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HISTOIRE DES LETTRES
Il convient enfin de citer quelques poètes. Valerius Flaccus, qui écrivit les Argonauîiques , est surtout original dans la peinture de l’amour de Médée ; P. Papinius Statius, l’auteur d’une Thébaïde, d’une Archiïïéide et de Silves ou poésies improvisées, a été imité par Sidoine Apollinaire et admiré par Dante. Les Fables ésopiques de Phèdre s’augmentent, au temps de Macrobe, de celles d’Avianus ; au onzième siècle, il en paraît une paraphrase, le Novus Avianus ; au douzième siècle, Alexandre Xeckham écrit V Aigle et la Tortue , Phœbus et Borée , V Ane revêtu de la peau du Lion. Au milieu du quinzième, Nicolas Perotti publie les Fables d’Ésope,
d’Avianus et de Phèdre, avec des interpolations. Le Traité d'agriculture de l’Espagnol Columelle est copié par Palladius, et Isidore de Séville voit dans l’auteur un orateur insigne qui a traité tout son sujet. Manilius, avec ses cinq livres d’ Astronomiques, rappelle Lucrèce par la confiance qu’il témoigne dans la raison humaine, par la négation des antiques croyances et par l’affirmation qu’il existe des lois naturelles et fixes ; il (Pompé; ‘ s’accorde avec Virgile pour faire l’apothéose de César- Auguste.
Les
ANTONTNS
Trajan et Adrien sont Espagnols, Antonin est de Nîmes, Marc-Aurèle appartient à une famille espagnole alliée à celle de Trajan. De 96 à 180, l’Empire est bien administré, puissant et prospère jusqu’à l’avènement de Commode, qui est un des plus mauvais empereurs. Puis l’Africain Septime Sévère commence la dynastie qui est dénommée syrienne à cause de l’influence exercée par sa femme Julia Domna, la fille du prêtre d’Émèse en Phénicie. Il meurt en 21 1.
La littérature de langue grecque est florissante : Dion Chrysostome et Plutarque, Épictète et Arrien, Oppien, Pausanias, Celse et Lucien, Marc-Aurèle, Ptolémée et Galien, Phavorinos et Hérode Atticus restent attachés aux antiques religions ; les gnostiques, les presbytres orthodoxes auxquels on joint Papias, Pantène et Clément d’Alexandrie, Montan et ses disciples, les apologistes Quadratus et Ariston, Miltiades et Athénodore, Hermias et Justin, Apollinaire, Méliton et Théophile, saint Irénée et ses disciples lyonnais défendent et propagent le christianisme sous des formes diverses.
Après la mort de Domitien, l’Empire est gouverné par les Antonins. Nerva, Crétois d’origine, est né dans l’Ombrie ;
LA LITTÉRATURE FRANÇAISE EN LANGUE LATINE
De même, la littérature latine compte des chrétiens, Minucius Félix et Tertullien, des écrivains qui restent fidèles aux cultes de leurs pères, Juvénal et Tacite, Pline le Jeune et Suétone, Apulée, Fronton et Aulu-Gelle, des grammairiens et des rhéteurs, des techniciens et des jurisconsultes.
De ces écrivains, un certain nombre ont servi par la suite au développement de notre civilisation et de notre littérature. Les satires de Juvénal, fort admirées au dix-septième siècle, ont été lues par les contemporains de Charlemagne et par leurs successeurs, qui y cherchent une règle de conduite. L’abrégé d’histoire romaine, où P. Annius Florus vante le règne de Trajan, a été très répandu. Le grammairien Cœsellius Vindex a fourni des extraits à Cassiodore. Les Prata de Suétone ont été étudiés par tous ceux qui ont cultivé les sciences naturelles ; ses Hommes illustres ont été souvent lus et copiés; la Vie des Douze Césars , où l’on voit fort bien que la vie politique se concentre toute alors dans l’empereur, a été imitée, pour la méthode, par les écrivains de YHistoire Auguste et par Eginhard dans l’Histoire de Charlemagne. Salvius Julianus, qui réunit et classe les édits des préteurs, Sex. Pomponius, pour qui le désir de savoir constitue la seule bonne raison de vivre, et qui compose une Histoire abrégée du droit et de la jurisprudence, travaillent pour Justinien, pour l’Occident comme pour l’Orient; le manuel de Gaïus, qui sert de base aux Institutes de Justinien, entre en abrégé dans la loi romaine des Wisigoths de 506 ; Papinien, qui embrasse tout le domaine de la jurisprudence, qui respecte toujours la morale et le droit, est utilisé dans les codes de Justinien, dans la loi des Wisigoths, et il sera encore commenté par Cujas. Plutarque, Ëpictète et Marc-Aurèle, et plus encore que ces philosophes, le médecin Galien, l’astronome et le géographe Ptolémée auront une influence considérable sur toute l’Europe médiévale. Les Nuits attiques d’ Aulu-Gelle ont, pendant plusieurs siècles, fait l’éducation des écrivains et surtout des philosophes occidentaux. Grammairien et étymologiste, archéologue et critique, historien des faits et des idées, Aulu-Gelle s’intéresse aux anciens et aux modernes ; il nous ren-