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DRAME DE DANIEL

A. partir du douzième siècle, les manuscrits cessent d'être écrits en n eûmes, et les documents deviennent plus faciles à interpréter.

Le drame de Daniel appartient à cette époque. Il a été représenté à Bcauvais pour le divertissement de la jeunesse de cette ville, si l'on en croit le début du poème noté :

1NCIPIT DANIEL LUDIJ

Ad honorem tui, Cliriste, Danielis ludus iste In Belvaeo est inventus, Et invenit hune juventus.

Tous les morceaux sont rythmés régulièrement et divisés en périodes mélodiques assez variées, mais la même phrase se répète pendant tout le cours de la scène. C'est ainsi que le motif suivant était redit une douzaine de fois comme une sorie de refrain.

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La représentation pouvait donner lieu à une mise en scène intéressante, caries acteurs étaient nombreux et l'action assez mouvementée; on y voit le roi Balthasar entouré de ses satrapes, effrayés par l'apparition d'une main traçant sur la muraille les mots redoutables : « Mané, Théccl, Phares, » puis les mages, les savants chaldéens, « malhematicos Caldeos, » ensuite la reine, Daniel, le roi Darius avec sa cour, des citharistes, le prophète Abacuc, un ange et enfin les lions qui mettent en pièces les ennemis de Daniel.

Le Drame de Daniel est plutôt historique et scénique que sacré, comme le prouve le mélange du latin et de la langue vulgaire; on y remarque la présence de musiciens jouant des divertissements devant le roi Darius et ses satrapes.

« Statim apparebit Darius cum principibus suis, venientque ante oum citharistse et principes sui psallentes hœc : « Ecce Darius, » etc. Le morceau se termine ainsi :

Simul omnes gratulemur ; Resonent et timpana ; Càtharistac tangant chordas ; Musicorum organa Resonent ad ejns praeconia.

On voit que des tambourins ou des timbales, des cithares et d'autres instruments désignés par le nom collectif « organa » étaient employés dans ce drame au douzième siècle.

La pièce musicale intitulée les Filles dotées est plutôt le récit d'un miracle de saint Nicolas qu'une œuvre dramatique. Il est vrai qu'on voit tomber l'or sur la scène après la prière de chacune des trois filles, suivie de l'arrivée du gendre désiré; mais la mélodie, si mélodie il y a, est toujours la même. Ce n'est autre chose qu'une complainte. Plus on étudiera les formes musicales des mystères, sotties, farces et jeux des douzième, treizième et quatorzième siècles, plus on les distinguera des drames liturgiques, les seuls ouvrages lyriques qui aient eu de la valeur au point de vue de la poésie et de l'art. Voici la phrase presque unique de la pièce tirée du manuscrit de Saint-Benoît-sur-Loire :

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