C. Région palpébrale
OBSEBVATIOK LXIX.
Ce tic, très commun, est connu sous le nom de nyctagrae ou nictitation. Une observation fort ancienne de Gaspard Bcrlingiiis (2) , remontant à l'année 1675, est remarquable en ce que la nictitation ou le mouvement involontaire des paupières dura sans aucune interruption pendant trois jours et qu'il se changea subitement en des mouvements involontaires de tous les muscles de la têle el de la face, qui disparurent à leur tour le neuvième jour pour nejamais revenir,
(1) Nervenkrankheiten des Menschen. i Band, 2 Ablh. p. 299. Berlin,
(2) Adversariorutn curiosorum, cenluria i. lenae. 1679, p. 227,
(onsenv. 70, 71 bt 72.) TICS DE LA TÊTE.
D. Région oculaire.
OBSEUVATION LXX.
De M. Demours (1). Nous connaissons deux frères, âgés de 30 à 35 ans, qui ont de naissance cette agitation convulsive (mouvement du globe de l'œil, semblable à celui d'un ressort de montre). On remarque, surtout chez l'aîné, que les muscles droits contribuent à l'exciter. C'est à cette espèce de musculation, que les Grecs ont donné le nom de hypos. Elle est ordinairement congéniale et incurable.
M. Charles Bell (2) rapporte le cas d'un malade borgne de l'œil droit. La cornée du gauche était obscurcie depuis vingt ans. Ce dernier exécutait continuellement des mouvements de rotation involontaires, qui occupaient le quart de la circonférence du bulbe.
E. Région maxillaire inférieure.
De M. Bird(3), James Townshend, âgé de hO ans, s'étaut démispar accident la mâchoire, dans l'hiver de 1838. Après la réduction, il devint sujet, à la plus légère excitation et souvent sans aucune cause apparente, à des mouvements involontaires de la mâchoire, provenant apparemment du muscle ptérégoïde etdu dépresseur. Ces mouvements disloquaient la
(1) Diclionnaire des sciences médicales, vol. xxxv, p. 583. Paris, 1819.
(2) Romberg. Loc. cit. p. 319.
(3) Guy hospital repporls.
TICS DE LA TÊTE. (obsehvat. 7S.)
mâchoire souvent plusieurs fois par jour. 9 octobre 1840. Le malade entre à l'hôpital, et il est soumis à l'électricité. Des étincelles furent tirées des muscles affectés, avec un effet remarquable; les mouvements involontaires diminuèrenttellement que la dislocation de la mâchoire n'avait plus lieu qu'à de rares intervalles. Lorsqu'on cessa l'emploi de l'électricité, les mouvements reparurent et avec eux la dislocation spontanée. L'électricité les enleva de nouveau.
Le malade passa ensuite dans la salle du docteur Barlow, qui lui administra le sulfate de zinc à doses croissantes. Il fut parfaitement guéri.
Le malade n'ayant quitté l'hôpital que depuis un mois, il n'y a pas encore de preuve que la guérison se soutienne.
F. Région faciale.
De Diefeubach (3). Un homme de A3 ans, s'était, neuf ans auparavant, exposé à un courant d'air, en sortant d'une chambre fortement chauffée. Tout-à-coup, il avait éié pris de tressaillements dans le muscle palpébral du côté droit, lesquels avaient duré assez longtemps ; mais il y avait fait d'autant moins d'attention, qu'il y avait quelquefois de longues interraissions et qu'ils ne se produisaient pas pendant des journées entières, lorsque le temps était chaud et que le vent du sud soufflait. Peu à peu, ces tressaillements s'étendirent sur tout le côté droit de la face , le gauche restantpaisible. Le jeu alternatif des muscles faisait faire toutes sortes
(1) Uber die Durschneidung der Sehneii und Muskeln. Berlin, 1841, p. 3li.
{observation 74.) TICS DU TRONC. 19'J
(le grimaces aux traits du côté droit; le front se ridait, la paupière s'élevait et s'abaissait, l'angle droit de la bouche se relevait, en sorte que dans de pareils moments, le malade devait cesser de parler. Il ne pouvait arrêter ces tressaillements qu'en portant rapidement la main à sa joue, et en pressant fortement les muscles agités. Par contre, il pouvait aussi provoquer involontairement les tressaillements, en essayant de fermer l'œil , par la contraction du muscle palpébral.
En conséquence, il ne pouvait pas s'endormir sans peine, et il devait fermer l'œil avec beaucoup de précaution et très lentement. Pendant le sommeil, les muscles étaient dans un repos complet. Cet état s'améliora considérablement par la section sous-cutanée des zygomatiques levateurs de l'aile du nez, etc. ; il ne resta qu'un tremblement, surtout dans lepalpébral.