Même état^ une petite saignée est pratiquée
L'agitation n'augmente ni ne diminue ; à la toux se joint un râle trachéal assez marqué; la respiration est pure, le pouls fréquent-, point de dévoiement : la malade reste toujours à peu près dans le même état jusqu'au 16 juin ; rougeur à la face, semblable à des taches de rougeole, yeux brillants, air abattu, écoulement de mucosités très-abondant par le nez, par la bouche et par les oreilles ; rougeur au palais; respiration gênée sans aucun râle ; toux grasse, sans crachats ; pouls à 96.
15. Eruption rubéolique très-caractérisée à la face, confluente sur le tronc avec complication de quelques vésicules miliaires sur les bras; gonflement de la face, yeux injectés; peu de toux, respiration convulsive, gênée -, peau chaude, pouls à 132, persistance de l'agitation choréiqiie au même degré. (Gom. édul.)
16. Rougeole très-confluente, offrant une teinte violacée; yeux injectés, dévoiement, persistance des mouvements choréiques(deux vésicatoires aux cuisses). Mort survenue dans la journée du 17.
18. Nécroscopie. Arachnoïde injectée à la surface convexe et à la base du cerveau j pas d'inflltration; substance cérébrale ferme et injectée, substance de la moelle très-ferme, sans au-
cune altération de texture, de consistance ni de coloration; pas de sérosité. Larynx, trachée-artcïre et pharynx très-rouges dans toute leur étendue; cette rougeur se prolonge jusque dans les bronches ; hépatisation des deux poumons, principalement du poumon droit. Les organes abdominaux étaient à l'état sain.
Malgré la rougeole, les mouvements de chorée dont la malade était agitée persistèrent jusqu'au dernier moment. La rougeole elle-même ne fut remarquable que par les symptômes du prodrôme qui se déclarèrent longtemps à l'avance et par la coloration violacée de l'éruption dès le second jour. A l'autopsie, nous trouvons une inflammation du larynx, de la trachée, des bronches et du poumon, qui se rapporte manifestement à la rougeole intercurrente ; mais il n'existait aucune altération qui expliquât la chorée.
De M. Buffs{l). Chorée très-prononcée; rougeole intercurrente; cessation des mouvements choréiques; mort-, aucune lésion qui puisse être rapportée à la chorée. — Lemaitre, petite fille, est âgée de sept ans, cheveux bruns.
9 avril. Agitation des membres inférieurs et supérieurs; agitation des muscles de la face -, l'enfant ne peut rien articuler que des monosyllabes; impossibilité de marcher et de manger sans aide. Par moments, la face est si colorée qu'on croirait la malade dans un paroxysme fébrile ; cependant elle n'éprouve ni céphalalgie, ni douleur abdominale, ni gène de la re-spiration ; le pouls est assez calme (iufusion de feuilles d'oranger, valériane en poudre).
Du jour de l'entrée au 26 avril, aucun accident nouveau ne (1) Ibid.
FOLIE MUSCULAIUE. 139
se déclara ; mais l'agitation choréique allait si fort en augmentant, malgré l'usage de la valériane et des bains frais, commencés le 15, que le dos de la malade ne fut bientôt plus qu'une plaie tant elle se frottait contre les draps de son lit.
Du 26 avril au 5 mai, sans cause appréciable et sans aucun autre symptôme nouveau, cette enfant fut prise d'une petite diarrhée ; pendant ce temps, les symptômes de la chorée parurent moindres.
Le 17 mai, apparition d'une éruption de rougeole.
18. Taches rubéoliques, rouges, peu saillantes, peu circonscrites sur la face, sur le tronc, les jambes et les bras ; toux, râle sous-crépitant des deux côtés, principalement à gauche-, langue rouge et blanche; pouls à 112. Les mouvements choréiques n'ont pas diminué d'intensité.
La rougeole disparut, mais elle laissa une pneumonie qui ne marchait pas rapidement vers sa guérison. La petite fille maigrissait de jour en jour, et en même temps les mouvements de la chorée se calmaient.
2 juin. La malade parle facilement, peut se servir de ses mains pour manger. Toux assez fréquente j la respiration se fait peu entendre à la partie postérieure et inférieure des deux poumons 5 râle ronflant considérable; pouls fréquent j dévoiement aujourd'liui pour la première fois. (Vésicatoire à la partie postérieure du thorax.)
Tous ces symptômes allaient en augmentant, excepté les mouvements choréiques, qui étaient presque entièrement apaisés le 16 juin, veille de la mort. L'amaigrissement était considérable, et aux symptômes de la pneumonie et à la diarrhée, il était joint un balonneraent très-marqué du ventre.
17 juin. Nécropsie. — Arachnoïde peu injectée, transparente
'1^0 IIULLETIN DE I.A SOCIÉTÉ HOMOEOPATHIQUE.
et non adhérente à la substance corticale 5 légère infiltration de la pie-mère; substance cérébrale généralement molle, pas injeclée; moelle épinièrc ferme, non injectée; hépatisation partielle des deux poumons-, tubercules dans ces organes, dans les glandes bronchiques ; estomac et intestins grêles sans aucune coloration morbide; rougeur et ramollissement du gros intestin. — Les autres organes de l'abdomen sont à l'état sain.
Cette observation peut être rapprochée de l'observation précédente. C'est une malade affectée de la chorée, et prise d'une rougeole intercurrente à laquelle elle succomba; mais, comme dans l'observation précédente, les mouvements choréiques ne persistèrent point jusqu'à la fin et cessèrent avant la mort. Mais remarquons bien que dans l'observation précédente, la malade mourut le 4ejour de l'éruption, tandis que dans l'observation présente elle ne succomba que le 30'' jour, c'est-à-dire, après que les symptômes primitifs de la rougeole étaient passés depuis longtemps ; de sorte que ce n'est pas à la rougeole, mais plutôt à l'affaiblissement, suite de la longueur de la maladie, que doit être attribuée la cessation des mouvements choréiques.
Nous ne trouvâmes dans les centres nerveux aucune altération qui pût être rattachée à la chorée.
De M. Ruffs (1). — Chorée très-intense- aucune autre altération des fonctions ; mort rapide ; lésions propres à l'asphyxie. Eugénie est entrée à l'hôpital le 25 juin. Elle est âgée de 12 ans et demi, a les cheveux blonds, les yeux bleus, le système musculaire bien développé. Depuis douze jours environ, sans avoir eu aucune frayeur et sans aucune autre cause appréciable, cette
(1) Ibid.
FOLIE MUSCULAIRE. i 41
petite fille a été prise de mouvements choréiques; elle avait toujours eu une bonne sauté.
25 juin. Agitation des membres supérieurs et des membres inférieurs, qu'elle porte en différents sens; néanmoins elle peut encore marcher, et elle mange seule, sans secours.
Agitation des muscles de la face, grimaces continuelles, agitation des muscles du cou. Les mouvements sont plus désordonnés aux moindres émotions. (Mauve édulcorée, frictions avec des gouttes de teinture alcoolique de noix vomique, dans une cuillerée d'eau tiède.) Ces frictions sont pratiquées le loDg du rachis.
28. Loin de diminuer, les mouvements augmentent j l'enfant ne peut se tenir dans son lit; elle se renversée par terre et se cache sous les lits. Ses membres sont couverts de contusions, sa tête est éclievelée ; elle pousse des cris, fdit entendre des sanglots, sans verser de larmes. Cette agitation est continuelle, cesse à peine pendant le sommeil, et augmente aux moindres questions qu'on adresse à la malade; toutes les autres fonctions sont en bon état. (M. Guersant fait suspendre les frictions; bains frais-, va'ériane, un scrupule.)
2 juillet. (Valériane, 2 scrupules.) L'enfant refuse les aliments, n'a pas d'appétit, a encore un peu de céphalalgie, pas de sommeil. Le désordre est toujours extrême.
8 juillet. (Valériane, 2 gros.) Agitation toujours extrême, alternant avec un peu d'affaissement; yeux hagards, roulants, pupilles ni dilatées ni contractile?, face colorée, chaleur de peau,, pouls fréquent, mou, langue sèche, constipation. (Limonade ; 8 onces d'émulsion; affusion d"eau à 15°.)
9. 11 y a un peu plus de calme après l'affusion. Toute la journée a même été assez paisible, mais l'agitation a reparu pen-
1^2 BDLLETIN DE LA. SOCIÉTÉ HOMCEOPATHIQUE.
dant la nuit ; vers hs cinq Iieures du malin la malade a pâli, puis la face s'est colorée. A sept heures, au moment où nous la voyons, la face est colorée, les conjonctives injectées, les pupilles sont très-dilatées, les mouvements sont beaucoup apaisés, et ne sont plus que des soubresauts qui se manifestent d'intervalles en intervalles. Respiration anxieuse, pouls sensible. Mort à neuf heures du matin.
Nccroscopie le 10, à dix heures du matin. — Raideur cadavérique, taches violacées et écorchures assez nombreuses à la partie supérieure du dos. Arachnoïde injectée, surtout sur les parties latérales du cerveau^ aucune trace de pus ni de sérosité dans la pie-mère; l'arachnoïde se détache partout avec facilité de la surface du cerveau. Substance cérébrale ferme, sablée. Ventricules peu dilatés; ils contiennent tout au plus deux petites cuillerées de sérosité. Cervelet ferme et injecté. La moelle épinièro n'offre ni ramollissement ni endurcissement, ni même aucune injection; elle est parfaitement normale dans toute son étendue.
Cœur d'un volume ordinaire, flasque, mou , rempli par le sang noir. Les gros vaisseaux qui arrivent au cœur sont aussi distendus par du sang très-noir. La tunique de l'aorte n'offre aucune coloration; poumons sains; il y a engouement, mais sans traces d'hépatisation. Tranches très-violacées.
L'estomac offre un grand nombre de mamelons; sa consistance est normale. Sa membrane muqueuse se laisse déchirer en lambeaux assez longs. Sa coloration est en général celle de la pelure d'oignon. Rougeurs dans le duodénum et dans l'ileum, sans aucun développement des follicules. Les intestins sont trèsmétéorisés. Colon traverse météorisé; arborisation assez pro noncée dans le cœcum, pas de ramollissement.
C'est un spectacle bien digne d'étonuement et de compassion que le désordre que présentait cette jeune fille dans ses mouvements et dans l'expression de sa sensibilité ; ce désordre était extrême : cris continuels, tête échevelée, agitation continuelle et en tous sens; elle se roulait sur la terre jusqu'à s'écorcher la peau à vif. Mais ces phénomènes suffisent-ils pour expliquer la mort? Et cette mort, comme elle est arrivée promptement, précédée seulement de quelques symptômes adynamiques ! Je tiens de M. Guersant que ce n'est pas la première fois qu'il voit des choréiques succomber à la chorée, sans aucune autre altération de fonctions et par la seule exaspération des désordres de la motilité. Dans tous ces cas la mort fut rapide, et les accidents des derniers moments présentèrent aussi le caractère adynamique. Après la mort, aucune altération ne peut être rapportée à la chorée ; la congestion du sang dans les cavités du cœur, sa coloration noirâtre, et l'injection des différents tissus, pourraient tout au plus faire soupçonner qu'il y eut un peu d'asphyxie.
24e OBSERVATION.
De M. RuJ/s (1). Chorée générale intense; péritonite mortellej persistance des désordres de la motilité. — Aucune altération propre à la chorée. — Marie-Alexandrine Richard, âgée de 9 ans, est entrée à l'hôpital des Enfants le 7 mars 1833. Cette petite fille est malade depuis vingt jours; elle a été prise de mouvements choréiques qui depuis ont toujours été en augmentant. Elle est d une assez forte constitution. L'invasion de la maladie est attribuée à une peur qu'on lui fit pendant la nuitj elle n'a jamais eu de convulsions ni d'attaques d'épilepsie ; sa sauté était bonne.
(1) Ibid.
I** BULLETIN DE LA £OCIÉTÉ HOMOEOPATHIQUE.
12 mars. Mouvements continuels et désordonnés de la tfite, de la langue, des joues, des mâchoires, des membres supérieurs et inférieurs. Ces mouvements se font par saccades et sont tellement prononcés qu'ils empêchent la progression; ils cessent pendant le sommeil, mais aussitôt que le réveil a lieu, les mouvements recommencent. Quelques mouvements paraissent même le précéder et en être comme le prélude. La force musculaire est diminuée, car l'enfant presse à peine la main qu'on lui donne à serrer; elle ne peut tenir son bras horizontalement, ni se saisir le nez avec la main; son corps paraît moins agité. Alexandrine Richard nous affirme qu'elle n'a jamais senti de douleurs ni de picotements dans les membres, ei qu'elle n'est pas fatiguée de la continuité ni du désordre de ses mouvements. De temps en temps il lui arrive de pousser involontairement la langue hors de la bouche et de la rentrer subitement. L'articulation des mots est impossible; l'enfant ne répond que par monosyllabes accompagnés de grandes contorsions. Ses facultés intellectuelles sont intactes j elle est assez gaie, n'éprouve jamais de céphalalgie ; langue naturelle, point de soif, appétit, ventre indolore sous la pression dans tous les points, selles ordinaires; le pouls, peu fréquent, ne peut être apprécié à cause du désordre des mouvements.
Jusqu'au 19 mars, la petite malade fut soumise à des bains sulfureux pris pendant une heure, chaque malin. Elle en était à son septième bain, sans avoir présenté aucune amélioration. Au contraire, après chaque bain, les mouvements devenaient, pendant une heure ou deux, plus fréquents ou plus désordonnés 5 mais cette exaspération se calmait dans le cours de la journée.
Dans la journée du 19, cette enfant fut prise d'une diarrhée très-abondante, avec douleurs de ventre. La langue présentait un
FOLIE MLSCULAinE 145
enduit blanchâtre, il n'y avait pas de céphalalgie. M. Lager, interne de la salle, prescrit riz gommé et deux quarts lavements laudanisés.
20. Face soulïrante, grimacée; mouvements toujours très désordonnés; langue sèche et brunâtre; lèvres et dents fuligineuses; soif, un voraisseaieut ce malin; l'abdomen, très-ballonné, parait très-sensible sous la pression; point de selles depuis les lavements administrés hier; urines ordinaires; respiration bonne des deux côtés delà poitrine ; pouls à 156. (Gomme édulc. huit sangsues sur le ventre, cataplasmes émollieuts, demi-lavements )
21. Agitation chronique toujours aussi prononcée, yeux non injectés, pupilles contractées, lèvres violettes et sèches, langue sèche, fuligineuse, dents fuligineuses, vomissements répétés encore ce malin, abdomen tiès ballonné, anxiété extrême delà respiration, 80 inspirations par minute , point de toux, pouls inappréciable, peau très-chaude. (Mauve édulcorée, lavements laxatifs, friction avec l'huile de camomille camphrée.)
22. L'enfant parait conserver ses facultés intellectuelles; langue, dents et lèvres sèches et fuligineuses; encore quelques vomissements, soif, abdomen très-météorisé et excessivement douloureux sous la pression, diarrhée, anxiété extrême, dyspnée, respiration plus thoracique qu'abdominale, chaleur trèsvive de la peau, pouls fihforme et presque insensible ; les mouvements delà choréesonl toujours très prononcés. (Même prescription.)
23. Augmentation d'intensité de tous les accidents 5 mort dans la nuit.
Nécroscop>'e^ le 25, à dix heures du matin. — Crâne. Le sinus longitudinal supérieur contient un caillot fibrineux. La
«ULLETIN DE LA SOCIÉTÉ UOUœOPATIIIQUE.
dure-mère, après qu'elle est détachée des os du crâne, laisse exsuder par sa surface crânienne un sang noir et abondant. A la surface convexe du cerveau, l'arachnoïde est transparente, soulevée en quelques points par une légère infiltration séreuse, apparente, surtout entre les circonvolutions et la partie postérieure du cerveau. Les gros troncs vasculaires sont très-gorgés et ressemblent à des sangsues pleines de sang; partout l'arachnoïde se détache facilement de la substanca corticale. A la base du cerveau, l'arachnoïde est transparente; il n'y a ni inûltration de sérosité, ni injection des vaisseaux dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdicn. Les ventricules latéraux sont peu dilatés et contiennent à peine deux cuillerées de sérosité. Le corps calleux, la voûte à trois piliers, les couches optiques, les corps striés notamment et les tubercules quadrijuraeaux ont leur consistance et leur coloration normales 5 la substance blanche est un peu injectée.
Rachis. — L'enveloppe arachnoïdienne de la moelle paraît un peu injectée; à sa partie infiirieure, elle contient environ une cuillerée de sérosité. La substance de la moelle, coudée par petites parties d'une ligne, conserve sa texture, sa consistance et sa coloration normale.
Cavité ihoraciqiie. — Le poumon gauche est mou, crépitant, donne sous les doigts une sensation cotonneuse et élastique. La surface des incisions pratiquées à l'intérieur donne peu de liquide; le tissu pulmonaire y est fauve-rouge, rutilant et résiste au doigt, excepté à la partie postérieure et supérieure du lobe supérieur, où il existe quelques points rouges, noirâtres, plus denses, et qui se laissent facilement pénétrer par les doigts. La muqueuse bronchique, dans ce poumon, offre une teinte rosée. Le poumon droit présente le même état, à l'extérieur, que le
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poumon gauche; la surface des incisions pratiquées dans son tissu se couvre de peu de fluide ; il n'y existe aucun point dont la coloration soit plus foncée et la consistance moindre ; mais à la partie supérieure du lobe supérieur, nous avons trouvé m petit tubercule crétacé, unique, bien circonscrit. Les glande? bronchiques et les glandes mcdiastines sont d'un très-gros volume et manifestement tuberculeuses; la matière tuberculeuse n'y est pas ramollie.
Cœur un pfu volumineux: les parois du ventricule gauche ont environ quatre lignes d'épaisseur vers leur partie moyenne.
Aorte sans coloration.
Cavité périlonéale. — Abdomen considérablement météorisé et verdà re -, sérosité purulente verdâtre, étalée sur la paroi antérieure du péritoine, dans toute sou étendue, en une couche légère, et en quelques fausses membranes très- minces; la membrane péritonéale elle-même y paraît moins transparente. Le grand épipluon est distendu et recouvre la masse intestinale ; il est très-injecté et trempé de pus. L'intestin giêle et le gros intestin sont très méiéorisés, leur surface extérieure offre une injection rosée très-apparente. Il existe quelques fausses membranes entre l'épiploon et les intestins; mais elles se rompent facilement; celles qui existent entre le diaphragme, le foie et la rate sont plus fermes. Les cirtonvolulions intestinales sont adhérentes ; mais ces adhérences sont de formation très récente et se rompent facilement. Nuus trouvons encore une demi-pinte de sérosité verdâire purulente dans les petits bassins et dans les flancs gauche et droit.
Les glandes mésentériques, Irès-développées, du volume de petites noisettes, contiennent de la matière tuberculeuse concrète et nullement ramollie.
L'estomac présente des mucosités très abondantes et très adhérentes à la surface interne; son volume est médiocre. Un peu de rougeur au grand cul-de-sac, dans une étendue de deux pouces carrés 5 petit pointillé rouge près du pylore. La membrane muqueuse donne par le tiraillement des lambeaux de deux à quatre lignes dans le grand cul-de-sac, et de près d'un pouce partout.
La surface muqueuse de l'intestin grêle offre généralement une coloration rose tendre, et çà et là des cicatrices dures, plissées, d'une coloration noirâtre; quelques-unes sont presque circulaires et occupent toute une zone de l'intestin. Ces cicatrices existent surtout dans l'iléum. On y trouve aussi quelques points tuberculeux saillants. La muqueuse donne des lambeaux de trois à quatre lignes dans le jéjunum et dans l'iléum; le cœcum ne présente aucune coloration anormale-, sa membrane muqueuse est très-mince, et donne des lambeaux de trois à quatre lignes. Les colons transverse et ascendant sont pâles à l'intérieur ; lambeaux de trois à quatre lignes.
A l'extrémité inférieure du rectum, près de l'anus, on trouve une large ulcération d'un pouce et demi de diamètre en tous sens ; le fond tn est giis-noirâire, inégal, et tapissé d'une fausse membrane. Lorsqu'on presse les parties voisines de cette ulcération, il s'échappe à sa surface une abondante quantité de matière jaune-verdâtre, assez consistante, semblable à du pus ou à de la matière tuberculeuse ramollie, à peu près comme il arrive sur une surface pulmonaire où aboutissent des bronches contenant de la mucosité. Tout-à-fait à la partie inférieure de cette ulcération, nous avons trouvé un petit pertuis d'un quart de ligue de diamètre au plus, violacé dans son contour, et qui
établit une libre communication entre l'intérieur du rectum et de la cavité pérltonéale.
Le foie est d'un volume ordinaire, fauve, mêlé de quelques points jaunes, granuleux par la déchirure. Rate pâle, de consistance un peu malle. Reins blanchâtres, de volume et de consistance ordinaires.
De M. Bazin (1). — Chorée; varioloïde, phénomènes typhoïdes -, altération pulmonaire grave, (llôpit. Necker, salle Sainte- Suzanne, 1. Entrée à Thôpital le 14 décembre 1832.)
Une fille de 15 ans, culotlière. La menstruation n'existe point encore chez cette jeune tille, qui parait douée d'une excellente constitution, bien que d'un assez médiocre embonpoint. Depuis trois semaines elle est affectée d'une danse de Saint-Guy, attaquant particulièrement les membres supérieurs. Cette affection s'est manifestée sans cause apparente. Le 15 décembre, orge, sirop de gomme; bain. Jusqu'au 10 janvier aucun changement remarquable n'a lieu dans l'état de la malade. Quelques tisanes aniispasmodiqucs lui sont administrées; on la meta l'usage des bains froids. Les 10, 11, 12, 13 janvier 1833, la chorée diminue -, moins de discordance dans les mouvements. Le 14, sentiment de pesanteur dans la région lombaire; éj.iigastralgie; langue un peu colorée à son limbe, blanche à fa base; chaleur à la peau, fréquence du pouls, rougeur du visage, céphalalgie; mômes phénomènes pendant deux jours. On tient la malade à la diète, aux tisanes délayantes.
Le 16, petites taches rouges disséminées^ varioloïdes. 18, 19,
(1) Recherches sur les lésions du poumon. Thèses de Paris, 1834, n° 300, p. 29.
<50 BULLETIN DE LA FOCIÉTÉ HOMOF.OPATIQUE.
la varioloïde suit ses périodes sans circonstances grave». Le 22, suppuration des pustules varioliforrnes; affaiblissement, prostration. Le 24, matité en arrière et à droite du thorax, mélange de râle sonore et muqueux. Le 26, période de dessiccation, prostration, un peu de stupeur. Elle succombe le 30 tout à coup sans que la mort ait été précédée d'agonie.
Autopsie. — Substance cérébrale piquetée; un peu de sérosité dans les ventricules latéraux ; plaques osseuses à la surface de l'hémisphère gauche du cervelet-, les ossifications se sont développées aux dépers de l'arachnoïde.
Thorax. Cœur de volume ordinaire, sans lésion apparente; le poumon droit est carnifié dans la totalité de son lobe inférieur-, le poumon gauche est simplement engoué ; la muqueuse bronchique sans rougeur.
25e OBSERVATION.
De^. Gendron{\). — Adèle-Victoire Bret, née à Paris, demeurant rue de la Tixeranderle, 9; peau brune, yeux noirs, habituellement bien portante, entra à l'hôpital des Enfants malades le 20 janvier 1834.
Dans les premiers jours de ce mois, elle fut prise sans cause appréciable, et pour la première fois, de mouvements convulsifs dans les muscles de la face, des membres supérieurs et inférieurs. Ces mouvements, peu marqués d'abord, augrnentèrent d'intensité avec une grande rapidité. Lors de son entrée à l'hôpital, les bras sont dans un état d'agitation continuelle; les commiss'ures labiales et les lèvres sont à chaque instant tirées en divers sens ; la progression est entièrement impossible; les
(I) Propositions sur quelques points de médecine et de chirurgie. Tlièse de Paris, 1835, n" i81, p. 9.
extrémités inférieures sont sans cesse agitées, la parole très-embarrassée; elle ne répond que par monosyllabes, oui et non, aux questions qu'on lui adresse. Conservation de l'appétit, soif mO' dérée; pas de nausées, pas de vomissements; ventre peu volumineux, indolent à la pression, une selle toutes les 24 heures. On ne peut consulter la poitrine que fort incoraplétementj les battements du cœur ne peuvent être examinés avec soin. Pouls peu fréquent, développé ; intelligence parfaitement conservée. (Infusion de fleurs de tilleul et de fleurs d'oranger, 12 sangsues au bas de la région lombaire, diète.) L'état reste stationnaire jusqu'au 25. Ce jour-là, au matin, la figure est trèsanimée : les pommettes, le bout du nez et le menton offrent une coloration rouge excessivement intense; les membres thoraciques abdominaux et le tronc ne restent pas un instant en repos ; la langue est portée en avant, en arrière vers les commissures labiales; Ijs yeux roulent dans les orbites ; tous les muscles de la face sont dans nn état de contraction et de relâchement alternatifs qui dotfnent à la physionomie quelque chose de hideux et d'horrible à voir. La malade pousse de temps en temps des cris aigus, bien qu'elle n'accuse aucune douleur, et qu'elle dise même ne pas souffrir. On est obligé de la maintenir avec une toile forte étendue depuis le haut de la poitrine jusqu'aux pieds et fixée sur les côtés du lit.
(Infusion de fleurs de tilleul et de fleurs d'oranger, 12 sangsues derrière les oreilles, lavement de valériane et d'assa-fœtida, diète.)
Le 26, les morsures des sangsues ont coulé abondamment; il n'y a pas d'amélioration; les paupières sont rouges, un peu chassieuses; les yeux sont vifs, brillants et sans cesse en mouvement; les pupilles sont dilatées, immobiles ; cependant la ma-
la'lp "voit très-bien, et distingue très-nettement les objets qu'on lui présente; l'ouïe n'est pas altérée; la parole est très-gônée; la malade peut à \mwt dire oui ou non ; encore esl-e'le ob igée, pour articuler les mots , d'attendre le moment où les muscles de la langue ne sont pas agités de contractions convulsives ; pas de céphalalgie, pas de douleur le long du rachis, pas de nausées, pas de vomissements; ventre indolent, un peu de constipation, pas de toux.
(Même boisson-, potion avec l'eau de laitue et l'extrait de belladone, lavement avec miel de mercuriale, une once ) Une selle abondante h la suite du lavement. Le 27, le matin, la face est moins rouge que les jours précé lents; on ne remarque aucun autre changement. Le soir à six heures, même état; quatre heures après j " suis appelé pour voir la malade : la figure est pâle, considérablement amaigrie, les yeux sont enfoncés, ternes, les pommettes saillantes, les joues creuses, le nez eflilé; la face paraît diminuée de moitié. Je fus vivement surpris d'un changement aussi brusque; je ne reconnaissais pas la malade que j'avais vue quelque temps auparavant; les mouvements des membres, du visage et des yeux sont plus prononcés que jamais; malgré cette, grande mobilité de la langue et des lèvres, la déglutition s'opère facilement; la malade boit en ma présence un verre plein de tisane. Dans ce moment, la bouche est largement ouverte et le verre profondément enfoncé dans sa cavité; la respiration est très-accélérée; l'agitation est trop grande pour me permettre décompter les pulsations artérioUes; au milieu de ce désordre l'intelligence est entièrement conservée.
La mort survint dans la nuit du 27 au 28 janvier à cinq heures du matin; elle fut précédée de quelques instants de coma.
Autopsie vingt-huit heures après la mort. — La colonne vertébrale n'est déviée en aucun sens et ne présente pas de saillie anormale, la pie-mère adhère fortement à la moelle, ses vaisseaux sont gonflés et gorgés de sang. La moelle présente une déformat on au niveau de la cinquième vertèbre cervicale environ : elle est aplatie en cet endroit, et ses bords sont plus saillants là que partout ailleurs. En promenant le doigt sur sa surface an- - térieure, et avant d'avoir essayé de détacher l'arachnoïde et la pie-mère, on reconnaît très-faciloment qu'elle présente, dans le lieu que nous venons de signaler, une consistance bien moins grande que dans le reste de son étendue. En effet, dans l'espace d'un pouce et demi, à partir de la cinquième vertèbre cervicale jusqu'à la première dorsale, elle est affaissée, molle, comme réduite en une bouillie d'un blanc jaunâ,tre au-dessus de cette région-, sa consistance me paraît aussi moins grande que de coutume; mais au dessous elle a sa forme arrondie; on n'y remarque pas de changement sensible. A sa face postérieure, et toujours au niveau de l'endroit indiqué plus haut, on rencontre une légère dépression de la largeur d'un travers de doigt; mais le ramollissement est moins marqué et surtout moins étendu ici qu'en avant. Le cerveau, le cervelet, la moelle allongée, la cavité pectorale, le périear ie, sans altération ; le cœur d'un volume normal; le ventricule gauche, coupé par son milieu, a des parois un peu épaisses (quatre lignes environ); sa cavité est petite et permet à peine l'introduction de l'extrémité de l'indicateur. Les muscles en général bien développés , fermes, d'une couleur rouge foncé.
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De M. Dufossëe (1). —Caroline Gillet, 12 ans, blanchisseuse, entrée à l'hôpital le 26 janvier 1836. Constitution plutôt faible que forte, cheveux blonds, yeux bleus ; sujette à des céphalalgies irrégulières, du reste habituellement d'une bonne santé. Dans le courant de décembre 1835 elle a rendu quelques versj quinze jours environ avant son entrée elle ressentit quelques douleurs dans le rachis, et les jours suivants, pendant qu'elle travaillait, elle laissa échapper à plusieurs reprises le fer à repasser qu'elle tenait de sa main droite. A dater de ce moment, elle aperçut que son bras droit était agité de mouvements irréguliers qui, d'abord faibles, devinrent de plus en plus prononcés. Du 27, état actuel. Les positions de la malade sont bizarres; le membre supérieur droit exécute de temps en temps des mouvements désordonnés qui n'ont pas, il est vrai, une grande intensité. La main droite ne peut rester en repos ni saisir un corps quelconque ^ l'agitation s'étend aux muscles de la face-, la marche est régulière, mais l'enfant ne peut se tenir en équilibre sur le pied droit. L'intelligence n'offre aucun trouble. Ses autres fonctions sont en bon état. (Deux verres d'infusion de mousse de Corse-, tisane de camomille et de petite centaurée, le quart de portion.) 6 fév. L'agitation du bras droit a diminué. Jusqu'à ce jours on a donné quelques anthelmentiques, et la malade n'a rendu aucun ver. Nous lui présentons quelques-uns de nos doigts et nous l'engageons à en serrer deux de sa main droite et deux de sa main gauche; le serrement de celle-ci est uniforme, tandis que la pression de la main droite donne la sensation très-distincte d'une suite d'impulsions très- inégales quant
(1) De la Chorée, thèse de Paris, 183G, IG mai.
à leur force. Du 7-15. Variole irrégulière ; les mouvemerit3 désordonnés ont plus d'intensité qu'ils n'avaient lors de l'entrée de la malade à l'hôpital; délire chaque nuit, et de temps en temps pendant le jour. Ce phénomène et l'agitation choréique continuaient encore le 15 au malin; mort survenue dans la nuit du 15 au 16.
Néci'oscopie. — Hachis. Les membranes de la moelle ne sont nullement injectées-, l'arachnoïde, dans la région lombaire, contient environ une demi-cuillerée à café de sérosité limpide. La substance de la moelle a son volume ordinaire 5 elle est coupée par rondelles de quelques lignes d'épaisseur, et conserve partout sa consistance, sa texture, sa coloration normale. Crâne. L'arachnoïde, à la surface convexe du cerveau, est fortement injectée; elle se sépare aisément de la substance cérébrale sans en enlever la moindre parcelle. A la base cette membrane ne présente aucune trace d'injection; la substance blanche est légèrement piquetée, la grise parait d'une couleur un peu plus foncée, mais le volume et la consistance de ces deux substances n'offrent aucune augmentation ni aucune diminution. Les ventricules latéraux contiennent une cuillerée environ d'un liquide transparent. La voûte à trois piliers, les corps striés , les couches optiques sont à l'état normal ; les tubercules quadrijumeaux et le cervelet sont dans un état d'intégrité parfaite; coloration, consistance , textures normales. Le tube intestinal ne contient aucun entozoaire. Les poumons en partie hépatisés.
Ces détails, d'une observation intéressante sous bien d'autres rapports, sont sufOsants pour qu'il devienne évident qu'il n'y avait dans ce cas aucune altération qu'on pût rapporter à la chorée.
De Olivier d'Angers (1). — M. Giiersant n'a trouvé qu'un petit nombre de fois un ramollissement très-marqué de la moelle épinière; j'ai eu l'occasion d'ouvrir sous ses yeux le rachisd'un enfant qui était également affecté de chorée, chez lequel la moelle épinière n'offrit aucune altération sensible. Sa consistance, sa couleur, et celle de ses membranes étaient dans l'état naturel; c'est ce qu'on observe le plus souvent.
DeFantonetti (2). — Paysan, 45ans, habituellement bien portant, éprouve sans cause appréciable un tremblement au bras droit qui se dissipe quelque temps après. I/année suivante, ce tremblement reparaît avec plus de force que la première fois : saignées, purgatifs; mieux. Quelque temps après, tremblement pareil à l'autrebras : saignées, vomitifs, noixvomique,fleursdezinc,remèd.;s martiaux, quinquina. Pas de changement pendant un an. Alors le malade entre dans la clinique de Pavie. Il ne se plaint pas de mal de tête et assure n'avoir jamais souffert dans cette partie. Conjonctive oculaire injectée et rouge, visage coloré; les sens externes sont parfaitement sains; tendance au sommeil et à l'apathie , appétit faible, langue bonne, respiration libre, battements du cœur plus forts que dans l'état normal ; pouls 85 , régulier; tremblement continu de la tète depuis deux mois; {gesticulations irrégulières du bras depuis 18 mois. Le malade a de la force et peut bien se tenir debout.
(1) Traité des maladies de la moelle épinière. Vol. II, p. 572, 2* édit., 1837.
(2) Giornaledi pathologia e di materiamedica diVenezia, 1837. — Gazette médicale de Paris, 1838, p. 105.
Prescription : sangsues répétées à la nuque , vésicatoire à la même région pansé avec l'acétate de morphine ; bains entiers;, intérieurement, extrait de jusquiame, de noix vomique, de cyanure de fer, tartre stibié à haute dose. Pas d'amélioration.
Les mouvements convulsifs des tras et de la tête sont graduellement remplacés par la paralysie, d'abord des membres, puis des sens de tout le corps ; la mort est enfin arrivée d'une manière calme et graduelle.
Avtopsie. — Viscères abdominaux sains, cœur hypertrophié , surtout la moitié gauche. La moelle épinière offre un ramollissement rouge des mieux caractérisés depuis la dernière vertèbre cervicale jusqu'à la moelle allongée inclusivement 5 ici, cependant, la lésion est moins profonde. La même altération est rencontrée dans le cervelet et dans toutes les masses des deux hémisphères cérébraux. Les enveloppes de l'encéphale sont injectées de sang; le ventricule du même organe renferme peu ''c sérosité.
De Fanlonetii (1). — Jeune fille âgée de 13 ans, entrée à la clinique, 29 janvier 1832, malade depuis 15 jours. Pas de mal de tête-, les yeux sont larmoyants; ouïe et odorat bons, bouche amère, langue blanche et muqueuse, respiration un peu gênée, pouls fréquent el dur; urines rares et colorées, constipation, mouvements spasmodiques du bas broit, faiblesse du membre abdominal du même côté. Marche de symptômes à peu près comme dans le cas précédent.
A l'autopsie, on trouve ramollissement rouge dans le cerveau, s'étendaut jusque la moelle allongée; moelle épinière saine 5 ses
(1) Ibid.
enveloppes contiennent beaucoup de fluide séreux ; enveloppes du cerveau très-saiues, cœur hypertrophié ; le reste de l'organisme est normal.
De Fanioneili (1). — Cordonnier, 32 ans, éprouve, à la suite d'un excès de boisson, des mouvements involontaires au bras et au membre abdominal. Du cAté gauche, ces mouvements augmentent tellement , qu'au bout de huit jours la volonté n'a plus d'empire sur ces parties. Saignées répétées, purgatifs, bains, strychnine, etc., inutiles. Progression des symptômes ut suprà, paralysie générale, mort.
Autopsie. — Lésions analogues aux précédentes.
31e OBSERVATION.
De Fantonetti (2). — Paysanne, 30 ans, mère de quatre enfants, e?t saisie de fièvre ; gastrite légère. Sa convalescence se prolonge; vertiges de temps en temps, puis malaise général, gravedo, tremblement général toutes les fois que la malade veut se lever. Ensuite, mouvements convulsifs des membres; léger délire, anéantissement progressif des sens, terminaison ut suprà.
1. autopsie constate du ramollissement rouge aux deux hémisphères cérébraux.
32e OBSERVATION.
De Fantonetti (3). — Batelier, 47 ans, épileptique dès son enfance, jusqu'à l'âge de 30 ans. Il éprouve, depuis deux mois,
(1) Ibid.
(2) Ibid.
(3) Ibid.
des crampes violentes au bras toutes les nuits, après s'être couché. A ce symptôme se joignent des accès de frisson et de chaleur-, plusieurs fois par jour, malaise général, lassitude, pesanteur à la tête, affaiblissement des facultés intellectuelles, puis pâleur du visage, œil languissant; inappétence, fourmillement, puis torpeur, coma, paralysie progressive, terminaison et autopsie comme ci-dessus.
De Yonge(i). — Francis Hill, âgé de 19 ans, jardinier, de constitution délicate, d'une physionomie intelligente, mais d'un ca ractère irritable, est soumis à notre observation le 10 juin 1840. llraconte qu'il ya environ 15 jours ils'alita pour un rhumatisme qu'il avait gagné en dormant la nuit en plein air dans un cimetière : traité activement, il fut bientôt convalescent et renvoyé chez lui. Il se plaint actuellement de douleurs au -devant de la poitrine, surtout à la région précordiale, et d'une grande faiblesse. Il a des contractions irrégulières des muscles et de la bouche du côté droit de la face, contractions qui augmentent par la parole. Le malade n'y avait pas fait attention ; cependant il les rapporte à la semaine précédente. Le pouls, la langue, la respiration, sont naturels et le cœur ne parait point altéré.
Diagnostic. — Inflammation rhumatismale des membranes du cœur presque guérie, chorée commençante. Trailement : un bain chaud tous les jours, un vésicatoire à la région du cœur, et trois fois par jour des pilules suivantes : oxide de zinc, sulfate de quinine, aa 5 centigrammes; extrait de coloquinte, 10 centigrammes.
14 juin. — Grande difliculté dans la marche par suite de (1) Guys hospital reports 1840, vol. V, p. 277.
160 BULLETIN DE LK SOCIÉTÉ HOMœOPATHIQUE.
mouvements involontaires des muscles. Le malade a beaucoup de peine à se faire comprendre ; il ne peut rester un seul Instant dans la même position. Sa démarche est chancelante, et 11 traîne plutôt qu'il ne lève ses pieds. Du reste, la douleur de poitrine a disparu, et il n'y a ni fièvre, ni malaise local.
17 juin. — L'ygilation musculaire augmente 5 l'enfant heurte par intervalles les objets environnants, dans l'impossibilité qu'il est de régler ses mouvements. La physionomie est celle d'un idiot; l'articulation des mots est inintelligible; la langue est jetée rapidement au dehors quand il veut la montrer; la bouche s'ouvre avec peine et se referme aussitôt pour mordre. L'intelligonce est d'ailleurs assez nette, inappétence, un peu de soif, langue naturelle, beaucoup d'amaigrissement, pouls à 90, faible, mou, peau moite, action du cœur faible; on croit entendre un bruit à la région précordiale.
5 centig. de nitrate d'argent avec 20 gouttes de teinture de ciguë, trois fois par jour dans une solution.
Le 19. — Peu de sommeil, l'agitation augmente -, à peine si le malade peut rester au lit, il se frappe à droite et à gauche, jetant sa tête de côté et d'autre.
10 centig. de nitrate d'argent.
I-e 21. — Aggravation des symptômes : les convulsions prennent un caractère qui les rapproche du tétanos et de l'opislhotonos, et l'anxiété qui se manifeste en avalant les aliments ou des médicaments ressemble à celle de l'hydrophobie.
15 centig. de nitrate d'argent, 10 centig. de calomel et 50 de rhubarbe.
23-25. — Aucune amélioration ; le malade grince des dents, mord ses lèvres et roule les yeux dans les orbites; les convulsions générales sont augmentées.
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Le 28.— Le malade ne peut plus avaler; les efforts de déglutition produisent des spasmes et des convulsions affreuses. Le 29, il meurt épuisé par le manque de repos, par la force des convulsions, et probablement aussi par manque de nourriture.
Autopsie, H heures après la mo/-^.— Amaigrissement notable. Les fibres musculaires sont notables par leur conleur noirâtre. Le cerveau ne présente aucune altération notable; il y a seulement un piqueté plus abondant que d'ordinaire dans la substance blanche, surtout dans le centre ovale, et une congestion remarquable des plexus choroïdes. La moelle épinière fut enlevée avec soin; ses membranes étaient parfaitemeut saines; au point correspondant auxpremières vertèbres dorsales, ily avait une petite tache vasculaire, autour de laquelle le tissu était ramolli; mais on regarda ce ramollissement comme accidentel et comme produit en ouvrant le canal vertébral. Les poumons étaient d'une couleur bleuâtre et rouge dans tout leur tissu; ils étaient sains ailleurs, et les plèvres paraissaient exemptes de toute altération.
Cœur. Le péricardeneprésentait à l'extérieur aucune altération : sa cavité ne contenait pas une quantité anormale de sérosité, mais le feuillet viscéral, d'un blanc laiteux, était si généralement opaque, qu'il cachait presque les fibres musculaires sous-jacentes. Toutefois, la lymphe plastique était déposée en couches trèsminces, et se détachait difficilement delà membrane elle-même. Elle était plus dense et plus uniformément répandue autour de la base et du côté gauche du cœur que vers la pointe de l'organe. L'endocarde de l'oreillette paraissait altéré 5 au lieu de sa transparence opaline ordinaire, elle était d'une coloration blanche plus uniforme au voisinage de la valvule mitrale, qui était
BULLETIN BE LA SOCIÉTÉ HOMOEOI'ATUIQUE.
bordée de petites granulations aux insertions des cordes tendineuses. L'endocarde de la valvule était inégalement épaissi, et offrait par intervalles comme des nodosités. Le reste du cœur était parfaitement sain.
Les organes de l'abdomen ne présentaient pas de changements notables : la muqueuse de l'estomac présentait vers la grande courbure quelques taches rougeâtres. Le foie n'offrait rien de remarquable, si ce n'est plusieurs portions isolées, légèrement brunâtres, qui pénétraient à plusieurs lignes de la surface à l'intérieur du tissu.
De B. Bright (1). — Un jeune homme âgé de 17 ans avait été pris, douze jours avant que je le visse, d'accidents rhumatismaux, douleurs dans les membres avec gonflement des poignets et des autres articulations. Les symptômes n'étaient pas à proprement parler ceux d'un rhumatisme inflammatoire aigu. Au bout de six jours, ces désordres avaient à peu près cessé, quand des phénomènes spasmodiques parurent et augmentèrent jusqu'au moment où je fus appelé. Je constatai alors les symptômes bien tranchés d'une chorée intense, avec convulsions plus forte que je n'en ai jamais vu dans la danse de St-Guy. La tête était continuellement jetée de côté et d'autre; les lèvres étaient fermées et s'ouvraient en claquant 5 si l'on disait au jeune homme de montrer la langue, il la tirait avec beaucoup de peine et force grimaces. Le pouls était faible, entre 108 et 120, alternativement vif et déprimé, ce qui me fit soupçonner vaguement une compUcation du côté du cœur. Pendant
(l)Me(lico-chirurgical U-ansaclions, vol. IV. 1839,— Archives générales. 1840, p. 239.
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deux à trois jours on obtint un peu d'amendement, puis la chorée recommença, et les convulsions prirent le caractère le plus violent. Il y avait un peu de délire qui paraissait plus fort par l'impossibilité où était le malade d'articuler aucune parole par suite de ses grimaces et de ses contorsions 5 plus tard, on fut obligé de l'attacher. Le gonflement du poignet et de la main reparut, mais avec aggravation des symptômes, et la mort eut lieu le seizième jour à partir de la première attaque de convulsions.
Autopsie. — Le cœur adhérait au feuillet libre du péricarde au moyen d'une matière albumineuse, et semblable à une gelée demi-transparente ; le dépôt fibrineux existait surtout à la base de l'organe, la pointe baignant dans une sérosité épaisse. Le tissu du cœur était rouge, et les valvules aortiques et mitrales étaient tapissées par des végétations de formation récente, qui formaient une saillie irrégulière au bord auriculaire de la valvule milrale et au bord aortique des valvules semi-lunaires. L'endocarde de l'oreillette semblait recouverte d'une fausse membrane mince. Le bord du poumon, qui recouvre le péricarde, avait contracté avec lui de légères adhérences. Le cerveau et les organes de l'abdomen, examinés attentivement, n'offrirent aucune altération.
De Bàbington (1). — Henri Grivell, âgé de 11 ans, admis le 1" janvier 1840, garçon paraissant robuste, ayant toujours joui d'une bonne santé. Dix jours auparavant, sa mère le réveilla en sursaut pour lui apprendre la mort de son frère. Cette
(1) Guys hospital Reports. 1841, p. 435, case 18.
nouvelle, disait-il, l'avait beaucoup effrayé, et deux jours après, il commença à être affecté de mouvements involontaires dans les membres et les muscles volontaires en général, commençant d'abord par les muscles de la nuque et du dos. Venire enclin à la constipation. Au momeut de l'admission, violente jactation des membres, parole légèrement affectée. 11 est incapable de rester tranquille ou de marcher droit. fJruit du cœur clair et régulier. Pouls à 72, facilement compressible; pupiles dilatées. Le malade mourut, dans la matinée du 14, à neuf heures et demie, d'épuisement. Peu d'heures avant sa mort, le parotide avait commencé à enfler.
Autopsie 29 heures après la mort. — Corps généralement émacié. Dure-mère fortement adhérente au crâne; il fallait employer une grande force pour l'enlever. La membrane était plus opaque qu'à 1 état naturel. Cerveau ferme et paraissant sain; ses vaisseaux et ses membranes gorgés de sang, ainsi que le péricarde. Il y avait quelques petites végétations sur la valvule tricuspidale ; le cœur était parfaitement sain, de même que les viscères de l'abdomen. Malheureusement on n'examina pas la colonne vertébrale.
D'Adisson (1). — Francis R., jeune fille de 17 ans, lymphatique, était employée comme domestique à tout faire et avait joui d'une bonne santé jusqu'à une attaque de fièvre typhoïde qu'elle avait éprouvée cinq ans auparavant. Depuis cette époque, elle était maladive et très-nerveuee. Six semaines avant sou entrée à l'hôpital, en rentrant au logis après une courte ab-
(i) Ibid., p. 425, case 7.
sence, elle avait été fort alarmée en trouvant des voleurs dans la maison, et son agitation s'accrut graduellement pendant les trois semaines suivantes. Les spasmes devinrent violents au point de rendre nécessaire une surveillance continuelle pour l'empêcher de se jeter hors du ht.
Tel était son état lorsqu'elle fut admise le 5 mai 1841, six semaines après la frayeur qu'elle avait ressentie. Elle prit du sulfate de zinc avec du camphre j un vésicatoire lui fut appliqué derrière la nuque ; on lui donna des purgatifs, du quinine et enfin du muscj mais aucun de ces médicaments n'exerça d'effet, et elle resta dans le même état jusqu'au 24, où, vers cinq heures du matin, les mouvements commençaient à diminuer. Elle perdit la connaissance et mourut à six heures.
Notes du registre. — Pendant la vie, on n'avait perçu aucun bruit du cœur. Elle avait été examinée par M. Lever, qui n'avait pas trouvé d'hymen, vagin relâché et utérus étroit.
Autopsie. — Crâne plutôt comprimé et conique; nuque large; le reste du corps dépéri, profondément excorié en plusieurs parties, spécialement par derrière.
Thorax. — Poumon offrant intérieurement des traces de congestion. Cinq onces de fluide dans le péricarde avec des lamelles albumineuses flottant dans le liquide. Membrane ecchymosée. Cœur plutôt gros. Valvule mitrale opaque.
Abdomen. — Foie épais et hypertrophié. Forte congestion des reins. Membrane muqueuse de l'estomac et intestins fortement injectés et malades.
Cerveau sain.
L'épine dorsale fut examinée. Les vaisseaux au-dessus de la moelle épinière semblaient larges et nombreux ; toutes les surfaces séreuses semblaient un peu opaques, et il était évident
^66 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ nOMOEOPATHIQL'E.
que d'anciennes adhérences fibrineuses joignaient les deux surfaces, particulièrement sur la face postérieure de la moelle.
De Back (1). — Marie-Anne Lewis, âgée de 15 ans, jeune personne bien développée, affectée depuis six semaines d'une chorée douloureuse, fut admise le 6 juin 1833 à la Charité. Les fonctions du cœur furent trouvées un peu anormales. De petites doses de zinc avec quelques purgatifs parurent la soulager, et 1 on regardait la malade comme marchant rapidement vers la guérison, lorsque, le 2 juillet, elle fut attaquée subitement des symptômes d'une dyspnée suivie de légères convulsions. En peu d'heures elle expira.
Autopsie quarante-h%iit heures après ta mort. — Corps grand et bien fait; il y avait un léger développement de màmelles et d'autres signes de la puberté.
Tête. — Arachnoïde légèrement opaque, ferme et mince, difficile à séparer des circonvolutions. La pie-mère contenait un peu de sérum. Surface des circonvolutions molle et rougeâtre. La substance grise très-foncée et mouchetée. La suhstance médullaire, lorsqu'on la coupa, parut toute marbrée et mouchetée de nombreux points sanguinolents. Membrane des ventricules un peu plus ferme qu'à Tétat normal, et contenant un fluide naturel. La glande pinéale contenait un kyste ovoïde, plein deau, de la grosseur d'un graiu de froment. La partie postérieure de la glande pituitaire était molle et ronde, et l'on trouva une petite vésicule pleine d'eau à sa surface, immédiatement devant l'infundibulum. On mit cette vésicule dans de l'esprit de vin rectifié, et on la trouva remplie d'une matière solide, blanche et albumineuse.
(l)lbid.
FOLIE MUSCULAIKB. 167
Poitrine. — Chaque plèvre contenait environ un quart de litre de sérum sanguinolent, sans autres symptômes d'inflammation. Les poumons eux-mêmes étaient œdémateux et présentaient des indices de congestion ; au sommet, ils étaient un peu durcis. Les tuyaux des bronches étaient considérablement injectés, ainsi que la trachée; leur sécrétion était abondante, muqueuse, écumeuse, floconneuse et sanguinolente. Le péricarde se trouvait dans un état d'inflammation aiguë; les deux portions réfléchies étaient entièrement doublées d'une couche adhérente de fibrine. La cavité était presque effacée par des adhésions molles récentes, et à deux ou trois endroits circonscrits on remarquait un petit amas de sérum. La membrane nouvellement formée, qui doublait partout la surface séreuse, présenta, lorsqu'on enleva le cœur, différents caractères. Elle était également épaisse au cœur et revêtait le péricarde en diverses parties ; eUe avait entre un huitième et un seizième de pouce d'épaisseur. En d'autres endroits, le dépôt était disposé en forme de verrues pointues, et dans d'autres encore, spécialement près de la base du cœur, il y avait une matière solide, presque transparente, avec des vaisseaux distinctement arborescents. Il n'était pas facile de distinguer le péricarde du cœur ; peut-être avait-il été le siège d'une inflammation précédente. Le cœur lui-même était large, l'augmentation de substance étant égale dans toutes les cavités. Celles-ci contenaient un bon sang, avec de la fibrine, des parties fluides et des particules rouges en proportion convenable. La valvule mitrale seule était un peu épaissie. Le foie offrait quelques symptômes de congestion. L'utérus était étroit, ferme, non injecté; les ovaires longs, flasques et crevassés; en un ou deux endroits on remarquait quelques vésicules pleines. L'estomac et les intestins étaient plutôt minces et blêmes; la
grande veine gonflée. Les glandes mésentériques n'offraient que de très-faibles traces d'irritation.
:i8» OBSERVATION.
De B'ick (1). — Anne Woodwille, âgée de 11 ans, fut admise le 2-1 septembre 1834 et mourut le 18 octobre 1834. Malade depuis trois semaines d'une chorée. Sa m^^re, âgée d'environ 40 ans, était sujette à la même espèce de maladie. Elle n'avait pas d'autre enfant.
L'enfant présentait quelques symptômes d'un dérangement dans l'action du cœur, avec accélération du pouls. 11 y avait des excoriations cachectiques considérables, des ulcères, des dépôts de mucus sur le sacrum, le dos, etc., lesquels liâtèrent beaucoup la mort.
Autopsie. — Corps extrêmement grand et mince. Pie-mère pleine d'eau; la substance corticale rouge, molle et adhérente çà et là. Cerveau en général, mais plus particulièrement les centres gris, vasculaire et mou. Beaucoup de fluide dans les ventricules; arachnoïde molle; adhésion de la membrane spinale séreuse; parties grises molles et noires. Légère irritation gastrique. Dans l'iléon inférieur, injection noire, quelque chose de plus que de la turgescence, diffuse, avec un léger épaississement général. Trois ou quatre dégénérations crétacées dans les glandes lymphatiques.
Ovaires pleins. Reins plutôt fermes et noirs.
39e OBSERVATION.
De Laird (2). — Anne Hopkins, âgée de 16 ans, admise le
(1) Ibid., p. 440.
(2) Ibid., p. 442, case 25.
19 juillet 1815. Elle était tombée malade cinq jours avant son admission, et ses amies attribuaient sa maladie à l'influence d'une frayeur causée par un incendie qui avait éclaté dans le voisinage. Cependant elle était sujette depuis quelque temps à des migraines, se levait de moins bon matin et était assoupie dans la journée ; mais elle ne se plaignait d'aucune douleur dans l'estomac. Les selles n'étaient point paresseuses, et il n'y avait aucune anomalie dans la vue. Les mouvements Irréguliers s'étùent manifestés d'abord dans les extrémités inférieures. Elle n'était sujette ni aux vers, ni aux convulsions, ni à des accès de chorée. Les règles n'avaient point paru. Après son admission, les mouvements convulsifs devinrent si violents et si universels, que l'on dut avoir recours à la camisole de force. Les fonctions du sensorium furent affectées le 29, et avec de courtes intermissions de délire pendant trois jours. La malade mourut le 6 août. Les principaux moyens employés furent les purgatifs, les ventouses, les vésicatoircs et la digitale, combinée, les deux derniers jours, avec de petites doses de mercure et de craie. Ce fut après un essai d'une mixtion de fer composé, faite du 24 au 28, que les symptômes prirent un caractère beaucoup plus grave.
Autopsie. — Cœur. Les vaisseaux de la pie-mère étaient particulièrement gorgés de sang, et tout le cerveau paraissait plus vasculaire que d'ordinaire. Il n'y avait pas dans les ventricules plus d'eau qu'on n'y en observe fréquemment, sans aucun symptôme d'une affection au cerveau.
Thorax. — Tous les viscères étaient dans un état de santé parfaite, et il n'y avait pas d'eau dans les cavités.
Abdomen. — L'estomac contenait environ une pinte d'un fluide verdàtre et était parfaitement sain dans sa structure. Les
intestiQs avaieat leurs vaisseaux plus lurgiJes que d'ordinaire; mais on ne remarquait aucun indice d'inflammation. Les autres viscères n'offraient aucune apparence morbide.
De MM. Rllliez et Barthez (1). — Un garçon de 13 ans 1/2 succomba le trente-sixième jour d'une chorèe essentielle sans aucune complication.
A l'autopsie, il n'y a pas de roideur cadavérique-, la putréfaction de la paroi abdominale est médiocrement avancée; on voit quelques vergotures à la partie postérieure.
Encéphale. — Les veines cérébrales sont gorgées d'une grande quantité de sang noir liquide; il en est de même des sinus, qui, en outre, contiennent quelques caillots gelée de groseilles. L'arachnoïde est lisse, polie, transparente; la substance cérébrale, d'une bonne consistance, offre un piqueté trèsnoir et très-abondant; les ventricules contiennent une petite quantité de sérosité limpide. La substance cérébelleuse est dans le même état que la substance cérébrale. Les veines rachidienncs contiennent une grande quantité de sang. Les membranes qui entourent la moelle et la substance médullaire elle-même n'offrent aucune altération, sauf toutefois la substance grise interne, qui présente une légère coloration rouge.
4le OBSERVATION.
De M. Legendre (2). — Une jeune fille de 13 ans 1/2 était atteinte d'une chorée très-intense survenue à la suite d'un rhumatisme articulaire. Les mouvements avaient toujours été en
(1) Maladies des enfants, t. II, p. 314. Paris, 1843.
(2) lbid.,t. II, p. 301,
augmentant d'intensité. Le neuvième jour, l'intelligence est abolie; les deux, pupilles sont également contractées; mais la vision persiste, les mouvements choréiques ont diminué de violence; la face est agitée de temps en temps de contractions légères; quelques mouvements rares, semblables à des soubresauts de tendons, ont lieu par instants dans les membres inférieurs; puis les contractions de la face deviennent plus énergiques, et les pupilles se dilatent ; l'œil est fixe, le regard hébété, la vue abolie. L'enfant grince des dents avec beaucoup de force. La déglutition est difficile. La face est pâle, les narines pulvérulentes, les lèvres croùteuses; leur bord libre est renversé en dehors -, la respiration est précipitée, à .48, les ailes du nez dilatées. Par instants la malade lance au loin des crachats mousseux incolores. La respiration est pure, les battements du cœur tumultueux, sans bruit anormal 5 la peau est chaude, couverte de sueur. Une saignée de trois palettes est pratiquée : le sang coule bien; mais la malade s'affaiblit peu à peu , les mouvements choréiques persistent peu inten-es, et la mort arrive à six heures du soir.
Nécroscopie. — Roideur cadavérique assez prononcée dans les coudes, les épaules et les membres inférieurs. La face postérieure du tronc offre un grand nombre d'érosions superficielles qui sont le résultat du frottement continuel qui avait lieu pen- . dant la vie. En ces points la surface du derme est rouge et peu desséchée.
Encéphale. — Les vaisseaux de la dure-mère sont remplis de sang ; la grande cavité de l'arachnoïde ne contient pas de liquide ; la séreuse n'est pas poi&seuse. L'arachnoïde et la piemère n'offrent pas d'injection anormale; ces membranes sont très-minces et se détachent partout avec faciUté. Pas de granula-
lions. Lapulpe cérébrale n'offre aucune allération appréciable de consistance ou de couleur, les ventricules latéraux contiennent à peine un peu de sérosité. Le septum lucidura, la voûte k trois piliers , sont intacts; les tubercules quadrijumeaux n'offrent aucune injection; leur coupe est nette, leur tissu est ferme et résiste à un léger râclage; la protubérance annulaire, le cervelet et la moelle allongée sont parfaitement sains. 11 en est de môme de la moelle épinière, qui, coupée depuis le haut jusqu'en bas en petite ro délies transversales très-minces, ne présente ni injection, ni ramollissement. Le liquide encéphalo-rachiilien est limpide, incolore et eu petite quantité.
De Eomberg (l). — Une demoiselle de 70 ans était, depuis l'âge de 6 ans, affectée d'une chorée. Ses facultés intellectuelles restèrent intactes jusqu'à la dernière année avant sa mort, où se développa une démence sénile. Parole indistincte et pénible, mouvements spasmodiques des extrémités, surtout des bras, aussi caractéristiques après soixante-dix ans de durée que dans une danse de Saint-Guy récente. Les muscles du tronc étaient aussi affectés, en sorte que le corps se balançait souvent de côté et d'autre. Les deux côtés de la face étaient agités par un spasme musculaire. Dans les dernières années, la force musculaire des jambes avait beaucoup diminué, tandis que la sensibilité n'avait souffert aucune atteinte. Depuis longtemps la malade souffrait d'un catarrhe chronique et d'un emphysème pulmonaire. La mort eut lieu par asphyxie, le 15 février 1841.
Section cadavérique. — Le cerveau atrophié, les circonvo-
(1) Lehrbuch der Nervenkrankheiten des Meuschea, i Band, 2 Abtheil, p. 448. Berlin, 1843.
lutions peu volumineuses, avec des enfoncements très-larges. Dans leurs intervalles, ainsi que dans l'interstice des méninges, on trouva une grande quantité de sérosité. Les prolongements cérébraux ( talent tellement ramollis qu'ils se déchirèrent lorsqu'on fit sortir le cerveau de la cavité crânienne ; la couleur en était brunâtre, en sorte que la distinction entre la substance grise et la substance blanche était impossible. La moelle épinière fut coupée aussi profondément que possible, mais on ne trouva rien d'anormal dans sa consistance. Lorsqu'on pencha la tète, il ne sortit non plus qu'une petite quantité de liquide de la cavité vertébrale.
De Romberg (1). — Un enfant de 10 ans était affecté d'une chorée si violente que je n'en avais jamais observé de pareille. Les deux côtés étaient attaqués. Les muscles de la face, des extrémités et du tronc étaient agités toute la journée , sauf de courtes intermissions, ces derniers avec tant de force, que le corps était soulevé de dessus le sopha et jeté à terre. Il était impossible à l'enfant d'exécuter aucun mouvement volontaire ou commandé. Le sommeil durait très-peu de temps ; il était agité, en sorte que , même la nuit , il n'y avait que de courtes intermissions. La parole était très-pénible et finit par être tout-àfait empêchée. A l'exception d une constipation opiniâtre , aucun trouble ne se manifestait.
J'essayai à plusieurs reprises si l'irritation de la peau en différentes parties aurait de l'influence sur le mode du mouvement; mais je ne remarquai rien de pareil. Le chatouillsment même
(1) Ibid., p. 144.
de la surface palmaire et de la plante ne modifiait en rien les mouvements. Les spasmes n'augmentaient que quand on versait de l'eau froide sur la tôte et le dos. Au bout d'un mois, il se déclara une allection inflammatoire du cerveau. Dès que le malade commença à perdre la connaissance, le mouvement diminua de violence. Je fus frappé de la rapidité de l'amaigrissement, qui devint excessif, surtout au visage, dont tous les traits portaient le cache^ de la décrépitude. Les accès de chorée cessèrent entièrement dans les douze dernières heures.
V autopsie e\i\. lieu le 16 mai 1841. Je trouvai un cerveau très-volumineux , eu égard à la capacité du crâne 5 lorsque j'enlevai les os du crâne , il se releva comme s'il avait été comprimé. L'injection vasculaire de la surface était considérable, l'arachnoïde trouble et couverte d'une quantité de matière albumineuse exsudée le long du bord interne de l'hémisphère. Une lésion accidentelle, produite par la scie , fit sortir du ventricule une quantité de liquide clair, séreux. La partie centrale du cerveau, la voûte à trois piliers, le septum et les parois des cavités latérales étaient ramollis et avaient la consistance de la bouillie. Les quadrijumeaux aussi étaient tellement ramollis qu'ils diffluèrent au toucher. La solidité normale des autres parties du cerveau et du cervelet contrastait avec cet état de ramollissement. La moelle allongée et la moelle spinale, aussi loin qu'on put les examiner, n'offrirent aucune altération.
De Romberg (1). — Une fille de 9 ans était depuis quelques mois affectée d'une chorée à un haut degré, avec mouvement
(1) Ibid. , p. Ui.
des muscles de la face, de la tèle, du tronc, des extrémités, sm'tout des extrémités supérieures. Depuis trois semaines, il s'y était joint une diarrhée muqueuse. Le ventre était ballonné, tympanitique à la percussion, et douloureux à une forte pression dans la région précordiaie. Toi était l'état delà malade lorsqu'elle fut admise, le 19 novembre 1841, à l'hôpital de la Charité. L'intensité des symptômes de la chorée ne diminua pas, malgré la diarrhée qui se répétait plusieurs fois par jour. L'enfant avait toute sa connaissance , mais la parole embarrassée , incompréhensible. Grande maigreur, peau rude , langue nette et humide. En face de celte complication, je m'attachai d'abord à combattre l'affection inflammatoire de la muqueuse intestinale (sangsues , cataplasmes mucilagineux ). La diarrhée diminua les jours suivants. Le 22, après une selle en bouillie , le bas-ventre, toujours ballonné, devint tellement douloureux qu'il ne pouvait supporter la plus légère pression. Une fluctuation se faisait sentir distinctement dans l'abdomen , et les pieds devinrent œdémateux. Ils étaient froids , ainsi que les mains et le bout du nez. Pouls petit, faible, à 120. Soif ardente (huit sangsues, fomentations sur le ventre, infusion de camomille, calomel et digitale aa 1/4 gr. toutes les deux heures). La péritonite augmenta d'intensité, tandis que les mouvements choréiques diminuaient. Décomposition de la face, émission involontaire des excréments et de l'urine, décubitus continuel sur le dos, enflure œdémateuse de la région lombaire. Huile de térébenthine éthérée, 5 goutt. toutes les deux heures, dans un looch, et pour friction sur le ventre. Le 25, le ventre était un peu tombé; la quantité d'urine augmentée, mais l'abdomen toujours aussi douloureux. Au moindre attouchement, léger cri se changeant prompteraent en gémissements. Continuation de l'huile de téré-
benlhine, dont l'usage extérieur produisit un léger érythèrae. Le lendemain , augmentaîion du ballonnement et de la fluctuation. CEdème des jambes et des cuisses; émission involontaire de l'urine avec des excréments liquides, jaunâtres, respiration brève et oppressée, toussottement sec. Le 27, agonie et mort dans la soirée.
L'autopsie eut lieu le lendemain. Le cerveau sain, la moelle épinière un peu ramollie dans la partie cervicale et la partie dorsale, tandis qu'elle offrait une consistance solide dans la région lombaire. La cavité péritonéale contenait une grande quantité de liquide brun, trouble. La partie hypogastrique du péritoine était le siège d'une inflammation intense, et on y trouva, entre la vessie, l'utérus et le colon, une assez grande quantité diî pus épais, jaunâtre vert. La paroi abdominale et le péritoine n'offraient rien d'anormal. Dans l'intestin grêle, non loin da coecum, on remarque des injections partielles et des cicatrices d'anciens ulcères. Le cœcum et une partie du colon ascendant étaient enflammés à un haut degré, la membrane muqueuse en bourrelet et rongée en plusieurs endroits.
De Drescher (1). — Une petite fille de 13 ans, débile, souffrante depuis trois semaines d'une danse de Saint-Guy, possédant toute sa connaissance, mais atteinte d'une alalie presque complète, se jetait continuellement, sauf de courtes intermissions, de côté et d'autre dans son lit, gesticulait de toute sorte de manières avec les extrémités, faisait des grimaces et tournait la tête de côté et d'autre. Malgré les moyens employés : dix
(1) Rust., Magazin., Band. 63., Heft. 2, s. 281, 1844.
sangsues de chaque côté de la moelle épinlère, bains tièdes avec sel de cuisine; intérieurement, infusion de séné composé, les spasmes acquirent une violence dangereuse, les mouvements devinrent extrêmement douloureux, car la jactitation et les coups continiicls avaient déjà excorié et exulcéré plusieurs parties du corps. Au milieu d'une transpiration générale qui s'établit le neuvième jour du traitement, les spasmes cessèrent enfin et la malade semblait hors de danger. Tout à coup la gangrène se mit dans les plaies. Les fortifiants et les restaurants les plus énergiques ne purent sauver la malade, en proie à une consomption complète. Elle mourut le vingt et unième jour.
Autopsie. — La dure-mère pleine de sang, mais nulle trace d'extravasation dans la cavité du crâne, ni d'exsudation plastique. Substance du cerveau un peu plus molle qu'à l'état normal. La tuméfaction de l'apophyse odontoïde de l'axis, que l'on remarque quelquefois dans la chorée, n'existait pas.
46e OBSERVATION.
De Favelle (1). — En mars 1841 , une femme âgée de 21 ans entre à l'infirmerie de Scheffield pour un cas de chorée qui avait pris une telle gravité que la malade ne pouvait ni s'asseoir, ni se tenir debout, ni être couchée, et telle était la violence des mouvements convulsifs qu'il ne fallait pas moins de deux personnes pour la maintenir dans son lit. Elle avait souffert pendant long'emps, avant son admission, d'un rhumatisme à la suite duquel elle se plaignit de palpitations qui amenèrent la chorée. A l'époque de son admission, l'intel-
(1) Société médicale de Shefield. — Gazette médicale de Paris, 1844 n" l,p. 11.
ligence était intapte, la respiration normale; elle ne se plaignait que d'une céphalagie très-forte et de ses palpitations; elle était resserrée, avait peu d'appétit, la langue chargée, le pouls à 96, régulier et d'une force médiocre. La colonne vertébrale, examinée avec soin sur toute sa longueur, ne donne pas le moindre signe de sensibilité à la pression; la région du cœur n'oiïre pas à la percussion de matité prononcée, mais on y entend, après chaque bruit du cœur, un bruit de frottement. Au bout de trois j[ours, la malade meurt, et huit heures après on ne trouve à l'autopsie aucune autre lésion que celle du cœur. La surface externe du cœur était très-injectée et adhérait fortement à la plèvre gauche -, la quantité du liquide contenu dans le péricarde n'était pas plus forte qu'à l'ordinaire ; la séreuse qui recouvre le cœur, près de la base du ventricule gauche, était le siège d'une vive rougeur, ainsi que celle qui est réfléchie sur les gros vaisseaux ; le ventricule gauche avait plus d'épaisseur qu a l'ordinaire, et la valvule mitrale offrait un léger degré d'épaississement avec hypertrophie.
De Favelle (1). — Un garçon âgé de 9 ans, qui était malade depuis six mois quand il fut reçu à l'infirmerie, se plaignant de toux, de dyspnée et de palpitations de cœur. Le côté droit de la poitrine offrait la résonnancc normale, tandis qu'à gauche il y avait un peu de malité; de ce côté on entend, avec le premier bruit du cœur, un souffle prolongé et fort, jusqu'au bord du sternum; le pouls est à 120, régulier. Quelque temps auparavant, cet enfant avait été pris de mouvements spasmodiques
(I) Ibid.
d'un côté du corps, et si violents, qu'il ne pouvait presque plus marcher, ni rien porter à sa bouche. Après que cet état eut duré quelque temps, les extrémités inférieures commencèrent à se tuméfier et les mouvements convulsifs disparurent graduellement. L'intelligence resta toujours nette jusqu'au moment de la mort, qui arriva deux mois et demi après l'entrée du malade à l'hôpital.
A Tautopsleon ne trouve aucune altération que les suivantes: le péricarde extérieur est très-injecté et adhérent à la plèvre d'un côté, et de l'autre au feuillet interne, depuis la base du cœur jusqu'au sommet et avec des adhérences tellement fermes, qu'on ne sépare les feuillets qu'avec une extrême difficulté. Le cœur est aussi consirlérablement hypertrophié et son tissu un peu ramolli. L'orifice auriculo-ventriculaire droit et la valvule tricuspide sont à l'état normal. La valvule mitrale au contraire est fortement épaissie et endurcie.
De M. Blache (1). — Un enfant de 11 ans est amené à l'hôpital dans le courant du mois d'avril 1845. Depuis quelque temps déjà il était atteint d'une chorée générale à forme des plus graves, qui semblait avoir succédé à une affection cérébrale dont on ne peut indiquer la nature. Pendant son séjour à l'hôpital, l'enfant est soumis aux médications les plus variées. Les bains sulfureux, tous les médicaments antispasmodiques sont administrés, et n'amènent d'amélioration qu'après un très-long temps. L'enfant n'a d'ailleurs jamais d'autres mouvements nerveux que ceux qui sont propres à la chorée.
"Vers la fin d'avril 1846, l'amendement était assez notable
(1) Bulletin de Tliérapeutique, vol. xxxi, p. 137, 1840.
lorsque, dans la soirée du 27 avril, l'enfant est pris de convulsions générales plus violentes dans les bras, et suivies d'assoupissement et de quelques vomissements bilieux. Le lendemain, l'état convulsif continue, ainsi que la somnolence. L'enfant est indifférent à ce qui se passe autour de lui, et ne se réveille qu'avec beaucoup de difficulté pour se rendormir aussitôt. Les pupilles deviennent insensibles, la fièvre s'allume, tous les symptômes de la méningite se déclarent , l'enfant meurt en trois jours.
A l'autopsie^ on constate la méningite purulente la mieux caractérisée. Tous les sillons des circonvolutions sont comblés par des tramées de fausses membranes et de pus concret qui suivent les vaisseaux et sont comprises entre l'arachnoïde et la pie-mère. La méninge adhère à la substance cérébrale, qui ne semble d'ailleurs pas ramollie. La protubérance, le bulbe rachidien et les trois quarts supérieurs de la portion cervicale de la moelle sont recouverts de fausses membranes et de pus concret. On ne trouve dans aucun point ni granulations méningées, ni tubercules.
De TatU{\). — Une jeune fille de 15 ans, non réglée, à la mine florissante, à la constitution robuste, souffrait depuis huit jours de convulsions violentes revenant par paroxysmes, et que ses parents attribuaient à une frayeur. Le médecin de l'endroit prescrivit une saignée, puis unvermifuge etdu quinine; mais cette médication n'ayant procuré aucun soulagement, la malade fut portée à l'hôpital de Crémone.
Tableau de la maladie : abattement, tristesse, pas de fièvre,
(1) OEsterreichisclie med. Wochenschrift. 1846, n° 46,
tressaillements des muscles. Dans les membres inférieurs du côté droit, formillement et prurit, mais pas de douleur, et légère enflure non œdémateuse. Propension au sommeil; quand le sommeil était profond, les convulsions cessaient ; mais s'il était léger, elles continuaient avec moins de violence. Humeur larmoyante. Toutes les 30-40 minutes, retour de violents accès : la malade était inondée de sueur , la déglutition difficile, le pouls plein, accéléré , les facultés intellectuelles intactes. Les premiers jours on administra des vermifuges ; puis on eut recours aux sangsues, appliquées à l'anus et la colonne vertébrale; enfin, on posa un vésicatoire sur la nuque, et on administra l'extrait de jusquiame à fortes doses, 150 grammes en dix jours. Néanmoins les spasmes cloniques augmentèrent de violence ; paralysie de la région affectée; ces spasmes attaquèrent aussi le bras du côté malade et l'avant-bras du côté sain, le globe de l'œil gauche, le côté droit de la langue ; ensuite , perte de la parole , sopeur, et enfin, mort le vingt-huitième jour du traitement.
A Vautopsie, on ne trouva aucune altération morbide dans l'estomac, le canal intestinal, le cerveau et la moelle épinière, non plus qu'aucune trace de vers.
50e OBSERVATION.
De Taiti (1). — Une jeune fille de Crémone, âgée de 11 ans, fut attaquée, au milieu de février, de violents spasmes dans l'avant-bras ; elle maigrit considérablement; en outre, rêves effrayants et inappétence. La peur que lui avait causée un chien enragé était la cause vraisemblable de sa maladie. Le médecin de la maison prescrivit un vermifuge ; mais elle ne rendit pas
(1) Ibid.
de vers, et les spasmes musculaires augmentèrent d'intensité. On appela M. Tatti, qui conclut, à l'aspect des tressaillements semblables à des décharges électriques, pendant lesquels la tète se tournait par secousses, et eu égard à l'âge de la malade, à la cause probable de l'affection et à l'inutilité du vermifuge, que la maladie était analogue à la précédente. Son pronostic ne fui pas favorable. Pendant six jours il administra l'hydrocyanate de fer et de zinc, en élevant graduellement la dose d'un demVgrain à quatre grains. A l'application d'un cautère sur la colonne vertébrale, les spasmes musculaires augmentèrent extraordinairement et s'étendirent aux membres inférieurs, ainsi que tout le bras droit. L'état empira également lorsqu'il donna l'extrait de jusquiame 6-12 gr. par jour. Gran Je agilation, humeur larmoyante, pressentiment de la mort. Après que la malade eut pris de cet extrait pendant neuf jours, il se déclara une paresis suivie d'une paralysie totale du côté droit. Dysphagie, bégaiement, pouls accéléré, coma. Musc en émulsion et en lavement. Le sensorium devint aussitôt libre, les spasmes cessèrent et la malade sembla plus gaie, quoique excessivement épuisée. A chaque nouveau lavement, elle se réveillait comme d'un long sommeil. Peu à peu les spasmes cessèrent entièrement, mais en même temps la faiblesse s'accrut, ainsi que l'anémie, et la malade succomba après quatre mois de maladie.
A Y autopsie, 'on remarque seulement un léger épanchement de sérosité dans la partie de la poitrine voisine de la colonne vertébrale.
5l« OBSERVATION.
De Hughes (2). — Une jeune fille de 16 ans était en traite- (1) Guys Hospital reporls 1846, pag. 390.
meut depuis un mois, affectée d'un rhumatisme articulaire aigu, avec péricardite et accidents clioréiques. Lorsqu'elle fat admise à l'hôpital, le 1" marsi843, elle était pâle, se plaignait de douleurs dans la région précordiale, augmentées par la pression ; dyspnée violente ; pouls petit, fréquent, irrégulier ; faiblesse considérable de la région précordiale ; pulsation du cœur faible, diffuse; rhythme du bruit du cœur normal. L'état resta le même jusqu'au 18 mars, où la fièvre augmenta, et quelques mouvements involontaires se déclarèrent dans les extrémités. Le soir, elle fut affectée par de violents symptômes, qui attaquèrent surtout les organes de la respiration. Bruit de frottement très prononcé dans la partie supérieure de la région précordiale. Le 20, l'état du cœur semble plutôt satisfaisant, mais la chorée avait considérablement augmenté, en sorte que Ton avait dû mettre la camisole de force à la malade. Elle mourut le 22, après un violent accès de dyspnée.
Autopsie. — Rien de particulier ni dans le cerveau ni dans la colonne vertébrale; un peu de liquide dans chaque plèvre, avec quelques pseudo-membranes dans la plèvre gauche. Poumon gorgé de sang et presque hépatisé dans la partie postérieure. Adhérence générale du péricarde; ses deux feuillets étaient réunis parles pseudo-membranes, dont l'épaisseur variait de un demi à un quart de pouce. La couleur et la consistance de ces pseudo-membranes étaient très-différentes selon les endroits, pàle aune place, rose à une autre; membraneuse et opaque à certaines parties, gélatineuse et transparente en d'autres. Le cœur était bien dilaté, mais non épaissi; aucune excroissance sur la valvule de l'aorte ni sur la valvule mitrale. Foie grossi.
De Hughes (1). — G., E. âgé de 25 ans, admis en février 1844, grand, mince, mélancolique, employé comme épicier à Newington. Il avait des habitudes de tempérance et jamais il n'avait eu de maladie grave, mais jamais non plus il n'avait joui d'une santé robuste. Six semaines environ avant son admission, sans cause connue, ni morale ni physique, il avait ressenti une certaine raideur accompagnée de tressaillements dans les deux mains, mais plus particulièrement dans la gauche. En peu de jours, les mouvements irréguliers gagnèrent les bras. Pendant un mois, il n'eut pas recours à la médecine ; mais ensuite il vint à mes consultations gratuites du matin. Je prescrivis des purgatifs, puis le sulfate de zinc, à doses croissantes, mais sans effet salutaire pendant une dizaine de jours. La maladie, au contraire, s'aggrava et les muscles de la face s'affectèrent. Les contorsions de la face étaient continuelles et considérables, et la parole empêchée. Cependant le cas ne me parut être rien autre chose qu'une chorée ordinaire, et offrir aucun caractère qui pût causer la moindre inquiétude. Quelques jours avant son admission, ses jambes s'affectèrent et la marche devint impossible. Lorsqu'on l'apporta à l'hôpital, il était dans un état lamentable d'agitation dans toutes les parties du corps. La bouche, les yeux, le tronc et les membres étaient tordus et tournés dans toutes les directions possibles, sans un seul instant de repos. Ventre libre, langue nette, pas de douleur locale, ni de paralysie; sensibilité parfaite. Cependant son état était pitoyable. Les mouvements et les contorsions étaient incessants et universels, et en même temps violents à le jeter hors du lit.
(1) Ibid.
11 fallut metfre des planches pour l'empêcher de tomber. Dans une occasion, les mouvements spasmodiques furent si violents qu'ils le lancèrent pardessus ces planches 5 après quoi il se releva, sauta sur une table et retomba. Il avait toute sa raison; il montrait sa langue lorsqu'on le lui demandait, et bien qu'il ne pût pas parler, il regardait d'un air suppliant pour qu'on soulageât son état misérable. Il était sensiblement affecté et versait des pleurs quand quelqu'un disait qu'il pourrait, s'il le voulait, modérer ses mouvements.
On prescrivit d'abord le sulfate de quinine et le sulfate de zinc, combinés avec les aliments qu'il était capable de prendre. Il ne put dormir de la nuit, mais il fut dans un état constant de violents mouvements. Le lendemain, il fut évident que, malgré la suspension du spasme, il mourait d'épuisement. En conséquence, avec le concours du docteur Babington, sous le nom de qui il avait été admis, quoique placé dans ma salle, je prescrivis 6 onces de vin. lacontiouation des sulfates de quinine et de zinc, et pour nourriture, autant de bouillon qu'il pourrait en prendre. Néanmoins lorsque je le revis le soir, je le trouvai encore plus épuisé. Son corps ruisselait de sueur; l'expression du visage était anxieuse, les traits tirés, le pouls plus faible, et les mouvements des membres et du tronc violents, universels, incessants. Je sentis dès-lors que si on ne lui procurait pas du repos, et cela promptement, que si on ne lui donnait pas un peu de sommeil, il ne vivrait plus longtemps. Je prescrivis donc un demi-grain demuriatedemorphinej puis, encasque leSsommeil ou le repos ne se présentât pas dans quatre heures au plus tard, un grain d"opium et un grain de calomel. Les mouvements spasmodiques continuèrent avec la même violence pendant toute la nuit et ne lui laissèrent pas un seul instant de repos.
Le second opiat fut administré au milieu de la nuit. Vers quatre heures du matin, il devint parfaitement tranquille et l'on supposa qu'il s'était assoupi. Au bout de dix minutes, les mouvements violents recommencèrent, et il mourut à quatre heures et demie, environ quarante heures après son admission.
Autopsie, trente et une heures après la mort. — Jéte. Une petite quantité de sang était répandu sur l'arachnoïde, en deux endroits du vertex; mais il était douteux que ce ne fût pas le résultat de la violence employée pour enlever le crâne.
Le bord de la voûte du côté droit était beaucoup ramoUi, et la surface du troisième ventricule gonflée, rouge et molle. Aucun autre symptôme morbide ne fut observé dans le cerveau.
Epine dorsale. — Le fluide rachidien était opaque, jaune et très-coagulable par la chaleur. La moelle, au dessus de la section, fut trouvée plus molle qu'à l'état normal.
Thorax. — Symptômes évidents d'une pleurésie et d'une pneumonie légères. Sang épais, noir et fluide. Ecchymoses entre le péricarde et l'endocarde. Le revêtement de l'aorte était teint par un sang fluide, et à sa racine on remarquait un athérome. Ses valvules étaient épaissies -, sur l'une d'elles il y avait quelques granulations opaques ; les deux autres « n'en formaient qu'une. » Mais était-ce un phénomène de naissance ou le résultat d'une maladie antérieure ? On ne put le décider. Rien de remarquable dans l'abdomen, sauf des lignes rouges indiquant, à ce qu'on suppose, une légère péritonite récente.