I.A SEINE, SES AFFLUENTS ET LA SOMME
Suippe, puis elle s'ouvre dans le massif tertiaire à Beny-au-Bac, une brèche imposante, isolant vers le Nord le plateau de Craonne et la crête du Chemin des Dames, entre Aisne et Ailette.
La « côte » tertiaire fournit à la défensive d^me armée une série de points d'appui, découpée qu'elle est en promcoitoires, en ilôts et en mamelons. Ce rebord est beaucoup plus morcelé au Nord de Reims qu'au Sud. La Suippe n'a d'autre particularité que de traverser dans sa longueur le camp de Châlons, et de contourner par le Nord le mont de Berru, le Mont-Haut (257 m.) et les autres « témoins » tertiaires, aujourd'hui avancés et isolés. La Vesle, qui délimite le camp au Sud, entre dans le massif par le portail majestueux que forment au Nord Berru (267 m.), au Sud la Montagne (280 m.), au œntre duquel est le site de Reims (84 m.). Reims se trouve sur la Vesle et aussi sur le canal qui unit l'Aisne à la Marne.
A Fismes, la Vesle reçoit l'Ardre. Soissons, capitale du sillon de l'Aisne, surveillant, sur un méandre du cours d'eau, un passage essentiel de la route de Paris k Laon
FlG. 79. — BBAUVAIS. (A. Lepire.)
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et à Maubeuge, a souvent subi les assauts trop heureux des envahisseurs marchant vers le Sud. L'histoire de la dernière guerre a vérifié une fois de plus sa destinée de dté martyre.
EURE L'Eure et ses affluents, TAvre, llton> naissent comme la Risle et
la Charentonne, dans le Perche, ancioi saints (c'est-à-dire i^on monmeuse et boisée), qui fait ainsi figure de château d'eau (fyi. 80^ entre les pays de Bocage et les Campagnes (309 m. d'altitude aux monts d'Âmain). L'Eure se dirige d'abord à l'Est, comme attiré vers la Loire, puis se coude à angle droit au Nord-ouest avant d'arriver à Chartres (125 m.), appelé maintenant vers le fossé de la basse Seine, ce qui lui permet de recueillir, sur la gauche, une série d'affluents venant comme lui du Perche, la Biaise de Dreux, puis l'Âvre ; celle-ci, absorbée dans ce terrain de craie par les puits^ naturels appelés « bétoires » ou « boit-tout «^
réparaît en sources jaillissantes (sources de la Vigne, etc.) dans la région de Vemeuil : ces eaux sont aujourd'hui confisquées par la Ville de Paris qui en bénéficie par le moyen d'un long aqueduc. L'Âvre, comme l'Epte, formait jadis limite entre la Normandie et le Royaume, et de ce temps subsistent ime série de petites places fortes, Vemeuil, Tillières, etc.
Enfin l'Iton, mis à sec, non loin de sa source dans la forêt de la Trappe, par une dérivation, dite a le bras forcé », construite par Henri I*' de Normandie, se perd à son tour, en dessous de DamviUe, à ViQalet :
c'est le « fol Iton », le « sec Iton » ; il reparaît lui aussi en sources magnifiques en amont d'Ëvreux, à la Fosse-aux-Dames, auxquelles s'unit le « Rouloir de Couches » qui apporte i 000 litres. Dans sa partie inférieure l'Eure enferme entre lui et la Seine « l'Ile de Grâce », qui fait suite à la Madrie, vieux noms qui sont sur le point de disparaître. Il est passé à Pacy-sur-Eure et non loin de Louviers.
FiG. 80. — LE « CHATEAU D'EAU » DU PERCHE.
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gy ONE ^ contemplant la Seine maritime du confluent de l'Eure
sd HAKimu à l'estuaire, nous sommes frappés par deux faits qui sont comme des traits physionomiques associés : de très grands méandres individualisés, et remplis, chacun en sa convexité, par une très belle forêt, laquelle est située soit sur les alluvions : forêt de Bretonne, forêt de Mauny ; soit sur la craie là où le sol profond n'a pas été recouvert de dépôts plus récents : forêts du Rouvray et de Roumare. Celle qui est la première vers l'amont, forêt de Pont-de-l'Ardie, est comprise dans un vrai méandre, moitié sur Eure, moitié sur Seine, entre Louviers et Elbeuf. Cet ensemble forestier isole amiplfctement le Val de Seine de la série des « Campagnes » limoneuses, Lieuvin et Roumois au Sud, Pa^ de Caux au Nord (fig. 8i).
Le méandre qui suit est fort étiré; sur la rive concave, dans ce site de ville que nous avons si souvent rencontré depuis Paris, s'allonge une des ca^ntales de la vieille industrie normande des draps, Elbeuf (partiellement héritière de l'industrie mulhousienne après l'annexion de 1871); elle est ^quée d'une série d'annexés industrielles, Caudebecles-Elbeuf, La Londe. Puis les
méandres deviennent splendides ; le fleuve entoure aussi de grandes îles fixées dès avant l'histoire, telle 111e d'Oissel, dont les Normands firent un de leurs établissements caractéristiques en plein cours.
Voici l'un des plus accentués de tous les méandres : il a 35 kilomètres de développement pour 3 500 mètres d'isthme ; il porte les chênes séculaires de laforêt du Rouvray; la concavité en est occupée, au déboudié de deux petits cours d'eau, par le site historique de Rouen. Les hauteuis, annexes du Mont-Saint-Aîgnan (166 m.), se présentent à l'acdl en « côtes » blanchâtres parce qu'elles sont de craie, telle la « Côte Sainte-Catherine » et la chapelle de Bon-Secours (150 m.) ; peu à peu villes et vill^es se fondent dans l'^glomération industrielle de la rive droite,— Blosseville, Damétal, Canteleu, Maromme, — tandis qu'à gauche se développent Grand-
' LA 5EINB MARITIME ET SES AIFLDENTS.
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Couronne, SotteviUe-lès-Rouen, OisseL Rouen est une ville antique, Ratuma, Ratumagos, dont les Romains firent Rotomagus ; elle était déjà la capitale des Véliocasses, dont le nom persiste dans le Vexin, tandis que le pays immédiatement alentour prenait le nom de Roumois ; elle fut ensuite capitale de la Normandie, c'est-à-dire d'un pays dont les destinées faillirent un instant primer celles de llle-de-Prance ; eUe fut un moment port de guerre, et son <c Qos des Galées » en est le souvenir ; elle est restée port de conunerce, port fluvial, port d'estuaire, grâce au grand développement de quais que lui assure, comme à Bordeaux et à Nantes, la courbure du méandre ; elle est devenue, conmie Marseille et pour les mêmes raisons qu'a commentées récemment Levainville, ville d'industrie, la première dté cotonnière française : pour reprendre ses propres expressions, de « dté marché », elle s'est transformée en « ville usine » ; puis la guerre, qui l'a définitivement grandie, l'a consacrée « ville r^on ».
Les méandres se succèdent et se ressemblent, en ce sens qu'ils se rapprochent tous de la demi-drconférenoe, réalisant une forme géométrique presque par£dte : td celui que remplit la forêt de Roiunare, et dont la rive concave porte la ville de Grand-Couronne et le port de la Bouille ; td celui de la forêt de Mauny dont le pourtour, la rive concave, vers Saint-Martin-de-Boscherville, délaissée d'ailleurs par le fleuve, domine les alluvions plates d'irn à-pic si frais qu'à Dudair, au confluent de la Sainte-Âustreberte, on l'appelle Falaise de Dudair (là apparaissent par leur tranche, mises à nu par le fleuve, les assises crayeuses du Pays de Caux) ; td aussi cdui de Jumièges, le long duqud est assise l'abbaye la plus cdèbre parmi celles de la Normandie riveraine du fleuve, — groupe dont font partie Saint-Wandrille et le Bec-Hellouin, — où les moines ont été attirés par l'exploitation combinée des eaux fluviales, des terres de culture et de la forêt. Encore un méandre, le plus ample de tous, celui de la forêt de Brotonne, dont la rive concave, en demi-cerde parfait, porte Caudebec-en-Caux ; plus bas c'est Villequier (le Villequier dramatique des Contemplations de Victor Hugo), où le fleuve s'élargit brusquement à I 800 mètres, et où commence à proprement parler l'estuaire.
La Seine se dilate et plus encore le fond du val, comblé par l'alluvion récente, le long d'un dernier petit méandre peu accentué : Vieux-Port est le plus anden de ces ports qui se sont succédé le long de la Basse-Seine ; le port romain de Juliobona (Lillebonne), autrefois influente croisée de routes, maintenant enfouie dans le limon, à 4 kilomètres à l'intérieur des terres, est devenue importante ville industrielle i Tancarville a donné son nom au canal de 23 kilomètres, creusé en 1887 ; Harfleur, où la Lézarde traverse le canal, est délaissé à 3 kilomètres dans les terres ; Quillebeuf, que le courant n'a pas encore abandonné n'est guère plus vif. Telles
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sont ces <c villes mortes » de la baie de la Seine dont la vie s'est retirée en général en même temps que Teau vive du fleuve, et qui ont précédé le port du Havre, le Havre-de-Grâce, fondé en 15 17, deux ans après Marignan, par François I^ : seul, le Havre toujours grandissant subsiste avec Honfleur qui lui faât face.
L\iltime méandre n'existe plus ; il a été comblé par Talluvion, puis desséché par la main de l'homme, c'est le Marais Vemier, dominé par la chapelle de Sainte- Opportune, et circonscrit par une falaise en demi-cerde, dont le croissant se termine au cap de la Roque (95 m.).
Le comblement de l'estuaire se poursuit sous nos yeux par les bancs de sable, tels que ceux d'Ânfard et du Ratier. Un agent d'ordre physique qui collabore puissamment, soit au comblement de l'estuaire par le mélange, le brassage des eaux douces et des eaux salées, soit au perpétuel déplacement des bancs, c'est le flot de marée que nous avons spécialement décrit pour la Gironde sous le nom de mascaret, et qu'on appelle ici la « barre » ; rien de plus pittoresque et saisissant, rien aussi de plus menaçant que ce rôurant violent, ce flot, d'eau salée qui remonte le fleuve avec une vitesse variant de 6 à 12 mètres par seconde. C'est pour éviter aux bateaux la fureur de ce ressac, tout autant que pour soustraire le chenal navigable à l'ensablement, qu'on a creusé, sur la rive droite, ce canal de Tancarville, qui est lui-même bien compromis déjà.
Ainsi s'achève l'estuaire plus majestueux, s'il est possible, que ceux de la Loire et de la Gironde, dominé à droite par des falaises blanches, celles du plateau crayeux de Notre-Dame-de-Grâce et de Sainte-Adresse (107 m.); Sainte-Adresse, toute proche du Cap de la Hève, s'appelait autrefois Quief de Caux (Tête de Caux). En face, sur la rive gauche, se dressent les falaises non moins blanches de Villerville (140 mO> si riches en fossiles intacts de la craie, oursins et « astres ».
RnntREa La Rille, grossie de la Charentonne, est navigable à partir
NORBKANDES de Pont-Audcmer et se jette dans la Seine déjà bras de mer.
La Touques, de Lisieux et Pont-l'Evêque, s'achève dans la Manche entre les deux plages très mondaines de Trouville et de Deauville. Elle est par excellence la rivière du verdoyant Pays d'Auge.
La Dives et son affluent la Vie continuent l'étoile des filets d'eau qui rayonnent des collines du Perche. A gauche les rejoint l'Ante qui passe au pied du rocher et du château de Falaise, où naquit Guillaume le Bâtard, devenu le Conquérant.
L'Orne, venue de la Campagne d'Argentan, simple ruisseau devant la vieille ville épiscopale de Sées, plus importante à Argentan, fait un long détour à travers
GÉOGRAPHIE HUIIAINE DE UA. FRANCE
le Bocage nonnand avant d'entrer dans la très riche « Campagne » qui est celle de Caen. La « pierre de Caen » s'épanouit en monuments dvils et religieux hors pair dans l'ancienne capitale de la Basse-Normandie. L'Orne est doublée à partir de Caen par un Canal Maritime de près de 15 kilomètres, et la ville est port de mer.
Le Bessin, dépression humide de Bayeux> fait suite vers l'Ouest k la Camp^ne de Caen. L'Aure, après s'être perdue dans les Fosses du Soud, près de l'élégante dté ^iscopale de Bayeux, reparaît, arrosant les herbages disigny, et va se jeter dans la même large baie des Veys, où confluent aussi les eaux de la Vire et celles de l'Ouve.
Au Nord de la Seine, dans la région des plateaux crayeux qui est celle des hautes falaises blanches, l'Arques rassemble, au pied du château d'Arqués, trois rivières (dont la Béthune qui vient du Pays de Bray) et va rejoindre la mer à Dieppe. La Bresle, d'Aumale et d'Eu, finit près du Tréport j elle limite Normandie et Picardie.
SOKHX Plus au Nord, la Somme est le type de ces rivières tranquilles de
Picardie coulant lentement à plein bord. Le débit de crue, 80 mètres cubes, double à peine l'étiage, 40 mètres cubes, grâce au réseau iiivisible de circu-
latîon souterraine dans la craie spongieuse. La source n'est qu'à 80 mètres d'altitud^ et Temboudiure, la la^e baie de Somme, toute encombrée de sables, s'ouvre à Saint- Valery-sur- Somme(^. 82).
Dans la première partie de son cours de 245 tdlo-
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Sud, arrosant Saint-Simon et Saint-Quentin, puisant ses premières eaux non loin de celles de la Sambre, d'où vient peut-être la commimauté de nom des dexa. rivibes, « Samara ». Elle tourne ensuite à l'Ouest, mais dessine encore une très forte courbe vers le Nord, vers Péronne. Elle arrose les fameuses « villes de la Somme », places fortifiées qui couvraient Paris et qui tant de fois arrêtèrent l'invasion, Ham, Péronne, Bray, Corbie, célèbre par le siège qu'elle soutint contre les In^iériaux en 1636. Elle coule désormais dans un de ces synclinaux parallèles à la basse Seine, qui accidentent la partie Nord du Bassin de Paris, et où sont aussi lo^es les deux Meurs plus s^tentrionales, parallèles et si analogues : la Canche (de Montreuil et
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d'Etaples) et rAuthie (de DouUens). A Tun des gués devenu pont se trouve Tancienne Samarobriva, <c Pont de Somme », Amiens^ ville d'art et ville de grande activité manufacturière^ toute coupée de canaux et qui a justement mérité le nom de « Venise du Nord ». La Sonune j)asse ensuite à Picquigny, puis à Abbeville, dté monastique qui a grandi à côté de l'abbaye de Saint-Riquier.
En aval^ la Sonune^ le lit proprement dit, n'a guère que 40 mètres de large, et dans M partie maritime, au-dessous d'Abbeville, on lui a creusé un vrai canal de 50 mètres de large. Elle sépare le Ponthieu, au Nord, du Vimeu, au Sud, et finit en pleins Pays-Bas : ce sont les « Bas-Champs » dont le Marquenterre est une part, polders ou moeres qui gagnent chaque jour sur l'eau stagnante et se consolident par des apports alluviaux.
La vallée de la Sonune, dans ce parcours Est-Ouest, est très large, l'eau courante étant doublée par des eaux mortes, marais, anciennes tourbières convertis autour des villes en jardins de légumes, où les maraîchers des <c hortillons » Circulent en des barques qu'ils poussent avec de longues perches. Ces bras et ces faux bras lui donnent en moyenne im kilomètre de large, ce qui ea fait un obstacle non négligeable et lui assure sa valeur comme ligne de défense.
Les fonds tourbeux et les marécages des vallées évasées de la craie expliquent quel rôle ont joué — de tout temps et naguère encore — dans la guerre en général et dans les épisodes de la bataille, — la Sonmie et tel ou tel de ses médiocres affluents : l'Ancre (d'Albert) ou l'Avre picarde (rivière qui égoutte la région de Roye et par un ruisselet celle de Montdidier), ainsi que la minuscule mais tragique Luce.
SiGNxncATioN La Seine n'est pas seulement le fleuve de Paris et de 111e-
DE LA SEINE dc-France ; eUe est aussi, par Rouen et par le Havre, le fleuve normand, et même si le cours de l'histoire de-France avait été autre, même si la Normandie avait pris la suprématie sur llle-de-France — le « Duché » siu: le c Royaume » — la Seine eût gardé, par les relations qu'elle établit entre les diverses sections de son cours, sa primauté parmi les fleuves français.
Son rôle en effet fut grand dans la formation de l'unité nationale. Les pays de la basse Seine, avec toute la Normandie, étaient partagés entre deux influences, celle de la mer, par laquelle étaient arrivés sur leurs barques les « honunes du Nord », celle de la terre, grasse et plantureuse, qui les avait retenus et fixés, qui, de ces nomades de la mer, avait fait dés sédentaires et des terriens. Laquelle de ces deux influences devait l'emporter? Les Normands, qui avaient remonté la Seine jusqu'au milieu de son cours et assiégé Paris, rattacheraiœt-ils à une domination imique, anglo-
OÉOQHAPHIE HITMAIHE DE I.A FHANCE
normande, dont la Manche était l'axe et le lien, le cours supérieur? Au contraire, la dynastie nationale que la France s^était donnée les Capétiens, descendraient-ils le fleuve jusqu'à la mer? Tel est le sens profond des guerres normandes, et plus tard des guerres anglaises : elles ont fondé la dvilisaticm du Nord en le libérant des influences exclusives de cette Méditerranée que subirent et qu'utilisèrent pointant avec une si habile souplesse les flls de Tancrède. — Le traité de Saint- Clair-sur-Epte (911) avait pris sur l'int^rité du royaume des Francs la même hypothèque que cehii de Verdun en 843. Les Capétiens sentirent le danger, danger de démembrement de Tantiqiw « Franda », et sitôt qu'ils furent libres de letu^ mouvements aua>ur de Paris, sitôt qu'ils eurent rétabU la sécurité de leurs communicatioûs entre Paris et Orléans, entre la Seine moyenne et la Loire moyenne, avant même de s'attaquer à la Boulogne ou aux « Marches de l'Est s, ils s'en prirent, sous rinq>ulsion du plus grand d'entre eux, Fliil^)pe-August^ à la Normandie. Ce fut la phase de notre histoire qu'on a dénommée avec raiscm « la première guerre de Cent ans ». Quelle était l'idée qui portait les rois de la troisième dynastie k guerroyer ainsi sur les rives de l'Epœ et de TAvre? C'était, confusément entrevu, un des principes de la géographie politique, celui de l'occupation totale du cours d'im fleuve par le plus fort des Ëtats qui en possède une partie : forme spéciale du principe de « l'accès à la mer ». En particulier toute puissance qui tient le coius moyen d'un fleuve doit tendre à en tsmr les emboudiures. Rouen et le Havre étaient nécessaires à la sécurité, à l'avenir de lIle-de-France. A partir du )our où la Normandie fiit réunie à la couronne, lUe-de-France était débloquée j d'une province, elle devint a le Royaimie ».
EN NORMANDIE. {A. Upire.)