LES CARACTÈRES D’ALTERNANCE DE L’EFFORT CONSTRUCTIF
DE L’ÉCONOMIE NATIONALE LES AlANIFESTATIONS ÉCONOMIQUES ET LES PROBLÈMES FINANCIERS JUSQU’AUX GUERRES RELIGIEUSES
V expansion économique au seizième siècle. — Les difficultés ordre social. — Les problèmes financiers. La formation du capitalisme. — Le crédit public et les financiers. Semblançay. — Les tentatives de reconstruction financière : la centralisation. — La politique expédients. La vénalité des charges. — Les premiers appels à Vépargne. Les rentes sur L Hôtel de Ville. — Les problèmes monétaires.
A longue période que nous allons parcourir présente le caractère d’alternance dans l’effort constructif de l’Économie. Elle s’ouvre par une ère de grande prospérité pendant les règnes de Louis XII et de François I®^. Les guerres de religion marquent une régression profonde par la répercussion exercée sur l’activité productrice de la nation. La France, sous l’impulsion énergique d’hommes d’action, tels que Sully et avec un bonheur moins grand par Richeheu, procède ensuite à un vigoureux redressement économique. Après un déclin momentané, résultant des troubles de la
HISTOIRE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE
Fronde, ce redressement s’affirme et s’amplifie, grâce à Colbert. Le dix-huitième i siècle, malgré des éléments heureux, constitua plutôt une décadence due à la persistance du régime réglementaire et aux difficultés financières.
L’EXPANSION ÉCONOMIQUE La situation de la France à l’époque de la
AU SEIZIÈME SIÈCLE Renaissauce apparaissait, aux yeux des étrangers, comme éminemment favorable. Cette prospérité était due en partie aux richesses naturelles que renfermait le pays : l’agriculture donnait en abondance du blé et du vin ; les matières premières telles que le fer, le bois, le sel étaient par elles-mêmes une source de profit ; d’autre part, les formes économiques antérieures se développaient normalement. C’est ainsi que les marchés attiraient de nombreux marchands, notamment les marchands étrangers. Les foires de Lyon étaient d’autant plus visitées que les rapports avec l’Italie étaient devenus plus réguliers. Paris était un centre d’échanges considérables, qui faisait l’admiration des ambassadeurs vénitiens; il comptait au moins 400 000 habitants. A ces éléments se joignaient les influences nées des temps nouveaux, en particulier la proteaion autoritaire des princes et les résultats des expéditions lointaines.
L’interventionnisme affectait à la fois l’objet de l’activité économique et la forme que revêtait le travail de production. Le besoin de luxe avait donné une impulsion à de nouvelles industries. François I®’’ reprenant avec une continuité plus grande les efforts faits par ses prédécesseurs pour implanter en France ime industrie nationale de la soie, favorisa la main-d’œuvre adonnée à cette fabrication. Lyon devint un centre actif de production, notamment pour les taffetas ; à la fin du siècle, il en était de même de Dourdan pour les bas de soie, et d’Orléans pour les draps de soie, grâce à l’action de Catherine de Médicis. La corporation des veloutiers avait été créée en 1540. François puis Henri II, s’efforcèrent de constituer une industrie nationale de la tapisserie, demandant à l’étranger des procédés de fabrication et des modèles, puis créant des ateliers français qu’ils subventionnaient. Fontainebleau, ensuite Paris avec les Gobelins, en furent les centres principaux. Maroquins de la Rochelle, verreries de Saint-Germain-en-Laye, serges de Nîmes ont une réputation qui dépasse les frontières.
Le souci nouveau de la culture de l’esprit devait conduire la royauté à accorder à l’imprimerie une protection agissante. Depuis Louis XII jusqu’à Henri IV, les rois firent profession d’honorer ce métier comme un art véritable et lui accordèrent un traitement de faveur, notamment en matière fiscale. La famille des Estienne fit la gloire du livre et Robert Estienne fut imprimeur de François