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LE XVII* SIÈCLE

Jusque vers i63o voni continuer de ligner en musique les goûts que nous avons vus prévaloir dans les temps dont il est question à la fin de notre précédent chapitre. A partir des toutes dernières années du xvjc'siècle, il est à remarquer que les rapports artistiques entre l'Angleterre et le reste de l'Europe devinrent plus fréquents et pins intimes. On doit noter que des compositeurs anglais importants de t'époque, tels que Peter Philipps et Deeriug, ont passé une partie de leur existence sur le Con-

tinent. Une caraciéris tique de celte fraciioD du siècle, c'est ()ue la mutique proFane fut alors, en Angleterre, cultivée de préférence à la musique religieuse. D'ailleurs, on peut, des œuvres de Shakespeare et des dramaturges ses contemporains, inférer que la connaissance et la pratique de l'art musical étaient, vers cette date, très généralement répandues; la terminologie de la musique est couramment employée d'une fa{on qui implique la faroiliariié du public avec la technicité elle-même.

Il est bon, pour ne rien oublier, d'appeler plus particulièrement l'attention sur une certaine influence italienne, marquée par dei publications et des exécutions en présence d'auditoires de choix. N'omettons point non plus de faire observer qu'une grande partie de la musique

de Roland de Lasius fut réimprimée en Angleterre en 1598 et 1606.

Les genres de composition les plus i la mode, ce sont les Madrigaag, en style c on trapon tique et sans >ccompaf{nement, et les c Ayres s, en style libre, pour une ou plusieurs voix, avec accompagnement instrumental de luth, et quelquefois saisi de viole de gambe. Les collections de Madrigaux, Canzoneltes et Ballets qui se rapportent ï l'inierralle compris entre les dernières années do xvi« siècle et l'année i63o lont nombreuses. Le British Muséum est remarquablement bien pourvu i cet igud.

On ne saurait passer sous silence ce fait si imporunt que la musique populaire était alors très en faveur.

Les chaudronniers et autres gens de métier avaient leurs airs favoris. Il

paraissait des recueils de poésies spécialement écrites pour âtieajustées â ces mélodies courantes dont il serait possible de retrouver encore la

D'autre part, l'éveil était si géiié- Tal, daus toutes les directions, que c'est vers le même temps que Lanier [nous reviendrons plus loin sur ce qui le concerne) inaugurait, pour un Masqut de Ben Jonson, l'usage du récitatif. Ces Masqua étaient, on le sait, des sortes d'intermèdes, des divertissements dramatiques, prêtant à une assez brillante mise en scène.

Pour celui dont il vient d'être question, Lanier avait peint les décors, et il chanta dans la pièce. Quant à la musique purement instrumentale, elle jouissait d'une véritable vogue, principalement pour ce qui regarde les instruments & clavier. Après 1600, les

DE LA HUSK^UE ANGLAISE 6t

Ti'ales furent l'objet d'un engouement universel. On peut, pour cette période, distinguer quatre genres de piicei instrumentales : la Danse, avec Tariattons; — la Fantaisie {Fancy) en style conlraponiique ; — la Pièce descriptive à programme; — la Variation sur un air populaire.

Un écrivain allemand, Max Sieffert, a curieusement étudié, à une date encore récente, l'influence exercée sur les artistes de la Germanie par ce développement de la musique instru* mentale anglaise. Encore plus qu'à l'époque précédente où nous avons déjï noté ce trait, l'étude de la musique instrumentale Taisait, en Angleterre, partie de l'instruction des femmes. Il est vrai qu'un auteur du temps émet à ce sujet une remarque qui s'est également vérifiée depuis :

è savoir que les jtuna fîHes se mon-

irent trts zélé» poar ce geare de passe-temps, mais que les mêmes, une fois mariées, sont enclines à délaisser la musique.

Par une singularité assez bizarre, le violon élait dédaigné, regardé comme un instrument vnigaire, et sur ce point, à cette date, l'apport anglais est tout b fait nul.

Dans la théorie, l'on ne restait pas inactif. Sans parler des ouvrages anonymes, Dout trouvons, i la limite des deux siècles, tes œuvres d'Anthonj Holborne et de Thomas Robinson, et surtout le livre considérable, sous forme de dialogue, de Thomas Morlej, livre qui fut traduit eh allemand, et qui est peut-être, i certains égards, la production théorique la pins importante publiée en Angleterre. En 1609, Dowland traduit le Microte^aj d'Omithopar-

eus. Aux mémet dates & peu pris se rapportent les ouvrages de Thomas Ravenscrott et du docteur Flud.

Quant au traite de Thomas Campion, il reuferme des »ues caractérisiiques sur la basse, et manifeste une tendance accusée vers la pureté d'écriture et le sjsiime harmonique moderne.

Parmi les contrapontisies placés sur ce que l'on pourrait appeler la lisière des deux âges, on peut citer John Farmer et surtout Georges Waterhousequi accom plit la prouesse d'écrire plus de mille canons sur le mjmeplain-chant; Nathaniel G^les etRobertSievenson; Dallis; Thomas Mudd; William Randall; Edward Blancks; Edward Johnson; Arthur Cock; Thomai Bojes; John Bald-

win; Edmond Hooper; William Sionard; Nicholas Strogers; William Smyth; Matthew Jeffrey; Thomas Wilkioson; John Parlons. Elway Bevtn, probablement élève de Tallis, montra de l'habileté dans les canons.

L'organiste John Holmes a composé surtout de la musi<]ue profane. Oa doit au contraire k Adrian Batte»

de la musique sacrée. Peter Philipps, nommé par nous tout à l'heure en passant, est un des compositeurs les plus considérables de ce temps. Il a fait des madrigaux et de la musique religieuse. Phalèse a publié de ses œuvres. On peut, dans une certaine mesure, le rattacher à l'école de Palesirina.

Nous avons compris Byrd dans la section antérieure, mais il appartient aussibien, nous l'avons dit, à l'époque qui, pour le présent, nous occupe.

Parmi ses publications posiéiieures à l'année 1 600, nous signalerons :

Medalla Muaickt [i6o3); Gradaatia (1607); Psalms, Soiigs, and Sondls [1611 ), ainsi que sa contribution au recueil de pièces pour virginale intitulé Parlhenia ( 161 1), recueil célèbre plusieurs fois réimprimé dans le courant du xvii» siècle. — Élève de B^rd, Thomas Morley, auteur du traité remarquable dont nous parlions tout à l'heure, s'est hautement distingué dans la musique sacrée et surtout dans la musique profane. Il a été très apprécié en Allemagne, et plusieurs de ses œuvres sont encore actuellement fort connues. Plus tDléressanis peut-être que ses madrigaux proprement dits sont ses charmants halUli, compositions madrigatesques d'un rythme marqué, d'un mouvement vif, purement vocales

d'ailleurs, traitées ï quatre ou cinq voix, et aux accents desquelles on exécutait parfois des danses. — Une autre figure d'un grand relief esi celle de John Dowland, qui vojagea en Europe, et qui avait pour trait particulier la recherche de l'expression sentimentale, non moins, paraît-il, dans soa jeu, comme luthiste, que dans ses compositions. Un sonnet du temps parle de « son toucher céleste, propre à ravir les sens humains ». Il fut au service du roi de Danemark, Les critiques de son pays ont parfois éUbU un parallèle entre lui et John Field, fameux également par sa tendance au sentiment dans la composition et dans le jeu. Le fils de Dowland, Robert, a pareillement écrit de la musique.

John Bull mérite une place dans les premiers rangs des o

cette époque, moins peut-Ëire pour ses composiiions que pour son extraordinaire virtuosité sur les instruments àclavier.— Noas renconironsencore Daniel Norcome, George Marson, Thomas Hunt, John Lisie;, William Cobbold, Richard Nicholsor, John Milton, père de l'auteur du Paradis ptxdu, John Hilton. — John Mundj' a écrit des pièces de clavier qui avaient pour caractères la complexité et la difficulté. Nous nous bornerons à nommer George Kirb^e et Thomas Weelkes. — Ce fut surtout dans les madrigaux que brilla John Wilbye.

Deux de ses œuvres : c Flora gave me fairesl fiowers » et u Ladjr, when I behold » demeurèrent longtemps au répertoire des sociétés de chant et sont encore bien connues. Une opinion assez accréditée salue en lui le meilleur des madrigalisies anglais.

— Citons simplement MichafilCavendish et Robert Jones qu'il ne faut pas confondre avec un devancier homonyme. De même pour John Benoet, qui porte le même nom qu'un contemporain de DuDstable, et qui, madrigaliste de valeur, a peut-être écrit le plus beau et le plus souvent exécuté des morceaux dont la collection si connue, consacrée à la reine Élisabetli, est intitulée tes Triomphas d'Oriana.

Nous ferons encore figurer sur notre liste Richard Carlton, Thomas Bateson, MichafI East, sans doute parent de l'éditeur célèbre, auteur de jolies pièces instrumentales et de neuf fantaisies portant le nom det neuf Muses, dont l'une en particulier est demeurée très réputée. Au même groupe doivent être adjointi Francis Pilkington, Thomas Vautor,

Henry Peacham, Richard Deering, incidemment cité plus haut avec Philipps , dont les ouvrages atteignirent un haut degré de renommée.

Il a pratiqué avec succès le genre moDodique dans des pièces latines, demeurées longtemps en faveur, et que, notamment, aimait à se faire chanter Olivier Cromwell au temps ' de son Protectorat. D'après une indication que nous devons à l'obligeance de M. de Ménil, Richard Deering est le premier compositeur qui publia ses œuvres avec basso continuo, comme en témoigne le premier volume des Cantiones sacrx auxquelles nous venons de faire allusion. Auprès de Giles Farnabj et de Richard Allison, nous rangerons Thomas Campion, médecin, auteur du traité déjà mentionné, qui, versé en tout genre de culture, fut un remar-

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