JO HISTOIRE
quable amateur plutàt qu'un spécialiste. On l'a quelquefois rapproché desdiffifanfiFloreatios, ses contemporains, qui contribuèrent tant, comme le montrera notre Hisloirt (en préparation) iftJa musique iiali(nn<,à introduire dans l'art un nouvel esprit. Les préfaces de ses recueilsde 1601 et 161I sont remplis de vues ingénieuses.
Comme compositeur, il se rapproche, surtout quand il emploie la mesure & trois temps, du genre populaire, mais il s'entend aussi à se servir d'un style plus savant. Pour le recueil de 1601, Philippe Rossetor avait été son collaborateur. — Campion composa aussi de la musique pour des Masquts, musique qui comportait parfois un orchestre assez nombreux, par exemple, dans un cas relevé par M. Romain Rolland, en 1607, une quarantaine d'instruments.
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PE LA MUJfQUE ANGLAISE ^i
Nos îndicalions seraient incomplètes si nous ne disions un mot de Thomas Greans, de Tobias Hume [surtout auteur de musique instrumentale), de John Dangel, de John Bartlett. — Parmi les œuvres de Thomas Ford, une ravissante pièce, « Since first I savf your face » a acquis et gardé une légiiime popularité. On l'exécute encore partout en Angleterre, malheureuseraenl avec une harmonie modernisée.
Nous n'omettrons pas HenrjYoull.
Thomas RaTenscroft, déjà précédemment mentionné en tant que théoricien, a droit, comme compositeur, à une place assez importante. Alphonse Ferrabosco, lils de l'IlalieD précédemment nommé, fut tenu en haute estime. Deux autres Ferrabosco se firent connaître par la suite.
Anglais italianisé, Giovanni Co-
perario [Cooper) se raltaclie à l'école du style monodîque. Outre ses pièces instrumentales, nous avons à rappeler son i Masque of Flowers >.
Un autre musicien, Nicholas Lanier, qui avait réellement du sang italien (et aussi françaisj dans les veioes, a
ce sens, donné en passant une première indication — à la formation du style dramatique. Comme Campion, dont nous pariions un peu plus haut, Lanier était un homme muni de dons fort variés. Charles ]'' l'envoya en Italie pouryrecueillirdes tableaux; lui-même était distingué comme peintre et comme graveur.
Nous retrouvons encore la trace de Thomas Lupo, de Thomas Giles, de William Corkine, Daniel BacheloT, Robert Haies et Robert Martin ; de John Maynard, cOnnu par sa mu-
DE LA HUSIQUK ANGLAISE ji
tique instrumentale; de Henr; Liclf fild, auteur de bons madrigaux à <:inc| Yoix; de Robert Tailour, John Altcy, John Earsden.Sir William Leighton, Kindetsley, Martin Peerson, John Amner et les trois frères Edward, Ellis ei Otiando Gibbons. Il convient de s'arrêter à celui-ci, présenté comme comparable à l]yrd,et comme un des meilleurs musiciens qu'ait produits l'Angleterre. Sa musique d'église est encore jouée. Ses composilions instrumentales se recommandent par des qualités éminentes, de même que ses madrigaux, en particulier celui qui est intitulé It Cygne d'argent.
Nous nous contenterons d'une énumération rapide pour ce qui a rapport à William Wigtborpe, Malthew et William Whiie, Daniel Farrant, John Lugg, Robert Ramsay, William Brade, ïioliste, qui écrivit
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de la musique instrumentale, John, Giles et Thomas Tomkins, trois frères dont le dernier nommé est le plus important. John Watd.
On a fait observer qu'après les motets de ce Martin Peerson qui figure dans noire avant-dernier paragraphe, le genre madrigalesque est à peu près abandonné. C'est dans tes fantaisies (Fuicim) que se réfugie la polyphonie, sous la forme d'un grand nombre de morceaux pour violes — tandis que pour le clavier l'on s'en tenait, i peu d'exceptions près, à une forme plus simple, plus légère, généralement voisine du rythme de danse.
L'institution à peu près régulière du haut enseignement musical, par la création de chaires, appartient à cette période. Mais nous aurons lieu ci-dessous d'y revenir plus opportunément.
Nous avons dit, çà et là, quelque chose du théitre. Il importe, soi» ce rapport, de signaler l'usage, peu ii peu accrédité, des exécutioosde morceaux pendant les entr'actes. Même dans les pièces appartenant purement à l'ordre dramatique, le cliant avait une part. Cela s'était annoncé dès le temps d'Élisabeih. Les ouvrages de Shakespeare comportent souvent une partie musicale, des chants, comme rincaniation de Macbeth, eic... On sait que Robert Johnson avait composé la musique nécessaire pour la Ttmpilt. Les Masques (le plus célèbre peut-être est le Cornus de Millon] restaient, d'autre part, en honneur, et cela dura, semble-t-il, jusqu'à la limite du règne de Charles I*. La guerre civile eut pour conséquence
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la fermeture des théSires. Elle eut des effets aussi désastreux pour U musique d'église, délaissée en Angleterre, ■ complètemeat arrêtée * en Ecosse. A cette période agitée se réfèrent des épisodes tels que la dèstraction de l'orgue de l'AbbajFe de Westminster par une soldatesque qui emportait, dit-on, les lujraux au cabaret. Au regard de certaines sectes fanatiques, les orgues étaient classées parmi les « monuments de la superstition I. Parmi les derniers musiciens religieux qui se firent connaître aaténeureroent à ces troubles, nous désignerons William Cranford, John ou Richard Hutchinson, Henry Loosemore, el deux iiutres membres de la même famille, John et George; Henry Molle; John Mudd, Henry Palmer, Richard Portman, élève d'Orlando Gibbons, Thomas Wihon, Léonard
Woodson qui avait eu piécédemment dei membres de sa famille dans la Chapelle Royale. En regard de ces talents voués à l'art sacré signalons un compositeur profane, Walter Potier, auteur de Toccalns, Sinfonias, etc.
Des écrivains anglais ont, à une date réceoie, protesté à bon droit contre l'opinion d'après laquelle le temps de la République aurait été, d'une manière générale, défavorable à la musique. Seule la musique religieuse put alors subir le contre-coup des événements. Un fait ché plus haut par nous a pu déji faire voir, en ce qui concerne personnellement Cromwell, quel était son goût pour l'att musical. En réalité, l'époque du Commomvtalth fut, dans l'iùstoire de la musique, une période plutôt brillante, pendant laquelle l'habileté technique progressa et se généralisa.
Les concerts se multiplièrent. La production fut loin de languir. De U aussi date un redoublement d'activité dans la publication C'est ici l'occasion de signaler, à ce point de vue, Plajford, qui eut le secret de fournir au public exactement ce qu'il désirait. Cet homme de mérite, dont l'imprimeur était Godbid, nous est présenté comme une Ggure d'une véritable importance dans l'histoire artistique; il est, somme toute, le premier Anglais qui ait fait preuve de capacité dans le domaine de l'édition musicale.
La seconde moitié du siècle offre ii l'histoire de l'art plus d'un fait intéressant. A ce temps se rattache le nom de William Young, violiste, qui
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résida en Aulriche, et dédia des sonaiei h l'arcbiduc Ferdinand-Charles, William Lawes fut ud cooiposiieur fécond dans tous les styles, et plus spécialement pour les instruments. Le fils d'un des musiciens de Charles 1=', Edward Colman, compositeur, fut aussi chanteur sur le théâtre où sa femme était cantatrice. Arthur Phillipps et John Wilson, tous deux professeurs à Oxford (le premier, en cette situation, avait succédé à Nicholson] se distinguèrent, l'un comme organiste, l'autre comme chanteur et virtuose. Nous regrettons d'être obligé de nous bornera une courte mention en ce qui concerne John Gamble, joueur de cornet ayant appartenu à la Chapelle Royale ; Simon Ives, dont une ronde est encore chantée; John Jenliins, appelé par Anthony Wood ■I un petit homme avec une grande
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Sme », musicien célèbre, populaire, et que l'on nous signale comme le <• typique > composiieur iDstruraenial d'une époque dont, d'auire part, le non moins « typique . compositeur vocal serait Henry Lawes, auteur de la musique pour ce Comiu auquel nous avons fait allusion. Lawes, en effet, mérite une place un peu à part pour sa belle déclamation musicale, ses « airs parlants •>. Les meilleurs poètes de l'époque lui donnèrent leurs vers k mettre en musique.
Dans son intéressante préface du Livre d'airs tt dialoguei, il se fait le champion de l'art national contre l'art italien. Davis Mell composa assez peu de musique, mais il fut, en Angleterre, le meilleur violoniste de son temps; il avait signé la pétition adressée au Protecteur pour l'établissement d'un Collège national de mu-
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sique. Auprès de lui Paul Wheeler, pour son talent sur le violon, mérite d'être cilé. Nommons encore Thomas Brewer dont le morceau « Turn, Amaryllis t> fut alors qualifié de glt^i nous aurons plus loin l'occasioa de nous expliquer sur ce genre de composition, dont nous avons dit un mol au début de notre ouvrage. A la littérature musicale appartiennent les traitésqui portent les signatures de Christophe Symson et de Benjamin Hely. Principalement comme ayant pratiqué l'enseignement, il conviendrait de désigner aussi Alphonse Marsh et Richard Cook.
Les « amateurs > également, durant cette période, sont dignes d'intérêt. Dans ce nombre nous comprendrons Robert Bolles; Sir Peter Leycester, savant antiquaire et auteur d'un bon traité de musique ;
— John Humphrey; — Edmund Chilmead. mathématicien et philologue, qui organisa un concert hebdomadaire à Londres Silai Tajior, bon musicien, ainsi que son frère Sylvaûus, avait été capitaine de ces ■ Côles de fer " que Victor Hugo n'a pas oubliés dans son CromwtU.
II s'adonna h l'archéologie et à plus d'une autre science . Dans les rangs des amateurs de la musique doit être aussi compté, pour son goût exercé le colonel HutchiDson, le «Régicide ».
Malgré la faveur, somme toute croissante, dont jouissait la musique, le fanatisme religieux se livrait encore parfois contre elle à des manifestations assez bizarres. C'est ainsi que les Quakers proscrivirent toute espèce d'art musical. Sous l'influence de leurs doctrines un bon musicien, Solomon Eccles, jeta publiquement dans les
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flammes ses inslrumems, ei, le peuple ayant éteint le Feu, les mil eti pièces.
Dans le même ordre d'idées, nous avons vu de quelles hosiilités siogulières l'orgue avail été l'objet. Le règne de Charles II le remit en honneur. Ce fut le temps où travaillèrent
menis, John Loosemore, Dallams, Thamai de Peierborough, PrestoD de York, Jolin Taunton, Harrîsetses fils.Un Allemand, Beinhard Schmidt, se signala aussi dans ce genre de travaux. Notons que les orgues dont il est ici question étaient à l'ancienne façon anglaise, de petites dimensions et sans pédales. Il n'y eut guère, au reste, que les cathédrales et églises importantes qui furent alors munies de ces instruments. Les églises paroissiales, pour la plupart, en demeurèrent privées.
Un groupe de compositeurs doit ici prendre place : William Child, auteur de musique religieuse ;Chrisiopher Gibbons, second fils d'Orlaodo ; Benjamin Rogers à qui surtout sa musique instrumentale valut de la réputation ; ses douze fantaisies pour violon et orgue furent présentées à l'Archiduc d'Autriche comme un des meilleursspécimens de l'art du temps.
Alberius Bryoe composa de la musique religieuse. Il s'essaya aussi dans le genre instrumental. Randali Jevfett fut organiste des deux cathédrales de Dublin.
Nous retrouvons devant nous la famille Playford, un peu comme, en Allemagne, on trouve plusieurs généraiiotis dans la maison Breiikopf.
Parmi les publications qui datent de la fin du siècle, il faut citer :
The PitasanI Companhn, méthode
pour le flageolet, et quelques autres ouvrages similaires. Au même lemps appartient le Musick's Monument de Mace, imponaot et curieux ouvrage théorique, où ii est traité principalemei>t du luth.
11 faut considérer comme un des premiers orchestres réguliers ayant existé en Angleterre la bande de vingtquatre violons organisée, â l'imitation de ce qui existait en France, par Charles 11. Dans ces « violons « étaient compris des instruments à cordes plus grands et plus graves.
Baltzar, le grand violoniste de Lubeck, fut un moment à leur lête.
Il eut pour successeur dans ce poste John Banister. Un des emplois de cet exécutants était de jouer de la musique de table.
Que devenait, en celte partie du siicle, la culture de la m um que dans lescla»es populaires? Il est assez difficile de l'établir, car, d'une part, on signale sur ce point un certain déclin, et, d'un autre côté, l'on fait remarquer que cetenseignementn'étail pas négligé dans les établissements de charité oii étaienl élevés des enfants pauvres, destinés à devenir des apprentis ou des servantes. Les laitières avaient, dit-on, leurs cortèges, et revenant toutes ensemble au logis, porteuses de leur lait, elles étaient parfoisprécédées par quelques joueurs
A l'opéra proprement dit, d'ailleurs à peine o naissant a, le temps de la Restauration parait avoir été assez peu favorable. Ce qui prévalait alors, c'était une autre espèce de spectacle, drame ou comédie. La pièce avec mu-
sique était en somme le genre à la mode ; des entr'actei analogues i ceux donl nous avons déji parte, peut-
exéculés. Les pièces de Shakespeare et de ses contemporains étaient représentées dans cet esprit, c'est-àdire avec l'addition de musique, — et aussi avec un certain déploiement de décors et de figuration, — Plus caractéristiques encore de l'époque sont les concerts , déjï connus, comme nous l'avons dit, mais qui se développent alors. Quoique ce fussent parfois des réunions de genre assez humble, dont le prix d'entrée n'excédait pas un shilling, on y faisait généralement de bonne musique. Ce temps est celui de ce Britlon, dont notre confrère M, Bellaigue a parlé de fafon si intéressante, et à propos duquel, antérieurement, Fromental
Halévjr avait composél'un de ses plus jolis morceaux littéraires. Cet homme de petite origine, qui avait crié son charbon, le matin, dans les rues de Londres, possédait des dons extraordinaires pour la musique, pour les antiquités, pour toute espèce de savoir. On a prétendu qu'il avait été l'agent d'un parti politique, et que ses concerts servaient à masquer des assemblées de conspirateurs. — La souscription aux séances de Britton était de dix shilliags, et, de ses plus riches adhérents, il ne voulut jamais recevoirdavaniage. Il mourut dans les premières années du xviii* siècle, à la suite de l'elTroi que lui avait causé une mauvaise plaisanterie imaginée par un de ses « souscripteurs » avec l'aide d'un fort habile ventriloque.
Si l'on vit alors se répandre un nouvel art ecclésiastique, qui, malgré
le progrès général du savoir.était inférieur, comme portée et comme ampleur, aux beaux spécimens des époques précédentes, eu revanche de simples mélodies, colorées et poétiques, et depuis demeurées dans ta tradition, furent alors créées. Le catch, i forme d'art purement anglaise s disent les critiques, commenta depuis lors i prendre de l'importance. Ses débuts assci humbles ne Tempéchèrent pas d'acquérir, sous la plume des compositeurs expérimentés, une valeur et un accent qui en 6reni peu à peu un des genres les plus intéressants, le» plus colorésde la musique britannique.
Le progrès de la culture se marque par l'établissement, en 168^, i Cambridge [qu'Oxford, on l'a vu, avait à cet égard, précédé), d'une chaire de musique qu'occupa d'abord Suggins; il eut pour successeur
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Tudway. L'activité théorique ne se ralenilsiait pas. C'est ù l'année 1680 que remonte le traité intitulé ; Synopsis of Vocat Musick. Noble et Pigot, étudiants d'Oxford, s'occupèrent des relations des maihémaiiques et de la musique. Un excellent traité sur le même sujet fut composé par Sir Francis North. Holder s'intéressa pareillemen[ à ces questions. Différems mémoires de grande valeur scientifique furentdonnéspar Turner, Morland et Wallis ; — quant à Newton, s'il s'occupa «ssez peu d'acoustique, il toucha du moins int à la théorie musicale par ^cherches sur la vitesse du
dres, à partir d'une certaine date.
Cela explique que l'on ait, alors.
peu de chose à relever concernant la vie artistique dans les autres parties du royaume. A Dublin, l'on ne rencontrerait rien de bien saillant. En Ecosse, nous n'aurions guère à mentionner qu'une certaine fête de Sainte-Cécile, à Edimbourg, en 1 6^5, où un groupe de professionnels et d'amateurs interpréta diverses pièces instrumentales. A peine pourrait-on signaler quelques autres faibles indices d'activité musicale à Dundee et à Aberdeen.
Avant d'en venir à Purcell, par quinousclAlureronsce chapitre, nous avons encore à passer en revue un certain nombre decompositenrs: Matthew Lock, organiste, qui collabora à la partie musicale de divers ou-
vragesde Shakespeare, et soutint une polémique sur des questions techniques avec Thomas Salmon. Au gré de quelques historiens de l'art, au nombredesquels se range M. Romain Rolland, il conviendrait de voir, en Matthew Lock, un musicien considérable, et que Purcell ne doit pas faire oublier. Il serait le premier, qui, après avoir écrit des Masques, aurait dooné de la musique dramatique avec le titre d'opéra. Dans l'édition de sa Ptycbé et de sa TtmpêU, publiées sous le nom de Tht EngUsk Optra, avec une préface très combative, suivant son habitude, il revendique hautement son innovation (167S]. Disons en passant qu'il était fort lié avec Pepys, dont le Journal, source précieuse d'informations sur la musique anglaise du temps de Charles II, montre combien l'Angle-
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terre d'alors était un pa^spassionaément musicien. — Henrjp Cooke, cidevant capitaine dans l'armée rojrale, futnnexcellent professeur et composa de bonnes antiennes; — la musique de Pelham Humfrey a été longtemps chantée; — John Blow s'essaya dans plusieurs genres, et fut l'auteur d'un Masque : Vénus tl Adonis. Auprès d'eux, doivent figurer: Robert Smith, Michael Wise, Thomas Turner, qui passa, d'ailleurs à tort, pour avoir composé, en un seul jour, à l'occasion d'une victoire, l'antienne I wilt alway givt fhanks; Henry Hall ei son fils, tous deux poètes et musiciens ; Pickaver, Benjamin Lamb, Thomas Hecht, AllansoD, Nicholas Wootton, Isaac Blackwell, JohnJacksoQ, John Readîng, organiste et compositeur de mérite, qui a eu plusieurs homonymes également musiciens; William
King, Joho Ferrabosco, probablement le dernier de cetie espèce de « djrnaMte » mentionoée ci'de»us.
Puis viennenc des dignitaires ecclésiastiques : William Holder, chanoine, WitliaiD Tucker, Robert Creyghton, fils d'un évéque écossais, lui-même, investi d'un canonicat ; Henrjr Aidrich, qui Torma une splendide bibliothèque de musique anglaise et italienne, léguée par lui au collège de ChiistChurchd'Oxforddontil était doyen, et de laquelle le révérend H -E. Havergal a donné un magnifique catalogue illustré; Aidrich a écrit deux Catches, qui sont encore chantés. — Henry Bowniao, organiste, n'a laissé qu'une seule antienne, mais il a produit davantage dans le genre de la musique profane. Le nom de John Banister, déjà cité, nous ramène an théâtre, puis-
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qu'avani d'organiser chez lui des concerts, il fui te chef d'orchestre de l'entreprise d'opéra de Davenant, collabora à la musique écrite pour la TtmpiU, et publia des morceaux pour une Circé. L'activité de Thomas Farmer, qui semble avoir été doué de Tort belles facultés, s'exerça aussi dans ce sens. A la biographie de Nicolas Siaggîns se rattache une anecdote intéressante.
Tandis qu'il était à la téie des violons du roi Charles II, celui-ci donna l'ordre à l'Université de Cambridge de le recevoir docteur en musique.
On s'apprêtait à obéir au roi, mais à contre cœur, et en ridiculisant cet impétrant par ordre; le musicien, comme morceau de réception, envoya une pifece dont l'exécution, faisant taire toutes les objections, changea subitement ta situation du
tout au tout. On trouve, dans i'hîstoire musicale anglaise du xvii* siècle, trois Courteville, le grand-père, le père et le fîls. Le second eut l'honneur de collaborer avec Purcell, surua livret dâ bu chanteur Thomas d'Urfey, pour le Don Quixolt {iStfi], Le dernier, qui, tout en étant musicien, s'occupa aussi d'écrits politiques, et auquel, en déformant son nom, l'on donna le sobriquet de CourlEvU [diable de Coui), vécut très avant dans le siècle suivant.
Quelques lignes doivent èire consacrées à la question de l'origine du God save, attribué à différents auteurs, et à propos duquel on s'est demandé s'il était déjà composé en i638. Le problème n'apas, jusqu'ici, reçu de solution. On sait, à n'en pas douter, que ce choral existait en 1741, mais à cela, à peu près, paraissent se borner les certitudes.
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Nous voici atrivésà celui que l'ona puappeler le plus grand des musiciens anglais, à Purcell. Ou lui rend pleine justice en France, grâce, en grande partie , aux beaux travaux de MM. Romain Rolland et de Ménil.
D'autre part, M. Dukas, dans la Chroniqut desArli, lui a consacré une chaleureuse et très fine notice. Tout récemment, au mois de décembre 1903, M.Bourgault Ducoudray, aux conférences sur l'histoire musicale, chez M"" Herman, a excellemment parlé de lui (ainsi que de Byrd et de Gibbons), et des pièces de sa composition ont été exécutées avec un vif succès.
Le père et l'oncle de Purcell avaient, l'un et l'autre, appartenu i la Chapelle Royale, et, tous deux, i3
firent leurs preuves de musiciens distingués. Henry Purcell (il eut, lui aussi, un frère musicien que nous retrouverons ultérieurement) fit de très sérieuses éludes, notammentavec Cooke, Humfrey et Blow. Il par^t avoir composé presque dès son enfance. Vers 1676, il fut engagé comme compositeur au Dorset Garden Théâtre. En cette qualité, il collabora à la musique de trois ouvrages, la tragédie de Dryden, Aurungztb, une comédie et une tragédie de Shadwell. Cette dernière, intitulée h Libtrtin, a pour point de départ ta légende espagnole qui a servi dé thème au Don Jaan de Mozart. Des morceaux écrits par Purcell 6 cette occasion, le chant a Nymphes et Bergers u et un chœur sont, encore aujourd'hui, très connus. Il avait alors dix-sept ou dix-huit ans. Il ne
tarda pas i écrire encore de la musi<)ue de théâtre, Dotamment pour Didon el Enét. Lui-même remplistait dans cette pièce, le râle de la sœur de Didon, Anna, transformée assez bizarrement en une .Belinda.l Le seolimeot dramatique qui avait apparu chez Lanier et Lawes, il le I, mais en y joignant l'art de 1 el la haute habileté ton trapoD tique. Toutefois, ces estais ne donnent encore de lui qu'une idée insnriïsante. Vers ce temps- 1& sans doute il s'attacha à l'éiude des œuvres de Stradella, dont il s'appro' pria la suavité, qui devint une des parties intégrantes de son art propre.
C'est en 1681 qu'il devint organiste de la Chapelle Royale, et alors il composa quelques-unes de ses meilleures antiennes (d'autres, fort belles, datent de t685). En i683, il
publia de la musique instrumenlale, et, daos une préface jointe au recueil, il affirma son goût pour les Italiens, de préférence aux Français.
Ce fut sans doute sous l'influence italienne qu'il saisit toute la valeur de coloris et d'expression du violon.
Quant à la viole, il l'aimait peu, et composa mime un catch satirique contre cet instrument. Dans ses sonates, il adopta la terminologie italienne, adagio, presto, piano, etc.
Peu après, furent composées ses partitions pour Circéçi pour ['Amour ijranniqut de Dryden. C'est vers cette date que les solos de trompette devinrent un élément spécial des oeuvres de Purcell. Ces solos étaient écrits pourJohnShore(ou Showers), fils lui-même d'un instrumentiste de la même catégorie, et père et grandpére de virtuoses auxijuels succéda,
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au temps de Handel, Valeotia Sdow.
En 1690, se place la célèbre compositioD « of6cteilei, le > Yoïksbire Feast-Song», en l'honDeurdu roi Guillaume. D'autres productions du rnCme ordre sont dues à Purcell.
— Son Ode pour la Sainte- Cécile, UD de ses plus beaux ouvrages, est de 1691. D'ailleurs, sa musique religieuse est généralemeul d'une rare beauté. Son chef-d'œuvre peut- £lre, en ce genre, est le Te Dtum et Jubilait de 1694. Ici, se trouvent certaines dispositions d'orchestre, avec usage des instruments à vent et à percussion, qui sont, pour l'époque, d'une audace et d'une nouveauté surprenantes, et oii se marque un sens remarquable de la couleur et de l'effet.
D'autre part, on a vu un trait bien anglais dans son goût pour les
effets choraux, et l'on estime qu'en ce sens, jusqu'à Handel, on n'a?ait, ea Aoglaterre, rien entendu qui approchât de ses combinaisons dans ce genre.
Il est ï noter que sa musique de théâtre, celle, par exemple, de Di'oc/^tiVn^ s'applique, commeunesorte de musique de scfcne, à des drames qui ne sont pas des opéras. Une seule exception existe , son Roi Arthur, dont le poème, dû ï Drydeo, est un véritable libretlo.
Quand on considère sa fécondité, sa réussite dans tous les genres, on eît étonné de constater que sa vie très courte ne dépassa pas trente-sept années.
En somme, dans l'histoire musicale de son pays, il occupe une place à part, en ce qu'il résume à pen près tout l'effort antérieur, en y ajoutant
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des richesses inattendues de sentiment, d'émotion, de goût, d'an et d'effet.
Si quelques observations techniques pouvaient ici trouver leur place, nous appellerions l'attention, pour prouver sa virtuosité d'écriture, sur une double fugue de lui, où l'apparition du thème en augmentation produit une impression digne des plus grands maîtres de la polyphonie.
Mentionnons aussi certaines particularités harmoniques, et notamment l'emploi de la septième diminuée sans préparation. C'est un des premiers exemples que l'on puisse citer de ce qui était alors une véritable hardiesse.