XLVI. — Tics
Dans le § xiii, pag. 26 et 27, nous avons exposé les raisons qui nous ont guidé dans la division de la musculation irrésistible en deux genres : musculalion irrésistible de transport , et musculation irrésistible sur place. Pour établir une distinction mieux marquée encore entre ces deux genres , nous donnerons aux faits du second le nom de tics, laissant à ceux du premier la dénomination de musculation irrésistible, ce qui nous permettra de sous-entendre la qualification de transport, et de désigner par ce mot le mouvement involontaire qui déplace le corps entier. Le nom de tics sera donc réservé aux mouvements involontaires qui ne déplacent pas le corps entier, qui s'exécutent le corps restant en place.
Pour ne pas s'exposer à confondre le tic avec la folie musculaire , il faut se rappeler que dans les tics le modus agendi des mouvements, bien qu'irrésistible, est toujours normal ; en d'autres termes, qu'il ne diffère pas, sous le point de vue de la forme et de la direction, des mouvements analogues sollicités par la volonté. Ainsi , lorsque quelqu'un a le tic de tourner la tête de droite à gauche, ce mouvement s'opère de la même manière que s'il s'exécutait volontairement, et l'individu affecté d'un tic pareil, quand il voudra exécuter volontairement ce mouvement ou tout autre non commandé par le tic, comme baisser la tête, l'exécutera parfaitement bien. Dans la folie musculaire , au contraire, il arrivera au malade qui voudra baisser la têle, de la tourner; et lorsqu'il voudra la tourner, il la rejettera en arrière, parce le modus agendi est également affecté.