‹ Histoire de la musiqueChapitre 1 sur 222 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

L'état naturel de l'homme est son état le plus civilisé.

(Yt0 de Donald, Législation primitive.)

Cette définition, due à un philosophe profond de ce siècle, trouve une des preuves de sa justesse dans le progrès des arts chez les peuples, et surtout dans le développement de l'art musical. Resté rudimenlaire et barbare là où la civilisation n'a pas encore pénétré, il est devenu chez nous l'organe des sentiments les plus variés de l'âme, des émotions du cœur, dos plaisirs de l'esprit; il s'est associé par des liens étroits à toutes les pensées de l'homme, à sa joie comme à ses douleurs, à ses impressions frivoles et légères comme aux situations les plus dramatiques que son imagination peut inventer. Il est dans la nature de l'homme de progresser. Il a obéi cà cette loi en tirant des sept notes primitives un art arrivé à un haut degré de perfection.

Démontrer ces progrès de la civilisation en ce qui regarde la musique aurait semblé naguère une tâche inutile. En possession des phénomènes naturels de la résonance des corps et des lois harmoniques qui non seulement fournissent aux compositeurs d'inépuisables combinaisons, mais encore président à la construction des instruments, les musiciens jouissent d'un privilège unique au monde, celui de se servir d'une langue universelle, d'une clarté et d'une précision telles, que les artistes d'un orchestre, espagnols, anglais, français, russes, italiens, ne parlant que leur langue maternelle, peuvent néanmoins exécuter une symphonie de Beethoven ou une partition de Meyerbeer sur quelque point du monde que ce soit.

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