C. CompUcatlou avec Idiotisme
CBSERVATIOM XLV.
De Bruckmann (2) (de Brunswick). Une fille de dix ans, jouissant d'une bonne santé, fut prise, dans l'hiver de 1762, d'une violente dysurie. Elle avait rendu plusieurs fois des vers. La dysurie ne la laissait en repos ni jour ni nuit; l'urine, qui sortait goutte à goutte, était peu colorée, sans sédiment. Appétit bon, constipation, tenesme. La dysurie céda à l'emploi de plusieurs médicaments et la malade fut parfaitement guérie.
Mais au bout de huit ou dix jours, la dysurie reparut.
(1) Acla physico-medica nalura curiosorum, vol. vi, p. 78. Anne 1742.
(2) Horn archiv, 1812, vol. ii, p. 168.
(ouSEUVATiON i5.) d' ASCENSION. iOi
L'urine formait un épais sédiment semblable à du sable rouge et déposait une grande quantité de mucosités. Aucun des moyens employés ne procura d'amélioration.
Au bout de quinze jours, la malade perdit tout-à-coup l'ouïe, la parole et la faculté d'avaler les aliments et les boissons. Face vultueuse. On prescrivit des saignées, des cataplasmes chauds autour du cou, des vésicatoires aux mollets; les accidents diminuèrent d'intensité et les spasmes dans le col de la vessie augmentèrent. Ces spasmes s'étendirent bientôt à tout le coips. La malade s'élançait de son lit avec la plus grande violence et passait quelquefois des journées entières à grimper sur les chaises^ les tables, les fenêtres. Elle ne pouvait prendre ni nourriture, ni médicaments, la faculté d'avaler n'étant pas revenue. Voulait-on l'empêcher de monter sur les bancs et les chaises , elle mordait , imitait les aboiements d\in chien ou le bêlement d'une brebis. Les muscles de la face se contractaient souvent; les yeux devenaient fixes et se renversaient. Les muscles des jambes étaient fortement tendus, en sorte que la malade marchait le plus souvent sur les orteils. Il semblait fréquemment qu'elle voulût imiter la manière de boire et de manger d'un animal. En outre, elle criait de temps en temps : « le mouton veut boire, le mouton veut manger; » et elle prononçait d'antres mots sans signification. Lorsque les mouvements n'étaient pas très viclents et qu'elle restait couchée dans son lit, elle avait coutume de faire semblant de se panser une plaie à la main et d'y appliquer un emplâtre. C'était toujours la même place qu'elle semblait panser. Cette place lui avait-elle jamais causé des douleurs? On ne put s'en assurer.
Les mouvements violents se succédaient presque pendant
102 MUSCULATION IRRÉSISTIBLE
loule la journée; la nuit, au contraire, la malade était tranquille et goûtait parfois un sommeil paisible. Si elle entendait jouer un air, elle dansait toujours eu mesure; mais dès que la musique cessait, elle recommençait à sauter sur les tables, sur les chaises. On laissa de côté la musique, et on employa des bains de pieds tièdes et des lavemenis de quinquina. Les mouvements cessèrent; mais la possibilité d'avaler ne revint qu'au bout de dix ou douze jours, sous l'action du quinquina. La malade resta bien portante pendant un mois.
Elle fut ensuite attaquée de la rougeole. Les spasmes de la danse de saint Guy reparurent avec cette maladie, et ne cessèrent qu'avec elle.
Des faits analogues ont été observés par Maxiuiilien Preussius , sur un garçon de 11 ans (1). Nunc in altum totus puer quasi elevaretur, mox parietes ascendere aut lecto exilire conaretur, nisi vi et manibus adslantiiim iude cohiberetur , et par Becker sur une fille de sept ans (2).