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INSTRUMENTS A VENT

Kromliorn ou lourneboul.

(xvie siècle).

Chalemie, chalumeau

ou bombarde.

el S. Bac firenf usage les premiers, le pommer basset ou fagoUino, le pommer basse ou fagotto (basson), le pommer double quinte, contra- fagotto.

L'instrument appelé chalemie, de calamus, roseau, était muni d'une anche; le corps de l'instrument, en buis, fut perfectionné par Denner au dix-septième siècle ; il devint la clarinette et le corno di bassetto ; lorsqu'il était d'une plus grande dimension, on l'appelait bombarde.

Un autre instrument à anche appelé kromhorn et tournebout, cor recourbé, usité en Allemagne, avait un tube recourbé. On donna aussi ce nom à un jeu de l'orgue d'une sonorité belle, grave et suave à la fois, qui malheureusement a disparu dans les orgues modernes.

La cornemuse prenait le nom de musette, de chevrette. C'est la zampogna des Italiens, le bagpipe des Anglais, la Sackpfeife des Allemands ; quand elle était de petite dimension, on l'appelait sordellina. On appelait chorus une outre traversée par deux tuyaux en airain dont l'un servait d'embouchure et l'autre de pavillon.

La guimbarde est, dit-on, d'origine asiatique. En sa qualité d'anche vibrante, elle doit figurer à son rang modeste parmi les instruments à vent.

Les cors et cornets, le alp-horn ou cor des Alpes, le gems-horn, ou cor de chamois, le cor sarrasinois ont été mieux conservés dans les collections que les autres instruments, à cause de leur forme simple. On se plaisait à les orner et à les garnir de métal. Le cor de pin ou alp-horn se retrouve encore dans les pays agrestes de la Suisse.

('.bonis.

Cornets.

Les trompettes, trompes appelées busine ou buisine, du latin buccina, étaient d'un fréquent usage dans les tournois cl les cortèges. La trompette allemande, thurner-hom, le clairon, claraius, la saquebute ou trombone à coulisse, complétaient la famille des instruments à vent en métal, dont

Thurner-hom, trompette allemande.

Instruments à cordes.

on voit la forme reproduite à profusion dans les sculptures de nos cathédrales comme dans les miniatures des manuscrits du douzième au quinzième siècle.

La-harpe, instrument sacré chez les peuples du Nord, était chez nous, dès le neuvième siècle, d'un usage plus général. Le nombre de ses cordes a varié de douze à vingt-cinq pendant le cours du moyen âge.

Le psaltérion devint un instrument important par sa belle sonorité, due à la table d'harmonie, percée d'une ouïe assez large au centre et quelquefois de plusieurs au-

Harpiste du xiuc siècle.

Maison de Reims, d'après un dessin de Viollct-lc-Due.

Harpe à 12 cordes (xive siècle),

d'après une peinture

de la cathédrale du Mans.

Lyre de l'orme antique (xni° siècle).

1res plus petites, ainsi qu'au nombre de ses cordes métalliques, qui s'étendit de six à trente-deux. Au quatorzième siècle, on s'est servi de psaltérion s à trente-huit cordes doubles, ce qui exigeait soixante-seize chevilles. Au lieu d'être porté devant la poitrine, on l'installa sur une table; au lieu

INSTRUMENTS A CORDES PINCÉES

d'en pincer les cordes avec les doigts ou un plectrc, on les frappa avec des baguettes. 11 reçut alors le nom de tympanon, et, h l'heure où j'écris

David jouant du psaltcrion. (Manuscrit du ixe siècle.

ceslignes, on entend charrue soir à l'Éden-Théàtrc des artistes hongrois qui jouent de cet instrument avec une virtuosité remarquable.

Les auteurs diffèrent d'opinion au sujet de la-rate-. Le nom indique-t-il

la forme de l'instrument, ou le frottement d'une roue sur les cordes, ou encore le mouvement de rotation d'une manivelle? Les uns en font le crouth gallois d'après un vers de Fortunat où se trouve le mot chrolta ; les autres, un psaltérion arrondi, ce qui ne me paraît pas probable; d'autres enfin, une vielle avec sa roue; le fait est que la rote était un instrument à cordes dont le nombre a varié de trois à dix-sept. Nous allons retrouver cette vielle à roue dans le chapiteau de Boscliervillc.

Ange jouant du psaltérion (xve siècle).

Châsse de sainte Ursule, à Bruges, par Hemling.

Oraanislrum ou rote.

Le luth, lent, luit, lus, luz, lautc, liuto dans les auteurs, a été l'instrument poétique par excellence.

Il importe peu de trouver à sa forme une origine orientale et arabe, mais beaucoup plus de constater le parti que les musiciens ont tiré de l'accord de ses cordes et de la variété de ses intonations. La facture des luths devint une industrie très répandue, surtout en Italie, et le nom de luthier, devenu générique, s'appliqua aux fabricants d'instruments en général, à l'exception des pianos et des orgues.

Les luths le plus anciennement représentés sur les manuscrits ont les cordes simples ou doublées, c'est-à-dire accordées sur le même son. Quoique l'usage des cases ne remonte qu'au quinzième siècle, les doigts n'en produisaient pas moins tous les intervalles. On augmenta successivement le nombre des cordes, qui fut porté à six doubles, auxquelles on ajouta

INSTRUMENTS A -CORDES PINCÉES

au dix-septième siècle quatre cordes simples tendues en dehors du manche, et qui, conséquemment, étaient pincées à vide.

La caisse du luth était formée de côtes bombées et oblongues, et le

Luth à 4 cordes (xv° siècle) (Bibliothèque de Garni.)

Ange jouant du luth

Châsse de sainte Ursule, à Bruges, par Hcmling.

(xvc siècle.)

Mandore à 7 corde (xine siècle).

Mandore à 4 cordes (xme siècle) (Bibliothèque de Bruxelles.)

Mandore à cordes doubles (xvr siècle).

cheviller renversé en arrière. La table d'harmonie offrait au centre une ouïe d'un large diamètre.

Le théorbe ou archiluth, le luth, la mandore et la mandoline se distin-

guent des autres instruments congénères en ce qu'ils ont une caisse a côtes et bombée; le théorbe a des cordes à vide bors du manche.

La guitare a le dos plat.

La pandore a aussi le dos plat, mais les éclisses et la table offrent des découpures façonnées avec élégance.

La mandore était un luth de petite dimension et en différait aussi par la direction de la tête, qui était inclinée en avant. On en pinçait les cordes avec un plectre. La pandore en différait peu.

Le théorbe et l'archiluth avaient deux chevillers. La différence entre ces

Tlicorljc d'Italie et archiluth.

deux instruments consistait en ce que les grosses cordes de l'archiluth étaient doublées d'une petite octave cl les minces d'un unisson.

Par les exemples que j'ai donnés ailleurs on voit que le théorbe n'a pu être inventé par Antonio Naldi, dit Bardella, musicien attaché à la cour des Médicis, mais que cet instrument était fréquemment en usage dès le treizième siècle.

Le nombre des cordes du luth, de l'archiluth, du ihéorbc, du chitarrone, variété du théorbe, différait tellement que l'établissement des tablatures remplirait inutilement plusieurs pages de ce livre. Je ne suis pas seul de cet

INSTRUMENTS A CORDES PINCÉES

avis, car Mathcson, le savant musicien ami de Hœndel, écrivait en 1715 (Das neu erôffnete Orchesler, Hambourg) : « Un luthiste arrivé à l'âge de quatre-vingts ans a certainement passé soixante ans de sa vie à accorder; et, ce qui est pire, c'est que parmi cent joueurs, surtout s'ils sont amateurs, il est difficile d'en rencontrer deux qui soient capables d'accorder convenablement. Tantôt ce sont les cordes, tantôt ce sont les touches ou bien encore les chevilles qui laissent à désirer; et l'on m'a dit qu'à Paris il en coûte autant d'entretenir un luth en bon état que de nourrir un cheval *. » Le cistre est un petit luth ordinairement très orné. La caisse arrondie est décorée de filets d'ébène et d'ivoire, même de nacre. Des sillets mobiles placés sous le manche modifient la tension des cordes et changent l'accord

Cistre ou guitare mauresque

(xve siècle).

Colascione, imitation du tanbour arabe (xvie siècle).

Guitare à 5 cordes doubles (xvie siècle).

de l'instrument. Le mot cistre vient de cithara, Zilher en allemand, citole aussi en français. Ungelter publia à Paris en 1780 une méthode pour cet instrument, ce qui prouve qu'on s'en servait encore. Le cistre italien a dix-huit touches. Le colascione, appelé aussi morachc, est une imitation du tanbour arabe. Son long manche est divisé en une douzaine de touches. 11 a trois cordes; on l'appelle aussi guitare mauresque. La citole n'avait que quatre cordes et élait pincée par un plectrc.

1. Catalogue du Musée instrumental de Bruxelles, par M. Mahillon.

La guitare, guisterne ou guittère, diffère du luth par sa forme échancrée, son dos plat et la courbure de son cheviller. Elle s'est acclimatée surtout en Espagne.

La manière d'accorder les luths et les guitares s'appelait tablature, mais

Citolc à 4 cordes [xve siècle).

$Uift'na

Guitare mauresque, avec capo lasto (xive siècle)

Guisterne ou guiterne (XIVe siècle).

ce système aussi compliqué qu'ingénieux ne saurait être exposé utilement ici.

L'instrument à archet le plus ancien employé en Occident paraît

avoir été la ruhèbc, sorte de caisse sonore surmontée de deux cordes à

la quinte l'une de l'autre, qu'on tenait sur le genou et qu'on jouait avec un archet de forme arquée. Les sons étaient assez graves.

Ensuite vinrent les gigues, montées de trois cordes, à dos arrondi et de diverses grandeurs, d'où il résultait qu'elles formaient une famille composée du dessus ou soprano, de Yaltus ou alto, du ténor et du bassus.

La mandoline milanaise a six cordes doubles, et la napolitaine quatre doubles accordées par quintes comme les violons, sol, ré, la, mi. Mozart s'est servi de la mandoline dans la sérénade de Don Juan, et Grétry dans celle de l'Amant jaloux : « Tandis que tout sommeille. »

Le rebec était une caisse oblongue, équarrie et cintrée sur les côtés; de

plus petite taille que la rubèbe, ayant trois cordes, il rendait des sons élevés.

La vièle a été la mère de famille de toutes les violes, violons, altos ou

quintes, basses de viole. A l'origine, elle était de forme ovale et n'avait

pas d'échancrures pour le passage de l'archet. Des cordes placées à gauche

Rubèbe à 5 cordes (xve siècle).

Gigue à cheviller arrondi

(xive siècle).

Tableau attribué à Hemling.) (Bibliotbèquc royale de Bruxelles.)

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