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DES ORIGINES AU XVI 11^ SIECLE

(^ On peut confondre sous le nom de

Scandinaves les populations, ethno-

ç^^ graphiquement si caractérisées, et douées d'une originalité intellectuelle si forte et si distincte, qui occupent les trois pays septentrionaux de TEurope: le Danemark, la Suède et la Norvège — unie maintenant à la Suède après avoir longtemps partagé les destinées du Danemark.

Politiquement, les royaumes Scandinaves ont tenu, dans l'époque moderne, une place considérable. Mais

nous n*avons pas à envisager ici ces aspects de Thistoire. Ce qui nous intéresse, c'est le rôle intellectuel de ces pays, fort lettrés, où la science est depuis longtemps en honneur, et qui ont produit un important

contingent d*érudits, de littérateurs et d'artistes. Aujourd'hui, en particulier, on sait quels succès ont obtenus chez nous les puissants dramaturges norvégiens. — Ces régions possèdent un des principaux éléments de la grande poésie et du grand art:

un fonds très riche de traditions héroïques, d'épiques souvenirs. Parallèlement à ces légendes séculaires, la nature grandiose et sévère de ces contrées, en favorisant l'aptitude à la rêverie, a engendré la disposition d'ânre mélancolique et sentimentale, d'où sont sortis des chants populaires d'une rare couleur, d'un accent pé-

nëtrant« C'est de ce chant populaire, de tant de relief, que cherchent aujourd'hui, avec raison, h s'inspirer les musiciens qui constituent 1.^ bas une école oris^inale et curieuse.

Il n'entre point dans notre pensée de méconnaître les caractères par lesquels se différencient le Danemark, la Norvège et la Suède. Mais en considération des affinités de tout genre qui les relient, nous avons cru, en vue d'obtenir une exposition plus complète à la fois et plus brève, pouvoir tracer en commun l'histoire des trois royaumes pour ce qui concerne l'art musical.

Sur la question des origines, nous serons, selon notre coutume, fort concis. Nous ne parlerons point de

ces époques reculées, antérieures à la propagation du christianisme, où régnait en Scandinavie le culte d*Odin et toute cette mythologie imposante que Wagner a si admirablement mise en œuvre dans sa TétralogU, Ce qui est certain, c'est que la poésie, une poésie sans doute un peu fruste, mais remplie d'éclat et d'arôme, était en faveur à la Cour des vieux rois de Norvège. Cette poésie, comme il est arrivé dans la plupart des littératures primitives, était chantée. La tradition a conservé le nom d'un scalde islandais, Arnor Jarlaskald, qui vécut au onzième siècle, où il fut le contemporain des deux princes Magnus le Bon et Harald, fils de Sigurd. La mélopée, fort colorée, d'une de ses complaintes, a subsisté, non sans des surcharges et des variantes, dans le folklore na-

tional. Au siècle suivant, nous relevons la trace d'un autre scalde, également natif d'Islande, Arnald, loué pour ses talents poétiques par Saxon le Grammairien, et qui fut attaché au roi de Danemark Waldemar le Grand. Arnald soutenait ses chants à l'aide de cette harpe élémentaire dont nous avons eu à parler dans notre Histoire dt la musique aHemande.

Nous disions un mot, tout à l'heure, du chant populaire. Le plan que nous suivons en ces rapides et brèves études nous interdit de nous arrêter longuement aux questions complexes que soulèverait cette partie de notre sujet.

Tout au plus pouvons-nous, sur ce point, renvoyer nos lecteurs à divers écrits spéciaux, notamment, en ce qui concerne la Suède, au savant travail de M. Adolphe Lindgren.

Nous pouvons encore, d'après lui, faire allusion aux hypothèses ingénieuses soutenues, à cet égard, par Rosenberg, Schiick, Berggreen, relativement aux (f ballades »,. parfois datant du Moyen Age, et dans lesquelles, en général, prévaut le mineur, souvent peut-être par Tinfluence de la musique religieuse, et en vertu de TafBnité du mineur avec les modes dorique, phrygien, etc., usités dans la musique ecclésiastique. D*après Berggreen, ce qui domine dans les mélodies suédoises, c'est la tendresse, l'expression passionnée ; dans les mélodies danoises, c'est le sérieux sévère ; dans les mélodies norvégiennes, c'est la grâce idyllique , mélangée de mélancolie. — Intéressants aussi seraient les renseignements que Ton pourrait grouper sur les danses populaires, originaires du pays, et aux-

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quelles, vers le quinzième siècle, se sont jointes des danses, purement instrumentales, venues de Tétranger.

Pour ce qui regarde les instruments, auprès de la harpe mentionnée cidessus, il con\ient de ranger tout d*abord, selon M. Lindgren, ces tt clairons de bronze du Nord », trouvés, croyons-nous, dans des fouilles, et remarquables par a leur construction d'une perfection surprenante A et leur « richesse en sons harmoniques élevés », — puis successivement et sous des formes plus ou moins imparfaites, le fifre, la cornemusc, de primitifs instruments à archet, le chalumeau, la trompette, le tambour, etc.

Nous nous sommes borné à indiquer les souvenirs appartenant, en quelque sorte, à la préhistoire de la musique. Beaucoup plus tard, les

annales de cet art nous présentent le nom d*un dominicain, Aquinus, fixé en Suède, mais vraisemblablement d'origine helvétique ou souabe, et qui, travaillant en théoricien, composa un traité, en un livre unique, le De numerorum et sonorum proportion nibus, d'après les principes, à ce moment passablement démodés et arriérés, de Boèce.

La musique religieuse avait été introduite naturellement de l'étranger avec le christianisme, — bien que, pour la Suède, les chants spécialement adressés aux saints nationaux, Erick et Birgitta, puissent, par leur caractère, donner l'impression de pro • ductions nées dans le pays même.

Vers i5oo, nous voyons qu'à l'école primaire de Stockholm, une heure par jour était consacrée à la musique. Les élèves avaient le devoir de

chanter le dimanche aux offices. Nous rencontrons, vers la même date, la trace de l'emploi de quelques instruments, trombone, serpent, etc. Plus tard fut constituée une bibliothèque, composée de motets, psaumes, etc.

Au seizième siècle, en Suède, nous trouvons la musique très en faveur à la Cour de Gustave Vasa (i52 3i56o). Il attira dans son royaume plusieurs musiciens étrangers. Au temps de ses fils, signalons, dans la Chapelle Royale, la présence de chanteurs italiens. A la tête de celte Chapelle fut placé, sous Charles IX, un maître suédois, Torstenius Johannis. Sous le règne de Gustave II Adolphe, au commencement du dixseptième siècle, nous avons à noter

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Texislence d*un cours de musique à l'Université d*Upsal, destinée à acquérir par ia suite une si grande notoriété musicale. D'autre part, nous rencontrons, en i525, la mention d'un .premier recueil de chants, et c'est de 1 567 que date le Psautier suédois. Il y aurait lieu, d'ailleurs, d'insister sur l'extrême richesse de l'église suédoise en compositions chorales sur des textes écrits en langue nationale.

Sur Gustave Vasa et ses successeurs, nous résumerons les détails curieux donnés par Schûck : sans parler des troupes ambulantes de musiciens attirées à la Cour, Gustave Vasa avait à son service, à poste fiae, trois musiciens. Plus tard, il en eut seize.

C'étaient en partie des étrangers. Le roi aimait tout à la fois les voix et les instruments, en particulier le luth,

sur lequel il s'exerçait lui-même. Il chantait le soir, avait une belle voix, composait pour se distraire, possédait une bibliothèque musicale. Ses enfants, la princesse Elisabeth, le prince Erick, étaient également musiciens.

Il engagea des violonistes italiens et d'autres virtuoses. — En dépit de son humeur austère, Charles IX jouait du luth, du violon, et entretenait une importante Chapelle. — Cette Chapelle Royale fut encore augmentée sous Gustave-Adolphe. Composée de nationaux et d'étrangers elle arriva à coûter douze mille écus par an. — Les compositions exécutées étaient fréquemment dues à des Néerlandais, à des Allemands, à des Anglais.

Les fêtes de la Cour étaient brillantes. Tour à tour on y vit paraître des troupes théâtrales allemandes, hollandaises, italiennes. Ultérieu-

rement, Tinfluence française se fit sentir, et Ton fit venir à Stockholm une compagnie française de théâtre.

If

En ce qui concerne le Danemark, ce fut vers 1 599 que Christian IV envoya en Italie, pour y perfectionner son goût et sa capacité technique, Hans Nieisen (Jean Fontejo], homme de quelque valeur. C'était le temps du grand rayonnement de l'école vénitienne. Nieisen se rendit à Venise, et y reçut les leçons de Jean Gabrieli, alors au sommet de la notoriété comme organiste de la Sérénissime.

A Venise même, le musicien du Nord publia deux livres de madrigaux correctement écrits. Il retourna dans sa patrie, et s'y trouvait, comme compositeur de la Cour, en 1606.

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Ajoutons qu'en Danemark il travailla avec le grand luthiste anglais Dowland, lequel, de 1600 à 1609, vécut dans ce pays.

La musique régulière, sous la forme qui était à la mode par toute l'Europe, était désormais introduite en Danemark. La Chapelle Royale comprenait dès lors trente-un chanteurs, seize trompettes, et trente autres instrumentistes divers. Un compositeur de réel mérite, Melchior Borchgrevingk, qui avait atteint sur l'orgue un degré considérable de virtuosité, et qui était, lui aussi, attaché au service royal, s'exerça non sans talent dans le genre madrigalesque. Son recueil, en deux livres, parut à Copenhague même (c'est sans doute l'une des premières publications musicales qui portent l'indication de ce lieu d'origine) en i6o5 et 1606. A

côié de ses propres compositions, il avait fait, dans cette collection, une large place aux œuvres des maîtres les plus réputés de la Péninsule, tels que Monteverde et Léo Léoni. Les paroles étaient italiennes; italien aussi le titre, conçu dans le goût régnant: Giardino nuovo belUssimo di vari fiori musicali seltissimi. L'artiste danois avait fait choixde pièces à cinq voix. Cette disposition, nous en avons déjà fait ailleurs la remarque, était alors très appréciée, à cause de la plénitude qu'elle prête à l'harmonie.

Des noms précédents il faut rapprocher celui de Mogens Pedersen, qui étudia en Italie. Il se fit apprécier comme musicien instruit, et figura, à titre, croyons-nous, de second maître, dans la Chapelle Royale.

Le madrigal et le motet étaient les formes artistiques en vogue. On

peut cilcr les motets de Hunnius, qui était né en Thuringe, mais qui pratiqua son art en Danemark. — Dans Tordre de la musique religieuse, il convient de mentionner le KituaU Eccleslx donné à Stockholm, en 1619, par Nicolas Andréa qui avait rempli des fonctions ecclésiiistiques en Laponie. Un Suédois, Bauwart,qui fit sa carrière à Tétranger, écrivit plusieurs messes, d'un tour assez peu remarquable. Il avait toutefois une véritable habileté dans la combinaison polyphonique. Une de ses messes, à trois chœurs, cum triplici basso ad organum, est, sous le rapport de la disposition compliquée, vraiment digne d'attention.

Nous ne devons pas omettre de signaler que le grand musicien allemand, Henri Schùtz, fit, de i633 à i635, trois voyages à Copenhague,

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pour y concourir à l'organisaiion de la Chapelle. Rappelons que, dans le siècle suivant, d'autres étrangers illustres, Sarti et Gluck, séjournèrent également dans cette capitale.

La culture de Torgue marchait parallèlement à celle de la musique vocale. Nous trouvons Sistinus à l'orgue de l'église Sainte-Marie de Copenhague, et, dans la même ville, vers la même date, Laurent Schroeder, à l'église du Saint-Esprit. Il est l'auteur d'un éloge latin de la musique, Laus musicx, où il traite la question, controversée là comme ailleurs, de la convenance et des avantages de l'introduction delà musique dans le service divin. Il s'adonna en outre à la construction des clavecins. Schattenberg fut attaché à Téglise Saint-Nicolas. Comme compositeur on lui doit les Cantiones

sacrx quatuor vocihus dccantandx et le Jubilus S. Btrnhardi de nO" mine Jésus quatuor vocibus decantatus.

Un peu postérieur, le fils de Laurent Schrœder, Daniel, acquit une brillante réputation, et, doué de beaucoup d'application et de fécondité, remplit assez longtemps l'emploi d'organiste à Stralsund. L'orgue nous fournit encore le nom de Bertholosius, compositeur renommé, qui fit tour à tour partie de la maison des rois de Pologne et de Suède.

— Nous avons, dans notre Histoire de la Musique allemande, parlé de Buxtehude, si particulièrement éminent parmi les organistes. Bornonsnous ici à faire observer qu'il était né Danois.

La seconde partie du dix-septième siècle nous présente deux hommes qui ont droit à une mention élogieuse ;

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Tun est Saur ou Saurins, né à Kiel, auteur d'une grande cantate pour la cérémonie de prestation du serment au duc de Holstein ; Tautre est Fossius, dont le livre manuscrit De arU musica est signalé dans la Cimbria litterata de Moller, et qui, ayant fait ses études à l'Université de Copenhague, longtemps cantor, puis pasteur dans un village, publia une version du Psautier en vers danois, sur lesquels il avait arrangé des mélodies de divers compositeurs allemands connus, comme Krieger et Hammersciimidl.

A la fin du dix-septième siècle, il y a lieu de relever, pour la Suède, le nom de Gustave Dtiben, présenté dans quelques livres, comme « le premier compositeur suédois », — le premier, du moins, de ceux qui méritent réellement ce litre.

Son père, Anders Dûben, venu d'Allemagne, avait été organiste de la Cour et maître de la Chapelle Royale. On lui doit, entre autres œuvres, une composition écrite à la mémoire de Gustave Adolphe. Quant à Gustave Dûben, il dirigea, lui aussi, la musique du roi. C'était un musicien fort savant, très versé dans la connaissance des ouvrages des grands maîtres. Il contribua à répandre la culture musicale. Il a produit beaucoup de musique vocale, notamment sur des paroles de Sam.

Columbus.

D'autre part, en Norvège, c'est à ce même siècle que remonte l'existence des musiciens de ville », en général assez médiocres, mais dont quelques-uns, cependant, ont exercé une action utile sur le développement d'un art musical encore

dans l'enfance. Ce fut seulement à la fin du siècle suivant que l'on décida d'attribuer de préférence ces postes, comme garantie d'instruction et de mérite, à des membres de la Chapelle Royale de Danemark.

L'aptitude à l'érudition et à la critique a toujours été Tun des apanages des peuples du Nord. Danois, Norvégiens et Suédois montrèrent de bonne heure, à cet égaid, une grande puissance de travail et de compréhension , analogue à celle que, dans un précédent ouvrage, nous avons eu à vanter chez les adeptes germaniques de l'art musical. Ces capacités du lettré et de l'érudit appartenaient au plus haut point à Sartorius , humaniste et

poète, qui paraît être Tauteur d'un Encomium musicx, que Mattheson a loué pour les vastes connaissances dont il témoigne, aussi bien que pour Téiégance de la forme latine sous laquelle il est traité. Cet ouvrage sert en quelque sorte de préface à un curieux écrit, destiné à retracer, sous le voile de l'allégorie, la lutte entre le plain-chant et le chant figuré. L'armée du chant figuré est censée avoir pour conducteur et pour commandant Orphée en personne, ayant sous ses ordres, en guise de guerriers, les chanteurs, les joueurs de flûte, les organistes, les violonistes. Sartorius n'était pas seulement un littérateur et un théoricien. Musicien instruit, il avait été, à dix ans, enfant de chœur dans la Chapelle du duc de Gottorp. Il a écrit des canons ex-

trêmement bien faits. Canior et professeur, il obtenait d'excellents ré-r sultats par la qualité des chœurs qu'il dirigeait et qu'il avait habilement façonnés.

A l'ordre de la littérature musicale se rapportent quelques-uns des travaux du jésuite suédois Biedermann, qui alla enseigner la théologie à Rome, où il mourut. Il est l'auteur de l'ouvrage, au titre piquant, appelé : Utopia, seu Sales musicî, quitus /udicra mixtim et séria denarrantur.

Nous avons ailleurs mentionné Meibomius, figure originale, vrai type de savant, non exempt de rudesse et de pédantisme, tel que pouvait le concevoir le siècle de Yadius.

Meibomius appartient à notre sujet actuel, puisqu'il était né en SIeswig et qu'il fut attaché à la reine de Suède, puis au roi de Danemark

Frédéric III. La rare valeur de philologue de Meibomius, sa compétence archéologique ne sauraient être contestées. Mais il portait dans la polémique des habitudes fâcheuses de violence et de grossièreté. C'est à Taide de ces procédés qu'il soutint la discussion engagée au sujet du seul de ses ouvrages qui ait été publié à Copenhague, le De proportionihus dialogus, entretien dont les interlocuteurs imaginaires ne sont pas moins qu'Archimède, Apollonius, Théon d'Alexandrie, etc. Un des véritables services que Meibomius rendit à la science fut la publication du texte de sept auteurs antiques qui ont traité de la musique : Aristoxène, Euclide, Nicomaque, Alypius,Gaudence, Bacchius r Ancien et Aristide Quintilien.

— Nous aurons l'occasion, dans notre Histoire, en préparation, dt la

mu$lqut italienne, de parler du 5a/^ricon de Martianus Capeila. Le neuvième livre, relatif à la musique, de cet ouvrage, est joint par Meibomius aux sept traités, complets ou fragmentaires, qu'il édita ou restitua, en les enrichissant d*un commentaire où la conjecture a parfois trop de part. Ce travail important, imprimé en Hollande, était dédié à la reine Christine, qui attira Tauteur et le pensionna. Ce fut à la Cour de cette princesse que lui advint une mésaventure, dont rinstigateur était le médecin Bourdelot. Celui-ci suggéra à la souveraine l'idée de faire chanter parMeibomius un morceau d'ancienne musique grecque, en présence des courtisans. On peut juger du succès de cette tentative, rendue plus comique par la lourdeur et le défaut de justesse de la voix de l'helléniste. Il

sut d'où partait le coup et se vengea en souffletant le malicieux médecin.

Nous ne quitterons pas Meibomius sans rappeler les notes qu'il fournitàuneédition de Vitruve donnée par un autre érudit. Il s'y rencontre des indications excellentes sur la musique antique. La sagacité de notre auteur, en particulier, s'y est exercée sur la fameuse description de l'orgue hydraulique, qui, par ses obscurités et ses énigmes, a misa la tor« ture plusieurs générations d'exégètes.

La Finlande était encore suédoise lorsque la ville d'Abo, sa capitale en ce temps-là, eut pour évcque Jean Gezelius très versé dans la connaissance de l'antiquité, et qui a touché à la musique dans son Encyclopxdia

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synoplica tx optimis et accuratissimis Pli'dosophis collecta. — Schiebel, poète et musicien, recteur et cantor à Ratzbourg, en Danemark, fut l'auteur d'un livre d'allure plus Légère, les Merveilles curieuses que la nature exerce par des sons harmonieux sur Vhomme, les animaux, etc. — Nous citerons, toujours dans le même ordre d'idées, la dissertation du Suédois Samuel Lychor, Disputatio de intendendis sonis, — Un autre Suédois soutint à l'Université d'Abo une thèse De usu organorum in templis, — La thèse d'Olaus Retzel De tactu musico est un peu postérieure. — Un excellent livre. Orchestra seu de saltationibus veterum, plein d'aperçus judicieux sur les danses des anciens et la musique dont ellesétaientaccompagnées, fut Tœuvrc de Billberg qui, après avoir professé les mathématiques à

Upsal, se fit recevoir docteur en théologie et devint évêque de Strœgnœsen Suède. — L'ouvrage du DanoisGaspardBartholin,filsde Thomas Bartholin, illustre médecin du roi de Danemark, le De tibiis vtltrum et ea^ rum ustî, ne brille point par la même supériorité dans le sentiment critique, mais il témoigne de très vastes lectures. L'auteur d'ailleurs le composa à vingt-deux ans : il se voua par la suite à des recherches d'anatomîe et de science médicale. — A titre de curiosité nous ferons une petite place à la dissertation latine d'un antiquaire norvégien, Sperling, sur une monnaie de l'impératrice Tranquillina, femme de Gordien IIL La description du revers de cette médaille est pour cet érudit un prétexte à donner d'intéressants détails sur la lyre des anciens et sur les rivalités qui se produisirent, dans

Tantiquité, entre les virtuoses sur les instruments à cordes et les joueurs de flûte.

Vers la fin du dix-septième siècle, nous rencontrons un savant danois, Schacht, dont l'activité fut multiple, et qui mena une vie assez aventureuse. Ses études Pavaient conduit à Leipzig, à léna, à Francfort. Il habita ensuite Upsal et Viborg. Il séjourna successivement à Dantzig, à Kœnigsberg, à Copenhague, dans les Pays-Bas, avant de se fixer en Finlande, où il remplit les fonctions de cantor et de professeur.

Quand il mourut, en 1700, il était recteur à Kierteminde, en Danemark. Parmi ses ouvrages, demeurés manuscrits, figurent diverses compositions musicales et un lexique de musique, suivi d*un traité de cet art, en langue latine.

La littérature musicale de tous les pays contient quelque dissertation sur l'application de la musique, comme procédé thérapeutique, aux personnes qui ont été piquées de la tarentule. La Scandinavie ne fait pas exception à cette règle. Un médecin de Copenhague, Jean Muller, publia en 1679 un in-quarto sur ce sujet, intitulé : Dt tarentula^ et vi musicx in ejus cùratione.

Pour compléter ces indications sur la contribution des Scandinaves à Pœuvre de la théorie et de l'érudition, nous n'avons plus à signaler que la collaboration de Bellmann et de George Wallerius, Suédois l'un et l'autre, pour l'opuscule imprimé à Upsal sous ce titre : Df antiqua et mediî xvi musica.

En dehors de ce qui se rapporte à l'orgue, nous n'avons eu jusqu*à pré-

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sent que peu de chose à dire de la musique instrumentale. Observons que ce fut une Anglaise, Arabella Hunt, morte en lyoS, et dont Congreve a célébré les talents, que Ton fit venir pour enseigner l'art de jouer du luth à la princesse Anne de Danemark.

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