OBSERVATION LXXXIII
De M. Henri Bell (2), Dans un casque j'ai eu l'occasion d'observer, le sujet répétait continuellement et avec ui^ ex-
(1) Répertoire général, lome vu, p. 5-49. Paris. 1834.
(2) Diclionnaire des éuides médicales, t. ni, p. 208. Paris. 1839.
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ccssive volubilité quc'K|uc's syllabes, toujours les mêmes. La volonté parvenait pendant quelques minutes à en arrêter l'émission, mais bientôt elle devenait impuissante , et la malade était entraînée à recommencer incessamment ce singulier exercice.
OBSEBVATION LXXXIV.
De M. Toulmouche (1). Unejeunepersonnefaisait entendre à chaque instant un son singulier, une espèce de glapissement auquel le larynx , la luette, les lèvres ne participaient point, puisque la jeune fille toussait comme à l'ordinaire. Ce bruit revenait plus de dix fois par minute. Cette affection , qui durait un mois , reparut deux hivers de suite.
Du même (2). Une femme dont la respiration était comme convulsive , présentait de temps en temps l'état suivant : narines fortement dilatées , angles de la bouche tirés en bas , épaulés et poitrine élevées spasmodiquement ; inspirations fortes et profondes, accompagnées de sifflement des narines et de resserrement à la gorge , contraction des sterno-mastoïdiens. Pendant ces paroxysmes , qui duraient plusieurs minutes, la malade était privée-de la parole, menacée de suffocation , et néanmoins elle pouvait, si on le lui commandait, mouvoir la tête, les épaules, faire une grimace , bien que les spasmes continuassent.
Dd*M. Damas (3). Une jeune lille de 13 ans, avait toujours
(1) Loc. cil. p. 378. (2) Loc. cit. p. 379. (3) Gazette médicale de Paris. 18i6, p. 269.
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joui d'une bonne santé jusqu'au 20 octobre 4 S/i/i. Depuis, elle a ressenti de la céphalalgie, des douleurs lombaires et la plupart du temps des symptômes précurseurs de la révolution pubère. Le 15 décembre ISlili, sa parole s'embarrasse, puis elle bégaye. Quelques jours avant l'invasion du mal, la jeune fille avait éprouvé plus de céphalalgie que de coutume ; elle s'était occupée plus assidûment. Une circonstance qui ne doit pas être oubliée, c'est celle de la fréquentation habituelle d'une jeune bègue de ses compagnes.
Diagnostic, Bégayement chorérique, reconnaissant pour cause une congestion de l'axe cérébro-spinal, et en particulier des lobes antérieurs cérébraux. En conséquence, dans le traitement on propose : i° saignée générale, bain de pieds sinapisés, laxatifs , régime doux, exercice modéré. On conseille les bains de siège émollients, les lavements, les distractions douces et antagonistes de l'état moral habituel. Huit jours après l'emploi de cette médication simple, la formation de la parole était déjà plus facile ; au douzième jour il ne restait plus aucun indice de bégayement, mais la malade était rentrée dans un nouvel état maladif. Tous les symptômes d'une grande faiblesse s'étaient déclarés r^pathie, langueur générale, tendance au repos invincible, maintien et marche mal assurés. Ce nouvel état est combattu par les analeptiques joints aux toniques fixes. On est plus réservé sur l'exercice musculaire. Sur ces entrefaites, un médecin judicieux et expérimenté, consulté, accuse l'insuffisance des déplétions sanguines, propose d'y revenir, sans préjudice d'application de sangsues, s'il y avait lieu; conflit d'opinion. Cette prescription n'a pas été suivie. La malade est adressée à M. le professeur Cruveilhier, qui adopte le traitement rais en usage.
Pendant l'ospacc de trois mois environ, que rappllcalion do ces conseils fut faite, l'atonie continua d'ôtre grande, puis après elle diminua. Les forces reprirentensuite sensiblement; dès lors on crut pouvoir se relâcher de la sévérité du régime : on reprit la vie sédentaire, les occupations d'aiguilles assidues. Bientôt retour vers l'état précédemment décrit, auquel viennent encore s'ajouter une toux fatigante et des crampes d'estomac. Celte rechute mit plusieurs mois à se dissiper, sous l'influence de précautions hygiéniques appropriées et des toniques fixes; on tente les préparations de fer : elles sont bien supportées. La convalescence faisant ensuite des progrès journaliers , la santé ne tarda pas à devenir florissante : plus de trace de cette atonie qui avait été portée si loin. Les règles n'ont pas encore paru , mais la jeune fille éprouve* de loin en loin quelques symptômes précurseurs de leur apparition. On abandonne tous les remèdes, on se borne à seconder les efforts de la nature.