Coponlus, préleur du parU de Pompée, et par Q. Sfcinius, triumvir monétaire, se rapportent au premier de ces personnages, car on ne les voit pas sur les deniers frappés par Q. Sicinius seul. Plus tard, on les retrouve sur les deniers de Manius Cordlus Rurus et de T. Carislus, monétaires de César, assez souvent sur l'argent, quelquefois sur l'or, et toujours sur le cuivre des monétaires d'Auguste.
(3) Les préleurs étaient comptés parmi les mogisiraius majores. B.
naie dans la capitale (1) ; les délégations de ce genre étaient plus souvent accordées ou confiées à des magistrats d'un rang inférieur, aux édiles (2) et aux questeurs (8), lorsque pour cause ou sous prétexte d'intérêt public le sénat trouvait bon qu'ils missent en circulation une plus grande abondance de numéraire ; l'émission se faisait alors pour le compte du trésor ou pour le compte particulier de ces magistrats (A). Cette autorisation ne se donnait en général que pour les pièces d'argent, car nous ne connaissons PI. XXXII, no^ 9 que deux as où elle soit constatée par la légende EX S. C, Tun est anonyme et l'autre porte les noms de C. Cassius et L. Salinalor. On peut donc regarder, sauf de rares exceptions, comme exclusivement frappées par les magistrats monétaires ordinaires, toutes les pièces de cuivre fabri-
et 11.
(1) Nous avoDS des pièces d'or de L. Munalius Plaiicus, prnefectus urbis du temps de César.
(3) Les monnaies frappées par les aediies curuies portent les légendes suivantes : M. SCAVRVS. AED. CVR. S. C. et P. YPSAE. S. C. - P. FOVRIVS. CRASSIPES. AED. CVR. - M. PLAETORIVS. CESTIANYS. AED. CVR. EX. S. C.-CN. PLANCIVS. AED. CVR. S. C — A. PLAVTIVS. AED. CVR. S. C. — P. GALB. AED. CVR. S. C. — Nous ne connaissons de pièces frappées par les édiles plébéiens que celles qui portent la légende : M. FAN. L. CRIT. AED. PL. P. A.
(3) A part les monnaies des questeurs Piso et Caepio, dont nous arons parlé ci-dessus (p. 60), et celles des questeurs militaires, dont nous parlerons au paragraphe suivant, les seules monnaies frappées par des questeurs, du temps de la république, portent les légendes suivantes : AP. CL. T. MAL. Q. VR. - CN. LEN. Q. ( ou bien LENT. CVR. X FL.) EX. S. C — P. LENT. P. F. L. N. Q. S. C — L. TORQVA. Q. EX. S. C.~ L. PLAETORL L. F. tt. S. C- M. SERGL SILVS. Q. EX. S. C.
(4) Ceci avait lieu surtout à l'occasion des jeux donnés au peuple par ces magistrats, qui demandaient alors et obtenaient Tautorisation de faire une émission de deniers portant- leur nom, et dont ils fournissaient le métal. Quand il y avait une émission extraordinaire pour cause ou sous prétexte d'intérêt public, les lingots étaient fournis par le trésor.
MONNAIES FKAPPÉËS UOQS DE ROME. 55
quées depuis que ces pièces étaient devenues une monnaie d'appoint*
Monnaies romaines fruj^pées hors de Rome.
Nous distinguerons deux catégories parmi les pièces prcmibro frappées hors de Rome. — Un certain nombre de monnaies <î«t^«f«;** = romaines de la seconde moitié du v* siècle ou de la pre- dan^ d«8 viuc*. miëre moitié du vi'', outre le nom de Rome écrit en toutes lettres, portent encore un autre nom de ville, mais celui-ci est en abrégé ou en monogramme. Souvent même il est difficile de distinguer quand ces monogrammes indiquent un nom de magistrat ou un nom de ville. Les cinq monogrammes de villes connus jusqu'à ce jour donnent les noms de Rome, Luceria, Ganusium, Grotone et Gorcyre, Le monogramme de Corcyre est en lettres grecques, et Ton voit à côté un second monogramme également en lettres grecques qui indique vraisemblablement un nom de magistrat. Ges monnaies sont taillées d'après le système romain, approprié cependant au pays pour lequel elles étaient frappées; ainsi l'atelier de Gorcyre, outre le quinaire romain, fabriquait aussi le victoriat, c'est-à-dire la drachme illyrienne ; celui de Luceria, le dextans, le quincunx et la demi-once, avec l'as et le semis. On ne connaît jusqu'ici qu'un seul denier de cette espèce, et il est marqué du monogramme de Rome ; il paraît que les ateliers secondaires n'ont émis que le victoriat, le quinaire et le sesterce d'argent avec toute la série de cuivre à partir de Tas, et qu'il leur a toujours été interdit de frapper des deniers ou des décussis; les pouvoirsqui leur étaient accordés n'auraient ainsi comporté que la fabrication de la monnaie divisionnaire
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ou de secood ordre. Tous ces ateliers secondaires se trouvent dans la circonscription consulaire qui comprenait l'Italie avec la Gaule Cisalpine et l'Illyrie (1) ; ils étaient établis dans des villes alliées jouissant de Talliance la plus favorable (2) ; quelques-unes d'entre elles, comme Luceria et Canusium , émettaient en même temps des monnaies de cuivre en leur propre nom, dernier souvenir de leur ancienne autonomie. M.K's rHi8 Dans les villes où se trouvaient ces ateliers, la fabrica-
*^iHunr«.Mitfe.* tion des monnaies était probablement confiée à des commissaires particuliers et n'entrait pas dans les attributions du magistrat suprême de cette circonscription administrative. La restriction du droit de monnayage aux pièces les moins importantes, semble peu compatible aveit la dignité d'un haut personnage ; de plus, ces monnaies affectent constamment un caractère particulièrement local et qui s'est soutenu assez longtemps dans certaines villes; on peut citer, par exemple, les monnaies de Luceria qui ont suivi pendant ail moins un demi-siècle toutes les variations de la monnaie romaine. Il est vraisemblable que ces ateliers étaient administrés sous la surveillance du consul, par des employés de rang inférieur établis dans les villes monétaires de l'Italie. On pourrait peut-être comparer ces employés des monnaies aux questeurs qui résidaient à Gales et à Ariminum, villes libres et alliées, et nous savons d'ailleurs qu'un commandant particulier résidait à Gorcyre (3).
(1) Voyex notre Histoire romaine, I, p. 622, et notre Rechtsfrage zvoischen Caesar und dem Sénat (Question de droit entre César et le Sënat)^ p. 8.
(2) Les pièces d'argent frappées à Crotone Tont été probablement avant sa colonisatioiv
(3) Pol)b., XXII, 15, 6. —Notre Histoire romaine^ 1, p. 525.— Le nom grec dont les initiales AF se voient sur les monnaies de Corcyre est probablement celui de l'officier chargé de ce service par le commandant militaire.