‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 5)Chapitre 19 sur 110 · MONNAIES MILITAIRES · texte numérisé non relu

MONNAIES MILITAIRES

Quand sur ces pièces il y a un nom romain sans indication de magistrature, il n'est pas toujours aisé de distinguer s'il s'agit d'un magistrat municipal ou d'un oiBcier de l'Empire ; cependant on peut avec certitude regarder comme des noms de magistrats romains ceux qui se trouvent sur les monnaies siciliennes de cuivre semblables aux monnaies sur lesquelles le titre de questeur est mentionné; G. Papirius Garbo, dont le nom se lit sur les pièces de cuivre de la Bithynie, de 693 à 695, et G. Gaeci- «!-*»•▼. j.-c. lius Comutus (1) , qui y figure de 698 à 702, sont évidem- mm *t. j.-c. ment des officiers romains. Tous ces noms sont toujours écrits en caractères latins, excepté sur les pièces de cuivre de la Macédoine et de la Bithynie.

Le général, qu'on l'appelât dictateur, consul, préteur, conciwio». proconsul, propréteur, ou qu'il fût seulement désigné par le titre i^Imperator^ avait, par le fait même du commandement en chef {imferium) dont il était revêtu, le droit de battre monnaie, et ce droit, il pouvait l'exercer légalement par son questeur ou par son proquesteur {proquaestore ou legaltu pro quQestare)^ dans toute l'étendue des provinces soumises à son autorité. Pendant la Guerre Givile, les magistrats urbains, comme le questeur urbain et les triumvirs monétaires remplacèrent exceptionnellement les questeurs militaires, souvent même des commandants de corps d'armée {legatipro consule ou pro praetare)^ revêtus extraordinairement des pouvoirs consulaires ou prétoriens, furent momentanément chargés de battre monnaie. Le plus souvent l'autorisation du sénat n'est pas mentionnée sur ces pièces, parce qu'évidemment le général en chef,

(I) Borghesi, Antologia di FiV^ws^(1823), XI, A. p. 87 et .«uir.

agissant dans les limites des fonctions de sa charge, n'en avait pas besoin, et que ce monnayage était régulier. Nous ne connaissons que trois monnaies militaires sur lesquelles il soit fait mention de Tautorisation du sénat, et ces trois exceptions servent à confirmer la règle générale. Les deux premières pièces appartiennent à deux lieutenants de Sylla, L. Annius, qu'il envoya en Espagne combattre les partisans de Sertorius, aussitôt après sa rentrée au pouvoir, et L. Valerius Flaccus, qui gouverna la Gaule à la même époque. Il est tout naturel que Sylla, qui était parvenu à mettre le gouvernement entre les mains du sénat, voulût également faire remonter jusqu'à lui les droits monétsûres du général d'armée. Quant à la troisième exception, elle peut aussi s'expliquer ; en effet, G. Goponius n'avait pas légalement le droit de battre monnaie, puisqu'il commandait les troupes comme préteur et non comme propréteur; il lui fallait donc, d'après la constitution alors en vigueur, une autorisation spéciale du sénat pour exercer les droits monétaires, qui, appartenaient au général en chef.

Monnnies d'or La positiou indépendante des généraux donnait, pour

^'''7én6ilal!'^ aiusl diro, à leurs droits monétaires, sinon plus d'extension, du moins une sorte d'élasticité qui leur permettait de s'affranchir de quelques-unes des entraves et des restrictions imposées au monnayage urbain ; ils usèrent de leur omnipotence en particulier pour l'or, et il nous semble incontestable que toutes les pièces d'or de la République sont des

PI. xxiii, !.-• n, monnaies militaires. Les pièces de 60, de 40 et de 20 sesterces frappées suivant toute apparence par les généraux qui combattaient Annibal dans le midi de l'Italie sont, probablement, les plus anciennes; nous nommerons ensuite le Philippe d'or de T. Quinctius (si toutefois cette

Page 1