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plusieurs années à Dijon et fut ensuite admis à collaborer au catalogue historique de la Bibliothèque Royale de Bruxelles. Il est l'auteur d'une histoire de la Musique aux Pays-Bas, à laquelle il a consacré de nombreuses années de labeur et qui renferme de précieux documents sur les musiciens néerlandais en Italie et en Espagne.
Admirateur déterminé de l*art allemand, il a montré parfois un exclusivisme un peu intolérant à l'égard de la musique française.
Frédéric Fabor a publié un livre important (cinq volumes) sur le théâtre français en Belgique. M. Félix Delhasse est l'auteur de diverses brochures concernant le théâtre et la musique. Il fut l'un des fondateurs du Guide musical (il avait antérieurement créé U Diapason), et il possédait une collection remarquable de
portraits, biographies, autographes, etc., des artistes célèbres du dix-neuvième siècle. Après une existence vouée tout entière à l'étude ainsi qu*à la philanthropie, il est mort (il y a deux ans) à Bruxelles. Notons qu'il a fourni beaucoup de documents, pour son Théâtre dt la Monnaie, au chanteur longtemps applaudi à TOpéra-Comique^ M. Isnardon, qui s'adresse avec gratitude à lui dans la préface de son très curieux et très utile ouvrage.
Nous réserverons ici, en dépit des erreurs qu'on peut lui reprocher, une petite place pour Van Lamperen, qui forma la bibliothèque du Conserva»
toire de Bruxelles ; il a été remplacé comme bibliothécaire par L. Casembroot (1882), auquel a succédé M. Wotquenne, sur qui nous aurons à revenir; — et pour un amateur,
Snoeck, notaire à Renaix, qui forma une des plusbellescollections connues en Europe d'instruments de musique, épinettes et virginales, clavecins et clavicordes, luths et primitifs instruments à vent. Snoeck possédait une érudition aussi précise que profonde dans tous les points qui se rattachent à la construction et à la technique de ces monuments de Part du passé.
Auprès de Fétis, nous avons nommé M. Gevaert. C'est Tune des figures caractéristiques de la Belgique contemporaine. Compositeur fécond et des plus distingués, il a été joué avec succès à Paris, où il fut, en 1867, directeur de la musique à TOpéra.
On n*a pas oublié son Capitaine Henriol qui fut un des triomphes de Couderc, et où le personnage de Henri IV était dessiné avec tant d'allure et de chevaleresque élégance.
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Il y a des pages de valeur dans le Billet de Marguerite, dans Quentin Durward, dans les Lavandières de Santarem. M. Gevaert est aussi Tauteur d'une remarquable Messe fu^ nèbre^ d'une cantate de style imposant, sur des paroles flamandes, pour le vingt-cinquième anniversaire du règne de Léopold I•^ Parmi ses œuvres de jeunesse, il faut citer sa cantate flamande, Belgic, le psaume SuperfluminaBabylonis,eij^uÙ\éà{rey Hughfs de Somerghem et la Comédie à la ville. De sa mission scientifique en Espagne, il a rapporté jadis, non seulement un rapport qui fait époque dans cet ordre d'études, mais encore les éléments d'une pittoresque ouverture-fantaisie sur plusieurs airs nationaux.
M. Gevaert a dignement remplacé Fctis à la tête du Conservatoire de
Bruxelles en 1871. Nul n'était plus capable, dans ces hautes fonctions, d'exercer la meilleure et la plus féconde influence, et nous regrettons de ne pouvoir, vu les dimensions restreintes de notre travail, énumérer les réformes nombreuses dont il a été l'initiateur. Notons toutefois que, sous sa direction, la bibliothèque, très importante, s'est considérablement augmentée, en particulijer par la collection de M. De Glimes (nous avons cité ce nom plus haut), que le gouvernement a acquise. Il en est de même pour le Musée instrumental, peut-être actuellement le plus riche de l'Europe.
Signalons aussi le développement que, sous la même direction, prirent les concerts, où ont été exécutés les chefs-d'œuvre de Bach, de H'ândel, de Rameau, de Gluck. Depuis 1876,
l'orchestre et les chœurs forment une sorte d'association dont les membres se partagent le bénéfice pécuniaire des concerts.
'^ Les ouvrages didactiquesde M, Gevaert sont justement réputés. On peut considérer comme classique son Trùiié dUnstrumentation, surtout sous sa forme la plus récente': Nouveau Traité d* instrumentation (i885), et Cours méthodique d'orchestration (1890). Des publications comme /fs Gloires de Vltalie, recueil des compositions des vieux maîtres, révèlent autant de goût que de souci critique.
Mais c'est dans la littérature musicale que M. Gevaert, peut-être, a conquis ses principaux titres à la renommée, surtout en donnant cette magistrale Histoire et Théorie de la musique de l'Antiquité, où l'érudition historique se joint à la science technique, et dont
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les qualités rares font un monument durable. On peut dire, du reste, que M. Gevaert a fait accomplir un progrès décisif à toutes les études auxquelles il s*est consacré. Ses recherches récentes sur les confuses origines du chant ecclésiastique ne témoignent ni d'une érudition moindre, ni d'une moindre portée d'esprit.
Nous nommerons après lui Piot et Goovaerts, bibliothécaire-adjoint de la ville d'Anvers, auteurs l'un et l'autre de différents travaux fort estimables. M. Goovaerts s'est distingué comme compositeur aussi bien que comme écrivain.
Signalons enfin ici l'important travail, œuvre de science profonde et de pénétrante critique, que M. Alfred Wotquenne publie en ce moment et qui, formant l'Annexe I du Cata--
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logue de la bibliothèque du Conserva^ toire de Bruxelles, est relatif aux Livrets d* opéras et d* oratorios italiens du xvii" siècle. Enrichi de notes* des plus précieuses, d'un dictionnaire spécial de genre absolument nouveau, comportant une partie iconographique soignée et curieuse, ce livre présente un vif intérêt.
Nous voudrions maintenant appeler l'attention sur le groupe des musiciens qui se sont consacrés, d*une manière spéciale, à l'art flamand, en essayant de lui prêter une physionomie bien nationale. On sait que cette tentative s'est étendue à tous les arts et combien ont été diverses les manifestations de ce que l'on a nommé « le mouvement flamingant ». Nous
trouverions là des arguments à Tàppui de ce que nous avons soutenu à mainte reprise sur l'esprit particula* riste qui, longtemps comprimé sous le vernis d'une civilisation commune, générale, et, en quelque sorte, internationale, pousse aujourd'hui les divers peuples de l'Europe, dans tout ce qui regarde la littérature et l'art, à une espèce de a différenciation »
de plus en plus marquée. En musique, dans notre siècle, l'individualité flamande s'efforça de bonne heure, par une espèce de résurrection, de se produire et de s'affirmer. On peut citer à cet égard Van der Ghinste, qui, dès 1810, composa un opéra, le premier de ce siècle, sur des paroles flamandes.Nous avons vu, en Espagne, un groupe d'hommes indépendants, énergiques, essayer, à un moment donné, de secouer le joug de Fitalia-
nisme cosmopolite pour demander à la muse nationale des inspirations, des couleurs et des accents. De même,' dans le pays qui nous occupe présentement, Miry, à la fois compositeur, professeur et chef d'orchestre, ëcri* vit, à partir de 1847, ^^* vaudevilles flamands, conformes aux goûts sécu« laires et à Tesprit de la race, et médita pour Topera une évolution semblable. Van den Acker rencontra, dans le même genre, le succès local.
Il dirigea Torchestre du Théâtre flamand d*Anvers. Plus récemment, Mertens, violoniste et compositeur, né à Anvers en 1834, fit preuve de qualités réelles dans plusieurs ouvrages de tbéfttre, dont les livrets étaient tous écrits en langue flamande et parmi lesquels nous citerons LUderick rinttndant (3 actes), le Capitaint Noir, Thécla, Il a composé de nom^
breux chœurs, de la musique religieuse, des oratorios (entre autres VAngdus).
A Tépoque actuelle, le représentant le mieux doué,.le plus complet de l'esprit flamand, en musique, a été incontestablement Pierre ou Peter Benoit, mort tout récemment, qui, au début de sa carrière, rappelons-le entre parenthèses, avait dirigé Torchestre des Bouffes- Parisiens, et qui, fort actif, germanophile par ses sympa-f thies et ses études, était arrivé peu à peu dans sa patrie à une situation considérable. Il a produit des œuvres nombreuses et importantes, oratorios et cantates sur des paroles flamandes, musique sacrée, Lieder, musique dramatique. Citons son Te Deum, son Requiem, son Concerto de piano, son Concerto de flûte, Lucifer, oratorio flamand ; deux opéras : Het Dorp in *t
gebergU et Isa ; De Schdde, oratorio flamand ; Drama Chrisli, drame religieux pour solî, chœurs, orgue, violoncelles, contrebasses, trompettes et trombones ; De Oorlog (la Guerre), cantate pouf double chœur, soli et grand orchestre ; un oratorio pour voix d'enfants ; De Maaiers (les faucheurs), symphonie avec chœurs ; la musique de Charlotte Corday, celle de la tragédie Willem de Zwijger, de E. van Goethem ; Vlaanderens Kunst[oem (cantate de Rubens), pour double chœur et orchestre ; Antwerpen, pour triple chœur d'hommes et orchestre; Jongfrou Kathelijne, scène pour alto solo et orchestre; Muse der Geschiedenis, pour chœur et orchestre ; Huchald, pour baryton solo, harpe, chœur et orchestre ; Triomfmarsch, De Khijn (le Rhin), oratorio pour double
chœur et orchestre ; Hd MtilUf, trois aaes, Iseghem, 1898 ; les Derniers Jours de Pompéi (d'après Bulwer, récemment terminé) ; Sagen en Balladen, pour piano ; Liefde in 't leven ( lieder) ; Liefdeldrama ( id . ) ; des motets avec orgue, une messe, etc.
Peter Benoit est, en outre, l'auteur d*un très grand nombre d!articles et d'ouvrages d'esthétique et de critique, presque tous en flamand.
Dans la plupart de ses œuvres musicales se révèlent la puissance de combinaison, la richesse de pensée, l'énergie du tempérament. Telle page porte, indubitablement, le cachet de la verve robuste et de l'inspiration originale. Musicien fort instruit, M. Benoit possédait à un haut degré le sens de l'orchestre ; il était, à ce point de vue, un véritable coloriste. Il excellait également à
manier les grandes masses vocales et savait, dans le développement vocal, obtenir des effets très nourris, très intenses, qui prêtent à quelques-unes de ses vastes compositions des allures grandioses de large fresque décorative.
On pourrait, sans doute, juger un peu intolérantes les vues que Peter Benoit a tenté de faire prédominer soit comme compositeur soit, par la propagande théorique et pratique, comme directeur de Técole flamande de musique d'Anvers. Mais nous sommes de ceux qui ne croient pas mauvais que chaque idée déterminée ait,- dans le domaine de Tart, ses adhérents éminents, fussent-ils légèrement exclusifs. Mieux valent mille fois, en ce genre, les excès du parti pris que ceux de la banale et neutre indifférence. Dans tout ce qui touche
aux conceptions esthétiques, il ne peut rien exister de plus fatal et de plus stérile que l'insignifiante et insipide « tiédeur ». Très différentes sont ici les obligations respectives du critique qui juge et de l'artiste qui produit : l'un a le devoir d'être impartial, l'autre a le droit de ne pas l'être.
C'est en grande partie sur des textes flamands que s'est exercé Waeiput, qui remporta le prix de Rome avec une cantate flamande. Il a dirigé le Conservatoire de Bruges, en même temps que l'orchestre du théâtre et les concerts populaires de cette ville. Après avoir résidé à Dijon, La Haye, etc., il séjourna à Gand, et devint professeur d'harmonie au Conservatoire d'Anvers. Des éloges sont dus à ses quatre symphonies, à ses mélodies, à ses cantates {De
Zegen dtr waptns, De PacificatU van Cent, Memling, etc.), et à son drame lyrique Stella, représenté à Anvers.
C'est également une cantate flamande qui a valu le prix de Rome à Edgar Tinel, inspecteur, en Belgique, des écolesde musique subventionnées, successeur de Lemmens comme directeur de l'Institut de musique d'église de Malines, professeur de contrepoint et de fugue au Conservatoire royal de Bruxelles. Ses compositions sont remarquables par la belle qualité du style, par lat savante habileté et l'élégance de la facture. Citons, en premier lieu, son oratorio Frari'' ciscus, puis un drame lyrique. Sainte Godelive, des motets, des pièces de piano, d'orgue, un Te Deum, De Drie Kidders, pour baryton, chœur et orchestre, Kollebloemen, pour
ténor, chœur et orchestre, des tableaux symphoniques pour le Polyeucie de Corneille, etc. U a, de plus, fait paraître U Chant grtgorUn, ihéorU sommaire de son exécution.
Comme n'ayant guère travaillé que sur des textes flamands (rhélodies, cantates), nous nommerons un artiste un peu antérieur, Wilhelm de Mol, dont une mort prématurée interrompit la currière, qui s'annonçait comme brillante. Il ne faut pas le confondre avec deux musiciens homo< nymes, ses aînés, parents entre eux, Pierre de Mol et son neveu, François-Marie.
Sous la direction, sous l'ascendant de Peter Benoit, se sont formés plusieurs artistes remarquables, qui s'inspirent des mêmes idées que lui
et ont adopté le même programme* De ce nombre est M. Lenaeris, qui, né en 1 85 2, fut, à dix-huit ans, chef d'orchestre au Théâtre flamand d'Anvers. II est actuellement professeur au Conservatoire de cette ville, chef d'orchestre des concerts populaires et du Toonkunstenaarbond. Parmi ses œuvres, nous citerons sa cantate (1890) De Triomf vant Ucht, pour chœurs et grand orchestre. On doit des ballades, des mélodies, une messe avec orgue, des opéras-comiques, des opéras (Parisina, Kolla, HamUt)y à M. Keurvels, répétiteur au Théâtre Royal d'Anvers et directeur d'orchestre du Théâtre National flamand, fonctions où il a déployé beaucoup de goût, de compétence et d'habi- ^^ leté.
Un autre élève de P. Benoit, M. Wambach, excellent violoniste,
actuellement maître de chapelle à la cathédrale d'Anvers, est un compositeur foU en vue, de tendances très résolument germaniques. Il a écrit de la musique d'église (Messe, Te Deum)y des chœurs, des Lieder, des pièces de piano, de la musique pour un drame en flamand, deux oratorios, Mozes op den Nyl et Yolande, une cantate pour l'anniversaire de Rubens, une autre cantate pour voix d'enfants avec orchestre, le Printemps, pour voix de femmes et orchestre; Vlaanderland, chœur d'hommes avec orchestre; plusieurs fantaisies, pour orchestre et le poème symphonique intitulé Aan de boorden van de Schelde. Il a fait de plus représenter avec succès, une œuvre en quatre actes, Quentin Metsys, à l'Opéra flamand d'Anvers. Van der Stucken^ né au Texas, établi ensuite à An-
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vers OÙ il reçut aussi Teoseignement de P. Benoit, a fait sa carrière à l'étranger. Il fut chef d'orchestre à Breslau, entra, à Rudolstadt, en relations artistiques avec Grieg, fit exécuter plusieurs compositions à Weimar sous les auspices de Liszt. Il a dirigé la société chorale « Arion », à New- York, et fut, en i853, placé à la tête de la Société philharmonique de Cincinnati. Citons ses chœurs, ses pièces d'orchestre, ses morceaux de piano, son ouverture de KaicUff, sa musique pour la TempêU de Shakespeare, son opéra de Vlasda, Mortelmans, qui, dit-on, à trois ans, faisait fort bien sa partie de tambour, à Anvers, au théâtre et dans les grands concerts, est l'auteur de la cantate Sinat, de la symphonie Gcrmania, de morceaux pour orchestre d'instruments à archet,
d'une scène dramatique, Ariadne, pour ténor et orchestre, de LUdtr, de VIdylU du Printemps, des poèmes sympho niques intitulés Aspiration vers Vldéal et Hélios, tout récemment de la Syn\phonie homérique, en quatre parties. Mentionnons également la cantate Lady Macbeth, qui lui valut le prix de Rome. Comme se rattachant à la même influence et à la même école, nous nommerons un autre disciple du maître, Crogaert, excellent musicien, autrefois directeur du Cercle artistique d'Anvers, sa ville natale, établi à Paris depuis 1886 et qui a publié deux ouvrages :
le Verbe de Vhomme, en flamand et en français, et un Traité complet de la tonalité.
Nous mettrons à part l'élève le plus brillant peut-être de Peter Benoit, M. Jan Blockx, qui reçut aussi l'en-
seignement de Callaerts, de Brassîn, à Bruxelles, et du Conservatoire de Leipzig. En 1886, il est devenu directeur du Cercle artistique d'Anvers, dont il vient d'être question, et professeur à l'Ecole de musique.
Compositeur et chef d'orchestre, il a déployé une grande activité. Nous énumérerons ses œuvres principales :
Vrcdaang (soli, double chœur et orchestre); Op dtn Spoom, ouvrage conçu d'après les mêmes données; Jtts vcrgeten, opéra en un acte ; Milenka, ballet dont l'auteur a extrait une suite d'orchestre qui a vivement réussi et s'est beaucoup répandue ; la KubmS' Ouverture, Maître Martin, opéra-comique donné à Bruxelles en 1892. Plus récemment enfin, nous avons à noter Princesse d'auberge, œuvre pleine de verve, de fougue, de couleur, représentée en flamand,
à Anvers» en 1896, à Gand, sous la forme française, en 1898, et dont le succès a été retentissant, — et Thyî UUnspUgel, donné l'hiver dernier dans des conditions analogues.
Après M. Jan Blockx, nous placerons son élève Vleeshouwer, artiste bien doué, auteur d'une IdylU pour orchestre, d'un opéra, l'Ecole des pères, et d'un poème symphonique, De wilde Jager.
A l'école de Benoit se rattache aussi Van den Eeden. Il a, en 1878, succédé à Huherti comme directeur du Conservatoire de Mons. Indépendamment de la cantate qui lui valut le premier prix de composition, Fausts Laaiste Nacht, citons ses oratorios : Jacqueline de Bavière, Jacob Van Artevelde, Brutus, le Jugement dernier, sa grande scène lyrique pour trois voix Judith, ses cantates pour
soli, chœurs el orchestre, ses chœurs, ses œuvres d'orchestre, son poème symphonique la Lutte au XVI^ sièck, et son opéra Numance, joué à Anvers en 1898.
Avant d'achever de passer en revue les représentants militants de l'école belge actuelle, nous donnerons un souvenir à un artiste mort vieux en 1891, Eykens, qui composa des opéras, des messes, deschœurs d*hommes, des fantaisies pour piano. En 1896 a disparu un homme de haute valeur, Tilman, connu par ses belles compositions d*église (Requiem, Te Deum)^ par ses cantates, et par son recueil de vingt-quatre fugues à deux et trois voix. Puisque nous parlons de musique religieuse, mentionnons ici Tilborghs, théoricien et compositeur, auteur de morceaux d'orgue bien écrits et de motets pour voix égales
avec accompagnemeDt d*orgue, actuellement professeur d*orgue au Conservatoire de Gand, en même temps que professeur de contrepoint à l'Ecole de musique d'Anvers.
En dépit de sa naissance à Liège, il faut peut-être considérer comme Allemand Rûfer, fils d'un musicien, bon organiste, de cette nationalité et qui vit depuis 1871 à Berlin, où il a fait représenter avec succès, en 1887, l'opéra de Merlin. On lui doit aussi une symphonie en fa majeur, une ouverture, un quatuor, un concerto de violon très remarquable, d'autres pièces de musique de chambre, des morceaux de piano, etc.
Van Duyse, fils d'un poète distingué, lui-même avocat, a remporté jadis le prix de Rome avec la cantate Torquato Tasso's Dood. Il n'a pas fait représenter moins de sept opéras
à Gand et à Anvers. Il a, de plus, écrit un ouvrage historique important. Cest à Lille que naquit, de parents belges, Emile Mathieu, devenu directeur de l'Ecole de musique de Louvain, et, depuis 1899, successeur^ à la tête du Conservatoire de Gand, du regretté Adolphe Samuel, dont il sera question plus loin. Emile Mathieu a beaucoup travaillé, et non sans succès, pour le théâtre, auquel il a donné VEchange, BathyU, George Dandin, la Bernoise^ Kichilde, l'Enfance de Roland, Emile Mathieu écrit lui-même les paroles de ses ouvrages.
Mentionnons encore de lui son poème symphonique Noces féodales et son concerto de violon qui date de 1897.
Nous avons eu déjà l'occasion de nommer Huberti. Il dirige, depuis 1893, l'Ecole de musique de Saint-
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Jossc^-ten-Noode, où il a créé un excellent chœur mixte. Il a beaucoup produit, notamment des sortes d'oratorios sur des sujets profanes : Verlichting, Een Laatste Zonncstraal; des œuvres chorales : la Mort de Gui7laumc d'Orange, Bloemardinne ; deux oratorios pour voix d'enfants, des mélodies, un concerto pour piano, une symphonie, une suite d'orchestre ; de plus, auteur d'articles appréciés, il a publié une Histoire de la musique religieuse des Italiens et des Néerlandais,
De Léon Dubois, .directeur de l'Ecole de musique de Louvain et réputé comme chef d'orchestre, nous signalerons des œuvres de théâtre :
Son Excellence ma femme, la Revanche de Sganarelle, le Mort, Mazeppa (non encore représenté), Smylis, ballet (1891), et un poème symphonique.
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Atala, Nous indiquerons Touverture des Noces d'Attila et V Ouverture de fête de Mestdagh, auteur pareillement de Lieder et de compositions pour chœur et orchestre ; Lenzfeier et Vrijheidshymne. M. Raway s'est exercé dans des genres très divers.
Destiné à la carrière ecclésiastique, il a professé au petit séminaire de Saint-Trond, où il a fait représenter Néon, mélodrame en trois actes ; il a fait exécuter des motets avec orchestre, des Ave Maria, deux O Salutaris, un Tantum ergo, des fragments d*un Stabat Mater, Nous ne passerons sous silence ni ses Scènes hindoues, ni son poème symphonique des Adieux, ni sa Symphonie libre, M. Raway travaille depuis longtemps à un drame lyrique en deux soirées, Freya. Tout dernièrement, on a, dans un concert k Bruxelles,
joué un important et remarquable fragment de cet ouvrage, une Fête romaine, sorte de grandiose tableau païen de beaucoup d*am pleur, où une rare puissance de musicien est mise au service d'une curieuse conception philosophique de lettré.
C'est à Liège que nous trouvons M. Sylvain Dupuis, professeur d'harmonie pratique au Conservatoire de cette ville et directeur de la Légia^ célèbre société chorale d'hommes.
M. Dupuis a fondé dans cette ville, en 1888, une Société des Nouveaux Concerts, dont il dirige avec talent l'orchestre et les choeurs, et dont il compose intelligemment les programmes. Il a écrit deux suites d'orchestre, un poème symphonique, Macbeth; des cantates : la Cloche de Roland, Camoëns, Chant de la création; un oratorio, Judas, et deux ou-
vrages de théâtre : CoUr d'Ognon et Motna. Il est, depuis Tinauguration de la direction actuelle, chef d'orchestre du Théâtre de la Monnaie,
Joseph Jongen, né à Liège, a obtenu le premier grand prix de Rome en 1897. Th. Radoux lui a enseigné le contrepoint et la fugue, et Sylvain Dupuis l'harmonie. Il a composé une symphonie à grand orchestre, jouée avec succès aux concerts Ysaye. Pour ces derniers, il vient d'écrire un concerto de violon. Un autre concerto, pour violoncelle, a récemment été exécuté à Darmstadt, par Gérardy. Joseph Jongen est professeur d'harmonie au Conservatoire de Liège.
Un jeune Belge, Lekeu, établi en France, où il fut élève de César Franck, donnait de grandes espérances qu'une fin prématurée est ve-
nue mettre à néant. Plaçons ici la liste de ses remarquables œuvres, dont plusieurs ont été publiées après sa mort : Etudes symphoniques, Adagio pour violoncelle et quatuor d'orchestre, Andromède, poème lyrique; Sonate pour piano et violon, Fantai-sie sur deux airs populaires angevins (cet artiste intéressant résida à An* gers). Sur une tombe, poème pour chant (1892). C'est en 1896 que l'on exécuta pour la première fois son Quatuor, inachevé, pour piano et instruments à archet.
Au nombre des meilleurs compositeurs de la jeune école figure M. Gilson, qui a eu le prix de Rome et qui est actuellement âgé de trente ans. De cet artiste de grand avenir, nous citerons les nombreuses pièces vocales, la musique de piano, la Fantaisie pour orchestre, sur des chan-
sons du Canada, la Fâ/i/a/s/e-Scfierzo^ la Mer, symphonie avec poème récité d'Eddy Levis^ qui a vivement réussi même en dehors de la Belgique; VEUgie et autres morceaux pour instruments à archet; U Démon, drame lyrique; Ahar, musique de scène pour un drame; Francesca da Kimini, pour soli, chœurs et orchestre, et une cantate pour l'Exposition de Bruxelles de 1897.
Nous nommerons encore Ml^« Juliette Folville, de Liège, violoniste et pianiste, qui a fait représenter à Lille, en 1892, l'opéra d'Atala, et M. Lunssens, auquel, outre une Marche solennelle ipour l'inauguration de l'Exposition d'Anvers, l'on doit une Tarentelle, un fragment de grande symphonie, une Rêverie pour quatuor d'archets, une sonate pour piano et violon, des mélodies, des
fragments pour orchestre et chant sur des poèmes de cantates : /es Suppliantes, Sinat, Andromède,
Nous avons parlé plus haut de Servais. Le frère de Joseph, Franz, mort à une date toute récente, fut un musicien de rare distinction, qui dirigea une saison Torchestre de ia Monnaie et créa des concerts symphoniques à Bruxelles. Il a composé des pièces d'orchestre, des mélodies, et a mis en musique VApoUonide de Leconte de Liste, d'après l'/o/i d'Euripide. C'est sous ce titre d7c/i que l'œuvre a été représentée en 1899 à Carlsruhe.
Lebrun, né à Gand en i863, et professeur au Conservatoire de cette ville, a écrit beaucoup de musique de chambre. Prix de Rome en 1891 avec Andromède, poème lyrique, il a donné, en 1896^ à Anvers et à Gand,
un drame lyrique, la Fiancée d'Abydos,
Louis Van Dam, né en i863, pro-* fesscur adjoint de la classe d'orchestre au Conservatoire, est Fauteur de suites d'orchestre, de beaucoup de LUder et de pièces de piano. Joseph Rjrelandt, né à Bruges, et élève de Tinel, a composé des sjrmphonies, des messes, des motets a capella, des sonates et des Licder,
Enfin, nous avons à enregistrer le nom d*un compositeur de vingt-huit ans, M. François Rasse, né à Ath et qui, en 1899, a obtenu le prix de Rome. Il a fait preuve de fécondité et a déjà produit un nombre relativement élevé d'œuvres remarquables, notamment un trio pour piano et instruments à archet, couronné par TAcadémie de Belgique ; une sonate pour piano et violon jouée par Ysaye
et Pugno ; des pièces d'orchestre, un concerto de violoncelle. Tout cela est intéressant et très digne d*attenlion.
Nous écrivions tout à l'heure, à propos de son élève Lekeu, le nom de César Franck. On s'est peut-être étonné de ne pas nous voir encore aborder ce grand compositeur, né, en 1822, à Liège, où, au Conservatoire, il commença ses études ; il y remporta, à onze ans, le premier prix de piano dans la classe de Jules Jalhenn, et y suivit les leçons d'harmonie, contrepoint et fugue données par Daussoigne-Méhut, alors directeur de l'établissement. — La situation, en ce qui concerne Franck, est assez spéciale, puisque, né Belge, il est devenu, en 187 3, par naturalisation, notre compatriote. Il est impossible,en tout cas, de laisser de côté,
ici, ce maîire illustre, souvent considéré comme « le fondateur de la jeune école française », sur laquelle, par son enseignement comme par ses œuvres, il a exercé une grande influence. Nous ne saurions évidem* ment entrer, en ces pages, dans le détail de sa glorieuse carrière. C'est une étude qui, à tous les égards, excède la nature et les limites de notre travail actuel. Rappelons du moins, par leurs titres, les principaux ouvrages de Franck, ces ouvrages qui, on Ta dit, unissent « la profondeur du sentiment à la perfection de la technique ». Sur cette liste de productions doivent figurer :
Kuth, Rédemption, les Béatitudes; une Messe pour trois voix avec accompagnement d'orgue, harpe et violoncelle; des poèmes symphoniques, les Éolides^ le Chasseur maudit,
Us Djinns (avec piano], Psyché (avec chœurs); une symphonie en ré; des Variations symphoniques pour piano et orchestre; de la musique de chambre, trios, quintettes, sonate pour piano et violon, quatuor; des œuvres pour piano seul, pour orgue, pour harmonium ; des motets, offertoires, etc., des mélodies, des chœurs; deux opéras Hulda et GhiselU, sans parler des ouvrages encore inédits.
Nous avons groupé ci-dessus les noms d*un certain nombre de chanteurs et de chanteuses. Pour une période plus rapprochée de nous ou immédiatement contemporaine, il faut ajouter à cette série Blauwaert, basse de valeur, mort en 1891, qui
débuta dans le Lucifer de P. Benoit, qui a chanté, à Bayreuth, Gurnemanz dans Parsifal, et, à Paris, Frédéric de Telramund lors de la représentation unique de Lohtngiin à TEden ; Hendrik Fontaine, également un des interprètes de P. Benoit et professeur de haut mérite, et surtout Van Dyck, fort ténor, dont la réputation est européenne, qui a interprété Parsifal à Bayreuth, et que l'on a applaudi à Paris et à Vienne. M. Van Dyck a épousé, en 1886, la sœur de Franz Servais; ajoutons qu'il a fait d'excellentes études littéraires et juridiques, et qu'en collaboration avec M. de Roddaz, il a écrit le scénario du joli ballet de M. Massenet U Carillon, Nous ferons figurer, sur cette même liste, Noté, de l'Opéra de Paris, et Massart, mort récemment.
En ce qui regarde la virtuosité instrumentale, nous rencontrons, dans les générations les plus récentes, pour le violon, M. Thomson, de Liège, cité particulièrement pour son habileté dans les passages en double corde ; il fit partie de l'orchestre privé du baron de Derwies, donna des concerts en Italie, se créa une situation à Berlin, professa au Conservatoire de Leipzig, et, en 1897, remplaça, au Conservatoire de Bruxelles, M. Ysaje. Celui-ci, plus jeune d'une année que le précédent, a fait toutes ses études au Conservatoire de Liège. C'est en se produisant ensuite comme soliste dans les concerts de Bilse à Berlin qu'il a perfectionné son beau talent. Ses tournées triomphales en Europe et en Amérique lui ont valu une réputation universelle. C'est un artiste de première
ligne, aussi remarquable par l'intensité du sentiment que par la puissance du son, la perfection du mécanisme, la hauteur et la pureté du style. On sait, déplus, quels mérites il-a déployés comme organisateur et chef d*orchestre de la Société des Concerts symphoniques de Bruxelles, Son frère Théophile, pianiste distingué^ qui a professé pendant deux ans au Conservatoire de Genève, est l'auteur d*une Fantaisie pour piano tt orchestre sur des thèmes wallons, jouée à Bruxelles et à Paris par M. Raoul Pugno, de concertos de piano et de divers autres ouvrages.
C'est à l'étranger, en Amérique, que s'était, pendant un temps, établi Ovide Musin, qui, depuis 1898, est professeur de violon au Conservatoire de Liège; en Amérique de même, à Montréal, où il est mort.
nous trouvons Jehin-Prume, jadis élève des Conservatoires de Liège et de Bruxelles, et neveu de François Prume, nommé ci dessus ; né à Stavelos, en 1816, il a composé cette Mélancolie, si souvent jouée autrefois par Sivori dans ses concerts à Paris et à l'étranger. A Paris, succédant à un autre Belge, Massart, a longtemps professé au Conservatoire Màrsick, de Liège, virtuose en possession d'une réputation légitime, qui a reçu l'enseignement de Heynbug ^et de Lambert-Massart, et qui a remporté de grands succès d'exécutant dans les deux mondes. Il a composé, outre trois concertos, des morceaux brillants pour son instrument. Citons encore, comme violo* nistes, Deru et Ten Hâve, — et, comme violoncellistes, Ed. Jacobs, Jacob, Lowensohn.
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Aux Concerts Ysaye, qu€ nous venons de mentionner, on a souvent remarqué un excellent hautboïste, Guidé, professeur, depuis i885, au Conservatoire de Bruxelles, où il a formé de remarquables élèves, et qui, musicien instruit, a contribué à répandre en Belgique les œuvres de la jeune école française.
Comme chef d'orchestre de valeur, nous désignerons M. Léon Jehin, qui fut premier violon à la Monnaie, dont il dirigea plus lard forchestre ainsi que celui du théâtre d'Anvers, et qui enseigne l'harmonie, comme professeur-adjoint, au Conservatoire de Bruxelles. On sait quels services il a rendus à Tart dans sa direction de Monte-Carlo, d'Aix-les-Bains, etc.
Il a, comme compositeur, fait preuve d*habileté et de goût.
Pour ce qui concerne le piano, en
vue duquel Gobbaerts a énormément écrit, principalement des arrangements pour les éditeurs, en partie sous les pseudonymes de Streabbog (anagramme), • Ludovic et Lévy^ nous compléterons les indications antérieures en nommant Van den Bergh, Pauline de Smet, Arnold et Mathias Hennen (Frédéric Hennen est un violoniste apprécié ainsi que son fils Charles). Jean-Baptiste Stéphany a écrit pour le piano une foule d*œuvres devenues populaires ; il a habité Anvers pendant trente ans et s'y est fort distingué soit comme professeur, soit comme exécutant pour la musique de chambre ; il est mort il y a cinq ans. Nous signalerons encore Gurickx, élève d'Auguste Dupont qu'il remplaça comme professeur des classes de jtunes filles au Conservatoire de
Bruxelles, et surtout de Greef, l'un des meilleurs artistes de ce temps, élève de Louis Brassin et de Zarembski , chaleureusement accueilli en Angleterre, en France, en Allemagne, et qui, compositeur de mérite, a écrit une Suite symphonîque, une Ballade en forme de variations sur un vieux thème flamand pour instruments à archet, et une Fantai^ sie pour piano et orchestre sur de vieilles chansons terriennes. De Greef est, depuis 1888, professeur au Conservatoire de Bruxelles. — C'est un jeune pianiste belge, Emile Bosquet, qui a remporté, à Vienne, l'année dernière, le prix du Concours international et quinquennal institué par Rubinstein. Nous devons nommer enfin, parmi les pianistes, Sydney Van Tijn, M»" B. Balthazar-Florence et Cloiilde Kleeberg.
L'excellent Conservatoire de Liège a été fondé par le roi Guillaume l*' des Paj's-Bas, et ouvert le i*"" mai 1827 sous la direction de Daussoigne- Méhul, qui Ta organisé sur les mêmes bases que celui de Paris, où ce musicien de valeur, neveu du grand Méhul, avait précédé Halévy en qualité de professeur d'harmonie pratique. De 1862 à 1872, il fut dirigé par Soubre, auteur d'un opéra, Iso- Une, d'une symphonie, etc., et qui a laissé deux filles, cantatrices de talent. Le Conservatoire de Liège a pour directeur actuel Jean-Théodore Radoux, compositeur d'une cantate^ Caîn, d'Ahasvérus, cantate qui lui valut le premier grand prix d'e Rome en 1859, du Béarnais, joué à la Monnaie, de la Coupe enchantée (en 3 actes), etc., et auteur d'un écrit sur Henri Vieuxtemps, sa vie et ses
auvres. Créé en i833, le Conservatoire de Gand a été, de 1871 à 1899, sous la direction du successeur de Mengal, Adolphe Samuel, compositeur fécond, auquel on doit cinq opéras et opéras-comiques, sept symphonies, des cantates, etc. Le Conservatoire de Gand, institution de l'État depuis 1879, a présentement pour directeur, comme nous Tavons dit ci-dessus, M. Emile Mathieu.
A Anvers, le Conservatoire, d'abord municipal, est devenu, depuis 1895 y « royal d, sous la direction de P. Benoit, son fondateur. Il ne réunit pas moins de trente-huit professeurs parmi lesquels figure M. Jan Blockx.
Le Conservatoire de Bruges a été, à partir de 1870, longtemps dirigé par M. Van Gheluwe, inspecteur des écoles de musique en Belgique, et qui a composé des cantates ; cet
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établissement a maintenant à sa tête M. Mestdagh. Celui de Mons est, nous l'avons dit, sous la direction de M. Van den Eeden. Nommons encore les écoles de musique de Louvain, Namur, Audenarde, Verviers, Arlon, Tournai, Malines, Ostende, Alost, Charleroi, Courtrai, et celle de Schaerbeek et Saint-Josse-ten- Noode. En iSyS, les écoles musicales, pour toute la Belgique, atteignaient déjà le chiffre de deux cent seize.
Nous avons dit qu'il est peu de pays où, d'une façon pratique, la musique soit plus cultivée qu'en Belgique. Le goût des grands «festivals»
y est presque aussi développé qu'en Allemagne. Il y a une soixantaine d'années que cet usage y a pris naissance. Parmi celles de ces solennités qui ont laissé une trace, nous trou
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vons, dès 1887, le festival d*Anvers, où, sous la direction de M. Jacques Bender, quatre cents chanteurs et instrumentistes exécutèrent les Saisons. En 1840, le jubilé de Rubens motiva, dans la même ville, une fête musicale qui dura deux jours, et où Ton entendit, notamment, le Christ au mont des Oliviers de Beethoven et des fragments du Messie de Hândel. La direction était confiée à Hanssens et Albert Grisar.
En 1884, nous rencontrons, à Bruxelles, l'exécution, sous la direction de Fétis et Daussoigne-Méhul, au temple des Augustins, par cinq cent cinquante chanteurs et instrumentistes, du Messie, et d'une symphonie du second de ces deux musiciens, écrite à l'occasion du baptême du premier Prince Ro^al, mort deux sTns après sa naissance.
Dans les années suivantes, des événements musicaux analogues se produisent à Gand, à Namur, puis de nouveau à Anvers et à Bruxelles, en cette dernière ville grâce à l'initiative de la Société lyrique,
A dater de 1869, on tenta, avec la participation du gouvernement, de rendre ces festivals régulièrement périodiques. Trois journées y furent consacrées cette année-là à l'occasion de l'inauguration de la Gare du Midi. Samuel dirigea ces fêtes musicales, dont Vieuxtemps et Aug. Dupont furent les principaux solistes.
Mais, malgré le concours de la Société de musique de Bruxelles, aujourd'hui dissoute, les festivals ne réussirent pas à s'établir d'une manière permanente. Les derniers eurent lieu en 1880 et i883.
La musique, en Belgique, n'a pas
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été moins redevable à l'institution (les Concerts populaires, dont le promoteur a été M. Adolphe Samuel.
Après ceux de Bruxelles, il faut mentionner ceux de Bruges et de Liège.
Ces derniers, fondés par Huioy, nommé plus haut . professeur au Conservatoire de cette ville, et auteur de deux opéras représentés en 1872 et 1874, ont fait place aux Concerts d'hiver de S^^lvain Dupuis.
A citer aussi les concerts de Verviers, et leur très intelligent directeur Louis Kifer.
Très nombreuses sont, en pa^s belge, les sociétés de musique. Une énumération,à cet égard, nous mènerait trop loin. Bornons-nous à dire que, il y a vingt ans, on évaluait déjà à environ deux mille le total de ces associations, consacrées soit au chant, soit à la musique instrumen-
taie. Parmi elles, on doit mettre à part, avec la Legia, les Disciples de Grétry (directeur Delsenne), et le Choral mixte que dirige, à Bruxelles, M. Soubre.
Depuis 1840, il existe à Bruxelles un (t prix de Rome », décerné tous les deux ans et duquel ont été successivement titulaires un bon nombre de musiciens parvenus à la renommée. Le premier lauréat fut Etienne Soubre, élève de Daussoigne-Méhul. Notons que deux compositeurs, nés à l'étranger, l'un en Allemagne, l'autre à Copenhague, Stadtfeldt et Lassen, tous deux naturalisés Belges, ont, en 1849 et i85i, obtenu ce prix.
Nous dirons, selon notre habitude, un mot des éditeurs, obligatoires
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collaborateurs du mouvement musical. La célèbre maison Schott et Bis, de Mayence, avait, au début du siècle, fondé une succursale à Anvers. Elle a été, depuis, transférée à Bruxelles, où elle a pris un grand développement, et où, en 1854, elle a entrepris la publication du Guide Musical. A Liège, nous rencontrons la maison de la veuve Léopold Muraille.
La littérature musicale nous a fourni, au cours du présent chapitre, un contingent fort respectable. Dans cette même section, il faut comprendre, sous des dates plus récentes, Victor Wildcr, qui avait fait à Gand des études de philosophie et de droit, traducteur des opéras de Wagner et de beaucoup d'autres textes allemands, collaborateur du Ménestrel, auteur de livres parmi lesquels nous
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citerons Mozart, V homme et l'artiste.
Nous mentionnerons aussi Charles Bosselet, fils d'un Français fixé à Bruxelles et devenu membre de l'Académie de Belgique, longtemps professeur d'harmonie au Conservatoire, où il a formé plusieurs générations d* élèves, et compositeur de mérite.
Jeune encore, M. Fierens-Gevaert, gendre du directeur du Cotiservatoire de Bruxelles, où il a fait des études brillantes, est un écrivain de talent, rédacteur des Débats, de V Indépendance belge, de la Revue de Paris, de la GaTLette des Beaux- Arts, de la Revue de l'art ancien et moderne, du Guide Musical, où ont paru ses travaux sur Adam de la Halle, sur Bach et Hândel. Il a donné deux livres du plus haut intérêt, l'Essai sur Vart contemporain et la Tristesse contemporaine. — Léop. Wallner,
professeur au Conservatoire de Bruxelles, et fort érudit, a publié surtout des études sur la musique allemande.
Nous joindrons à son nom ceux de Henry Maubel, à qui Ton doit une intéressante étude sur Schumann, d'Eckhoudt, le romancier bien connu, auteur d'une notice sur P. Benoit, de Systermans, Gust. Lagye, Solvay, Davin, René Vauthicr, etc., critiques musicaux justement appréciés des principales feuilles politiques belges.
Des services de premier ordre ont été rendus à l'art et aux lettres par M. Maurice Kufferath, issu 'd*une famille d'artistes dont nous commencerons par résumer brièvement la carrière. L'un de ses oncles, Louis, venu d'Allemagne, violoniste et compositeur de talent, avait beaucoup contribué à développer le goût de la