‹ Histoire de la musiqueChapitre 188 sur 222 · BRUNETTE BOURGUIGNONNE · texte numérisé non relu

BRUNETTE BOURGUIGNONNE

.Allegretto

Tes beaux yeux, ma bru - net - te, tes beaux

e^-J J'*ie s r ^ i m

yeux, les au - rai; si n' les ai pas, y m'en i - rai dans les

guer - res, dans les guer - res, si n' les ai pas, y m'en i

y j ^rr^hM?

je—

rai dans les guerr' du Dau - phi

ne.

Hé!

D'autres chansons populaires s'appelaient des léridas, des out-das, du nom d'un refrain du temps.

LA ROMANCE ET LA CHANSON. 7l29

Il y avait aussi les guéridons, les Fackeltànze des Allemands, ainsi nommés parce qu'on les chantait autour d'un des assistants qui tenait un flambeau au milieu du cercle.

Les Italiens avaient aussi leurs chansons de table : c'étaient les madrigali di tavolino.

Le Mercure galant, VAlmanach des Muses et le Recueil du Caveau sont émaillés de fort jolies chansons, et aux noms que j'ai cités viennent s'ajouter ceux de Gresset, L'Attaignant, Gentil-Bernard, Piron, Panard, Collé, Crébillon fils, Bernis, Fuzelier, Dorneval, Lesage, Colardcau, Vadé, Favarl, Laujon, Boufflers, Parny qui a défini ainsi la chanson :

Fille aimable de la folie, y La chanson naquit parmi nous.

Souple et légère, elle se plie Au ton des sages et des fous.

Quand j'aurai encore nommé de Piis, Armand Gouffé, Désaugiers, Béranger, dont le grand talent de poète, malheureusement pour sa gloire, s'est fourvoyé dans les préjugés d'un faux libéralisme, tantôt impérial ou tantôt républicain, quelquefois déiste, et souvent tout à fait libertin ; lorsque j'aurai rappelé le nom de Pierre Dupont, poète, non sans talent, des ateliers, je croirai avoir terminé la liste des principaux chansonniers. M. Guslavc Nadaud ne saurait être rangé dans cette catégorie, parce qu'il est à la fois poète et musicien. Il nous appartient à ce dernier titre, et nul doute que, si ses études techniques eussent été plus complètes, il n'ait composé des ouvrages lyriques distingués, pleins de naturel et d'une sensibilité charmante.

La société du Caveau, fondée en 1733, réunit tous les amateurs du genre épicurien. Béranger en devint membre en 1813. Les chansonniers se servaient d'airs connus sous le nom de timbres, comme le faisaient les auteurs dramatiques dans les comédies jouées sur les théâtres de la foire et dans les vaudevilles.

Depuis que le mauvais genre de l'opérette burlesque a pris dans les plaisirs publics une place presque prépondérante, certaines chanteuses trop connues ont répandu le goût des chansons dans lesquelles l'équivoque et la grivoiserie tiennent lieu d'esprit et de finesse. Ce répertoire en a enfanté un autre d'un genre plus abaissé encore, à l'usage des nombreux cafés-concerts.

Ces couplets ne sont plus chantés sur des airs connus tirés de la Clé du Caveau. Il y a des musiciens, je ne dis pas des artistes, ce serait profaner

ce noble nom, qui alignent des noies pour accompagner ces lazzi grossiers, ces turpitudes immondes; leurs droits d'auteurs sont tarifés et versés avec exactitude, et tel auteur de la musique d'une de ces chansons en a tiré plus de bénéfice que Rossini des partitions du Barbier et du Comte Ory.

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