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D'AMiNAGEMENT DU RHÔNS (1920).
Les cercles qui Enveloppent les points d'instillation des usines . projel£e« ont des suifocei proportioeneiles A l'èneitie utiliuble expiimèe es chevaux-vapeur,
Royaume, touche à l'Empire ») ainsi que plus haut sur la Saône ; mais il demeure le grand chenùn des peuples ou tout au moins des marchands et des pèlerins, et son importance comme axe de relations reste plus grande que comme fix>ntiëre. Lyon, ville impériale, ville libre possède des foiies dès le tenq)s de Philippe le Bel qui en font l'entrepôt des marchandises entre France, Savoie et Italie, ^^e chrétienne et catholique, c'est un centre œcuménique, où se tiennent de grands conciles (voir chapitre xii.
Premier groupe de provinces : Noyaux attractifs).
Aussi bien, Lyon n'est pas la seule métropole du Rhône.
Le fleuve frontière a été aussi le fleuve des capitales : nous verrons (troisième partie) que ces deux faits de géographie politique sont bien loin d'être contradictoires. Genève et Avignon ont été, à des titres divers, de vraies capitales religieuses et dignes de cette expression de avilies-églises » (Goyau). Vienne, à 30 ïdlomètres de Lyon, fut longtemps, au point de vue administratif, sous la domination romaine, et plus tard, au point de vue ecclésiastique, une rivale de Lyon. Arles dans le passé, puis
RHÔNE ET SAÔNE, VERSANT MÉDITERRANÉEN
Aix et enfin de nos jours Marseille ont chacune à leur tour acquis le droit d'être aussi considérées comme des capitales.
Une vie exotique se révèle dans la puissante Marseille par quelques traits épars, mais dont l'ensemble dit la cité qui participe à toute la vie méditerranéenne : ici c'est une femme qui dévale les rues étroites à escaliers avec ruisseau au milieu^ portant sur sa tête comme une Sicilienne de grands paniers empilés ; là ce sont de lourds attelages à trois chevaux de front qui rappellent les charretiers de la Berbérie et de llbérie ; ici ce sont des magasins-corridors sans porte sur la rue, avec un simple rideau pendant, comme à Corfou, à Jafl& ou à Alexandrie ; là ce sont des boutiques étroites et longues de « cireurs » comme en Italie. Et partout^ aux alenteurs du port surtout, des cris, des chants, des rires ; fan£3u:e de sons, et aussi fanfare de couleurs : linges multicolores pendus aux fenêtres, façades recouvertes de badigeons délavés, et ce mélange extraordinaire de types et de costumes himiains qu'a encore enrichi la guerre. Palette vivante qu'exprime avec tant de puissance l'aquarelle de Lepère (Planche X).
Le Rhône a une fonction économique de premier ordre, et qui ira sans cesse grandissant; si Marseille a été surnommée la porte de l'Orient, le Rhône en est l'avenue triomphale, parcourue sur chaque rive par deux lignes de chemins de fer à grand trafic, conmie le Rhin lui-même ; c'est le lien vivant, le fleuve qui marche, entre Marseille, le premier de nos ports maritimes, et Lyon, le premier de nos ports fluviaux après Paris. La navigation du Rhône, sans être aussi active que celle du Rhin, est relativement intense, surtout depuis la fusion des petites entreprises dans la grande G)mpagnie Havre-Paris-Lyon, dont les chalands descendent et remontent le Rhône traînés par des renoorqueurs, hissés le long d'ime chaîne immergée, d'après un système de touage inauguré depuis peu d'années, en rapport avec la forte déclivité du fleuve. Le grand trafic sur le fleuve en aval de Lyon ne sera réalisé d'une part que lorsque le fleuve sera débloqué du côté de ses embouchures par le canal de Marseille au Rhône, d'autre part lorsqu'on aura mis à profit l'énorme masse d'eau que représente le courant, 2 000 mètres cubes en moyenne, et sa forte pente, en échelonnant sur ce lit déclive, comme le long du Rhin, des usines hydro-électriques, avec écluses accolées aux barrages, pour le passage des plus longs bateaux. Or, le tunnel de Roves est achevé et l'on se prépare activement à utiliser et « équiper » tout le fleuve.
En amont de Lyon, il ne s'agit pas seulement d'améliorer, il faut créer, et l'intérêt principal se concentre sur la construction du grand barrage de Génissiat, qui transformera en une sorte de lac tranquille, allongé et étroit, sinueux et profond.
aËOaRAPHXE HUMAINE DE LA FBANGE
la partie la phis mouvementée du cours du Rhône, celle de la perte, où le profil es loi^ ressemble à un gigantesque escalier.
L'effort K>tal sera difficile; il sera coûteux. Il exige d'ailleurs qu'on voie et fasse grand; mais le maître Rhône est physiquement assez robuste, il est assez fortement alimenté pour Intimer toutes les ambitions qu'on met en lui
H ne saurait y avoir de féconde politique économique qui ne doive être d'aborà celle de l'eau : navigation et transports maritimes d'une part, et de l'autre aménagement des eaux intérieures. La France d'après la grande guerre a une pleine conscience de cette vérité : le récent plan technique d'aménagement com|det des eaux du Rhône, tel qu'il a été proposé par le gouvernement et voté par les Chambres (Jig. zoo), et la coalition des forces financières et administratives qui en permettra la réalisation sont dignes de notre puissant fleuve méditerranéen et pourront servir de modèle pour l'utilisation de tous nos autres cours d'eau.
OLIVIEKS DES ALFES-MAKITIMBS. (A. Lcfèit.)