INSTRUMENTS A ARCHET
La contrebasse se trouve également remonter assez haut dans le moyen âge. Car il a existé au douzième siècle un instrument de grande taille appelé monocorde, et un autre nommé dicorde ou diacorde que l'on faisait résonner avec l'archet. Le monocorde à archet, caisse oblongue s'élargissant du sommet à la base, est devenu, au moins quant ta sa forme, la trompette marine dont le son réjouissait fort le bourgeois gentilhomme de Molière. Il ne reçut la forme du violoncelle qu'au dix-septième siècle en
Duiffoprugcar, célèbre luthier de Bologne.
Allemagne sous le nom de grosse Contrabassgeige, et en Italie sous celui de contraviolone. On l'employa pour la première fois à l'Opéra dans ÏAlcyone de Marais, en 1706. Il y a eu des contrebasses à cinq cordes, mais trois seulement ont été jugées nécessaires pendant longtemps. Elles ont maintenant généredement quatre cordes, accordées par quartes à partir du mi au-dessous des cinq lignes de la clef de fa.
Qu'il y a loin de la viola alla spalla, qui ne quittait pas l'épaule, à ce
gigantesque instrument dépassant la taille humaine. M. Vuiilaume en a construit un exemplaire colossal dont la corde grave descend à l'unisson du tuyau de trente-deux pieds de l'orgue.
Les instruments de musique de Duiffoprugcar furent très recherchés
Viola da Gamba (faite par Gaspard Duiiï'oprugear)
Viola da Gamba
au seizième siècle. François Fr avait fait venir cet habile luthier de Bologne à Paris. On connaît de lui des basses à sept cordes sonnant la, ré, sol, ut, mi, la, ré, des tailles de violons et des violons d'une facture élégante.
Sur les tables de ses instruments, divers sujets sont exécutés en pièces de bois rapportées, tels que le Plan de Paris, l'image de saint Luc d'après Raphaël, du Moïse de Michel-Ange, de saint Jean l'Évangéliste. Sur les manches sont sculptés les armes de François Ier, la Salamandre et d'autres ornements. Quelques amateurs possèdent encore des spécimens magnifiques de ce célèbre luthier bolonais.