MAITRES DE CHAPELLE ET ORGANISTES
symétrique soutenail l'intérêt. Hsendel et Sébastien Bach, employant le style fugué presque constamment dans les chœurs, ont moins vieilli que les musiciens français, qui ont négligé ce procédé savant et ingénieux.
Louis XIV attachait de l'importance à l'exécution de la musique sacrée. Il voulut que les musiciens symphonistes qui s'abstiendraient de se rendre à l'orchestre payassent neuf livres d'amende. Tous les jours il y avait messe et vêpres en musique ou messe basse avec un ou deux motets. Le nombre
Jean-Pierre Guignon, de Turin, roi des violons.
des chanteurs fut porté à soixante. Ce fut sous la régence de Louis XV que la messe en musique n'eut lieu que les dimanches et les fêtes seulement. On congédia alors la moitié des exécutants avec des pensions dérisoires. Lalandc avait eu pour assesseurs Campra, Dernier et Gervais, auxquels il abandonna généreusement trois quartiers de ses émoluments. En 1726, Destouches, l'auteur d'Issé, lui succéda.
Sous le règne de Louis XV, la chapelle continua à péricliter; les musi-
cicns qui s'y distinguèrent le plus furent Mondonville, Daquin et Mlle Couperin, organistes; Leclerc et Guignon, violonistes; Mlle Antier, chanteuse; Rcbel, Bury, Mathieu, Giroust, maîtres de musique; ces deux derniers exercèrent leurs fonctions jusqu'à la Révolution.
Pendant le Consulat, il y eut un commencement de réorganisation du service de la chapelle dans la salle du Conseil d'Etat, qu'on aménageait ou plutôt qu'on déménageait en conséquence. Sur les ordres du Premier Consul, Paisiello réunit huit chanteurs et vingt-sept symphonistes qui, sous la direction de cet habile compositeur, exécutèrent les chefs-d'œuvre des écoles d'Italie. Le 2 février 1806, la nouvelle chapelle bâtie sur l'emplacement de la salle de la Convention par Fontaine et Percier fut inaugurée. Le Sueur était le directeur de la chapelle impériale, Rey maître de musique, Rigel et Piccinni accompagnateurs. Au nombre des quinze artistes du chant figuraient Mmes Branchu et Albert Hymm, Nourrit père, Lays, Martin, Dérivis. On comptait quarante choristes et quarantetrois symphonistes, parmi lesquels brillent les noms de Rodolphe Kreutzer, Baillot, Perne, Schneitzhœffer, Tulou, Yogt, Gebauer, Sallentin, Gh. Duvernoy, Dacosta, F. Duvernoy, corniste, Delcambre, basson, le harpiste Dalvimare.
Napoléon était fort généreux envers les compositeurs. Les appointements de Paisiello étaient de 14 800 francs; une voiture de la cour était à ses ordres. La dépense annuelle de la musique de la chapelle et de celle de la Chambre variait de 520 à 550 000 francs. Elle se maintint sous la Restauration au chiffre encore assez élevé de 260 à 500 000 francs, mais, après la révolution de 1850, une ordonnance en date du 15 mars 1851 la réduisit à 171 700 francs.
Paër fut engagé pour diriger la musique des concerts et de théâtre et composer toutes les pièces de musique qui lui seraient commandées par ordre de S. M. Impériale. Son traitement était de 28 000 francs. Il recevait en outre 12 000 francs de gratification annuellement et jouissait d'un congé pendant les mois de mai, juin, juillet et août.
Les concerts de la chambre impériale ne pouvaient être que fort brillants avec des artistes tels que Paisiello, Paër, Brizzi, Crescentini, Tachinardi, Nozzari, Barilli, Mmes Grassini, Paër, Barilli, Festa, Sessi, Camporesi.
La musique sacrée ne fut pas moins favorisée sous le premier Empire que la musique profane. Chaque événement heureux ou qui paraissait l'être était l'occasion d'un Te Deum solennel.
Napoléon ne trouvait aucun obstacle. Ses désirs étaient des ordres. Un