MUSIQUE CONCERTANTE. MUSIQUE MILITAIRE
Si un grand poète, Lamartine, qui ne chantait pas et qui n'a jamais joué de la lyre, a pu écrire ce vers :
Chantons, puisque mes doigts sont encor sur la lyre,
on admettra sans difficulté que les poètes et rimeurs du moyen âge, que les auteurs de fabliaux et de rondels n'apportent à l'historien de la musique que de vagues renseignements sur la forme et l'usage des instruments. Les monuments sculptés en bois et en pierre donnent assez bien la forme, mais c'est la masse sans les détails, si essentiels pour comprendre la production de la sonorité. Les miniatures, les vitraux peints peuvent aider à retrouver la façon dont on se servait des instruments et la pose de l'artiste; mais c'est surtout l'instrument lui-même ou ses débris qui peut nous éclairer sur sa nature, son objet, sa tablature, lorsque nous le trouvons dans un musée, une bibliothèque publique ou dans une collection particulière.
Instruments à vent. — Les instruments à vent ont été chez tous les peuples les premiers dont la nature ait inspiré la construction.
Les instruments connus comme les plus anciens sont deux espèces de sifflets ou flûtes, trouvés l'un dans un dolmen, l'autre dans une couche
d'une époque dite préhistorique. Le premier a été taillé dans un bois de
cerf, le second a été fabriqué d'un os de renne. Tous deux sont percés de trous à des distances régulières.
La pipe ou le pipeau n'était autre que la flûte de Pan, c'est-à-dire l'assemblage de sept, huit ou neuf tuyaux.
Le flageolet à six ou sept trous était appelé flaiole, flajos, flaguis.
On appelait fîslula un petit sifflet.
Le galoubet, à deux ou trois trous, est encore en usage dans les pays basques; on l'appelle frestiau ou frestcl.
Les grandes flûtes droites, flauste, fleustc, flautc de Behaigne, avaient huit trous et formaient une
Flageolet. Galoubet. f-ii i . '*j • j > i 1 1
lamille embrassant une étendue considérable : la flûte basse donnait notre sol grave au-dessous de la seconde ligne supplémentaire, de la clef de sol. C'était le bassus. La flûte ténor donnait, tous les trous ouverts, le ré au-dessous des cinq lignes. Et la flûte appelée discantus produisait le la une quinte au-dessus. Mais comme le diapason de cette note la s'est élevé de deux tons depuis le treizième siècle, il faut en conclure que les flûtes droites descendaient au mi bémol. La longueur moindre de ces flûtes dépassait un mètre.
La famille des flûtes traversières, appelées flauste traversaine, se composait de flûtes discantées, c'étaient les plus élevées, de flûtes altos, de flûtes ténors et de flûtes basses. Lorsque leur longueur ne permettait pas de les maintenir en équilibre, on en soutenait l'extrémité par un support. L'étendue et le diapason différaient selon les pays.
La douçaine (dulciana), instrument à anche double, était une sorte de hautbois.
Une autre douçaine ou hautbois plus long et plus grave avait une embouchure recourbée. Ces hautbois furent divisés, au dix-septième siècle, en dessus, altos, contraltos, ténors, basses et contre-basses, sous les noms de kleine schalmey, discant schalmeij, pommer allô ou hautbois de chasse, oboe di caccia, hautbois d'amour, hautbois ou corno inglese, dont Lulli, Rameau
Hautbois
à 7 trous
ou douçaine.