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LE POIGNARD EN S’ALLONGEANT DEVIENT L’ÉPÉE

cherchée dans les besoins nouveaux auxquels l’humanité dut faire face. Puis de l’Oural, une race de montagnards est venue à la rencontre des peuples méditerranéens. Ce sont des êtres lourds, au crâne court, les types brachycéphales. Grâce à l’utüisation des métaux (cuivre du Caucase allié à l’étain d’Afghanistan), Üs dominent les

LA FORMATION DU MILIEU ÉCONOMIQUE AU TEMPS PRÉHISTORIQUE

autres occupants du bassin de la Méditerranée et s’installent sur les côtes d’Europe, vers 2500 avant notre ère.

Dès lors, nous constatons, ou plutôt nous pressentons, une transformation complète dans les conditions de la guerre. A la lutte d’homme à homme, de groupe à groupe, ayant plus ou moins le caractère de rixes, se substitue le choc de tribu contre tribu, voire de peuple contre peuple, à l’époque des migrations. D’où la nécessité d’une modification profonde dans la technique du combat, qui amena l’emploi d’armes lourdes, telles que la hache. Le poignard de bronze en s’allongeant peu à peu finit par devenir l’épée, dont le rôle mihtaire fut considérable. Il s’agissait uniquement d’une transformation utihtaire, et pendant longtemps on se contenta du changement de matière ; on reproduisit en cuivre, puis en bronze, les formes de haches de pierre et les pointes de lance de l’âge précédent. Les armes défensives, telles que le casque, la cuirasse, le boucher sont alors rares ; la générahsation de l’épée de fer les rendra indispensables.

Les conditions nouvelles de l’agriculture imphquèrent une modification analogue dans l’outillage. Au fur et à mesure que l’existence de l’homme revêt un caractère plus sédentaire, qu’il éprouve le besoin de demander plus à ses champs et moins à la chasse et à la pêche, l’insuffisance des outils employés devient évidente. Tout d’abord, il est indispensable de gagner des terres sur les forêts, qui occupent une grande partie du sol, et pour cela des instruments tranchants s’imposent. En second heu, pour utiliser au mieux les récoltes obtenues, des procédés moins rudimentaires que ceux de l’âge de pierre deviennent nécessaires. Un des instruments les plus caractéristiques et de beaucoup le plus employé, à l’âge de bronze et- à l’âge de fer, est la hache. Les modèles en sont des plus variés et certains présentaient une telle perfection qu’ils ont été imités par des fondeurs qui travaillaient en dehors de la Gaule. On distinguait la hache plate, en général de petite taille, de forme triangulaire ou rectangulaire, la hache à bords droits, la hache à talon, la hache à ailettes, la hache à douille; les couteaux, utüisés à la fois comme armes et comme outils, possédaient presque toujours une lame ondulée.

Parmi les instruments agricoles proprement dits, il faut citer en premier heu la fauciUe. EUe paraît avoir été d’un usage extrêmement répandu à l’âge de bronze et avait remplacé la faucüle à lame de silex. Les

FAUCILLE EN FER (La base est percée pour recevoir et river le manche).

HISTOIRE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE

types les plus fréquents étaient la faucille à bouton et la faucille à languette, qui témoignent d’im art industriel en progrès.

Au deuxième âge de fer apparaîtront toute une série de perfectionnements qui indiquent une nouvelle transformation de l’outillage : faux admirablement appropriée aux travaux de culture, serpes pour émonder, socs de charrue en fer, moulins à bras succédant au procédé primitif du broyage entre deux pierres.

Si les travaux agricoles courants supposent déjà une organisation sociale avancée, certains travaux exceptionnels ne peuvent être entrepris que par la collectivité, notamment le défrichement des forêts qui s’est poursuivi durant tout l’âge des métaux, non seulement pour conquérir des terres de culture, mais pour percer des routes, établir l’emplacement des grands domaines sur lesquels s’édifieront les villes. En outre, de cette époque il faut dater le défrichement de certaines terres marécageuses, comme celles de Limagne. Il est aisé d’imaginer ce que cette entreprise devait exiger de volonté disciphnée.

Les diverses formes de la La production industrielle, son évolution PRODUCTION industrielle expliquent également les progrès de la vie en commun. La plus répandue des industries à cette époque est sans doute celle qui nous a laissé le moins de traces : l’industrie du bois. Il est facile d’estimer son développement, quand l’on pense à l’abondance de la matière première, aux outils perfectionnés dont on a retrouvé les vestiges : haches, scies, tranchets, poinçons, limes, vrilles, ciseaux, marteaux, enclumes, et à l’importance des tâches à exécuter. Pour l’aménagement des demeures terrestres ou lacustres, en particulier, l’art consommé des charpentiers était nécessaire.

Le travail de la pierre est demeuré actif à l’âge des métaux, et ses manifestations collectives furent remarquables. La mise en place et l’agencement des blocs énormes qui constituent les dolmens et les menhirs, et dont certains pesaient 250 000 kilog. en sont une preuve éclatante. Mais il ne faut pas néghger le progrès de l’habileté des ouvriers qui continuaient la production antérieure des armes et des outils.

L’art céramique restera longtemps rudimentaire, bien que l’homme dispose de récipients plus commodes que ceux des âges précédents, de dimensions mieux appropriées aux divers usages, et plus faciles à manier dès que les anses eurent fait leur apparition. Les formes des vases demeurent primitives et la pâte grossière, bien que des perfectionnements de la technique de cuisson l’aient rendue plus résistante.

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PRÉDOMINANCE DE II cst asscz curicux de constater que les pro-

L’ INDUSTRIE DE LUXE technique, représentés particulièrement

par Tutilisation des métaux, n’ont pas eu de répercussion immédiate dans la vie domestique et dans la pratique courante, sauf là où la nécessité se faisait impérieusement sentir, comme nous l’avons vu pour l’armement et l’outillage agricole. Les améliorations ont été, pendant un certain temps, réservées presque exclusivement à une stricte aristocratie. L’industrie des métaux a été essentiellement une industrie de luxe, pour la plupart de ses usages.

Dans les stations lacustres de l’âge de bronze, dans les tumuli, on a trouvé des haches, des épées, des poignards, des casques, des vases funéraires, des articles de parure, produits d’un art spécialement destiné à ceux qui détenaient le pouvoir. Ces objets valaient par la matière précieuse qui en fait la partie principale ou l’accessoire ornemental, comme l’or massif, l’argent, l’ambre, — largement répandu à l’âge de fer, — l’ivoire, le corail, et, plus rarement, par la perfection du travail. On peut constater que certains objets, tombés par la suite dans le domaine pubhc, comme les armes défensives, le casque par exemple, ont été tout d’abord le priviège de hauts personnages, pour qui ils constituaient plus im ornement qu’xme protection.

Les chefs n’étaient pas les seuls bénéficiaires de ces marques de distinction; la coquetterie féminine en prenait sa large part. Les objets de parure sont abondamment représentés à l’âge des métaux : bracelets de bronze, de fer ou de hgnite, que l’on portait au poignet ou à la cheville, pendants d’oreilles, fibules ou épingles de sûreté, ceintures de cuir avec ornements de métal ; les miroirs ne sont apparus qu’ultérieurement, mais les peignes étaient connus et utilisés dès cette époque.

L’INFLUENCE RELIGIEUSE A côté de l’influeuce aristocratique et somp¬

tuaire sur les modahtés de la fabrication industrielle, à l’âge des métaux, on observe l’action d’un facteur tout différent, le facteur religieux. Déjà, à l’âge de pierre, on a pu supposer, avec quelque vraisemblance, que les images d’animaux, tels que les rennes peints sur les parois des cavernes ou gravés sur la pierre, sur l’ivoire, sur le bois, étaient les vestiges de cultes totémiques (i).

(i) On sait que l’on désigne sous le nom de totem^’animal ou parfois le végétal qui est supposé protéger le dan dans les tribus primitives, et qui est en cette qualité l’objet d’un culte de la part des membres du clan.

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