LES IMPRIMEURS
(Gravure de la Danse des Morts , par Pierre Le Rouge).
HISTOIRE DES LETTRES
formules hyperboliques de ses prédécesseurs, lui écrit : « Les Parisiens t’ont voué un véritable culte, à toi qui, le premier en Gaule, as fait briller le flambeau de l’éloquence parmi les ténèbres du discours. » Le Traité de Fichet, fait d’emprunts à l’ Invention de Cicéron et à la Rhétorique à Herennius , dicté et appris par cœur, est un vrai manuel d’école, où abondent les classifications et les formules, même les expressions non classiques ou barbares, comme disent les contemporains. Les auteurs publiés par l’imprimerie de la Sorbonne, Virgile, Cicéron, Térence étaient certes en partie connus dès la première Renaissance. Mais on les
explique, on les commente, lors de la troisième, et puis on en découvre d’autres : le versificateur Sédulius, l’opuscule mis en latin de saint Basile sur la lecture des anciens, le Pamphilus de Amore , l’opuscule contre les poètes au langage impudique, le De cœtu poetarum , qui est un véritable catalogue de poètes. Si l’on étudie la Grammaire et la Métrique de Perotti, les Elegantice de Laurent Valla et celles de Dati, le Manuel sur la composition de Sulpicius Verulanus, les Règles des élégances et les Lettres de Negri, les Epistolce aurece ou Lettres d’or de Pic de la Mirandole, les Lettres de Politien et de bien d’autres pour apprendre à écrire, à parler avec correction et élégance, on commente aussi le Grécisme d’Ëberhard de Béthune et on imprime plus de dix fois, en moins de vingt ans, le Doctrinal d’Alexandre de Villedieu : il y a évolution, non révolution, au seizième siècle, comme au huitième et au treizième, comme, plus tard, au dix-septième.
Robert Gaguin, général des Trinitaires en 1473 et doyen de la Faculté de décret, avait enseigné la rhétorique à l’Université. Il écrit en français spécialement des traductions du latin; en latin, un traité de versification, un traité et un poème sur l’immaculée Conception, une histoire de l’origine et des actions des Français. Chargé d’ambassades à Rome, en Allemagne et en Angleterre, il groupe autour de lui des Français et des étrangers, des clercs et des magistrats, des chanceliers et des évêques, Jean de Trithème, abbé de Spanheim, qui le place parmi les écrivains ecclésiastiques, Arnold de Bost, le Mersenne gantois du quinzième siècle, les Italiens Béroalde, Balbi, Vitelli, Andrelini, Paul-Ëmile de Vérone, pensionné pour son Histoire de France , Mancini et Ferabos, « poètes lauréats », qui écrivent pour lui des vers, Angelo Cato, primat des Gaules, à qui Commynes adresse ses Mémoires .