JEAN GERSON
HISTOIRE DES LETTRES
vraiment admirables et qui devraient être mises à profit par nos maîtres actuels.
Ltmitation II n’est pas trop surprenant qu’on ait voulu faire de
et r. de sebonde Gerson, dont on y retrouve les doctrines, l’auteur de Ylmitation , « le plus beau livre sorti de la main des hommes ». Mais l’homme qui l’a - -—il composé a déclaré à plusieurs reprises
s. \W (— P-j yj ' qu’il ne voulait pas être connu et il a pleine-
\ ^ If . - . | 1 ment atteint son but. Il vécut, semble-t-il,
\ H < ^ Fi v M 11 de la vie mondaine et il finit par se soumettre complètement à un abbé et s’enfermer dans un couvent pour y trouver le repos. Lecteur de YEcclésiaste , comme d’Ovide et d’Aristote, mais surtout désireux, comme saint Bonaventure et Gerson, de voir le règne de l’amour et de la charité, il proclame que la science ne vaut rien sans la crainte de Dieu, comme Montaigne dira plus tard en laïque que science sans conscience n’est que ruine de l’âme.
C’est à Montaigne que nous conduit Raymond de Sebonde, mort en 1422, après avoir enseigné à Toulouse. Sa Théologie naturelle soutient, en prenant son point de départ chez saint François d’Assise et bien des penseurs du treizième siècle, qu’il faut demander au livre de la nature la justification des grandes vérités de la religion et de la morale, car il est antérieur à celui des révélations et n’admet pas, comme celui-ci, des suppressions, des interpolations, des falsifications ou des interprétations inexactes. Montaigne en a donné la traduction et a écrit Y Apologie de Raymond de. Sebonde, au moment même où les guerres religieuses et civiles, provoquées par les controverses scripturaires, avaient produit leurs effets les plus terribles. Et il a eu des successeurs qui ont poursuivi l’établissement de la tolérance, de la liberté religieuse, en s’inspirant de la religion ou de la morale naturelles.