‹ Histoire de la musculation irrésistible, ou, De la chorée anormaleChapitre 42 sur 89 · C. CouipUcation avec souinambuligiuc · texte numérisé non relu

C. CouipUcation avec souinambuligiuc

De J. D. Brandis (2). Une demoiselle de 16 ans éprouva , en 1804, plusieurs accès d'une fièvre intermittente , qui se transforma bientôt en danse de Saint-Guy intermittente. A heure fixe, de deux jours l'un , les spasmes commençaient par une contorsion du corps dans un sens déterminé. On voyait bien clairement que la malade conservait une espèce de conscience et qu'elle prenait garde de ne pas tomber du lit ; elle imitait les aboiements du chien , les miaulements du chat , etc. Ces accès duraient régulièrement deux , trois , et même à la fin, quatre heures. Dans les intermissions, la malade éprouvait un peu d'abattement; mais les fonctions de la vie végétative se faisaient assez bien. Les accès devenant de plus en plus violents , je fus forcé d'administrer de fortes

(1) Plusieurs autres exemples de celte complication, qu'il serait inutile de rapporter, ont été signalés par :

J.-V. Jaegerschmidt (Ephemerides physico-med. acad. nat. curios. decur.

3. annus 3.1696. p. 191.) C.-R. Hannes (Nova acta natura curios. vol. A, p. 118. 1770.) .I.-J. Harder (Ephemer. nat. curios., deC. 3. ann.:2. p. 128. 1694.) Marc. Gerbezius (Ephemer. natur. curios., dec.2.ann.8. p. 230.1689.) J.-S. Albrechti (Acta physico-medic. natura curiosor. vol . 4, p. Ml. 1737.) Scherer (Hufel. journ., vol. m, p. 606. 1797.) R. Lentilius (Ephemer. nat. curios., dec. 2. annus 2. p. 326. 1683.) C. Conradi (Seleclus medicorum francofurtensium. Francofurli ad viar-

dura, t. i,\ol.2, p. 111. Observatio 2.-1737.)

{2) llufelands Journal. Aug. 1815, p. 8.

11» MUSCULATION IRRfelSTlP.r.F. (obsf.iivation 52.)

doses de quinquina et d'opium. Deux onces de quinquina, dans l'apyrexie, et 120 gouttes de laudanum, une heure avant l'accès, enlevèrent enfin la fièvre, sans que l'opium eût exercé le moins du monde sa vertu spécifique. La malade fut parfaitement rétablie. Pendant trois ans, elle jouit d'une bonne santé, qui ne fut troublée quelquefois que par une céphalalgie, durant quelques heures.

Durant l'automne de 1807, la malade éprouva un violent chagrin , et les accès intermittents de danse de Saint-Guy recommencèrent. Plus violents de jour en jour, ils dégénérèrent bientôt en un mélange de danse de Saint-Guy et de somnambulisme. L'accès se déclarait régulièrement, sans varier d'une minnte, et commençait par des sauts dignes d'un saltimbanque. Les tours les plus difficiles , comme renverser la tête jusqu'aux talons , n'étaient qu'un jeu pour cette jeune fille, dont les membres n'étaient pas très souples. Quelquefois elle bondissait, saisissait la couronne' très élevée du lit avec la main , se renversait et s'y pendait par les pieds. Il était évident qu'elle mettait toujours une espèce de prudence dans ces exercices ; souvent même , dans les sons inarticulés qu'elle poussait, ou dans quelques paroles qu'elle prononçait , on crut reconnaître un encouragement qu'elle se donnait à elle-même. Elle savait parfaitement bien trouver l'oreiller sur lequel elle se laissait tomber la tête la première , et jamais elle ne se fit de mal en sautant ainsi. Pour exécuter un bond , elle s'y prenaità plusieurs reprises, si elle ne réussissait pas du premier coup. Jamais ses mouvements n'indiquèrent un penchant lascif ; lui toucher le corps, ne fût ce qu'avec la main nue, provoquait de violentes douleurs, qu'elle exprimait par un cri perçant, ou quelquefois par des

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