EN GÉNÉRAL
Non dalur sallus in nalurâ. Aussi dans l'histoire des affections des organes et de leurs fonctions, faut-il toujours se rappeler qu'il règne entre eux une solidarité d'existence, dont ils ne peuvent s'affranchir. Il ne faut pas oublier que les maladies dites normales sont très rares, et que dans la pluralité des cas, lorsqu'une fonction est altérée ou troublée, d'autres fonctious éprouvent bientôt des atteintes fâcheuses.
xii.~JustIflcaUoa de cette divisiou.
Analysons sévèrement tous les faits de musculation involontaire, et consignés par les différents observateurs sous le nom de chorée, et les signes caractéristique ne se déroberont pas à l'investigation.
Chez un certain nombre de choréiques, les mouvements, quoique involontaires ne sont jamais stériles ni altérés! Leurs mouvements ne diffèrent ni sous le point de vue de la forme, ni sous celui de la direction, de ceux que les organes exécutent lorsqu'ils sont dominés par la volonté. L'action est involontaire, par conséquent anormale ; mais le modus agendi, la manière dont cette action involontaire s'exécute, n'offre rien d'anormal, de maladif. Par exemple, lorsque la musculation est involontairement sollicitée de courir, ou de remuer le bras en avant ou en arrière, ces mouvements ne diffèrent pas de ceux qui s'exécuteraient lorsque l'homme bien portant et en pleine possession de la liberté de ses mouvements se mettrait à courir ou à remuer le bras. La musculation est alors normale quant au modus agendi mais anormale, parce qu'elle n'est plus dominée par la volonté. Nous la nommons, dans ce cas, musculation irrésistible.
Dans une autre série de faits, on remarque que non-seule-
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ment un certain nombre des organes musculateurs sont forcés de fonctionner involontairement, niais qu'en outre leurs fonctions, leur modus agendiest altéré, perverti, stérile, désordonné, déraisonnable. Ainsi, lorsqu'un malade voudra porter un verre ou une cuillère à sa bouche, on observera qu'il remuera en même temps la jambe, la tête ; qu'il fera des grimaces, c'est-à-dire qu'il exécutera des mouvements irrésistibles et stériles, et, en même temps, en voulant porter la cuillère à sa bouche, il la promènera sous la table ou près de son oreille, ce qui prouve que le modus agendi de la musculation est également affecté. Nous appelons ce second ordre de musculation involontaire, musculation désordonnée, ou mieux encore, d'après M. Bouillaud, folie musculaire, musculalion folle.