RICHARD WAGNER. G
Guerre domestique, ou la Croisade des Dames, Alfonso et Estrella, ouvrages qui ne furent représentés que longtemps après -sa mort.
Les opéras de Flolow, qui ont d'ailleurs joui d'une réputation européenne, offrent plus d'originalité qu'on ne le croit; le style est gracieux, l'harmonie assez forte pour les sujets qu'il avait à traiter; c'était un Allemand qui avait des idées et savait les exprimer avec grâce. Les Mineurs de Théodore Kœrner (Theodor Kôrners Bergknappen) , Rob Roy, Stradella, V Ame en peine, Martha et l'Ombre offrent des mélodies, des duos et des quatuors charmants.
Richard Wagner pourra être regardé comme un compositeur dramatique par ses partisans d'abord, ensuite par les personnes qui seront frappées de l'appareil théâtral, mais il n'obtiendra jamais de lettres de créance qui fassent ranger ses ouvrages au nombre des opéras ni des tragédies lyriques, ni même des drames lyriques. Ce sont des œuvres symphoniques, orchestrales avant tout, et dont l'intérêt musical est soutenu par leur adaptation à une suite de faits mythologiques, allégoriques et légendaires. C'est bien là la pensée de leur auteur. Wagner appartient à la famille des symphonistes, et l'on pourra se rendre compte dans un des chapitres suivants de quelques-uns de ses paradoxes. Je me contente ici de mentionner les titres de ses ouvrages lyriques :
Rienzi, représenté à Dresde, 1842; Der jliegende Hollànder (le Hollandais volant ou le Vaisseau fantôme), à Dresde, 1845; le Tannhauser, à Dresde, 1845, et à Paris en 1861; Lohengrin, à Weimar, 1850; Tristan et Yseult, Munich, 1865. La tétralogie : Rheingold (l'Or du Rhin), Die Walkûre (la Walkyrie), Siegfried, Gôtterdàmmerung (le Crépuscule des Dieux), Der Ring der Nibelungen (l'Anneau des Nibelungen). Cette tétralogie, intitulée Fête théâtrale (Riihnenfestspiel), a été représentée à Bayreuth les 15, 14, 16 et 17 août 1876.
Avant peu d'années on se demandera si les faveurs royales dont Wagner a été l'objet plus qu'aucun compositeur connu ne lui ont pas procuré une gloire factice et si elles n'ont pas contribué ainsi à propager une esthétique creuse et par conséquent stérile.
La musique dramatique ne commença à exister en Angleterre que sous Jacques Ier. Dans la tragi-comédie intitulée Cambuse, une musique instrumentale se fit entendre pendant un banquet, sur la scène. En 1655, on représenta le Triomphe de la Paix, dont la musique était de W. Sawes, le livret de Shirley et les décors du célèbre architecte Inigo Jones. Il y eut
sous la sombre domination de Cromwell un temps d'arrêt, mais le rétablissement de Cliarles II changea le cours des idées en Angleterre. On suivit l'exemple de la cour de France ; le roi réorganisa le service de la musique de la chambre; il eut aussi comme Louis XIV ses vingt-quatre violons, et employa les talents des violonistes Thomas Baltzar, Danister, Matteis, des organistes Smith et Harris ; en 1685, on représenta Circé, opéra composé par Danister, Albion et Albanhi.s de Dryden, mis en musique par Grabut ; des compositeurs d'un mérite supérieur brillèrent ensuite, ce sont : Purcell, Humphry et Gibbons. Purcell donna son opéra de la Reine des Fées en 1692; son frère fit représenter vers la même époque The Judgement of Paris au théâtre de Drury-Lane. Clayton introduit l'usage du récitatif italien dans Arsinoe, queen ofCyprus (Arsinoé, reine de Chypre), en 1707.
L'opéra italien prend possession de la scène anglaise. Urbini, sopraniste, les chanteuses Margarita et la Baronessa chantent un opéra en trois actes d'Alexandre Scarlatti, Pirro e Demelrio,et produisent une grande sensation. Ces artistes chantaient leurs rôles en italien tandis que les acteurs anglais leur donnaient la réplique dans leur propre langue. Cette bizarrerie ne se prolongea pas longtemps; car Hœndel arriva à Londres et y opéra des merveilles. 11 organisa des troupes excellentes de chanteurs et de cantatrices dont les noms sont restés lontemps célèbres : c'étaient d'abord Urbini, Boschi, Mmes Isabella Girardo, Schiavonetti ; ensuite la Faustina, la Cuzzoni, Bernacchi, Senesimo, Carestini. ïfendel écrivit un grand nombre d'opéras pour le théâtre de Hay-Market : Rinaldo, il Pastor fîdo, Arminms, Teseo, Amadis, Rhadamiste. Après lui, les opéras anglais reprirent faveur, mais surtout dans les classes inférieures. L'aristocratie anglaise n'a jamais apprécié un opéra à moins qu'il ne fût chanté en italien. Les compositeurs qui ont écrit des ouvrages pour Drury-Lane et Covent- Garden ont été cependant nombreux ; Arne, Shield, Mazzinghi, Storace, Dibdin, Bishop ont laissé des mélodies intéressantes, en général peu développées.
La Russie doit à l'impératrice Catherine la création d'un opéra italien à Saint-Pétersbourg. Elle fit venir Paisiello pour l'organiser, et depuis ce temps une troupe italienne donne des représentations chaque année. Les artistes les plus renommés se rendent volontiers en Russie, où il leur est offert des avantages pécuniaires considérables. En dehors des maîtres du répertoire italien, il y a aussi des compositeurs nationaux qui ont attiré l'attention sur leurs ouvrages. De ce nombre est Glinka, auteur de l'opéra