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Les Vestris et les Gardel, la célèbre Guimard et Mme Théodore, à eux six, coûtaient à l'Opéra 41 058 livres. Cette somme est devenue de nos jours le traitement d'une seule étoile de moyenne grandeur. Tout en tenant compte de la dépréciation du numéraire, on conviendra que la distance est hors de tout calcul.
La différence n'est pas moins extraordinaire entre le nombre des ouvrages représentés dans le cours de cette année et celui des opéras et ballets qui forment le répertoire annuel de notre Académie nationale de musique. En effet, on représenta en 1778 cinq opéras nouveaux : le Roland de Piccinni, les Trois Ages de l'Opéra de Grétry, la Fêle du village de Gossec, la Provençale de Candcille, Hellé de Floquet, sans compter les reprises des opéras à'Armide, d'Orphée de Gluck, de Thésée de Luïïi, de Castor et Pollux de Rameau ; on joua cinq nouveaux ballets : la Fête chinoise, Annette et Lubin, les Petits riens de Noverre, la Chercheuse d'esprit et Ninette à la Cour de Gardel. Une telle activité ne semble pas avoir été entravée par les représentations, données dans la même salle, de sept opéras italiens : le Due Contesse, la Frascatana de Paisiello; le Finte Gemelle, laSposa colerica, la Buona Figliuola de Piccinni ; il Curioso indiscretto et la Finta Giardiniera d'Anfossi. J'ai pensé que ce parallèle constaté à un siècle de distance ne serait pas sans intérêt.