XXXIV.— Faits pathologiqaei
Les faits de cette espèce se rencontrent rarement dans leur état pur et simple; la plupart du temps, ils se compliquent d'affections cataleptiques, d'affections mentales, d'extase, d'épilepsie. Nous n'avons rencontré jusqu'ici que quatre cas de cette espèce d'ascension normale, sans complication d'autres affections.
OBSEUVATION XXXIX. '
Celte observation ne présente qu'un intérêt historique ; elle date de l'année 1655, et a été décrite sous le nom de viira epilepsia. Nous tâcherons de lui conserver dans la traduction, toute sa naïveté primitive (1).
L'état et le caractère du paroxysme épileplique est tel que lorsqu'il en est saisi (l'âge de l'enfant n'est pas in-
(1) Baldasai ii Tiniîei à Guldeiiklee, Epistolœ et consilia. Lipsiœ, 1665. Mira quicdani epilepsia.
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diqiié), il s'élance d'abord en haut, saisit avec les mains tout ce qu'il peut atteindre, hisse son corps, grimpant depuis le lit jusqu'aux poutres, et il lui serait impossible de le faire, s'il était en bonne santé et s'il avait l'esprit sain. Si on ne veut pas lui permettre de grimper ainsi, il est presque rigide, lorsqu'on le prend pour le recoucher. Dès qu'on l'a remis au lit, il rapproche ses genoux de sa bouche, en croisant les jambes, en serrant les pouces, et en mordant sa langue. Le paroxysme passé, il reprend ses sens, parle et rit comme si de rien n'était; seulement, il se plaint quelquefois de la téte qui est vide et lourde. Le paroxysme arrive rapidement, sans prodromes, dix-sept ou dix-huit fois par jour, mais toutefois « illœsa raliocinatione. »
Quoique plus récente, puisqu'elle date delà première année de ce siècle, cette observation est également très pauvre de détails, l'auteur s'attachant plutôt à démontrer l'efficacité du zinc, et ne paraissant nullement surpris de l'étrangeté du fait qu'il raconte (1).
Charles Mather, jeune garçon de 10 ans, souffrait depuis deux ans et neuf mois d'une maladie qui allait graduellement en s'aggravant. Pouls naturel, constipation, appétit fort diminué, amaigrissement considérable.
Lorsque sa mère me l'amena, elle me raconta que souvent il courait plus vile qu'un cheval, qu'il grimpait, courait, bondissait sur les cîraes des arbres, sur le ciel des
(1) David AleanJer, Annals of médecine for ihe year 1801. Edinbiirgh, p. 303.
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lils et le loît de la maison, sans se faire aucun mal. Après s'être livré à ces évolutions, il tombait en défaillance, et il restait quelque temps dans cet état; puis il recouvrait peu à peu ses sens, et il ne se souvenait pas de ce qui s'était passé. A la lin des accès, il louchait beaucoup. 11 avait pris divers médicaments sans effet.
On lui rasa la tête, on lui appliqua un vésicatoire entre les épaules, et aussitôt que le vésicatoire fut guéri, on ordonna de lui faire prendre des bains froids chaque matin. On débuta par deux grains d'oxyde de zinc, soir et matin, en prescrivant d'augmenter la dose de deux grains par jour.
Cette médication fut suivie avec persévérance. Lorsqu'il prit trente grains de zinc en vingt-quatre heures, l'état sembla un peu amélioré. On continua à augmenter la dose. Lorsqu'il eut pris deux ou trois doses de deux scrupules chacune, la maladie cessa, et elle n'a pas reparu depuis.
Quoique pris à si fortes doses, le zinc ne produisit pas d'autre effet fâcheux que d'occasionner deux ou trois fois des vomissements passagers , des nausées et une diarrhée modérée.
De J. B. Osiander (1). J'ai vu, dans ma jeunesse, une fille de 16 à 17 ans, qui était affectée chaque soir, au crépuscule, d'un accès de danse de saint Guy. Dans cet état, elle était douée d'une force et d'une agilité extraordinaires. Elle grimpait le long du mur, saisissait une poutre saillante
(1) Ueber die Eiiiwitckelungskranklieilen des weiblichen Geschleclils. fîœtlingen, 1817, vol, i, p. 59.
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du plafond, s'y attachait avec les deux mains, sans l'embrasser, et s'y tenait suspendue pendant plusieurs minutes, en la serrant seulement avec la paume des mains.
Ce quatrième cas a été observé à la clinique de Tlufeland, à Berlin. Il offre ce phénomène remarquable, que la maladie, bien que guérie, reparut trois fois, et se transforma la troisième en folie musculaire (1).
Un garçon de 12 ans fut attaqué, au mois de janvier 1821, d'une chorée de saint Guy, à un si haut degré, qu'elle méritait le nom de sallatoria. Poussé par une agitation intérieure continuelle et le mouvement convulsif incessant de tout son corps, il courait comme un forcené dans la chambre, sautait par dessus les chaises et les tables, cherchait à grimper partout, bondissait avec facilité jusqu'aux points les plus élevés de la chambre, se souciant peu des punitions les plus sévères que sa mère lui infligea d'abord, parce qu'elle prenait tous ces symptômes morbides pour des actes d'un enfant turbulent. Ce n'était pas seulement dans la journée que le malade était en proie à cette agitation continuelle; la nuit même, il en était poursuivi, et tellement, qu'il troublait le repos non-seulement de ses parents, mais des autres habitants de la maison, même lorsqu'on parvenait à le retenir de force dans son lit. Ses facultés intellectuelles avaient évidemment beaucoup souffert; il comprenait rarement ce qu'on lui disait, et il avait la mémoire extraordinairement faible. 11 fut traité à l'Institut polyclinique de Berlin, par
(1) Ilufeland's Journal, vol. lvu, déc. 1823, p. S8.
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les antlielminliques et la fleur de zmc, et il fut guéri en trois mois.
Au mois de juillet 1822, il fut attaqué d'un accès tout-àfait semblable, et fut guéri en neuf semaines par les mêmes médicaments.
Au mois de janvier 1823, la maladie reparut pour la troisième fois, avec des symptômes tout aussi violents que la première. Les mêmes médicaments lui furent administrés, mais non pas avec le succès attendu. Le sulfate de zinc à doses ascendantes ne lui fit pas rendre de vers, et la maladie augmenta tellement de violence, que l'on dut craindre une consomption nerveuse (?). On eut alors recours à des pilules de zinc hydrocyanique gr. xv, racine de valériane, dracbm. , extrait de valériane, q. s., ut. f. 1. a., pilules n° 60, s. malin et soir, 2 pilules. Le 20 mars, on était monté à 10 pilules par jour, et on remarquait déjà une amélioration sensible dans l'état en général, mais surtout dans les accidents spasmodiques. L'enfant comprenait toutes les questions et y répondait à propos. Les spasmes avaient diminué au point qu'il ne se manifestait plus que des tressaillements dans le bras et le pied droits, ainsi que dans la face, et, l'opiniâtreté de ces symptômes s'expliquait par cette circonstance que, dès l'origine, le côté droit avait beaucoup plus souffert que le gauche. La démarche était très chancelante et incertaine, la main droite faible ne pouvait rien saisir; le bras droit pendait insensible le long du corps et retombait à chaque tentative pour le lever.
Depuis le 19 mars, les spasmes persistèrent sans augmentation ; le malade dormait d'un sommeil plus paisible, plus profond; mais en s'éveillant le matin, il restait longtemps
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dans un état de demi-soiiimeil, et ce n'était qu'au boutd'un certain temps qu'il entrait en pleine possession de la connaissance. L'état resta tel jusqu'au milieu d'avril, où les tressaillements diminuèrent encore, et où, en certains jours, la conscience fut plus claire et plus longtemps soutenue. Le malade prenait alors 7 pilules, deux fois par jour.
Le 7 juin, tout mouvement spasmodique cessa enfin ; il ne restait qu'une faiblesse générale, et surtout prononcée dans le bras droit. Les pilules continuèrent à être administrées, 8, deux fois par jour, et, extérieurement, on ordonna des frictions d'esprit d'angèlique et de camphre. Au milieu de juin, quelques légères convulsions reparurent, le malade ayant négligé pendant quelques jours de prendre les pilules. L'usage en fut continué jusqu'au lli juillet, puis suspendu pendant quinze jours, sans qu'on observât le moindre symptôme choréique.
Afin d'enlever entièrement la disposition à la chorée, on donna chaque jour racine de valériane, un dragme, et tiges du gui blanc, demi-dragme, sous forme de poudre ; et en friclion sur les parties faibles, de l'esprit d'angèlique et de camphre; plus tard, à l'intérieur, du quinquina.