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Joueur de Ilùtc double.

1. Histoire de Vart, par MM. Perrot cl Chipiez, t. III, fig. 400 et 40t.

en somme, se compose de deux tétracordes successifs et reproduisant les mêmes intervalles.

ut, ré, mi, fa.

sol, la, si, ut.

ré, mi, fa, sol.

la, si, ut, ré.

mi, fa, \ol, la.

si, ut, ré, mi.

Ce qui explique pourquoi la lyre n'avait primitivement que quatre cordes. On la croit originaire de la Thrace; elle avait pu être, à l'origine,

Lyre à 4 cordes.

Lyre à 5 cordes.

Lyre à 7 cordes.

Lyre à 9 cordes.

formée d'une carapace de tortue : on en couvrait la partie concave d'une planchette ou d'une peau tendue servant de table d'harmonie; de chaque

Lyre à 6 cordes. (Vase du Musée de Naples.

Lyre à 7 cordes.

côté s'élevaient des branches recourbées, terminées en forme de cornes de taureau, et reliées dans la partie supérieure par une tige de roseau ou une

baguette, autour de laquelle s'enroulaient des courroies servant à tondre les cordes. Le musicien faisait résonner celles-ci à l'aide d'un plectre eu ivoire, en corne ou en bois; il se servait aussi des doigts. On ne tarda

Lyre à 10 cordes.

Lyre à 11 cordes; Manière d'accorder la Ivre. Cithare à 5 cordes.

pas à ajouter des cordes à la lyre. Les monuments sculptés et peints, ainsi que les médailles, nous en offrent des spécimens à cinq, six, sept, huit et jusqu'à onze cordes.

Cithare à 11 cordes.

Cithare asiatique à 9 cordes.

La cithare était une lyre perfectionnée dont la base était carrée et les côtés plus largement espacés. Elle fut adoptée à l'origine par les Lesbiens, ce qui lui a fait donner le nom d'asiatique.

La cithare a été mise sous les doigts d'Apollon et des Muses dans un grand nombre de monuments. L'Apollon citbarède et la muse Érato qu'on

Muse Érato.

Apollon citharède.

Cithare jouée avec le pleetre.

voit au Musée Pio-Clémentin en sont des exemples. On se servait aussi du pleetre pour pincer les cordes.

La peclis et le barbitos, la phorminx étaient de la famille des lyres et

Barbilos à 9 cordes.

Magadis lydienne à 20 cordes.

différaient entre eux par le nombre et la longueur des cordes, ainsi que par l'acuité ou la gravité de leurs sons.

Anacréon parle d'un instrument à vingt cordes, qu'il appelle la magadis lydienne. D'autres auteurs donnent aussi le nom-de magadis à une flûte ; mais il semble que ce terme s'applique surtout aux effets d'octaves, produits

par les instruments ou les voix, caractérisés par le verbe : y.ayotdiÇeiv, d'où l'on a formé le mot technique magadiser.

La magadis avait quelquefois la forme d'une harpe comme le nebel hébraïque.

Les Grecs se sont servis aussi d'instruments étrangers à leur nation,

Harpe assyrienne Cithare grecque Lyre

ou nebel. à 7 cordes. à 6 cordes.

tels que la sambuque, le trigone de Syrie, le nebel, le kinnor ou psalté-

rion, le sradix, le clepsiambe, le simikion monté de

trente-cinq cordes, dont la plupart étaient doubles; l'épi-

gonion, monté de quarante cordes, rendant seulement,

par la même raison, vingt sons. Tous ces instruments

ont été introduits dans l'Hellade, et leur provenance est

ionienne, syrienne, assyrienne, en un mot asiatique.

Instruments à vent. — Les Grecs ont donné un grand nombre d'épithètes aux flûtes, selon leur forme, leur sonorité et les circonstances clans lesquelles on en faisait usage. Les principales étaient : la flûte droite ou monaule; la flûte oblique ou plagiante, dite encore flûte égyptienne; la flûte moyenne ou hémiope, qui produisait des demi-tons ; la flûte double ou libyque, faite en bois de lotus et appelée photinge; la petite flûte double appelée paranienne, dont les tubes étaient de même longueur; la grande } flûte double béotienne, bombykos; la flûte phrygienne ou Yélyme, à laquelle on ajoutait une corne ; la flûte thébaine, à anche, recouverte en cuivre et rendant des sons analogues à ceux^de notre cromorne; enfin, la flûte à chevilles dont on voit la figure dans un bas-relief antique (page 201.)

Flûte à 7 trous.

(Musée Capitolin.)

Les flûtes à bouche étaient préférées par certains musiciens aux flûtes à anche. Un célèbre joueur de flûte, Théléphane de Mégare, dont Pausanias a décrit le tombeau et qui vivait au temps d'Alexandre, blâmait l'usage de l'anche et, au dire de Plutarque, il aimait mieux ne pas concourir aux jeux pythiques que de se faire entendre sur une flûte à anche.

On trouve des exemples de flûtes doubles percées de trois trous, et aussi d'autres qui en ont quatre, cinq et plus encore.

L'artiste, pour les jouer, se couvrait ordinairement la bouche d'un ban-

Double flûte.

Flûte double. Flûtes jointes.

Phorbéia,

deau appelé cpopësta, phorbéia ; c'était une lanière de cuir qui permettait de ne laisser pénétrer l'air qu'à volonté dans un des tubes.

On voit aussi des doubles flûtes avec un nombre inégal de trous, des flûtes jointes (tibise, eonjunctx) n'ayant qu'une seule embouchure. 11 était permis, en bouchant des trous, de faire entendre un bourdon ou noie dormante pendant la mélodie jouée sur la seconde flûte.

La lyre et la double flûte produisaient au moins trois sons différents. Dans quels rapports étaient-ils ? étaient-ils consultants ou dissonants ? Cette harmonie ou concomitance aurait-elle été tolérée par notre oreille? Jusqu'à présent, on n'a pu que faire des conjectures. Nous donnons la figure de deux centaures qui paraissent goûter un grand plaisir à la musique qu'ils font.

La syrinx ou flûte de Pan ne se trouve guère qu'entre les mains des satyres, des faunes et dans les scènes idylliques et pastorales :

Pan primus calamos ccrâ conjungere plures Institûit.

Les sept notes de la gamme se succèdent sur cet instrument primitif. On en voit des spécimens nombreux, et je n'en connais pas qui n'aient que

Lyre à 7 cordes, double ilùle.

quatre tuyaux. Ce qui prouverait que le tétracorde n'a jamais été considéré comme suffisant pour une mélopée quelconque. La syrinx offre les tétracordes juxtaposés; ce fait, peu remarqué, a une grande importance.

Vendangeurs foulant le raisin aux sons de la flûte à chevilles. (Bas-relief antique.)

Au temps de Platon, les flûtes avaient un nombre de trous suffisant pour produire les sons de tous les modes, par conséquent une échelle assez étendue; car il s'exprime ainsi dans son traité de la République : « La

ilùte égale par le nombre de ses notes l'instrument qui a le plus de cordes. Les instruments sur lesquels on peut exécuter tous les modes (et il y avait quinze échelles) ne sont-ils pas des imitations de la flûte? »

(Lib. m.)

La trompette (coclrn^) est signalée par Homère comme un instrument dont le son porte au loin, et le cri d'Achille lui est comparé.

Un bas-relief conservé au Musée du Capitole représente un faune jouant de la trompette.

C i j. JiX *7-

Faune jouant de la trompette.

(Musée Capitolin).

Faune dansant en frappant des cymbales. (Musée Capitolin.)

La conque marine ou buccin, le kéras, trompe en corne de génisse, se retrouvent dans beaucoup de bas-reliefs.

Ainsi que je l'ai dit plus haut, on annonçait au son de la trompette, à Olympie, les récompenses décernées aux vainqueurs.

Instruments à percussion. — Les instruments à percussion chez les Grecs sont bien peu nombreux, et c'est à leur éloge.

Les femmes marquaient le rythme des processions et des danses avec le tympanon, large tambour de basque, étroit et sans disques métalliques. Les cymbales étaient de petite dimension; le faune dansant nous en offre un modèle, ainsi que les nombreuses représentations des bacchanales, des fêtes de Diane et des danses des corybantes.

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