‹ Histoire de la musiqueChapitre 76 sur 222 · PP · texte numérisé non relu

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C'est à l'aide d'un travail de cette nature qu'on peut mettre en partition les anciens morceaux à deux, trois, quatre et cinq voix, dont les parties sont écrites à la suite les unes des autres non seulement dans les manuscrits, mais aussi dans les premiers ouvrages de musique gravés. Lorsque les parties sont superposées, leurs valeurs réciproques ne se correspondent qu'imparfaitement. Le calcul est encore nécessaire dans ce cas.

La note longue était dite parfaite lorsqu'elle valait trois temps, et imparfaite lorsqu'elle en valait deux.

Longue parfaite, elle avait la queue à droite, n ; imparfaite, elle l'avait à gauehe, Zl .

On voit d'après le tableau dans lequel j'ai résumé les effets des ligatures et de la disposition des notes caudées et des groupes aseendants et descendants, combien ces effets étaient arbitraires et variables. Il en était de même à l'égard des notes isolées.

Lorsque deux brèves se succédaient, la première valait un temps et la seconde en valait deux.

Lorsque deux semi-brèves se suivaient entre deux longues, ° P f °, ou entre une longue et une brève, o f f P, la première semi-brève valait le tiers d'un temps.

Les Italiens ne tardèrent pas à intervenir dans la pratique du contrepoint primitif, qui a pris naissance dans les Flandres et rendait nécessaire l'emploi de valeurs proportionnelles. Marchetto de Padoue, entre autres musiciens italiens des treizième et quatorzième siècles, fait mention dans ses traités de fractions plus petites que la semi-brève, exprimées par une figure de note losangée avec queue ; c'est la noire moderne. Il formule aussi, avec des exemples concluants, les tendances attractives des notes, d'après le nombre de commas qui les séparent, ce qui fait remonter au treizième siècle le sentiment de la résolution des dissonances. Mais c'est encore un Flamand, Philippe de Vitry, qui, à la fin du treizième siècle et au commencement du siècle suivant, détermine avec le plus de clarté ce qu'il nous importe de savoir, la phase d'éclosion de la musique symphonique.

La valeur des notes est déterminée par le mode. Le mode est parfait ou imparfait.

Le mode parfait est désigné par un cercle tracé sur la portée, xe, ou

par trois barres verticales, zLz; l'unité de mesure est la longue, qui vaut

trois temps, ou la double longue, qui en vaut six. C'est la mesure ternaire.

Le mode imparfait, désigné par un demi-cercle, ^, ou par deux barres,

, a pour unité de mesure une longue qui vaut deux temps, ou la double longue, qui en vaut quatre. C'est la mesure binaire.

11 y avait, à cette époque comme à présent, des mesures composées, tant il est vrai que l'esprit humain subit toujours la loi de la nature des choses.

Le temps lui-même est parfait ou imparfait. Si la brève vaut trois

semi-brèves, le temps est parfait; si elle n'en vaut que deux, le temps est dit imparfait.

On désigne par trois points inscrits dans le cercle, si le temps est parfait; par deux points, s'il est imparfait : (v) (Y)

On désigne par deux points inscrits dans le demi-cercle le temps imparfait dans le mode imparfait : (T

La semi-brève est fractionnée en deux ou trois minimes. Cette division s'appelle prolation. Trois minimes forment une prolation majeure; deux minimes, une prolation mineure.

Jean de Mûris, ou de Meuris, ou de Meurs, donne pour unité de mesure au mode parfait, qu'il appelle majeur, la maxime qui vaut trois longues parfaites, c'est-à-dire neuf temps, et au mode parfait mineur trois longues imparfaites, c'est-à-dire six temps.

maxime.

FIGURES DES VALEURS longue, brève, semi-brève, minime.

Ces notes étaient généralement noires. A la fin du quatorzième siècle on adopta, dans le Nord, ce qu'on a appelé la notation blanche :

TABLEAU DES SIGNES DE QUANTITE Mode majeur parfait. Mode majeur imparfait. Mode mineur parfait.

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Mode mineur imparfait.

Temps parfait.

Temps imparfait.

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Prolation majeure parfaite.

Prolation majeure imparfaite.

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Prolation mineure parfaite.

Prolation mineure imparfaite.

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