‹ Histoire de la nation française (volume 5)Chapitre 1 sur 64 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

conception de l'histoire de la nation française est an^eure, de plusieurs années, à la guerre. J'y avais longuement réfléchi et j'en avais achevé le dessein et distribué le travail quand la tempête se déch^na. Je retrouve dans mes papiers une esquisse de la présente Introduction : elle est datée du iSjmUet 1914. Cette première rédaction constatait qu'une révolution s'était Ëiite dans les études historiques. J'écrivais : « Le point de vue de l'Histoire change à chaque génération ; diaque génération doit écrire sa propre a Histoire de France ». Nous avons frandii le grand pas de croire qu'elle a pour terme la Révolution ; nous avons franchi le grand pas de croire qu'il n'y a dliistiHre que des chefs et pour les chefs. Le peuple français connaît ses titres, et entend qu'on les lui livre. Tel sera le caractère de toute

future a Histoire de France ». Ce qu'il âiu^ maintenant, c'est une <t Histoire de la Nation française ».

Combien ces remarques s'appliquent-elles avec plus de force dqiuis que la guerre de 1914 a démontré, une fois de plus, quelle place tient la France, dans les a&iies générales de l'humanité !

CONCEPTION DE L'msToiBE Si Ton disait : il est un peuple qui, dans une

DE LA NATION FRANÇAiss cxise extraordinaire, représenta la vigilance, le courage, la ténacité la foi ; en même temps la patience, la belle htuneur, la bonhomie ; qui sut endurer les maux les plus afi&eux, le départ de tous les hommes, la dispersion des familles, le bombardement de sa capitale, la mort d'une partie immense de sa population virile, attendant pendant quatre ans sa récompense la Victoire, sans courber la tête, sans plier les genoux, la fièvre au cœur, le sourire aux livres, les yeux fixés sur son étoUe ; si Ton disait cela, qui ne voudrait savoir d*où vient ce peuple, et d'où lui vient son âme?

Car l'enveloppe, le costume, Tuniforme, les armes, la bravoure même, tout cela importe^ mais en fin de compte, le nerf de tout, c^est l'âme. Il n'y a d'histoire que du moral. C'est donc cette histoire qu'il &ut écrire.

L'Histoire du peuple français, de ce grand peuple 0 de la guerre », mes collaborateurs et moi l'avions dtmc entreprise précisément à la veille de la guore. Elle éclate. Ceux d'entre nous que le service militaire ou la carrière des armes appelaient sont partis ; plusieurs ont péri ; ceux que rage retenait loin de la ligne du feu ont poursuivi l'œuvre comme une tâdie de piété nationale. Ils se plcmgirent^ si j'ose dire, avec une passion anxieuse dans lldée de la Franœ.

La guerre finie, nous nous sommes remis au travail, poiu: que les générations à venir respirent T&me de leurs aïeux telle qu'elle fiit qmmd ils œmbattaient. Nous dirons quels étaient les pères de ces fils immortels qui ont donné pour suite à Ui France d'hier la France de demain.

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