JONGLEURS DÉBITANT DES LAIS
servantes. » Aussitôt il est puni : la fée ne répond plus, comme jadis, à ses appels. La reine, renversant les rôles, l’accuse d’avoir voulu la séduire et répète l’insultant propos. Gté devant le tribunal du roi, il est sommé de faire com-
LA LITTÉRATURE FRANÇAISE AU XII SIÈCLE
paraître son amie ; si, au jugement de tous, elle n’est pas plus belle que la reine, il mourra. Il se résignait à périr quand on voit arriver, précédées d’un splendide cortège, deux damoiselles, puis deux autres encore ; chacune d’elles, tous le reconnaissent, est plus belle que la reine : « Laquelle est votre amie ?» — « Aucune d’elles, répond Lan val, ce ne sont que ses suivantes. » Enfin apparaît la fée : elle salue le roi et laisse tomber son manteau. Tous les yeux sont éblouis, tous les cœurs réchauffés de joie. « Par ma foi, dit Lanval, voici mon amie. » Et tandis qu’on se prépare à l’absoudre, il saute en croupe sur le palefroi de la fée et tous deux