MONNAIES MILITAIRES. Ô
On peut joindre à ces noms, ceux des magistrats qui se trouvent, avec l'indication de leurs fonctions, sur des pièces qui n'appartiennent pas au système romain et qui ont été frappées sous la République dans les provinces soumises à Rome. Par exemple, les noms des questeurs qui se trouvent sur les pièces de cuivre frappées en Sicile (1), en Espagne (2) ou en Macédoine (3); ceux des gouverneurs,
gouverneur de la Sicile. Elles n*0Dt pu être émises par lui pendant qu'il était en Afrique, quoi qu'en dise M. l'abbé CavedoDi (Bull, de Vlmt. arch,, 1843, p. 13), parce que Caton ne commandait pas en clief dans cette proyince, et que les pièces frappées dans ces conditions auraient sans doute menUonné également le nom de Scipion, qui, en sa qualité de général de l'armée, avait poslUvement seul le droit de battre monnaie.^ [Confrontes ci-après^ ch. IX, $ 3, et Cavedoni, Nuovi stttdii, p. 22 et 23. B. ]
(1) A^.ACIPI.Q (Landolina-Patemd, Moneie consolari sicule, p. 8). La forme de Tp , que nous avons pu vérifier nous-méme sur cette monnaie, et le Utre de questeur, inusité à l'époque impériale, mais fréquent sous la République, la classent évidemment à l'époque républicaine. Nous assignerons aux premières années du règne d'Auguste les monnaies frappées en Sicile par les propréteurs C. Arruntanus Balbus et P. Silva ou Silvanus (Borghesi, Bullet, arch» napoL, nouvelle série, t. VI, p. 32) ; celles des proconsuls datent toutes bien positivement de l'empire.
(2) CN, IVLI. L. F. Q. sur les pièces de Cordoue (Eckhel, loc. cit., t. I, p. 18); L. AP. DEC. Q. sur les pièces de Munda [aujourd'hui Monda, village près deMalaga] (ibid,, p. 26), d'Urso [aujourd'hui Orsuna] {ibid., p. 28 ) et d'une ville dont le nom n'est pas connu, et que Laodolina- Paterne {loc, cit., p. 16), trompé par le type, qui est semblable à celui des monnaies de Lilybée, a le tort de placer en Sicile. Nous attribuerons ces monnaies à l'époque républicaine pour les raisons que nous avons développées dans la note précédente, et cette attribution est d'autant plus certaine pour celle de Cordoue que le nom de cette ville est ici Corduba, tandis qu'elle est nommée Colonia palncia sur les pièces de l'époque impériale. — Nous n*08ons pas être aussi positifs pour les monnaies de In Cyrénaîque frappées par A. Puplus Rufus Q. PRO. PR. (Eckhel, loc. ciL, t. IV, p. 12G.)
(3) MAKEAONHN; TAMIOY TAIOY HOnAlAIOY ou bien TAIOY TAMIOY ou autre à peu près semblable; MAKEAONHN; TAMIOY AEYKIOY <t)OAKINNIOY, Outre l.i légende, on voit sou-
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qui se voient sur les tétradracbmes macédoniens presque toujours avec celui de leur questeur ou de son remplaçant (1) ; les noms des gouverneurs d'Asie et de Cilicie sur »8>»o«v. j. c les cistophores de 696 à 70& (2), enfin les (3) généraux C. Fannius et Métellus Scipion (&), qui commandaient en Asie Mineure pour le parti de Pompée.
vent sur ces pièces une lettre ou un monogramme. (Eckhel, ioc. cit., t. Il, p. 62.-Mionnet, t. î, p. 465,456, n- 37-46 ; t. III, Suppl., p. 6, 7, n- 88-46.)
(1) MAKEÂONHN, 6 (Thessalonfque). Plus rarement A ou B (Borghcsi, Décade \\h 1. p.^ ; CEuvres compl., t. II, p. 236).— CAE. PR. et AESILLAS. Q. (Eckhel, toc. ciL. t. Il, p. 61. - Mionnet, 1. 1, p. 455, o« 36.^€li. Lenormant, Revue numistn., 1852, p. 327).— MAKEAONHN; 6; SI et AESILLAS. Q.(Mionnet, /oc. <^.,n* 85). -M AKEAONnN; 6; SWRA. LEG. PRO Q. (MIonnet, t II, Suppl., p. 5, n* 34 J. Sur d'autres pièces, on Toit seulement D ou LEG (et non LEEG) Thomas, Cat., p. 121. — Ch. Lenormant, Ioc. cit., p. 817 et 338. — Comp. aussi sur ces monnaies, Borghesi, Décade XVI , M; CEuvres compl,, t. III, p. 236 et suIt.
(2) On yoit aussi sur les didrachmes cistophores le signe Q. du questeur sans adjonction du nom propre. Voy. Pinder, Cistopkoren, p. 271.
(3) Les noms de ces gouverneurs ont été soigneusement publiés par Pinder
67 av. j.-c. {Cislophoren, p. 545, 5G7). — En 687, aucun nom romain ne se voyait en-
68 AV. j.>c. core sur les cistophores (Pinder, Ioc. cit,, p. 548) ; mais de 696 jusqu'à la
fln delà République on en voit, au contraire, sur tous les cistophores celui qui porte le nom de Q. Ctcero ne nous parait pas d'une authenticité indubitable. (Pinder, Ioc. cit., p. 567). Le gpuverneur de la province est toujours qualifié de PRO COS. ou IMP.
(4) Pinder (Ioc. cit., p. 569 et suiv.). — C. Fannius, C. F., était tribon 6» «V. J.-c. du peuple en 695 (Cicer., pro Seslio, LUI, 113), et préteur non en 699, M «V. J.-c. comme le croyait horghe&ï {Décade V, 10; Œuvres compL, t. I, p. 283.
— Bullet, arch. napol,, nouv. série, t. V, p. 145), mais en 706, puisque Cicéron le nomme parmi les hauts fonctionnaires de cette année {ad Atticum. Vil, 15, 2; VIII, 15, 3); les cistophores de cette année portent C. FAN (mu*) PONT(i/px) PR(fle/or)î Josèphe, dans les Ant. jud., (XIV, 10, 13, et XV), le nomme àp^i^pâ-criYoç ou «xpaTTiTÔ; Otwitoç. 11 est évident qu'il prit le gouvernement de l'Asie en qualité de préteur lorsque tous les magistrats urbains quittèrent la capitale pour rejoindre l'armée ; il 48 av. J.-c. ne fut jamais proconsul, et mourut en 706 (Cicer., ad Atticum, XI, 6,6).