F. 125 — TROISIÈME GROUPE : PROVINCES D'ANCIEN RAYONNEMENT POLITIQUE
GÉOGRAPHIE HUMAINE DE LA FRANGE
politique devenus aujourd'hui centres secondaires : i, Auvergne ; 2, Berry; 3, Bourbonnais; 4, Orléanais et Char train. (Ces régions, qui ont été dans leur ensemble celles des Arvernes, des Bituriges et des Carnutes, — et c'est rappeler d'un seul coup leur rôle antérieur, — ont toutes plus ou moins souffert, et souffert ensemble du déplacement et l'on pourrait presque dire du décalage de l'activité politique centrale, laquelle a été définitivement installée sur la Seine moyenne à Paris). (Voir le carton de la fig. 125.)
I. Auvergne (Clermont-Ferrand). — L'Auvergne correspond à tout l'ensemble des massifs éruptifs occidentaux (Monts Dôme, Mont Dore et Cantal) ainsi qu'à leurs régions adjacentes et notamment la fertile Limagne. Rôle majeur joué par les Arvernes aux temps les plus glorieux de la Gaule : Bituit, Ambiorix, Vercingétorix (voir p. 130 et 13 1). Beaucoup plus tard, la maison d'Auvergne a exercé une action étendue en Aquitaine (au neuvième et au dixième siècle). L'ancien territoire des Arvernes a été décomposé depuis 131 8 en deux diocèses, celui de Clermont et celui de Saint-Flour qui ont fait distinguer une Basse-Auvergne et une Haute-Auvergne. Clermont-Ferrand est en train de reconquérir une importance économique digne de l'histoire passée.
2. Berry (Bourges). — Toutes les fois que la France de la Seine est envahie par le Nord et l'Est, toutes les fois que la France de la Loire est menacée, l'ancien territoire des Bituriges (voir chap. m, p. 128 et suiv.), appuyé aux flancs du Massif Central et fait de diverses plaines découvertes appelées « Champagnes » et qu'enveloppent des « bocages », recouvre, ainsi que sa capitale elle-même, toute son importance de refuge central du pays ; Bourges a été durant la guerre de 19 14 à 191 8 une très puissante cité industrielle et militaire. Dès que le rythme de la vie nationale a repris son cours normal, Bourges a retrouvé le calme de sa vie apaisée.
3. Bourbonnais (Moulins). — Province riche, de terroir fertile, bien située, à population aisée ; elle a eu pour origine la seigneurie de Bourbon-l'Archambault qui entra en 1276 dans les domaines de la Maison de France. La plus grande partie, la partie occidentale de son territoire, s'est trouvée détachée du Berry dont elle était la suite naturelle. La destinée des Bourbons, en étant transportée sur un bien plus grand théâtre, a contribué à laisser dans un demi-sommeil cette région pourtant si bien douée.
Fig. 126. — ANCIEN COSTUME