‹ Histoire de la nation française (volume 3)Chapitre 139 sur 186 · COURTOISIE ET LARGESSE · texte numérisé non relu

COURTOISIE ET LARGESSE

DE SAINT LOUIS A PHILIPPE DE VALOIS

dieu est réduit à demander une trêve, dont il profite pour implorer le secours de Vénus (laquelle préside à l’amour sensuel) ; la déesse suit les messagers qui lui avaient été dépêchés et jure de faire triompher son fils.

Ici le poète nous transporte brusquement dans la forge de Nature, occupée à perpétuer les espèces, que Mort s’acharne à détruire : à ses pieds se tient Art, épiant en vain ses procédés ; à côté d’elle son chapelain, Génius, qui, au lieu de messe, lui représente sans cesse l’image des objets à reproduire. Tout en travaillant, elle se

plaint de l’homme, qui, seul parmi tous les êtres, s’obstine à enfreindre ses lois, et elle se laisse aller au découragement. Génius la réconforte, entend sa « confession » (qui occupe deux mille six cents vers), l’absout et lui donne pour pénitence de continuer à forger ; puis, sur son ordre, il rejoint l’armée d’Amour, revêt les insignes épiscopaux, lit aux barons assemblés la charte de Nature et leur fait un sermon (de douze cents vers), qu’il termine en excommuniant ceux qui seront rebelles aux

lois énoncées dans cette charte. Enfin Vénus, après avoir prononcé, elle aussi, un discours, lance un brandon qui enflamme le château et met en fuite les défenseurs. L’Amant, sous la conduite de Courtoisie,

pénètre jusqu’à Bel-Accueil, qui lui octroie la rose. L’auteur prend congé de ses lecteurs en protestant qu’il n’y a, dans tout ce qu’il a dit, que « fine et pure vérité ».

Page 1