OLIVIER DE SERRES
(Gravure du xvi* siècle. Bibliothèque nationale).
HISTOIRE DES LETTRES
Fernel, viète, C’est en français qu’écrivent Bernard Palissy, l’admirable
cujas observateur doublé d’un grand artiste, Olivier de Serres, le collaborateur de Henri IV et de Sully par son Théâtre d'agriculture et par ses publications relatives à la culture de la soie, Ambroise Paré, le chirurgien de génie dont les œuvres mises en latin eurent de nombreuses éditions. Mais c’est du latin que se servent Fernel, Jean Gunther d’Andemach et Sylvius, Symphorien Champier, Viète et Cujas.
Symphorien Champier (1472-1533), dont le succès fut grand à Lyon comme praticien, s’attacha à établir un parallèle entre les Grecs et les Arabes, en traitant de la médecine et de son histoire. Jean Gunther d’Andemach, venu à Paris en 1525, y obtient l’amitié de Lascaris et de Budé, la protection du cardinal du Bellay. Docteur en 1530, c’est le premier Allemand qui, depuis un siècle, ait fait partie de la Faculté. Il fut salué comme le restaurateur de l’anatomie dans l’Université de Paris. Son ami Dubois ou Sylvius, partisan décidé de Galien, enseigne la médecine au Collège Royal. Fernel (1497-1558) est un professeur remarquable, un praticien éminent. Pour satisfaire aux besoins du temps, il rassemble tout ce qu’il y a de mieux chez les Grecs, les Latins et les Arabes. Et il y réussit, de telle façon qu’on le met au nombre des classiques, qu’on le commente à la façon des anciens. Ses livres traitent de la physiologie, de la pathologie, de la thérapeutique. Plusieurs furent mis en français au dix-septième siècle. Gui Patin écrivait encore que Fernel avait rappelé à la vie la médecine déjà presque dans la tombe, pcene sepultam. Bordeu l’a mis un peu au-dessous d’Hippocrate et à peu près de niveau avec Galien. En fait il a coordonné les doctrines antérieures et les a exposées dans un latin élégant.
Vesale, le futur médecin de Charles-Quint, l’anatomiste célèbre, étudia à Paris avec Femel, avec Jean Gunther dont il fut le préparateur et dont il édita des œuvres. Michel Servet, après Vesale, préparateur de Jean Gunther, prend à la lettre, dans la Restitution du christianisme , l’affirmation que l’âme est dans le sang, qu’elle est le sang même. Or, pour savoir comment se forme l’âme, il faut savoir.