RAINE
4° Manuscrit français 846 (ibid.).
Ce manuscrit (ancien 7.222, Cangé 66), vient de la bibliothèque Baudelot. C’est un volume du xme den sur vélin, à deux colonnes, in-8° (242 mm. sur 16), d
151 feuillets. Les 383 chansons, classées par ordre alphabétique, ont été identifiées par Cangé; la musique est toujours notée. Le manuscrit a des capitales ornées.
Poètes-musiciens : ADAM LE Bocus, AuBixs DE SEZANE, AUDEFROIS LI BASTARS, BLonprAux DE NEsLE, CARAUSAUX, LE CHASTELAIN DE Couci, Cozars Li BourTeicrers, Coin MusET, LE GUENS D’ANJOU, LE CUENS DE BRETAIGNE, LE CUENS DE BRAINE, LE CUENS DE LA MARCHE, LE DUC DE BrasanrT, Esrace pe Ras, Gaces BrRuLEz, GAUTHIER D'ARGIES, GAUTHIER p'Espinais, GAUTHIER DE SoiGnies, GILBERT DE BERNEVILLE, GirARDINS pe BouLoicxe, Guios pe Dicon, Gogix pe Raïxs, GuisLaume L1 ViniErs, Hucues pe Bresi, Jacques DE Cuison, JEHAN Erars, JEAN De Maison, Jenan 0e Nuevise, JEAN 11 Cuveciers D’ArR4s, LAMBERT Feris, Manieu DE Gant, Monitor DE Paris, OuparT pe LAcEN1, PERRIN D'ANGECORT, Pierre DE CREON, Taisaur DE Navarre, RicuarTt DE Fornivar, Ricsarr DE SEeMmiLi, Rogert MauvoisiN, RogerrT DE Reims, ROBERT DU CHASTEL D'Arras, Taisaur DE BLazon, Tomas ERIERS, LE VIDAME DE CHARTRES, RENAUD DE SALVEIL.
5° Manuscrit français 847 (ibid.).
Ce manuscrit (ancien 7.222*, Cangé 65) est de plusieurs mains, de la fin du xrn° siècle. De format in-16 (193 mm. sur 139), sur vélin, il comprend 340 chansons et 228 feuillets (moins le feuillet 92). Les pièces donnent d’abord les noms des auteurs, puis sont anonymes; la table des auteurs a été dressée par Cangé en tête du volume. Les chansons en général sont notées, sauf quelques-unes où les portées sont seules tracées (f* 23, 24, etc.). Le manuscrit a des lettres historiées.
Poètes-musiciens : Apans DE LE HALE, AUBIN DE SEZANE, BAUDE DE LA QUAKRIERE, BAuDOIN pes Aurieus, Baupox LorGuenEur, BLonprau DE Neece, BurNiaus DE Tors, CHANOINE DE SAINT-QuenTIN, CHARDONS, LI CHASTELAINS D'ÂRRAS, LI CHASTELAINS DE Couci, LE Cnivre pe Rains, CoLars 11 Boreicziers, Couix Muzer, LI GUENS D’ANJOU, LI pux pe Bregan, Eusrace 11 Painrres, Gaces BRuLLEz, GauTier p'Arcirs, GauTier D'Espinais, GILLEBERT DE BERNEVILLE. GILLE DE Messons, Grues Li Viniers, Go8in DE Rains, Gonrisx DE SoiGnies, HUGUES DE Bresiz, Huiraces DE Fonraines, JaQuEs DE Cuison, JAQUES DE Here, Jaques D Osrux, Jenan Erars, JEnANOT Paon, Moxier r’AnrAs, Monior De Paris, Onarr DE Laceni, Orne DE LA Couroïgrie, PERRIN D’ANGE- CORT, PIERRE DE CREON, Li QUENS DE BRETAGNE, RAOUL DE Beauves, Raour pe Ferrieres, RaouL DE Soissons, RicHART DE Founivaz, Ricnarr DE SemiLir, Rogerr pe BLois, ROBERT DE Marseroes, RoBerr DE Rains, Rosenr Mauvorsin, RoGERET pe CANBRAI, LI ROIS DE NAVARE, SAUVAGE D'ARRAS, SIMON D’AUTIE, TIÉBAUT DE BLAZON, LI TRESORIERS DE L’ILix, VieLARsS DE CORBIE, LI VIDAME DE CHARTRES.
6° Manuscrit français 1.591 (ibid.).
Ce manuscrit (ancien 7.613), du xiv° siècle, est sur vélin, de 184 feuillets (245 mm. sur 171), à une seule colonne. La plupart des 264 pièces sont anonymes; généralement la musique est notée, sauf pour quelques jeux-partis. Ce manuscrit a appartenu aux Dupuy.
Poètes-musiciens : Le ROY DE NAvARRE, HUBERT CHANCESEL, ANDRIEU Conrrenis, Anprieu Douce, RicHART DE FOURNIVAL, LI VIDAMES DE Cuarrres, Quesnes, AuperRois 11 Basrars, JAquEs DE Dempierrr, Monxios, SENDRART, JEHAN DE Tournay, CozarT LE CHANGEUR, RENIER DE QuariGNON, Hur, GuiLLAUME 11 VINIER, SAUVAGE, Gasses BRruLÉz, LE CHASTELAINS DE Coucy, RaouL DE Soissons, Huc pe Barçcy, PIERRE DE CrAoN, BLonpraus, Carasaus, RoserT pu Caasrez, Martins Li Bécuixs, GASTEBLÉ, CuvVELIERS, GERARDIN DE BOULOINGNE, CHRESTIEN DE TRo1r, Jean LE CHARPENTIER D'ARRAS, PERRIN D'ANGECOURT, ETC,
7° Manuscrit français 12.615 (ibid.).
Ce manuscrit (ancien supplément français 184), connu sous le nom de « chansonnier de Noailles », appartenait d’abord au maréchal de ce nom. Bien conservé, ce volume in-4° sur vélin (305 mm. sur 202) est sur une colonne, de la fin du xm° siècle et du xiv° siècle, et compte 233 feuillets. La musique manque souvent.
Poètes-musiciens : Li ROIS DE NAVARRE, L1 QUENS DE BRAINE, CHoLars 11 Bourezcers, WiciiauMes LI Viniers, GHILEBERS DE BERNEVILLE, SymonsD’AuTire, Hues p’Axras, Rourins DE Congie, SAuvALES Cnoses, Carpons pe Croisizzes, Rociers p’AnpeLis, RoBers DE BLrois, Hues DE Saint-QuenTiN, Oupars pe LacEent, ErNous Caupains, CRESTIIENS pe Troïes, Jenans DE Norvize, WVizars DE CoRBiE, SALVAGES DE Bérune, Besrornés, BAuDpe DE LA Kaxerie, PERROs DE Bez Marois, Azars DE Cnans, JaxemEs DE Cysoic, Hues Dn’Oisx, AuperRoïs 11 Basrars, Viains D'Arras, Manius DE GANT, JAKEMES 11 VINIERS, LI Moines DE Samnr-Denis, Pierre Li Borcnes De Lire, Jeuans n’Esquri, Jemans Bopgaus, CapPELaINs DE Loon, Apans DE GIivencr, GILLES Lx Viniers, Jeans Erars, BLonneaus, Manuis 11 Juis, Josezins DE Drson, jeman DE Tri, Ricars DE Furnivaz, Raos DE Sissons, GaAUTIERS »'Espixau, Quenes MurnissEs, DE CrEon, Rogers DE MEMBEROLES, Hucses DE Brécs, Boucars DE MarLi, LI viname DE CusrTRes, TirBaus ve Brasow, Ausuixs, Gonriers, Moxios, Pieres DE Corsie, Raous Dr FERIERES, PIERERINS DE LE CourELE, Li QUENS DE Cousi, Tuumas HeriErs, ANDRIUS Conrrepts, GAuTIERS D'ARGIES, HuEs DE LA FERTÉ, Pieres De Moins, Baupuins Des AUTIEUS, KIEVRE DE Raïns, Guior pr Dicon, Gasse BruLLés, ROBERS DE LE Prere, Wigers CaukeseL, Simons
»'AuTie, Jenans DE Renri, Apaxs 11 Bocus.
34k LE LYRISME RELIGIEUX ET PROFANE DU MOYEN AGE
8° Manuscrit français 24.406 (ibid.).
Ce manuscrit (catalogue de Bure 2.719, anc. La Vailière 59), est du milieu du xm° siècle. Sur vélin in-4° (285 mm. sur 195), 155 feuillets. Il comprend des chansons profanes, qui ne sont pas identifiées dans le manuscrit, et des chansons à la Vierge. La première partie (celle des chansons) est notée. Les initiales sont ornées.
Poètes-musiciens : LE ROI DE Navarre, RicHarD DE SEMILLI, GASSE BruLé, VipaMe DE CHaRTRES, PERRIN D'AncecourT, Monior D’ARRAs, CnasreLain DE Coucyx, RaouL DE Soissons, GUILLFBERT DE BERNEVILLE, TaisauT DE BLAson, Tuierry DE Soissons, Martin LE Béçuin, Gau- TIER D'EspiNau, etc.
9 Manuscrit R. 71 de la Bibliothèque Ambrosienne, à Milan.
Ce manuscrit, sur parchemin, du xrve siècle (142 feuillets de 280 mm. sur 190), comprend (d’après M. Beck), des chansons notées des poètes suivants : Fozcuer DE Marseia, BERNARD DE VENTADOR, G. Fainiz, ArxauT DE Miroizz, Naimeric DE Pucunan, Piere Vipar PEror, Peire Raimon De TELosA, R. DE VaoQEiRas, RicRART DE BERSEzIL, RaïmuxD De Miravaz, NARNARD DANIEL, GinezM DE SANDISLER, ENPowz DE Cappoiiz, Nuc pe SansiR; PERDIGON.
10° Manuscrit C. V. 181 de la Bibliothèque Chigi, à Rome.
Ce manuscrit, qui renferme plusieurs ouvrages différents, est du xive siècle. Il comprend, entre autres, des chansons notées de : Guin[aur] ve Bornezu, pu comTE DE Poitou, et d'anonymes.
11° Manuscrit Christine 1.490 de la Bibliothèque Vaticane, à Rome :
Ce manuscrit du xrv° siècle, de format moyen, a appartenu à Claude Fauchet; il est mutilé; il renferme 181 feuillets, sur deux colonnes. Les portées sonttracées, mais les notes manquent parfois.
Les auteurs sont : 11 ROIS DE NAVARE, Li CASTELAINS De Couct, GaAu- TIER DE DARGIES, GASSON, LE VIDAME DE CHARTRES, PIERRES Dr MOoLAINESs, Quenes ve Bierune, LE Duc pe Braganr, Uces pr Bresi, Mevurisses pe Craox, Jakemon DE Cison, Raous pe Soissons, WiLLAUME LI Vinier, Ricnanr, Mouxios, ADanxs Li Bocus, GaibiFer, JAKEMES 11 Vaners, Rogerr De CaAsTEL, JeEHANS Lt Peris, Waizzaumes VEaus, BAUDESs Au GRENON, Henris Amions, Maruieu DE Ganr, Simons p'Aurie, CoLars L1 Boutriiciirs, JEuan BrrteL p'Arras, ROBERT DE LE Pier, JEnan
FRemAuSs DE Lise, JEHAN DE GRiÉvILER, JEHANS DE LA FONTAINE DE Tournai, Wizammes D’AMIens, BLonpraus DE NEëLE, GILEBERT DE Bernevire, PERRIN D’AucicourT, Cuveier, Martin LE Becin, Taumas Heriers, WAsTEBLÉ, CRESTIENS DE TROIE, Jenans Erars, Nieveros AmIoNs CARASAUS.
12° Manuscrit Egerton 974 du PBristish Museum, à Londres.
Ce manuscrit (ancien Van de Velde, 15.119), est un petit volume sur vélin de la seconde moitié du xrm° siècle. Dans la seconde partie se trouvent des chansons avec musique de:
Cozarp 11 Bourizzer, RaouLs, Jeans DE NurFvire, Grasses BRULEZz, LE CASTELLAIN DE COUCY, ET D’ANONYMES.
Il n’y a pas d'ouvrages généraux, qui donnent les indications biographiques essentielles sur les principaux trouvères et troubadours. Mais des renseignements précieux sur l'existence de ces poètes lyriques sont fournis soit par d'anciennes sources, soit par des articles autorisés ou des monographies importantes.
Ainsi, pour les troubadours, une série de biographies assez courtes et sèches, mais intéressantes, a été conservée dans plusieurs manuscrits des chansonniers provençaux, notamment dans les manuscrits français 1.592, 1.749, 854, 12.473 de la Bibliothèque Nationale de Paris. Plusieurs sont dues à Hugue de Saint-Cire. Ces biographies n’ont pas une autorité indiscutable et il faut les contrôler; mais elles donnent en tous cas un tableau fidèle de la haute société intellectuelle de l’époque.
V. Ravynouarn, Choix des poésies des troubadours, t. V (1820); — Rocuecupr, Parnasse Occitanien (1819); — Mann, Die Biographieen der Troubadours (2° éd., 1878); et Die Werke der Troubadours (1846-1882, 2 vol.). Une traduction française (Les vies des troubadours écrites en roman) en fut publiée en 1866; et une traduction italienne, par le comte GaLvani, a paru en 1870. Diez s’en est servi dans son ouvrage : Leben und Werke der Troubadours (2° éd., 1882). Enfin, M. C. CHABANEAU en a donné une édition intégrale dans la nouvelle Histoire du Languedoc, t. X, 209 (Les biographies des troubadours, en langue provençale, Toulouse, 1885, gr. in- 40), Il a intercalé des extraits de divers auteurs relatifs à ces poètes (Guillaume de Malmesbury, Orderic Vital, Etienne de Bourbon, Benvenuto da Imola, ete.). Cette édition, excellente à tous égards, comprend un appendice très utile : c’est la liste de tous les poètes et
auteurs provençaux du moyen âge. — Il faut encore mentionner pour les poètes provençaux, des ouvrages qui dérivent de ces vies manuscrites : Jean De NosrreDamE : Les vies des plus célèbres poètes pro: vençaux, Lyon, 1575; et Mior (l'abbé), Histoire littéraire des troubadours, contenant leurs vies, 1774, 3 vol. in-12.
Pour les vies des trouvères, il n'est pas de source analogue, et ofrant une pareille unité. Aucun travail, par conséquent, ne rendra les services de l’ouyrage de M. Chabaneau. L'article général le plus complet est celui de Paulin Paris aux tomes XXII et XXIII de l’Aistoire littéraire de la France.
Les pays allemands ont eu, eux aussi, leurs troubadours et leurs trouvères : ils s'appellent les Minnesünger (du vieux mot Minne, indiquant la pensée sentimentale dont l’objet est la femme aimée, et Sänger — chanteur). Leur âge d’or commence en 1180. Que leur lyrisme ne soit qu’une imitation, une continuation ou un reflet du lyrisme provencçal, lequel a rayonné partout, sur l'Italie de Dante et de Pétrarque, comme en Espagne, comme dans la France du Nord et au delà grîce aux trouvères, c’est ce que certains critiques d’outre-Rhin n’admettent pas, mais ce qui parait certain. Ils ont chanté l’amour et cette sorte de rituel idéaliste dont notre poésie courtoise l’avait entouré. Le respect de la femme, dit un auteur allemand contemporain (Hermann Kluge) est « quelque chose de purement germanique, e{was echt deutsches.… » Le Minnesänger Wolfram von Eschenbach dit cependant avec précision que « de Provence sont venues en pays allemand les bonnes traditions : Von Profans in tütsche Land die rechte Mere uns sind gesannt. (Le même Wolfram, dans son Parzival — écrit en 1205 et 1215 — cite, parmi ses modèles, Chrétien de Troyes et Kyot (sic) von Provence.) Ils ont eu aussi des Lieder religieux dont le principal sujet, comme en France, a été la Vierge Marie, et des Lieder politiques. Leurs poèmes ont une grande variété de rythme (dôn — mètre) et de mélodie (Wise, Weise); ils se composent d’une série de strophes dont chacune est formée de trois parties : Stolle, Gegenstolle (équivalents, en petit, de strophe et antistrophe) et un Abgesang, assez développé (sorte de réduction de l’épode antique). Îls n'étaient pas destinés à être lus, mais chantés ; ils étaient même, à la cour des princes et dans les châteaux des nobles, accompagnés d’un instrument, d'ordinaire la viole,
« mit der fidelen », ou « nach der gigen ». Selon l'usage français, beaucoup de Minnesänger avaient auprès d'eux un garçonnet chanteur, un « Singerlein » à qui ils apprenaient un chant et qu’ils envoyaient ensuite, comme une lettre vivante, à la dame de leurs pensées (Ainsi, le troubadour B. de Ventadorn faisait porter sa chanson par le jee Corona à sa dame de Narbonne).
La B. N. de Paris a possédé jusqu’en 1888 un très beau recueil des poésies (texte littéraire seul) des Minnesänger formé, au commencement du xiv® siècle, par un patricien de Zurich, Roger Manessé; après en avoir fait faire une reproduction phototypique (2 vol. anc. allemand 32, fac-sim. folio 271-272), elle l’a cédé, contre d’autres manuscrits, à un libraire de Strasbourg; il est aujourd'hui à la Bibl. palatine de Heidelberg.
On a souvent parlé d’un grand concours de chanteurs qui aurait eu lieu au commencement du xx siècle à la Wartburg, à la cour du landgrave Hermann, et à la suite duquel les vainqueurs se seraient partagé les biens des vaincus. C’est une légende ayant pour fondement quelques vers d’une poésie allemande de 1216 voulant célébrer les goûts artistiques du landgrave, et employant l’idée d’un concours, probablement à titre d’allégorie poétique.
Les Minnesänger étaient pour la plupart des nobles, des chevaliers, des personnages de très haut rang, assez rarement des bourgeois ou des hommes de « petite extrace ». Leur nombre fut très considérable; le seul manuscrit de Manessé contient les compositions de 140 poëtes-musiciens, parmi lesquels l’empereur HENR1 VI (mort en 1197), le puc Henri IV pe BresLau (+ 1290), le ror WENzEL DE BoHÊME (+ 1305), le marGRAvE Ornox IV pe BranpeBourG (+ 1308), Kowran1x, le dernier descendant des Hohenstaufen (+ 1268). On possède, en tout, les Lieder de 160 compositeurs.
Les principaux, après ceux qui viennent d’être nommés, sont le CHEVALIER DE KURENBERG ; Drermar von Aisr, bavaroiïis; SPERVOGEL (tous les trois parmi les plus anciens); Hervricm von VELDEKE, avec lequel commence la lyrique de cour; Farenricn von Hausen, qui fut très en faveur auprès de l'empereur Frédéric Barberousse; Heinrica von Moruxcen, chevalier de Thuringe; Reinmar le vieux, qui vécut assez longtemps (1177-1194) à la cour de Léopold VI d'Autriche; WALTHER VON DER VoGELwWE1DE, né dans le Tyrol, mort à Würsbourg en 1230, chantre délicat du printemps, de l'amour, de la Sainte-Trinité.…. (A partir de 1220 apparaît chez quelques poètes, une conception moins idéaliste de l'amour, signe avant-coureur d'une « décadence »
représentée par Neidhart, dont le monument funèbre est à Vienne, (à l'Église Sainte-Étienne); ULricn von LiGHTENSTEIN (+ 1276) qui a raconté lui-mème les aventures de sa vie amoureuse dans une | autobiographie intitulée « Au service des dames » (Frauendienst); Heinricn von MeisseN….
Les mélodies des Minnesänger que nous possédons, dit M. Hugo Riemann (dont je résume ici quelques pages), ne sont pas aussi nombreuses, il s’en faut! que celles des trouvères provençaux et français. Par un heureux hasard, le manuscrit d’'Iéna reproduit, avec la mélodie, un poème du vieux Spervogel (xn° siècle) qui nous éclaire sur l’art primitif. Depuis 1830, on était persuadé que les mélodies des Minnesänger étaient de la musique mesurée d’après le système de l’époque franconienne. Le vrai point de vue fut indiqué en 1896 par Paul Runge qui, abandonnant les anciens errements, vit dans les mélodies un rythme libre conditionné par celui du texte verbal. « Il serait incompréhensible, dit M. Hugce Riemann, qu'a une époque où on avait d'excellents moyens pour indiquer avec précision les valeurs de durée, on ait persisté pendant longtemps à employer les neumes sur lignes comme dans les livres primitifs du chant liturgique, s’il ne s'agissait pas d’un rythme très simple suffisamment marqué par le. texte littéraire lui-même. » Ainsi, M. Hugo Riemann observe d'abord que dans le poème de Spervogel, la mesure est assez libre. Le premier vers des treize strophes de l’ensemble a de dix à quatorze syllabes ; le second, de onze à seize; le troisième, de sept à dix; le quatrième, de huit à onze; les cinquième, sixième et septième, de sept à dix; le huilième, de sept à huit. En chacun d’eux le nombre des accents (Hebungen) varie entre trois et sept (il est vrai que M. Riemann admet plusieurs syllabes consécutives frappées de l'accent); la césure a une place indéterminée, On pourrait en conclure que les chants des Minnesänger ont à peu près le même caractère, au point de vue du rythme, que le plain chant (syllabique). ;
elles sont les indications auxquelles nous croyons devoir nous borner en parlant des troubadours, des trouvères et des minnesänger, sans pénétrer plus avant dans la partie du sujet qui appartient à la philologie littéraire des romanistes.
Nous avons tenu à donner la liste de tous les poètesmusiciens français d’après les manuscrits que nous avons pu connaître; ce sont en effet des ancêtres vénérables autant qu'aimables : ils ont ouvert la source de cette monodie sentimentale et galante qui s’est répandue dans toute la période de la Renaissance et jusqu’à l'heure présente, en gardant le caractère original de notre race.
Bibliographie.
La « Provence » est issue du démembrement de la province (unique jusque vers 314) de la Narbonnaise qui s’étendait (en gros) de Genève à Toulouse. Du x° au xri° siècle, territorialement, la Provence reste définie par le rescrit de 450, œuvre du pape Léon; c’est un duché (capitale : Arles) avec 23 cités formant 3 provinces ecclésiastiques : Arles, "4ix, Embrun. Sur cette question très complexe des anciennes limites géographiques de la Provence, v. G. DE MANTEYER, La Provence, du x° au xr1° siècle (1908).
Aux indications sur les poètes-musiciens déjà contenues dans le chapitre précédent, on peut ajouter :
Les articles du Musikalisches Wochenblatt publiés par M. Hugo Riemann : Die Melodik der deutschen Minnesänger (1897, n° 1 à 5 et 29 à 38; 1900, n° 29 à 26, 33 et 34; 1902, n°* 29 à 33 ; 1905, n°’ 43 à 48). Du même, Jandbuch der Musikgeschichte, 1905, I, 2° partie, p. 224 et suiv.. — PiERRE AUBRY, L'œuvre nilodiue des troubadours et des trouvères, dans la Revue musicule de 1907, p- 317 et suiv., 347 et suiv., 859 et suiv.. Du même, Cent motets du x111° srècle t. IIL, (Paris, 1908), p. 115-143; et Trouvères et Troubadours, 1 vol. Alcan, 1909 (B. N. 8° G. 8383). — J. BECK, Die Melodien der Troubadours,1 vol., 1908, chez Türbner, Strasbourg. (Dans un petit volume récemment publié chez Laurens, Paris, et où il a résumé son système, M. Beck annonce une prochaine édition populaire des chansons des trouvères et des troubadours, avec traduction des paroles provencales et un accompagnement de piano).
Cf. Per la storia musicale deë trovatori provengali, dans la Rivista musicale italiana, 1595-1896, par A. RESTORI, et Der Minnegesang und sein Vortrag, dans les Monatshefte für Musikseschichte, 1903, par C. WEINMANN.
A. JEANROY, DR. DEJEANNE ET P. AUBRY : Quatre poésies de Marcabru, troubadour gascon du x11° siècle, texte, musique et traduction (Paris, 1904). — JoSEPH ANGLADE, Le troubadour Gurraut Riquier, étude sur la décadence de l’ancienne poésie provençale (thèse pour le doctorat, Paris, 1905; contient une bibliographie française, italienne, allemande et espagnole).
PauLzL RUNGE, die Notation des Meistergesanges (publication de l'/ntern. Mus. Ges., 1907). — GEORG MÜNZER, die No der Meistersinger (id., 1907),