‹ Histoire de la nation française (volume 3)Chapitre 51 sur 186 · JEAN JOUFFROY · texte numérisé non relu

JEAN JOUFFROY

(Gravure du xvi« siècle).

se publient les grandes éditions, que se poursuivent les recherches originales, soit sur la nature, soit sur les textes antiques, soit même sur les œuvres les plus marquantes de la période médiévale.

Dans les collèges, on tend — et les Jésuites contribueront à hâter le mouvement — à une certaine élégance qu’on demande au latin classique, pour les discours et les lettres, pour les petites compositions en vers ou pour les pièces de théâtre que les élèves et les maîtres continueront à produire, du quinzième siècle à nos jours. Le fond est mince, mais la forme est souvent ingénieuse. Ces exercices, scolaires et post-scolaires, aident à donner l’intelligence véritable de la poésie et de la prose ; par le latin et le grec, ils font mieux comprendre le français et en rendent l’usage plus élégant, plus précis et plus savoureux.

Après Gerson et Jean de Montreuil, on s’attache, comme en Italie, aux poètes et aux prosateurs de l’époque classique. Le bénédictin Jean Jouffroy (1412-1473) leur emprunte, pour ses discours, des expressions, des maximes et des exemples historiques. Guillaume Fichet (1433- 1490) enseigne la théologie et la rhétorique, en lisant aux étudiants les Sentences de Pierre Lombard et le traité qu’il a composé sur la science « si belle et

si riche de la rhétorique».

L’imprimerie établie à la Sorbonne publie les Epistolce du cicéronien Gasparino de Bergame, comme un modèle de style; elle donne aussi des œuvres classiques, des traités de grammaire, des recueils de lettres anciennes et modernes, qu’on propose à l’imitation, le Traité de G. Fichet lui-même :

« Pour parler le langage des poètes, dit Fichet en rappelant Alcuin et Charlemagne, les dieux et les déesses font renaître chez nous la science de bien dire. » Et Gaguin, conservant les

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