DES ORIGINES A LA FIN DU XI‘ SIÈCLE
mirni, histriones, thymelici (mots qui attestent bien leurs liens originaires avec le théâtre), scurrce , puis, plus tard, joculatores. Aux neuvième et dixième siècles, les textes qui les concernent se font de plus en plus nombreux et précis, le clergé les accablant d’invectives de plus en plus violentes : évidemment ces gens-là étaient en train de se faire une place au soleil et leur succès était devenu pour les hommes de Dieu un danger redoutable.
De leur répertoire, qui voulait être plaisant et qui, vu les mœurs du temps, était surtout grossier, rien ne s’est conservé (sauf quelques anecdotes facétieuses résumées en latin) ; l’idée en effet ne pouvait venir à personne de gâcher, de déshonorer une feuille de parchemin en y consignant des historiettes, des chansonnettes frivoles ou scandaleuses ( obscena , turpia joca , inanes fabellas)\ nous ne pouvons donc nous en faire une idée que par les traces qu’elles ont pu laisser dans les œuvres qui, plus tard, les ont remplacées. Tout ce qui est resté de la production littéraire d’alors appartient, sans exception, au genre didactique ou édifiant.