OBSERVATION 52.) DE SALTIMBANQUE
plaintes. Les sauts cessaient tout-à-coup , et celle demoiselle qui, dans ses jours de santé, ne possédait nullement une parole facile, et qui ne parlait ni l'anglais ni le français sans difficulté, quoiqu'elle eût appris ces langues, les parlait alors couramment. Elle déclamait ou chantait des proverbes, des sentences, des chants appris dans son enfance , et depuis longtemps oubliés; puis, au milieu du débit le plus grave , elle faisait un saut , et chantait d'une voix forte beaucoup plus juste que dans ses jours de santé. Souvent elle eut les plus terribles apparitions ; elle voyait sa mère dans son linceul ; elle.se voyait elle-même double, multiple, dans les plus terribles positions; alors ses paupières étaienl toujours fermées. Sa mémoire, extraordinairement développée , lui faisait quelquefois défaut , et souvent elle recommençait à plusieurs reprises un vers qu'elle voulait chanter ou réciter ; le 1 uisouffler ne servait de rien ; il fallait que sa mémoire lui rappelât la strophe oubliée. Elle s'occupait beaucoup de calculer le temps ; souvent elle prédisait la durée de l'accès ; reculer la pendule, ou recourir à d'autres moyens pareils, était inutile. Jamais elle ne mêlait à ses discours des paroles indécentes. La menstruation était régulière et sans diminution ; les organes génitaux surtout ne paraissaient pas malades. Il n'existait pas le moindre soupçon de feinte.
Le quinquina , Vopium , tous les moyens employés sous toutes les formes et à toutes doses , ne procurèrent pas la moindre modification de la maladie , et n'eurent aucune influence ni sur le sommeil , ni sur les paroxismes. Lors des accès , la malade était dans un état d'épuisement ; l'appétit était diminué, et le sentiment de sa malheureuse position l'alTeclait beaucoup. On cessa toute médication. Enfin, au
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bout de plusieurs mois, elle fut guérie par un remède que lui conseilla une de ses amies. Quel était ce remède ? je ne pus l'apprendre ; j'ai su seulement que ce n'était pas un médicament proprement dit, et qu'il fut pris trois jeudis de suite, avant le lever du soleil.
Il existe encore d'autres complications de celte espèce de musculation avec plusieurs maladies ; mais comme, en multipliant le nombre des observations , nous ne contribuerions en rien à l'éclaircissement de ces affections bizarres , nous pensons qu'il suffira de les nommer, sans entrer dans des détails,
D. CompUcaUon avec (pUcpsIc.
Observée par Conradi (1) chez un garçou de 10 aus.
E. coinpiicatioa avec extase.
De Georges Heintke (2) ; de Andréas Myrrheu (3),
I'\ CouipUcaUon avec la folie musculaire.
Observée par Brunnet, en 1726, et racontée par Martinus [h).
Toutes ces observations n'offrent rien de nouveau , rien d'instructif, et ne valent pas la fatigue d'une traduction très difficile. Nous les signalons toutefois à nos successeurs,
(1) Seleclus medicorum francforlensium. Francof. ad Viarduni, l. i, vol. u, p. 110. 1737,
(2) Ephemer, naturaî curios., decur. ii, an. vu, 1680, p. 285. .
(3) Ephemerid. naliir. curios., deciiria m, annus 9 el 10, p, 391 .1706.
(4) Barlhoiin Martinus. Disserl. adhibens casutn de ciiorea s. Vili. Argenlor., 1730, 16 seplemb., p. 3,
ET VENTRILOQUIL INVOLONTAIUE. lli)
moins épuisés que nous par le pénible et ingrat travail des recherches bibliographiques.