SÉRIES ET VARIÉTÉS
Les trois plus anciens quinaires de cette catégorie (1) sont probablement ceux de T. Cloulius (n"" 183), de G. Egnatuleius (n* 18A) et de P. Sabinus (q*185), tous les trois avec le type du victoriat ou du demi-victoriat, et la nouvelle marque de valeur Q. Après eux viennent les quinaires de G- Fundanius (n*196) et de Gn. Lentulus (n" 229) sans marque de valeur, mais au type du victoriat ; ceux de M. Cato (n* 203), de L. Piso Frugi (m 212) et de Q- Titius (n* 21 A), dont le type est un peu changé ; enfin ceux qui se rattachent aux deniers de M. Fonteius et de L. Julius Bursio (n" 233, 234) dont le type est entièrement difféi^nt Les moins anciens de ces monétaires ont exercé leur charge vers 670, de sorte que cette émission de quinaires 84 «t. j.^. a pu durer de 650 à 670. ,04. 34 „, 4.^.
c« En 705 une nouvelle émission de quinaires eut lieu 40 ar. j.c.
(1) Voyes Ann. de VInsL arcA., loc. cit., p. 4C. — M. Mommsen serait «sses tenté de laisser le monétaire T. Cloulius dans la troistème période, de 620 à 640, mais il se trouve embarrassé pour P. Sabinas et G. Egna- ^^^ ^ ^^^ Culeius d«Dt les quinaires sont semblables à celui de T. Cloulius et dont J.-c.
nous ne connaissons pas de deniers; ii lui parait impossible qu'après une première émission de quinaires de la nouvelle forme il y ait eu aussitôt une suspension dans leur émission qui n'aurait été reprise que par C. Fundanius et M« Caton et à U v* période, c'est-à-dire entre 650 et 104. 84 ar. j.-c. 670. M. Mommsen croirait plutôt qu'il y a eu deux monétaires, du nom de T. Cloulius, dont l'un aurait émis le denier classé par M. Zobel dans la ni* période, entre 620 et 640, et un autre, contemporain et probablement collègue de C Egnatuleius et de P. Sabinus, qui pendant la f* période (vers €50] n'aurait, comme eux, émis que des quinaires. Cependant cette solution, qui a son côté spécieux à cause du manque absolu de deniers des monétaires Egnatuleius et Sabinus, ne satisfait pas eotièrement notre savant auteur^ d'ailleurs, le denier de Cloulius, par Pabsenoe de l'indication de la valeur, lui parait être une anomalie dans la lu* période* C'est ce qui m'a décidé à attribuer le denier et le quinaire au même T. Cloulius, et à les classer au commencement de la w* période. Voyez ci-après ch. IX, n* 183. B.
152 CHAPITRE TIII.
en même temps que celle des sesterces, et lear fabrication continua quelques années.
victoritt. 3» Nous avons vu dans un précédant chapitre (p. 96
et suiv.) Torigine du victoriat. Il paraît que cette espèce pénétra en Espagne plus tôt que les deniers. La découverte de victoriats trouvés en Espagne avec une légende incuse, prouve ou qu'ils sont plus anciens ou que le mode de fabrication fut concédé plus longtemps que nous ne l'avions d'abord pensé (1). Cependant les victoriats d'un poids plus fort et correspondant au poids primitif des deniers et aux as trientaux, sont les plus rares ; autant que nous avons pu le vérifier ils portent les emblèmes suivants : le croissant, la massue, l'épée recourbée et le monogramme 229k 217 •?. j.-c. de ROMA (n* 6), et remontent à la période de 525 à 537. Depuis lors, le victoriat fut frappé en assez grande quantité ; nous le rencontrons avec les mêmes monogrammes d'atelier que le quinaire, ensuite avec ceux de Yibo (n* 11) et de Crotone (n* 10). On le trouve également avec les emblèmes suivants : l'épi, l'autel allumé, la branche, le foudre, le trident, la mouche, la corne d'abondance, le casque, le chien, l'épieu, la pointe de lance horizontale, quatre candélabres, le bonnet lauré, le pentagone, le boisseau, le papillon, le porc, Fépée gauloise et le scipion ; enfin il en existe avec les initiales ou monogrammes TAMP. (n* 22), ME (n- 24), CM (n- 16), MATI (n- 31), MP (n- 32), MT (n* 23); mais l'émission de cette espèce cessa au milieu du vi* siècle.
Le pied monétaire.
Les plus anciennes pièces d'or frappées à partir de 537
Or.
317 fty. J.-^.
(1) Ànn. de Vlnst. arch,, loc cit., p. 8. Comp. le tableau chronologique.
87 tT. J.-C.
•l ar. J.-C.
Argent. 217 «T. J.-C.
LE PIED MONÉTAIEE. lÔS
(!!• 19) pèsent un, deux et trois scrupules (Voy. ci-dessus, p. 113, lli). Les didrachmes italiotes sont copiés sur ceux d'Athènes (n» 225); les aureus de Sylia (p*232) frappés à partir de 667, et ceux de Pompée (n* 245) en 678 et suiv., pèsent 1/30 et 1/36 de livre; enfin les aureus de César, frappés depuis 708, pèsent 1/AO de livi*e. Au point de vue chronologique, cette dernière donnée est précieuse, parce qu'elle classe après 708 toutes les pièces d'argent frappées par des monétaires dont les noms se trouvent sur les pièces d'or de Jules César.
On sait que dans l'origine, et probablement jusqu'en 537, le denier pesait 1/72 et tomba plus tard à 1/84 de livre; il faut observer cependant qu'il ne fut jamais d'un poids rigoureusement exact, et que parmi les pièces les plus récentes il s'en trouve quelques-unes qui pèsent plus que leur poids normal. D'après les pesées que nous possédons, mais qui n'ont pas été faites sur une masse assez considérable de pièces, nous ne trouvons que les espèces suivantes, au type des Dioscures, qui pèsent l'ancien poids :
a, sans aucun emblème;
6, avec les symboles suivants : l'ancre, le caducée, le croissant, le marteau et l'apex, la massue, la couronne de laurier, la branche de laurier, l'épée recourbée, le scipion;
c, avec le monogramme de Rome (p. 26. 27, notes).
Nous avons développé plus haut l'histoire de la monnaie de cuivre, et nous avons vu que vers l'époque de la première émission des deniers d'argent (486-490), le poids de îeaeiMé.r. j -c l'as de cuivre avait été fixé à quatre onces, puis réduit à une once en 537, mais que dans l'intervalle ce poids avait m .r. j.-c. subi une suite d'affaiblissements successifs. Ces changements forment donc une espèce de série chronologique
Cuirre.
1Ô& CHAPITRE YIII.
268 et 217 ar. j.-c. eotrc Ics 000063 486 et 587 -, enfin la loi Papiria, qui fixa le 89 mr. j c. poids des as à une demi-once, fut publiée vers 665, De tout temps on a vu dans 1* affaiblissement successif du pied monétaire du cuivre un élément chronologique pour le classement des pièces, et par conséquent pour le classement des espèces d'argent émises par les mêmes monétaires; mais les recherches faites jusqu'à ce jour sur cette matière ont été défectueuses, leurs auteurs ne s' étant pas exactement rendu compte de la façon dont les Romains ont exécuté les règlements de cette fabrication, ni des rapports ou des différences qui existent entre le poids légal et le poids réel. Le poids effectif des monnaies ayant une valeur réelle^ est pour ainsi dire nécetsairemenl et presque invariabkment le poids légal ; sauf de rares exceptions, il n'y a point de surpoids possible. Ainsi en prenant pour base le poids effectif de l'as libral, on arrivera facilement à en déterminer d'une manière pratique, sinon avec une exactitude mathématique, le pied monétaire. Quant aux monnaies fiduciaires et même pour les monnaies <ï appoint , il est superflu d'en fixer rigoureusement le poids légal ou d'en vérifier l'exactitude. Le poids des pièces de billon de deux centimes n'est-il pas aussi indifférent pour le commerce que la dimension des billets de banque 7 L'égalité du poids pour ces pièces a aussi peu d'importance que l'égalité de la dimension pour les billets. Or la monnaie de cuivre cessa de fait d'avoir une valeur réelle lorsqu'on émit des as de quatre onces, et, en droit, lorsque l'as fut réduit à une once.
Les monétaires romains ont largement usé de la liberté qui leur était laissée à ce sujet par la loi, ou du moins par Fusage, et il n'est pas rare de rencontrer des pièces de la
LE PIBD MONÉTAIRE. 156
même valeur nominale et de la même émission, présentant les différences de poids les plus anormales. Ainsi on trouve assez souvent des trions et même des quadrans plus forts que le semis de la même série. Le tableau que nous donnerons aux annexes (1), montrera toutes ces anomalies. Il ne faudrait cependant pas se laisser tromper par ces irrégularités au point de croire que le poids légal n'existait pas, mais il ne faut jamais oublier de mettre en pratique les précautions et les observations sui* vantes:
1* Dans la monnaie consulaire en cuivre l'étude d'une seule pièce ne suffit pas pour déterminer son pied monétaire, et lorsqu'on voit un numismatiste classer un as dans la série onciale, et un autre le classer dans la série sextantaire, cela tient à ce que l'un et l'autre ont pesé la pièce que le hasard avait mise sous leur main, sans penser à vérifier si d'autres pièces identiques ne pesaient pas le double ou la moitié. Voilà pourquoi nous avons recueilli le plus de pesées possible tant dans les auteurs existants que dans diverses collections, grâce à l'obligeance de nos amis. On trouvera dans notre tableau le résultat des observations faites au cabinet de Berlin, par M. Friedlaender, aux cabinets de Vienne, de Munich, de Modëne, dans la riche
(1) J'ai ajoaté au tableau de M. Mommsen quelques pesées nouyelles que J'ai pu me procurer, et dont Je dois une grande partie à Tobligeance de M. le baron d'Ailly. Mais ce tableau est loin d'être complet; ceux qui Tiendront après nous et voudront tirer parti du poids des monnaies romaines, trouveront leur tâche singulièrement facilitée quand tout rouvrage de M. d'Ailly aura paru. On a pu voir dans son premier volume le soin minutieux avec lequel il note le poids de chaque pièce. Ce travail a été continué avec le même soin pour toutes les monnaies de la République. B.
156 CHAPITRE Vm.
collection du comte Borgbesi ; nous avons aussi profité des ouvrages d'Olivieri, d'Ennery, de M. Riccio et autres. Mais il faut accepter avec d'autant plus de précaution les observations de ce dernier, qu'elles ne méritent pas toute notre confiance ; par exemple les as et les semis de la famille Baebia pèsent, d'après ses lettres, 6, 6 et quelquefois 12 grammes de moins qu'il ne les porte dans son catalogue. Cinq as de la famille Matia pèsent sdlleurs 31 , 30, 27,16 et 16 grammes ; Riccio en donne trois de 37, trois de 36, trois de 35, deux de 33 et un de 27 grammes. Il serait trop long de nous arrêter davantage sur ce sujet ; ce que nous avons dit suffit pour mettre le lecteur sur ses gardes, et d'ailleurs M. Cohen a déjà relevé une partie des erreurs commises par M. Riccio.
2'' Il est naturel que plus les pièces diminuent de volume, moins leur poids a d'importance; il n'y a donc guère que l'as dont il puisse être intéressant de constater le poids . Les semis mêmes offrent peu de sécurité, on le voit par ceux de Cn. Domitius; nous en connaissons trois pesant 8,8 et 6 grammes, et qui pourraient faire penser qu'ils appartiennent au système demi-oncial, si l'as ne pesait pas 27 grammes; de même l'as de M. Yargunteius pèse 28 grammes, et trois semis du même monétaire pèsent 7, 6 et 5 grammes. Les petites fractions de la série onciale sont en général au-dessous, celles de la série demionciale au-dessus de leur poids normal ; de sorte que si l'on ne veut pas, en évaluant le pied monétaire, s'exposer à perdre toute espèce de base fixe, il faut nécessairement ne pas tenir compte de ces fractions à partir du triens.
3*' Pour les as des séries onciale et demi-onciale, le pied monétaire semble avoir eu uniquement pour but de fixer un minimum au-dessous duquel on ne devait pas fa-
LE PIED MONÊTAIBE. ' 157
briquer de monnaies» mais qu'on aurait pu dépasser. La raison qui nous fait interpréter ainsi ces règlements est toute simple. La loi de 537 avait moins pour but de 217 «r. j.-c. changer le poids des monnaies que de mettre un terme à leur affaiblissement successif et à l'arbitraire des moné-taires. La loi de 665 avait pour but d'assimiler les as 89 %r, j -g. d'une demi once frappés à Copia et à Valentia aux as d'une once frappés à Rome. Dans l'un et l'autre cas, la fixation d'un minimum était plus appropriée que celle d'un poids absolument exact D'ailleurs la manière dont les magistrats traitaient la monnaie de cuivre ne peut pas raisonnablement faire supposer qu'ils se soient jamais crus astreints à suivre une règle stricte pour le poids des pièces, et l'on ne peut pas admettre que telle ait été l'intention du législateur, tandis qu'un minimum était facile à observer, pourvu qu'on ne se servît pas d'un flan par trop mince. On ne se faisait d'ailleurs pas faute, à cette époque, de compléter le poids avec de l'étain et du plomb. Le profit que faisait l'État sur chaque as ëtsût assez considérable de quelque façon qu'on s'y prît.
Notre manière d'intei*préier la législation monétaire relative aux as sera justifiée par la série des pesées, dont le résultat, au reste, ne pourrait s'expliquer autrement. Nous al- Ions citer deux exemples. Tout concourt à faire classer les as de L. Mamilius et de M. Titinius après l'année 537; or 317 «r. j.c. on peut les ranger avec les as d'une once uniquement parce que les exemplaires les plus faibles pèsent environ une once. Les as de Sextus Pompée (1) frappés long-
(1) Foyes pour l'attribution de ces a», Ann. de rinst, arch,^ 1803, p. 73. As aTecla I(<gende CN.MAG.IMP portant les signes et les types ordinaires:
temps après la loi Papiria, le prouvent encore mieux ; ils sont probablement les derniers as de la République et pèsent cependant entre 27 et 16 grammes; ils ne peuvent donc rentrer dans la série demi-onciale que si Ton prend le minimum (1).
Série d<>t as. Eu étudiaut d'après leur poids les as qui portent des emblèmes et des légendes, nous pouvons les classer avec quelque certitude dans les catégories suivantes :
Série trienuie. a. Séfte tuentah pesant de fait de 2 onces à l once 7,- — Outre l'ancienne série de Luceria (n** 8) , nous ne pouvons faire entrer dans cette catégorie que les groupes sui-
2^^ (Borghesl, Decad., III, |10, p. 32; Œuvres compf,, t. I, p. 219); 19»» ( = 6 gros, Cat. d'Ennery); IS»* (Cabinet de Berlin); 17«%99 (=20 trapp. 4 onces: Riccio^ d'après les pesées exactes de M. Gonxalès; d'après Mon. di fam,, p. 165,1 1/lG; d'après son Cat, p.l65, 2/3 d'once); \e^,i (Cab. de Berlin, usé).— As avec la légende MAGN.PIVS IMP. et la double tête de Pompée enJanus. i)) Proue : 26^,73 (=1 once. Riccio, d'après M. Gonxalès); 25,8 (Cab. de Berlin); 25,4 (Berlin); 25,34 (=6 gros, 45r, Cat. d'Ennery, p. 445); 24,1 (Berlin) ; 23,32 (=s 6 gros, 7«', Cal. d'Ennery, p. 178); 21,05 (Berlin); 20,18 (=5 gros, 20»'. Cat. d'Ennery, p. 445); 19,3 (Berlin); 19«' (Berlin); 17,82 (= 20 trapp., Riccio) ; 17^,66 (= 15 denari, Ollvieri); 17,02 (Berlin); 16(',93 (=19 trapp., Riccio); 15,53 (Berlin, presque beau); 14,17 (Berlin, id,), comp. Riccio, Cat., p. 166. Il y donne les poids des exemplaires de sa collection, qui pèseraient 1 once 1/4, 1 once à peine, 8/4 d'once et 18 trappesl; Cavedoni, Appendice A, p. 177 ; Letronne, Considérations, p. 26; Boeckh, Metr. Unters. p. 358.473. — As avec la légende : MAGN.PIVS.IMP.F.,EPPIVS,LEG. et la tête de Jaous; entre les deux têtes, un autel entouré d'un serpent. J^ Proue : 19s%60 (=22 trapp., Riccio, Cat., p. 88).
(1) On n'imagine pas tous les efforts qui ont été tentés pour mettre ces pièces en rapport avec la loi Papiria. Oo a été Jusqu'à vouloir, en dépit des types, considérer comme dupondius les as de Sextus Pompée, sur lesquels il n'y a point de marque de valeur, comme cela se trouve sur quelques-uns des derniers as; d'autres numismalistes ont voulu attribuer ceux de ces as qui portent la légende CN.MAG.IMP. à un imperator nommé CN. Magius, inconnu dans l'histoire.