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- dans l’espace libre ménagé au milieu de la salle. Dédale les précède. Les violons jouent, marquent le rythme; mais les danses traînent, le sujet devient compliqué. Le roi s’impatiente : « — Ceux-là, qu’ont-

‘ ils donc à ne pas danser? s’écrie-t-il avec colère. Pourquoi m’avez-

vous fait venir ici? Que le diable vous emporte tous! » Le favori, le

marquis de Br:ckingham, sauve la situation : il s’élance et fait une suite de pirouettes avec tant de grâce et d’agilité qu'il ealme son souverain et provoque l'enthousiasme général. Une mythologie languissante n arrive pas à soutenir l'intérêt du ballet. Mercure annonce la fin. Suivi des ambassadeurs et des danseurs, lé roi passe dans la salle où on a dressé un souper; il y jette un regard et se retire.

Aussitôt les convives se précipitent sur les mets avec une telle furie,

que les tables sont renversées et la vaisselle brisée.

Le mask anglais emprunta beaucoup aux usages italiens et français, mais il fut en même temps une création originale. Grâce au talent de Ben Johnson pour les hvrets, il prit’ de bonne heure la forme dramatique; sans lui, sans son influence et la tradition qu’il constituait, des pièces de Shakespeare comme la Tempête et le Songe d’une nuit d'été n’existeraient probablement pas. Quant aux liens du mask avec l'opéra, ils sont visibles. Prenez un quelconque des caractères du drame lyrique tel qu’il a été conçu par Lulh, ou avant lui, par Monteverde ou J. Peri : solo ou duo vocal, récitatif, chœur, danse, orchestre, mythologie, allégorie, bel esprit, flatteries à l'adresse des grands, mächines, décors somptueux, trucs de mise en scène, costumes fastueux; tout cela se trouve, plus d’un siècle auparavant, dans le « mask » anglais.

Bibliographie.

Er. CLosson : Le manuscrit des basses danses de la bibliothèque de Bourgogne (Bruxelles, Société des bibliophiles et iconophiles de Belgique, public. de luxe, in 8°, 148 p., 1912). Sur le cérémonial de la cour de Bourgogne, voir Mémoires pour servir à l'histoire de la B.,p. 74h, et Mémoires sur l’ancienne chevalerie, t. II, p. 169, et l'ouvrage de Poisot (cotes prises à la Bibl. de Dijon : 18774, 20 168, 21 6494). — Micnez BRENET : Les Musiciens de Philippe le Hardi (Revue S. J. M., 1906). — PAUL REYHER : Les masques anglais, Étude sur les ballets et la vie de cour en Angleterre (1512-

4640), 1 vol. gr. in 8°, 563 p. (Paris, 1909, thèse pour le doctorat).

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