XXXV. — Complications
Les observations de la musculation irrésistible d'ascension compliquée avec d'autres maladies nerveuses, sont infiniment plus nombreuses. Nous essaierons de les soumettre à une classification aussi claii'e et nette que possible.
MUSCULATlOiN IRRÉSISTIBLE (odseuvation hS.)
A. Ooiiipllcalloii avec somiianibullsnie.
OBSEUVATION XLIII.
De M. Slavcnhagcn (1) (de Zillicliau). Un garçon de treize ans, scrofiileux, sujet à de mauvaises digestions, et dont le développement intellectuel avait devancé de beaucoup le développement physique, montra dans l'hiver de 1834 à 36 les premiers prodromes de la maladie. Il était de très mauvaise liiimeur, très abattu; souvent il s'abandonnait pendant des heures entières à des sanglots involontaires, à des cris de douleur si effrayants qu'on aurait pu le croire en proie aux plus violentes douleurs. L'interrogeait-on, il donnait quelquefois à entendre par un mouvement de tête qu'il ne souffrait pas; mais il fut impossible d'en obtenir une explication sur ce qu'il éprouvait; il se montrait plutôt fort mécontent de semblables questions.
Ce fut au mois de février 1835 que parurent les premiers accès de la maladie développée. Ils commençaient régulièrement le matin, une ou deux heures après le lever du soleil, et continuaient jusqu'au soir, avec des interraissions plus ou moins longues, durant depuis un petit nombre de minutes seulement jusqu'à plusieurs heures. L'enfant, encore abattu un instant auparavant et possédant toute sa connaissance, se levait tout-à-coup les yeux fermés, les bras et les mains tendus en avant, se mettait à bondir dans la chambre, non sans se heurter parfois les jambes contre quelque objet, mais cependant dirigeant le plus souvent avec beaucoup d'adresse ses mouvements, d'après la disposition des lieux ,
(1) Medieiuische Zeilschrifl Preussens, 1837, N» 30, p. U9.
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puis il saillait sur une tabie, où, lantôt couché sur le ventre, tantôt assis, il tournait avec une incroyable rapidité. De préférence cependant, il grimpait sur les objets les plus élevés de la chambre, sur le poèle ou sur un grand porte-manteau, en s'aidant d'un pupitre placé près de là, avec la plus grande facilité, une assurance merveilleuse et un emploi considérable de force. Tout-à-coup il sautait en deux bonds en bas de son siège, sur lequel il était resté quelques instants, poussant des cris inarticulés, frappant violemment des pieds les portes de l'armoire, ou bien, étendu tout de son long, il cherchait à gagner la fenêtre et à l'ouvrir pour sortir par là et grimper sur le toit de la maison, La mère , femme instruite et digne de toute confiance, assurait que le malade l'avait suppliée plusieurs fois de le laisser monter sur le toit, d'oii il ne tomberait pas. Saisi par derrière et retenu, il frappait à tort et à travers, sans égard pour personne, à grands coups de poing, ayant les yeux constamment fermés et grinçant les dents, puis il cherchait à s'échapper par la porte, qu'il fallait tenir constamment fermée. Alors il frappait pendant quelque temps sur le bouton de la serrure avec une grande violence, appelait à haute voix en prononçant toujours les mêmes noms, en quatre syllabes, qui avaierft le son de mots russes, appliquait son oreille à la serrure ayant l'air de quelqu'un qui attend avec beaucoup d'impatience, puis il se remettait à faire les mêmes évolutions ou bien à voltiger sur le haut dossier du sofa placé près de la porte, avec autant de vigueur que d'adresse, mettant la tête sur le sofa, faisant une culbute et recommençant plusieurs fois de suite cette manœuvre qu'il couronnait souvent par une suite de sauts très élevés sur le sofa. Si, pendant ces évolutions,
MUSCULATION IRRÉSISTIRLI- (odsf.rvatiok 43.)
on lui mettait entre les mains un de ses livres, il le saisissait avec empressement et en disait tonjours exactement le titre lorsqu'on le lui demandait, après en avoir touché soigneusement la couverture à l'intérieur et à l'extérieur, et après avoir plusieurs fois de suite promené avec une attention particulière sur le dos du volume le bout de ses doigts fortement serrés les uns contre les autres, et même avoir touché la page du titre. Voulait-on contester la justesse de sa réponse, il la renouvelait après un instant de réflexion et après avoir de nouveau touché le livre; mais alors il le jetait avec colère à la tête de celui qui l'interrogeait. On fit l'expérience, pour le calmer par le contact d'un métal, de mettre entre les mains du malade une grosse clef ou un autre morceau de fer ; mais elle n'eut aucun résultat. Les accès cessaient aussi subitement qu'ils s'étaient déclarés, en sorte que souvent le malade se trouvait dans une de ses places favorites lorsqu'il s'éveillait comme d'un rêve, ouvrait les yeux et regardait autour de lui d'un air tout étonné, comme honteux. Il descendait alors avec crainte et hésitation, en soutenant quelquefois qu'on l'avait porté là pendant son sommeil. Il rentrait dans son lit en gémissant et le regard terne. Dans les intervalles lucides, le malade possédait toute sa connaissance et ne se souvenait pas de ce qu'il avait fait pendant les accès. Il est vrai qu'il se plaignait alors de maux de tête et de poitrine, ainsi que de brisure des membres.
Les accès revinrent d'abord de la même manière plusieurs fois de suite , puis il y eut des interruptions plus ou moins longues , et enfin de plusieurs jours. On ne put constater aucune influence notable de la lune. Au bout de plusieurs mois, les accès devinrent de plus en plus rares, et la maladie
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se transforma entièrement, en tant qu'elle se manifesta sous la forme d'une affection purement psychique. Les anciens symptômes de somnambulisme firent place à un état voisin de l'idiotisme. Cet enfant, bien élevé d'ailleurs, n'était plus reconnaissable, tant ses mœurs étaient changées. Il parlait un langage tout-à-fait enfantin , se servait à chaque instant des expressions les plus sales, et la moindre contradiction l'exaspérait uu point qu'il s'emportait en paroles et en actions contre sa propre mère et sa sœur, qu'il maltraitait grossièrement. En même temps, il perdit toute disposition pour des occupations sérieuses, en sorte que ses parents purent craindre qu'il ne restât faible d'esprit. Dans le courant du printemps de l'année dernière, il redevint un peu plus docile, et il fut au moins possible de l'occuper utilement à divers travaux mécaniques. Bientôt il se manifesta une amélioration de plus en plus sensible dans le langage, les mœurs et l'esprit de cet enfant , amélioration si considérable qu'il est aujourd'hui parfaitement guéri.
Les médicaments employés contre cette maladie ne produisirent que très peu d'effet. Les antispasmodiques et les nervines ne contribuèrent nullement à rendre les accès moins longs et moins fréquents. Les vomitifs d'ipécacuanha eurent un effet plus favorable. Des douches froides longtemps continuées sur la tête et la colonne vertébrale dans un bain chaud, ne furent pas d'une grande utilité pendant la dernière période de la maladie. La guérison fut procurée en grande partie, à ce qu'il paraît, par l'oxyde de zinc et l'hydrocyanate de zinc, administrés dans les derniers moisà doses ascendantes, avec des feuilles de valériane et d'oranger, ainsi que par l'usage de bains chauds aromatiques et ferrugineux.
MUSCULATION IHRÉSISTIBLL (oiisebvaï. ^ r.r
B. Complication avec extase.
De J.-S. Caii (1). Une femme de trente ans était, dans toutes ses grossesses, affectée d'une maladie convulsive particulière. Pendant l'accès, subito summa agililale alliora inaccessa loca conscendit, angustissima pariler sine rémora peliit, insolilas cantilenas cecinit uno et peregrinas linguas locuta fuit. Ces accès cessaient à la délivrance, mais pour reparaître à la première grossesse. La malade fut guérie par une salivation mercurielle très abondante, et, selon l'auteur, haù salivaiione absoluta abiit stalim gravissimum hoc convulsivum et extaticum malum quod tam longa annorum séries laïque pharmaccutica el chimiatrica instrumenta destruere non voluerunl.