GERBERT DISCUTE AVEC OTHRIC EN PRÉSENCE DE L’EMPEREUR OTTON
LA LITTÉRATURE FRANÇAISE EN LANGUE LATINE
Annales , avec assez d’exactitude et d’impartialité, les événements dont il a connaissance en France, en Lorraine et en Italie. Son Histoire de l'église de Reims les complète et présente un curieux parallèle entre Rome et Reims qui fut fondée par des déserteurs de l’armée de Rémus. Il utilise les écrivains latins, les archives, chartes, diplômes, actes synodaux, les Vies des saints et les Passions. Richer, élève de Gerbert, puis du médecin Héribrand à Chartres en 991, écrit son Histoire de France sur l’invitation de son maître, en se proposant d’imiter Salluste : il donne des discours et des descriptions ; il recherche l’éloquence et présente bien des passages qui témoignent de son éducation littéraire, scientifique et médicale. Avec lui, a-t-on dit, la nationalité française prend une expression entière et pleine de vie. Et c’est à Reims qu’Ansellus de Fleury, rappelant parfois Virgile et Horace, place la curieuse vision d’un moine que Jésus-Christ conduit aux enfers, d’où il est ramené par Lucifer, avec lequel il discute toute la nuit.
Adson, de Montier-en-Der, assiste à la discussion de Gerbert et d’Othric. Il rassemble une bibliothèque importante et récrit de nombreuses Vies de saints (Frodobert, Mansuetus, Basol, Berchâire), dont la forme paraît alors trop négligée. Son livre sur l’Antéchrist réunit tout ce qu’en avaient dit les livres saints, les Pères et les docteurs : « Aussi longtemps, assure-t-il, que subsisteront les rois des Francs, l’Empire romain se maintiendra en eux et on ne verra pas la révolution qui doit précéder l’arrivée de l’Antéchrist. »
Mentionnons encore une églogue sur saint Lebuin et des vers sur l’hirondelle de Radbod d’Utrecht, dont les œuvres dénotent une connaissance assez approfondie de la mythologie, de la musique et de la poésie virgilienne ; des Vies de saints par Almannus d’Hautvillers ; une Translation des reliques de saint Sébastien , d’Odilon de Soissons, œuvre de rhétorique qui prouve la connaissance de la littérature classique ; un chant ecclésiastique, Alba ou l'Aube , qui a pour refrain des vers en langue romane comme on en trouve dans une pièce célèbre d’Hilaire, le disciple d’Abélard ; un ouvrage du moine de Saint- Gall sur Charlemagne et un poème mis en prose sur l’empereur, ennemi des infidèles, qui seront utilisés par les auteurs français pour la légende de Charlemagne ; YEcbasis Captivi d’un moine de Toul qui représente les animaux, loup et renard, loutre, hérisson et chien, taureau, lion et panthère, ours et chameaux — l’auteur lui-même y figurant comme un veau — d’après les explications bibliques et celles qui viennent d’Ésope, d’Horace et
HISTOIRE DES LETTRES
d’Ovide; un poème sur les plantes, de Macer Floridus, qui est peut-être le médecin Odon cité par le Regimen sanitatis de Saleme et glosé par Paracelse.
Hériger, abbé de Lobbes, successeur du célèbre missionnaire Ursmar, étudie Gerbert et, soit dans ses Vies de saints , soit dans son Histoire des évêques de Liège , cite constamment les écrivains latins, de Térence à Paul Diacre ; Folcuin écrit les histoires des abbés de Saint-Bertin et de Lobbes ; Ratherius de Liège, instruit dans les lettres sacrées et profanes, compose des Prceloquia pour aider le chrétien à lutter contre le démon, avec des citations nombreuses, qui lui servent à indiquer les devoirs des hommes et des femmes, des époux et des personnes non mariées, des parents et des enfants, du roi et des évêques. Une lettre de 958, où il défend la doctrine de Paschase Ratbert sur l’Eucharistie, contribue à la faire triompher dans l’Église.
Le onzième et le Au onzième et au douzième siècle, les Byzantins douzième siècle ont Michel Psellos et Xiphilin, Eustrate et Nicolas de Méthone; les Arabes sont dans toute leur splendeur, avec Avicenne et Alhazen en Orient, tandis que brillent en Occident Averroès, Avempace et Ibn-Tofaïl, l’auteur du roman célèbre qui montre un enfant solitaire acquérant des moyens d’existence, puis des connaissances scientifiques, métaphysiques et religieuses ; les Juifs revendiquent Ibn Gebirol, l’Avicebron des Latins. En Allemagne, il y a des écoles, des historiens et des versificateurs qui imitent les classiques ; Notker Labeo met en allemand des œuvres chrétiennes et profanes ; Conrad de Hirschau prouve, par son curieux Didascalion , qu’il a une connaissance assez étendue des classiques latins ; l’historien célèbre Otton de Freisingen est un disciple de Gilbert de la Porrée ; Wibald de Corvey lit même des ouvrages grecs. En Italie, on trouve des écoles et des hommes qui savent le grec, des traducteurs célèbres, Anselme de Bisate, qui veut suivre tout à la fois les Muses et les Saints, Pierre Damien, le mystique, qui recourt à la sagesse humaine et profane. L’Angleterre peut citer Adhélard de Bath, Guillaume de Malmesbury, Walther Map et Michel Scot, l’Espagne, l’archevêque de Tolède, Raymond, qui fait mettre en latin, par Gundissalinus et Jean d’Espagne, des ouvrages arabes ou apportés par les Arabes, Robert de Rétines, qui traduit le Coran pour Pierre le Vénérable ; Gérard de Crémone, qui donne en versions latines des œuvres d’Aristote et de Ptolémée.
Ste/n. ozwrx?>t : L pnpz et faïuctvti; notice fait tjîeeon ■
aciieifi>uv y vtcnfocev&n ( u Ce ii fit Lui )tt\\ fci iv en tcnnoi? Cjjc^tfayi# hc^ten w ct’/SwprtfOfif ttuailVinic $
(rvf&nisr'ct
^0^: ° k4nu»«fif«ulï»
lj|5& J & (hune h?n
;SB5pjjJ | fcitfr^ut foi ' ,/j soinv n»tvt
jjSÊzIlié : î 1 If? ’ *m a » /$!&*?'
>i€U^wl\utXA ncc et iHixHuivCa ttaur Refirent