EN GÉNÉRAL
musculation, bien qu'involontaire, ne cesse jamais d'exister.
Dans le tremblement mercuriel, alcoolique, fébrile ou sénile^ la musculation n'est pas involontaire, elle est caractérisée par des mouvements de va et vient symétriques et antagonistes, et, commandée par la volonté, la musculation s'exécute toujours, bien que lentement et parfois péniblement, dans la direction ordinaire de la musculation normale.
On a aussi peu à craindre de confondre les effets toxiques de différentes substances métalliques ou végétales avec la chorée, que de prendre un homme ivre pour un apoplectique. La cause connue est le plus sûr garant contre toute méprise.
La musculation involontaire qui se manifeste pendant le cours de différentes maladies, comme l'encéphalite, Vapoplexie, la métropéritonite puerpérale, V hydrophobie, trouve son explication dans la présence de ces différentes affections, et ne saurait être confondre avec la chorée.
Lorsque, dans les affections dites hystériques, se montrent quelques phénomènes de musculation involontaire, il est facile de remarquer qu'ils consiGtoat en une action alternative des muscles antagonistes, extenseurs et fléchisseurs, et ils ne sont pas bornés aux muscles de la locomotion ou musculation, mais le plus souvent ils sont réunis à des désordres des fonctions de plusieurs viscères abdominaux et ihoraciques.
Enfin, pour ne pas confondre la musculation involontaire avec Vépilepsie, il suffit de diriger son attention sur l'absence constatée de la lividité de la face dans la chorée, la présence de bave écumeuse, le bruit de la respiration, le râle saccadé d'étranglement, la perte subite et profonde de connaissance et la chûte qui signalent l'attaque épileptique.
XI — Division de la Cliorée.
En étudiant les différentes formes de la musculation involontaire, on jugera s'il y a possibilité, dans l'état actuel delà science, de convertir ses symptômes en signes, et de localiser les différentes formes de cette maladie. Dans ce but, nous avons recherché, recueilli et comparé tous les faits publiés dans la littérature médicale de tous les pays et de tous les temps, ainsi que toutes les données qu'ont pu fournir la physiologie et la pathologie humaines et comparées.
En évitant toute hypothèse, toute supposition, pour nous en tenir aux faits, il nous arrivera souvent d'être obligé de rapporter des faits tout-à-fait contradictoires, notre relation fidèle montrera quelles immenses lacunes déparent encore la science, et il en ressortira la conviction que l'expérience de plusieurs générations doit encore aiderde ses lumières pour déterminer avec certitude le siège anatomique.
Pour le moment, l'étude symptomatique indique la division de la chorée en deux grandes parties ou ordres,
l'" PARTIE. — MUSCULATION IRRÉSISTIBLE.
2^ PARTIE. — MUSCULATION DÉSORDONNÉE.
Ces divisions principales, de même que toutes les subdivisions ultérieures, ne doivent être considérées que comme des moyens de soulager la mémoire. Loin de nous la prétention de soumettre la nature à des limites, à des divisions qui n'existent pas toujours. L'ornylhorinque paradoxal, qui jette dans un si grand embarras les zoologistes systématiques, a de nombreux pendants dans l'histoire des maladies, et l'on trouve confirmé à chaque instant cet axiome de Lcibnitz: