MARQUE DE ROBERT ESTIENNE, IMPRIMEUR A PARIS
(xvi® siècle).
HISTOIRE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE
Les rois se soucièrent également de l’organisation du travail, mais ici il s’agit moins de poursuivre un intérêt économique qu’un but politique et fiscal. Le pouvoir s’immisce de plus en plus dans le fonctionnement des corporations, dont les règlements sont approuvés par l’autorité royale. Les procès se multiplient entre les divers métiers donnant au Parlement l’occasion d’intervenir. Des officiers du roi exercent un contrôle étroit sur l’organisation corporative. Les préoccupations financières étaient primordiales dans l’esprit du souverain ; aussi les lettres de maîtrise accordées, moyennant finances, à des personnes prises en dehors de la hiérarchie corporative, et n’ayant pas été choisies par les maîtres après les épreuves habituelles, se multipHèrent-elles dans le cours du seizième siècle. Un édit de Henri III, en 1581, montre les tendances nouvelles de la royauté à l’égard des métiers. Bien qu’il appartienne, chronologiquement, à une époque postérieure, il doit trouver ici sa place logique. La monarchie, conformément à son principe général d’unification, cherche à mettre en vigueur le système de l’organisation corporative dans toutes les villes et dans tous les bourgs et à l’établir suivant des règles analogues dans toute la France. Ayant ainsi étendu, en principe mais non en fait, le domaine d’applications du système, la royauté cherche à en tirer parti. Elle réduit les frais, devenus très élevés, d’admission à la maîtrise, mais elle en profite pour percevoir un droit qui, dans les métiers importants des grandes villes, atteint un chiffre élevé. On trouve cependant dans l’édit de 1581 d’autres dispositions qui sont liées à l’élargissement du marché. Il fut permis aux maîtres des faubourgs de s’établir dans les villes, on donne aux artisans la liberté d’exercer le métier dans toutes les localités du ressort d’un Parlement, l’apprentissage est reconnu valable en dehors du lieu où il a été accompli, enfin il est permis d’exercer deux métiers différents, à condition de faire deux chefs-d’œuvre. Bien que l’application de cet édit semble avoir été très limitée, en raison des troubles qui ravagèrent le pays, il n’en constitue pas moins une date intéressante dans l’évolution du régime corporatif. Nous en indiquerons plus loin la signification sociale.
Les découvertes maritimes eurent également une influence profonde sur le développement économique. La France ne réussit certes pas, malgré quelques essais sans lendemain, à édifier un empire colonial. Les difficultés créées par les Espagnols et les Portugais qui prétendaient exercer un véritable monopole, les hésitations de François I®^ et les circonstances défavorables, rendirent vaines les tentatives de nos navigateurs au Brésil et ailleurs. Jean Denis de Honfieur, Thomas Aubert, les frères Parmentier sont parmi les plus hardis de nos navigateurs. Les armateurs de Dieppe, les frères Ango sont assez puissants pour faire la