DITE ÉPIDÉMIQUE
njént ses fonctions. A mesure qu'il s'appliquait avec soin à chasser la raison de ces jeunes têtes, il les remplissait de chimères et de visions fanatiques,
») Ce ne fut pas tout. Du Serre ne se contenta pas de mettre au pli qu'il souhaitait l'esprit de cette malheureuse jeunesse et de remplir leur mémoire de tout ce qui lui sembla propre à ses desseins, il voulut encore façonner leur corps et leur apprendre à faire des postures qui imposassent aux yeux des simples, afin que comme le démon, il fût en toutes choses le singe, ou pour mieux dire, le pervertisseur des lois de Dieu qui nous ordonne de le glorifier en nos corps et en nos esprits. Il leur apprit donc à battre des mains sur la tête, à se jeter par terre à la renverse, à fermer les yeux , à enfler Testomac et le gosier, à demeurer assoupis en cet état pendant quelques moments et à dégoiser ensuite en se réveillant en sursaut, tout ce qui leur viendrait à la bouche... Voilà à quoi cet infâme séducteur exerçait sans cesse dans sa solitude ces pauvres innocents, et il avait la maligne joie de voir que ces soins n'étaient pas infructueux. . . »
Le récit de Brueys est empreint de tant de partialité qu'il a été sévèrement jugé par plusieurs historiens. Ce qui nous intéresse particulièrement, c'est de voir que l'absence de nourriture et des exercices religieux immodérés, sont capables de produire des troubles dans le système nerveux et les mouvements volontaires qui en dépendent, et sous ce rapport, les convulsions de ces fanatiques offrent un pendant à l'épidémie choréique décrite par M. Vonend et produite par des causes analogues.